Portraits de voyageurs # 1 : Mélanie du blog Ose voyager seule

Après bientôt 11 mois d’existence, j’ai pu dans le cadre du blog faire tout un tas de belles rencontres. Aussi après ce centième article, j’ai décidé d’enfiler ma cape de journaliste et de mettre à l’honneur chaque mois un blogueur voyage qui m’inspire dans le cadre d’une interview.

De plus, la situation sanitaire faisant que les projets de voyages s’éloignent à nouveau pour une durée indéterminée, je ne sais pas vous mais moi j’ai une furieuse envie de m’évader depuis mon salon…

Pour cette première édition de Portraits de voyageurs, c’est donc Mélanie, du blog Ose voyager seule qui s’est prêtée au jeu. Si tu suis le Café des voyageurs, notre rendez-vous hebdomadaire, tu as déjà pu découvrir quelques uns de ces articles et de ses aventures. Les photos que tu trouveras par la suite dans l’article sont le fruit de ses voyages.

Merci Mélanie de venir témoigner chez nous. Pour ceux qui te découvriraient dans cette interview, raconte-nous un peu ton parcours ? Qu’est ce qui t’a donné l’envie de prendre le large, remplir ton sac à dos et partir ?

Bonjour à tous et merci WanderlustMum pour ton invitation à témoigner sur ton blog que j’apprécie beaucoup.

Après des études en géologie d’exploration et 4 ans à travailler pour le groupe Total comme consultante, je ressentais un vide en moi. Je me posais beaucoup de questions sur le sens que je donnais à mon quotidien. J’étais blasé du rythme “metro-boulot-dodo-paye tes factures” et je me disais que “la vraie vie” ne se résume pas à cela.

Mon entreprise a fait faillite, j’ai été licenciée. J’ai donc profité de cette nouvelle, qui m’a au début anéantie, pour en faire quelque chose de positif. Je passais de plus en plus de temps sur les blogs voyage et à un moment donné c’est devenu une évidence pour moi de partir voyager seule.

L’idée de voyager seule m’est venue à l’esprit dès 2014, lors d’une visite de  New York avec des amis, je n’étais pas libre de mes mouvements. Il fallait toujours faire des compromis avec ses amis qui ne voyageaient pas de la même façon que moi.

La skyline de New York vue de nuit – crédit photo Ose voyager seule

J’avais beaucoup fantasmé NY, je me voyais héler un taxi jaune et boire des cosmopolitains dans un verre un cocktails. Bref, j’étais un peu déçue et je me disais que la prochaine fois je viendrai visiter NY seule.

Comment te prépares-tu en général à partir seule  ?

Au début, j’ai appliqué ce que j’appelle la méthode des petits pas. C’est-à-dire qu’avant de partir en Amérique du Sud, je me suis testée. D’abord en France, à quelques kilomètres de chez moi, sur une dizaine de jours.

Je voulais savoir si j’aimais le voyage solo, si j’étais capable de me débrouiller seule. Puis je suis partie trois semaines en Italie du Nord, toujours dans l’esprit de me tester avec cette fois-ci la barrière de la langue en plus.

Mais même avec le temps et mes différents départs en voyage, c’est toujours un peu les mêmes émotions : l’excitation, la peur et enfin le premier jour, c’est toujours “Mais qu’est ce que je fais là ? Est-ce que je fais le bon choix ? Est-ce que ce n’est pas une erreur ?”. Je me rassure toujours en me disant, qu’il est toujours possible de faire demi-tour si je ne me sens pas bien. Il y a toujours quelques larmes même si la famille est habituée maintenant.

Partir, c’est toujours laisser un peu de soi quelque part.

Place Saint Marc Venise – crédit photo Ose voyager seule
Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as récupéré ton sac à dos à l’aéroport et que tu t’es mise en route ?

