Portrait de voyageurs #5 : Voyage et volontariat avec Estelle du blog JustL en vadrouille

Après Mélanie qui voyageait seule, Magali qui avait choisi un temps l’expatriation, K. avec qui je partage ma passion des voyages et de la lecture, et Milène du blog Les voyages de Kiki et Sounette, je te propose dans cet article de découvrir un nouveau blog dans le cadre de ce cinquième numéro de portraits de voyageurs.

J’ai découvert le compte et le blog d’Estelle sur le groupe des voyageuses solo de Mélanie sur FB et je dois dire que son parcours a soulevé chez moi une grande admiration et des tas d’interrogations auxquelles elle a gentiment accepté de répondre.

Bonjour Estelle et bienvenue sur My wanderlust family. Pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore, pourrais-tu te présenter ?

Donc, je m’appelle Estelle, j’ai 40 ans et depuis janvier 2018, je suis voyageuse volontaire. Ce qui veut dire que je voyage en faisant des volontariats à travers le monde. J’ai commencé ce mode de vie avec mon compagnon de l’époque et en août 2019, nous nous sommes séparés et j’ai décidé de continuer ce mode de voyage seule. Pour en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur la page de présentation de mon blog ou d’aller voir ma vidéo sur YouTube.

Pour toi, le voyage est fortement lié au volontariat et à l’humanitaire, qu’est-ce qui t’a conduite à faire ce choix ?

Alors, je voudrais faire une précision tout de suite. Beaucoup de gens associe le volontariat à humanitaire. Au risque de te décevoir, je ne fais pas dans l’humanitaire, je fais des volontariats dans des petites structures, familles, restaurants, hôtels, hostels, etc. Je dois avouer que je n’ai pas confiance dans les organismes humanitaires ou les ONG. Je ne sais pas si vous avez entendu parler du volontourisme, mais malheureusement ce genre de structure va souvent de pair avec ce mode de voyage. Je vous détaille la différence dans mon article sur le volontariat, mais j’ai aussi fait une vidéoconférence avec ABM Genève où je parle plus en détail de mes volontariats, vous pouvez trouver la vidéo sur ma chaîne YouTube.

Comment choisis-tu tes destinations ?

Je voyage majoritairement en bus et donc, je descends les continents et je vais aux endroits où je reçois une réponse positive. Je postule par le site Workaway et quand je ne trouve rien, j’y vais au culot et je propose mon aide à l’endroit où je suis. En fait, je dirais que la seule chose que je choisis, c’est le pays de destination, et encore, je suis ma descente du continent, lol. J’aime me laisser surprendre par la vie et ça me permet aussi souvent de découvrir des endroits qui ne sont pas du tout touristiques .

De toutes tes expériences de volontariat, quel est celle qui t’a le plus marquée ?

Je pense que celle qui m’a le plus marqué pour le moment, est mon expérience en Indonésie. Nous étions engagés comme professeurs d’anglais dans une petite école sur l’île de Jakarta, à Kebumen pour être précise. Cette ville n’est absolument pas touristique et il arrivait régulièrement que nous soyons arrêtés dans la rue pour être pris en photo. Un jour, nous étions invités dans une école et devions faire un speech sur l’importance d’apprendre l’anglais. À notre arrivée, nous avons été accueillis par des centaines d’étudiants en folie. J’ai pu ressentir ce que vive les stars quand elles montent sur scène, c’était de la folie. Vous pouvez voir la vidéo sur ma chaîne YouTube

Sur ton blog tu parles de plusieurs formes de volontariat en voyage, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Oui, il y a le volontariat et ce qu’on appelle le volontourisme, comme je disais un peu plus tôt. Ce que je définis comme volontariats, c’est aider des gens (famille, restaurant, hôtel, etc) en échange d’un logement, parfois de la nourriture et de temps en temps d’un petit salaire. Ce que j’appelle volontourisme, c’est payer un organisme, ONG ou autre, pour aller dans des pays « pauvres » ou touchés par des crises dans l’espoir de s’ « acheter une conscience ». Rien de péjoratif dans l’idée, mais par contre ; d’abord, je n’adhère pas au principe de payer pour travailler et ensuite, je n’aime pas le fait de créer un business autour de ça. De plus, de nombreuses arnaques existent autour de ce genre d’action. Internet est rempli de témoignage et de plainte contre des organismes qui ont retiré les enfants de leur famille pour remplir des orphelinats afin d’avoir du travail pour leurs « volontaires » et malheureusement, ce ne sont pas des cas isolé. Je vous invite à faire vos propres recherches sur le volontourisme, vous pourriez être assez choqué. De plus, ce genre d’organisme ne se préoccupe absolument pas du bien-être de la population locale, mais joue sur ce qu’on appelle le « syndrome du sauveur blanc ». Ce syndrome touche de nombreux touristes et voyageurs, moi en premier. Si vous avez voyagé dans des pays dits « pauvres », vous avez dû aussi le ressentir, c’est ce malaise de se sentir privilégié par rapport à des populations qui n’ont pas toutes les facilités que nous avons en Europe ou dans les pays « riches ». Personnellement, j’aimerais faire des actions pour les gens, pour la planète et pour tellement de choses qui me font mal au cœur ou me retourne l’estomac. Pour le moment, ma seule action est de respecter tous les êtres humains et de partager ma nourriture quand je croise quelqu’un qui a faim. Je refuse de donner de l’argent parce que je ne sais pas ce que les gens pourraient en faire (drogue, alcool, jeu, etc.).  