La première fois que j’ai atterri seule dans un aéroport, c’était à Buenos Aires, en Argentine. J’ai pris mon vol depuis Barcelone est déjà à ce moment là un sentiment de plénitude m’envahissait. J’étais sereine. Je savais que j’avais fait le bon choix.

Arrivée à Buenos Aires, J’étais extrêmement fatiguée, entre le vol et le décalage horaire. J’étais épuisée. Heureusement, j’avais une auberge de jeunesse de réservée pour une semaine et je connaissais un moyen simple et sûr de me rendre à l’auberge sans trop dépenser.

Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, j’ai retrouvé ce sentiment de zénitude. Je ne me posais plus 100 000 questions sur mon voyage. J’étais au bon endroit et c’est tout ce qui comptait.

Tu nous ferais faire un tour dans ton sac à dos ? Quels sont tes indispensables en voyage ?

Avec le temps et mes différents voyages, j’ai appris à voyager léger. J’ai investi dans des vêtements légers, qui sèchent vite et qui ne se froissent pas. En termes de documents, le passeport, ma carte d’assurance voyage, les numéros utiles à contacter en cas d’urgence (famille + ambassade des pays que je traverse), ma carte européenne de santé si je voyage en Europe. Tous ces documents sont cachés dans un porte-document qui se trouve autour de mon coup.

Mes indispensables sont les tongs (pour les douches en auberge de jeunesse), deux cadenas (un pour le PC et l’autre pour mon sac), une prise internationale ainsi qu’une multiprise pour pouvoir charger ses appareils électroniques.

J’ai choisi de partir avec un petit ordinateur et des centaines de films avec moi. J’ai investi dans un PC ultra leger. Je pourrai certainement m’en passer mais le cinéma a aussi une grande place dans ma vie.

Tu as visité l’Amérique du Sud, l’Australie, les États Unis, comment te sentais-tu en espagnol et en anglais avant ton départ ?
Région de San Pedro de Atacama – crédit photo Ose voyager seule

J’ai toujours été nulle à l’école en anglais. J’ai principalement appris en regardant des films et séries sous-titrées. Puis, par la pratique lors de mes voyages. Aujourd’hui, avec la pratique, j’ai plutôt un bon niveau dans ces deux langues.

Pour l’Amérique du Sud, je ne parlais pas espagnol, j’ai appris l’allemand à l’école. Avant mon départ, je prenais 30 minutes par jour pour apprendre quelques mots de vocabulaire. En arrivant en Argentine, je pouvais me présenter et compter jusqu’à 100.

Lors de mon premier jour en stop, lorsque le conducteur a baissé sa vitre, je ne savais même pas dire “ou vas tu?” Finalement, la pratique de l’autostop en Argentine et au Chili et le fait de choisir des hôtes couchsurfing qui ne parlent qu’espagnol, je suis devenue quasiment bilingue en 8 mois sur ce beau continent.

À quoi ressemble une de tes journées type en voyage ?

C’est une excellente question. J’apprécie me lever tôt afin d’être seule et de prendre le temps d’émerger. C’est aussi un bon moyen pour arriver sur des sites touristiques sans qu’il n’y ait encore trop de monde.

Si je suis dans une grande ville, je fais le tour des musées et des divers incontournables. J’aime beaucoup participer au “free walking tour”. Si je suis en pleine nature ce sera des randonnées.

Le Fitz Roy – Argentine crédit photo Ose voyager seule

Le midi je vais manger à l’extérieur, principalement dans la rue ou alors j’ai prévu mon repas la veille au soir.

Je rentre généralement dans mon auberge de jeunesse ou chez mon hôte Couchsurfing vers 17-18heures et c’est le moment de cuisiner et de partager avec les gens qui m’entourent autour d’un bon repas (des pâtes en général, ahahah).

Dans la plupart des pays que j’ai visité, je ne sors pas seule la nuit (exception de NY et de l’Australie, ou je me suis vraiment sentie en sécurité). Si d’autres personnes sont motivées pour sortir alors souvent je me joins à eux. Parfois, je vais tout simplement au lit de bonne heure devant un bon film.