As-tu rencontré sur ta route des familles qui s’étaient lancées dans des projets de voyage avec volontariat ?

Pour être honnête, je n’ai jamais rencontré de familles qui faisaient des volontariats, mais des familles qui ont pris une année sabbatique pour voyager, il y en a des tas. Personnellement, j’aimerais avoir un jour des enfants, et si ça arrive, je n’ai pas l’intention de changer mon mode de vie, d’abord, parce que ça me permet d’acquérir de nouvelles compétences, mais surtout parce que ça me permet d’être en contact avec la population locale et que je trouve important de rencontrer d’autres manières de vivre et de penser. Je pense que c’est l’un des meilleurs apprentissages de la vie et ça permet de cultiver la tolérance.

La crise sanitaire a-t-elle modifié ta façon de voyager ?

Un peu, mais pas énormément, je suis restée bloqué 7 mois au Belize et je suis obligée de passer un test COVID à chaque fois que je passe une frontière. C’est d’ailleurs pour cette raison, entre autres, que je pense me poser quelque part pour un an maximum. En espérant que toute cette folie soit passée.

Comment en es-tu venue à l’idée de créer un blog ?

Quand nous avons quitté la Belgique, j’ai commencé un groupe Facebook pour que nos proches puissent suivre notre parcours. Ça m’amusait d’écrire. Après un mois de voyage, nous avons décidé de prolonger notre périple. À la base, nous voulions parcourir l’Amérique Latine en 6 mois et nous installer quelque part. Du coup, je me suis dit qu’on allait avoir besoin d’une rentrée d’argent et que ce serait un bon moyen tout en continuant à voyager. Comme tu le sais, ce n’est pas comme ça que ça marche et il faut du temps pour se faire connaître. De plus, dans le « premier jet » de mon blog, nous travaillions ensemble avec mon compagnon. Quand je l’ai quitté, j’ai tout recommencé depuis le début et j’ai commencé à suivre une ligne directrice autour du volontariat.

Quels conseils donnerais-tu à nos lecteurs qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure du volontariat ?

Les seuls conseils que je puisse donner, c’est de ne pas se dévaloriser, certains hôtes estiment que comme ils donnent du travail, ils peuvent se permettre de traiter les gens comme de la m…. ou faire des horaires de fous. En décembre de l’année passée, j’ai postulé pour un volontariat, ils me proposaient 8 heures par jour, 6 jours par semaine en échange d’une tente. Pour moi, ce n’est pas équitable, personnellement, je ne fais pas plus de 5 heures par jour, 5 jours par semaine, d’abord parce que j’ai d’autres activités, mon blog et la photo et ensuite parce que volontaire n’est pas synonyme d’esclave.

Où peut-on te retrouver sur les réseaux sociaux ?

On peut me trouver sur Instagram , j’ai un ancien compte Facebook qui court toujours avec le même nom mais je ne l’alimente plus depuis quelques mois. Je me détache fort des réseaux sociaux, je trouve ce concept de plus en plus nocif, mais ça, c’est mon avis personnel. 😉 Sinon, j’ai aussi une chaine YouTube où je poste des vidéos explicatives de temps en temps.

La dernière question est toujours une carte blanche. Alors c’est à toi, quelle question aurais-tu aimé que l’on te pose et quelle serait ta réponse ?
Pourquoi as-tu décidé de tout quitté sans te retourner ?