Tu profites souvent de tes voyages pour travailler sur place, comment choisis-tu les endroits où tu vas te poser ?

 En Amérique du Sud, je décidais de m’arrêter dès que je me sentais bien dans un endroit. Je cherchais alors à faire du volontariat. Ça a été le cas à San Pedro de Atacama ou je suis restée 5 semaines et à ToroToro en Bolivie, ou je suis restée 2 mois.

Au début, ce n’était pas simple, de prendre la décision de s’arrêter. Ce continent est vaste et il y a tellement de choses à voir. Mais lorsque j’ai quitté Ushuaia, les larmes aux yeux, je me suis promis de m’écouter et de rester par la suite plus longtemps si j’en ressentais le besoin et l’envie.

Je suis restée 4 mois en Bolivie, et je n’ai dû payer qu’une dizaine de nuits. Le reste du temps, je m’engage à rester au moins une semaine et travailler dans l’auberge en échange du gîte et d’un repas.

C’est finalement plus simple qu’on ne le pense, surtout sur ce continent où de nombreux backpackers voyagent de cette façon (surtout les argentins). Ainsi, il suffit de frapper aux portes pour trouver un volontariat. Finalement, ces expériences de volontariat m’ont permis de découvrir que j’aimais voyager lentement, de retrouver une certaine routine en forgeant des amitiés mais aussi de me sentir utile aussi. Ça a grandement amélioré mon niveau en espagnol.

Canyon Torotoro – crédit photo Ose voyager seule
Tu as pas mal bourlingué ces dernières années. De toutes les destinations que tu as traversées, quelle est celle qui t’a le plus marquée et pourquoi ?

Je dirais la Bolivie. Cela a été un vrai choc des cultures dès le passage de la frontière entre l’Argentine et la Bolivie. Je venais de rentrer dans un autre monde.

Les gens étaient tout autant bienveillants. De voir des personnes si pauvres mais pourtant tellement souriantes et accueillantes. Ça a été un vrai choc pour moi.

L’endroit ou je suis restée le plus longtemps est un petit village nommé ToroToro, en pleine cordillère des Andes. C’est un lieu connu pour ses empreintes de dinosaures et son immense canyon.

Je me suis tout de suite plue, j’avais entendu qu’il était possible de faire un volontariat dans un bar typique. J’ai de suite foncé. Ces deux mois là- bas, m’ont permis de faire de nombreuses rencontres de voyageurs mais surtout de m’intégrer dans ce village. Je connaissais tout le monde et tout le monde me connaissait. J’ai lié des liens d’amitié très forts et je suis toujours en contact avec eux 3 ans après.

J’avais trouvé un équilibre, une routine, je crois que je n’ai jamais autant était épanouie que là-bas.

Planifies-tu tes retours à l’avance ou te laisses-tu la liberté de rentrer quand tu le sens ?

Je suis toujours partie avec un seul aller simple. La seule fois où j’avais mon billet retour, c’est lors de mon voyage aux Etats-Unis de deux mois, car ma cousine se mariait et que je souhaitais absolument assister au mariage.

S’il n’y avait pas la “pression familiale” derrière, je serais probablement toujours en Bolivie, ou du moins sur le continent américain. En voyageant lentement, en faisant des volontariats et parfois en trouvant du travail rémunéré, on se rend compte qu’on peut passer notre vie à voyager.

Je pars toujours avec une vague idée d’itinéraires mais je suis devenue très flexible sur mes mouvements. J’ai appris à m’écouter. Si je dois ralentir, changer de villes ou encore rester plus longtemps.

En voyage, tout est possible, dès que l’on sort de notre zone de confort, des portes s’ouvrent. Je ne me suis jamais sentie autant vivante qu’en voyageant. On voit la vie sous un autre angle. On devient reconnaissant, gratifiant et très optimiste sur notre avenir. Tout devient possible et c’est un sentiment qui donne une puissance énorme.