Je ne me suis jamais senti à ma place en Belgique et mon voyage à Madagascar en 2010 m’a confirmé que je n’étais pas faite pour ce monde qui pour moi n’a pas de cœur. Voyager dans des pays « pauvres » m’a permis de me rendre compte que les vraies valeurs ne s’achètent pas. Que la générosité et le respect ce n’est pas une question de statut ou de compte en banque. Pour moi, la société occidentale a perdu la notion du cœur. Vivre avec le minimum, sourire aux gens, aller à la rencontre d’autres façon de penser et de vivre, c’est ça mon vrai bonheur. Pour moi, en Belgique, les gens ont peur tout le temps et quand je vois ce qui se passe en ces temps de COVID, ça me confirme ma pensée. Ce que j’ai constaté, c’est que les gens ne vivent pas vraiment, si vous les écoutez parler, ils vous diront qu’ils profiteront de la vie quand ils seront à la retraite, quand les enfants auront quitté la maison, etc…. Ils attendent toujours quelque chose. Je ne dis pas qu’il faut tout quitter comme moi, mais bien qu’il faut vivre parce qu’on ne peut jamais savoir quand on va mourir. Je préfère vivre avec des remords qu’avec des regrets. Je pense que le décès de ma maman en 2005 et d’avoir survécu à un gros accident de voiture m’ont fait réaliser que la vie peut s’arrêter en 1 seconde quel que soit l’âge ou la condition. Mon adage ; « Suis ton coeur, pas tes peurs ».

Quel joli mot de la fin ! Merci encore à toi Estelle d’avoir partagé avec nous ton expérience.

À bientôt 😉

Portrait de voyageurs #3 : K. voyageuse et grande lectrice, auteur du blog Les voyages de K.

Nous voilà de retour pour ce troisième article de la série portraits de voyageurs. Après Mélanie, qui voyage seule avec son sac à dos, Magali, qui après de longs séjours à l’étranger a monté une activité de conseil en retour à l’emploi, voici K. qui voyage en famille et comme nous, lit aussi beaucoup et écrit de nombreuses chroniques littéraires.

Ceux qui nous suivent commencent à te connaître un peu, tu es une fidèle du Café des voyageurs, une copine de lecture, mais cet article est le tien alors parle nous un peu de ton parcours de blogueuse, voyageuse et lectrice… 

Bonjour tout le monde !

Alors, par quoi commencer ? Déjà, un grand merci à toi, wanderlustmum13, de m’accueillir sur ton blog. Tu as l’exclusivité, c’est ma première interview 🙂

Bretagne – crédit photo Voyages de K.

Je suis une voyageuse depuis de nombreuses années. Petite, j’ai relativement peu voyagé avec ma famille, et surtout nous sommes restés en France (la frontière suisse et la frontière espagnole, ça compte ?). Mais lorsque je suis devenue étudiante, j’ai eu l’occasion de voyager davantage ; j’ai fait mes études dans 3 villes et régions différentes de France, ce qui m’a notamment permis de (re)découvrir l’Alsace et Paris et sa région. En fait, je crois que ça fait longtemps que j’ai la bougeotte ! J’ai passé une année Erasmus au Danemark, j’ai profité de mes années étudiantes pour voyager en Europe et un peu au Maghreb, au Maroc plus précisément. J’ai ainsi visité plusieurs capitales européennes (Copenhague, Londres, Madrid, Berlin, Bruxelles, Lisbonne, Dublin, Prague). En rencontrant Monsieur F quelques années plus tard, nous avons poursuivi nos voyages en Europe et avons découvert ensemble Genève, Oslo, mais aussi la Crète et Santorin. Deux petites filles sont arrivées il y a quelques années déjà, à 5 ans d’intervalle. J’avoue que le rythme des voyages s’est un peu espacé dans un premier temps, car à 3 ou 4 c’est parfois plus compliqué de voyager. Mais maintenant que les filles sont suffisamment grandes pour que l’on puisse continuer nos découvertes en famille, c’est plutôt la Covid qui a freiné nos envies ces derniers temps.

C’est en revenant de notre road trip en famille dans l’ouest américain que je me suis enfin décidée à créer le blog Voyages de K. C’était important pour moi de partager notre expérience car ce sont les guides de voyage et les blogs relatant l’expérience d’autres familles qui nous ont permis d’organiser notre road trip en toute liberté. Il est important pour nous de voyager sans contrainte, en organisant nous-même nos voyages. La seule fois où on est parti en voyage organisé, c’était à deux, en Crête, dans un hôtel en formule all inclusive ; on a testé, mais ce n’est pas du tout ce qui nous correspond. Le cadre était magnifique, mais l’idée de rester une semaine au même endroit n’est tout simplement pas pour nous (pour le moment du moins) !