Quokkas – Australie – crédit photo Ose voyager seule
Tu m’as déjà parlé de ton prochain projet que je vais suivre avec attention parce qu’il est aussi dans nos tablettes. Tu peux nous en dire plus ?

Bien sûr, le prochain voyage sera de rejoindre Saint jacques de Compostelle. Le départ est prévu pour début avril (en espérant qu’on ne soit pas confiné).

Cela fait maintenant plusieurs années, que je souhaite marcher sur le Chemin de Saint Jacques. Quand j’écoute ou lis des retours d’expériences, cela me fait juste rêver.

Je vais partir du Puy en Velay, je me laisse tout le temps pour m’y rendre car je travaillerai en même temps. Je suis en train de créer mon entreprise pour pouvoir à terme être digital nomad et Saint Jacques sera un premier test grandeur nature.

Pour le moment, je ne pense pas que je camperai (j’ai toujours un peu la trouille du bivouac). Puis, j’aurai besoin de temps en temps d’un bon réseau WIFI. J’espère pouvoir marcher une vingtaine de kilomètres par jour mais surtout faire de belles rencontres.

Pour les trois mois qui viennent, je me lance dans la préparation physique et puis sur le chemin ça sera comme bon me semble, toujours m’écouter…

Quel conseil donnerais-tu à ceux qui souhaiteraient se lancer à la découverte du monde sac à dos mais qui hésitent encore à sauter le pas ?

Partir loin sur plusieurs mois, c’est souvent effrayant. Nous avons de nombreuses peurs et blocages. On sort complètement de sa zone de confort, c’est l’inconnu total. On se demande si tel pays n’est pas trop dangereux, si on parle assez bien anglais pour communiquer, on se demande comment on va gérer l’éloignement avec nos proches mais aussi comment gérer notre solitude (si on part seul.e).

Je dirai donc dans un premier temps de se tester, sur quelques jours et pas très loin. Pour voir si on aime cela et si on se sent capable. Cela permet également de tester son matériel et de découvrir un peu plus quel genre de voyageurs on est.

 Il y autant de façon de voyager que de voyageurs

Je rajouterai le fait d’impliquer nos proches dans nos préparatifs car pour eux aussi c’est difficile. Ils projettent leurs peurs sur nous et ne comprennent pas toujours pourquoi on a fait ce choix. Le fait de les impliquer montre à quel point on est motivés et épanouis rien qu’à l’idée de faire ce voyage.

Où peut-on retrouver tes aventures et tes conseils ?

Vous pouvez me retrouver sur mon blog www.osevoyagerseule.com. Il y a des conseils sur la préparation, des retours d’expériences de femmes qui ont elles aussi osé voyager seule. Vous pouvez retrouver également quelques carnets de route afin de voyager depuis votre salon.

Une dernière chose à ajouter ?

Le voyage solo m’a donné une immense liberté. Voyager m’a permis de découvrir qui j’étais vraiment au fond de moi et le sens que je voulais donner à ma vie. C’est une expérience extraordinaire que je recommande vivement à toutes personnes qui ont cette envie profonde. On ressort du voyage solo grandi, gratifiant et avec une bien meilleure confiance en soi.

Merci beaucoup Mélanie d’avoir accepté d’inaugurer ce nouveau rendez-vous, on se retrouve le mois prochain pour un nouveau portrait de voyageurs. N’hésite pas à nous contacter si toi aussi tu souhaites participer à se rendez-vous.

Et surtout surtout surtout, prenez soin de vous et de vos proches…

À bientôt 😉

Publié par wanderlustmum13

Passionnée de voyage et de littérature, je vous propose de suivre les aventures de notre famille vadrouilleuse 🚲🚖 🚞🌎🌍🌏 🛺🚗✈️

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