Enfin, en ce qui concerne la lecture, je ne saurais dire depuis quand ma passion est là. Depuis toute petite il me semble, avec le Club des cinq, Fantômette, Alice, les fables de la Fontaine, … D’ailleurs, ma fille A suit le même chemin pour la lecture … Alors oui, en devenant maman mon rythme de lecture a considérablement ralenti mais, en 2020, je me suis remise avec grand plaisir à lire régulièrement. A un moment où nous étions en post-confinement et où il a fallu que je m’occupe l’esprit, la lecture était toute trouvée !


Comme nous, tu voyages avec ta petite troupe, parmi toutes les destinations que vous avez traversée, quelle est celle que vous avez préférée ? 
Le grand canyon – crédit photo Voyages de K.

Sans hésiter, l’ouest américain ! C’est le premier grand voyage fait à 4, et sans doute pas le dernier sur ce continent ! L’une de nos filles ayant eu 3 ans l’an dernier, on n’a pas eu l’occasion de faire beaucoup de voyages à 4 à l’étranger pour le moment (seulement les USA et la Belgique). A 3, on avait également visité la Suisse et l’Espagne. En 2020, on avait prévu le Portugal pendant les vacances d’été et Stockholm à la Toussaint, mais on a dû annuler pour les raisons que vous connaissez.


Comment choisissez-vous vos destinations dans la famille K. ? 
Londres – crédit photo Voyage de K.

Disons qu’on a une liste d’endroits où on aimerait aller (Stockholm, Lisbonne, New York, la Floride, retour dans l’ouest américain, retour à Londres en famille, Rome, …) et on essaie de piocher dedans, selon le temps prévu, le moment de l’année où on peut avoir des vacances en commun (si on peut, on évite de partir en été à l’étranger) et bien sûr le budget, les projets personnels du moment et les opportunités. Dans la famille K., il me semble que rien n’est figé, tout est possible !


Et après, quand tout ça sera fini, quelle est la destination qui vous fait rêver ?
Joshua Tree National Park – crédit photo Les voyages de K.

Je crois que quand tout cela sera fini, on retournera aux Etats-Unis car d’autres villes nous attirent énormément et nous appellent ;). Dans l’immédiat, on pense aller (comme prévu initialement) en Suède et au Portugal.

 
En attendant de pouvoir repartir à l’aventure, tu proposes chaque semaine de nombreuses chroniques littéraires. Comment choisis-tu les livres dont tu parles sur le blog ? 
Direction Oslo pour K, grande fan de thrillers nordiques – crédits photos Voyages de K.

Je lis beaucoup de livres en fonction de l’actualité littéraire, sachant que j’aime surtout les thrillers et les polars, les histoires qui se déroulent à l’étranger et font voyager, mais que je peux choisir un livre « feel good » ou une romance de temps en temps. Je suis quelqu’un de curieux, et hormis ce qui est fantasy, fantastique ou SF, qui n’est pas ma tasse de thé, il me semble que je lis un peu de tout, y compris des livres de développement personnel.


Quels sont tes livres préférés sur la thématique du voyage ? 

Hormis les guides de voyage, dont j’ai une petite collection à la maison, je me rends compte que je ne lis pas tant que cela sur cette thématique. Je pense notamment à un livre qui m’a fait beaucoup voyager ces derniers temps, La théorie des poignées de main. Comme je le disais, je privilégie les livres dont l’histoire se déroule à l’étranger ou alors, a contrario, dans un endroit que je connais bien en France.


Tu as lancé un challenge sur ton blog, le Booktrip en Europe, pour voyager par les livres, tu veux bien nous en dire plus ? 

Lorsque j’ai proposé ce challenge cet été, c’était encore le début de mon blog. La présentation du challenge est ici. L’idée était de prévoir sur une année (d’août 2020 à juillet 2021) un parcours de 12 pays ou destinations à travers l’Europe, correspondant à la nationalité de l’auteur du livre et/ou au lieu de l’histoire ou de l’intrigue, idéalement dans le même ordre que pour un road trip. L’occasion de découvrir de nouveaux auteurs et éventuellement de faires des lectures communes, comme c’est désormais le cas avec toi wanderlustmum13. D’ailleurs, merci pour ta participation active à ce challenge 🙂 Le mois de janvier correspondant à la moitié de ce parcours, je pense proposer prochainement un bilan partiel de ce challenge, avec des visuels plus élaborés au passage (j’ai un peu progressé depuis août ;).


As-tu déjà une idée du prochain pays où tu souhaites nous emmener? 

Pour le challenge Booktrip en Europe ? Et bien, je pense plutôt vous emmener dans deux endroits différents en janvier, car je n’ai rien lu pour le Book trip en décembre… Ce challenge m’a permis de constater que je lis finalement en grande majorité des auteurs américains, français et anglais. Avec mes lectures, j’aimerais partir dans le sud en début d’année, en Italie et en Espagne. Je pense que la fin du challenge va être compliquée, car il va me manquer des auteurs dans certains pays européens (dans l’est). D’ailleurs si vous avez des idées !?


Le blogging voyage et le blogging littéraire sont assez différents, en quoi pour toi l’un complète-t-il l’autre ? 

Pour moi, ce n’est pas si différent que cela. La lecture permet de s’évader, de se changer les idées voire de visiter sur le papier d’autres lieux. Lorsque j’ai prévu de partir en voyage j’achète un ou deux livres sur le pays, le must étant de lire sur place un livre dont l’histoire se déroule dans le pays que l’on est en train de visiter (avec la playlist et tout et tout). J’ai créé mon blog au départ pour le voyage, mais je ne voyage pas suffisamment pour ne parler que de cela, ne travaillant pas non plus dans un domaine proche (je suis dans les RH). Donc effectivement, le blogging voyage et le blogging littéraire se complètent bien pour moi (comme pour toi il me semble !), ils permettent tous deux de belles découvertes !


Dernière petite question avant la carte blanche, si on veut retrouver tes chroniques et tes lectures où peut-on le faire ?

Vous pouvez retrouver mes chroniques dans la rubrique lecture de mon blog Voyages de K. Pour les catégories particulièrement étoffées, comme celle des Thrillers et romans policiers par exemple, j’ai créé une page dédiée où vous pouvez retrouver tous les articles par ordre alpha des auteurs de romans. Vous pouvez les retrouver également sur mon compte Babelio, plus récemment sur ma page Facebook, et certains livres sont sur mon compte Instagram. Je commence à avoir beaucoup de chroniques et j’essaie donc une organisation plus optimale sur le blog.


Carte blanche, c’est à toi 🙂 

Merci beaucoup à toi wanderlustmum13 pour toutes ces questions. Désolée pour le délai, car cela a été (beaucoup) plus compliqué que prévu de trouver le temps de t’apporter des réponses … D’ailleurs, je serais curieuse de lire tes réponses à ces mêmes questions ! 🙂

Avoir rejoint la blogosphère m’a énormément apporté, j’aime beaucoup échanger avec toi et avec les autres bloggeurs rencontrés sur la toile.

Sinon, le mot de la fin ? Prenez bien soin de vous, laissez faire la vie, elle vous réserve forcément de belles surprises. J’aime l’expression « après la pluie vient le beau temps », car effectivement, à certains moments difficiles de la vie on ne va voir que le côté négatif mais il y a tant de belles choses dans la vie… Continuez à lire, à voyager, à photographier, à vivre, à sourire, car quoi qu’il arrive il y a toujours de l’espoir !

Merci à toi pour ce passage par chez nous et pour nous avoir fait l’honneur de cette première interview. À très bientôt pour une nouvelle lecture commune ou une contribution au Café des voyageurs.

On se retrouve en fin de mois pour un nouveau portait de voyageurs.

A bientôt 😉

Portraits de voyageurs # 2 : Magali de Voyage, emploi et retour en France

Parce qu’il n’y a pas qu’une seule façon de voyager, j’ai voulu laisser chaque mois (ou presque), la parole à un voyageur ou une voyageuse pour un article invité autour d’une thématique. Je me suis un peu laissée débordée par l’organisation de cette fin d’année, alors pour repartir du bon pied en ce début d’année, je te proposerai trois portaits ce mois-ci. Lors du premier numéro de portrait de voyageurs, nous avions accueilli, Mélanie, du blog Ose voyager seule, qui nous parlait de voyage solo et en sac à dos

Aujourd’hui, c’est Magali de Voyage, emploi & retour en France qui nous fait le plaisir d’être avec nous pour ce nouveau portrait de voyageurs où nous évoquerons l’expatriation et le retour en France. J’ai rencontré Magali sur des groupes d’échanges entre blogueurs voyage et son parcours m’a intriguée, au point de l’inviter à venir en parler chez nous. 

Bonjour Magali et bienvenue sur My wanderlust family. Peux-tu te présenter pour ceux d’entre nous qui ne te connaîtraient pas encore ?

Hello les voyageurs, je m’appelle Magali, j’ai 31 ans. 

Mon enfance a été rythmée par ma scolarité et mes entraînements intensifs de basket-ball (sport que j’ai pratiqué pendant 15 ans dont plusieurs années en sport études). 

Chaque weekend, j’ai découvert un peu plus la France lors de mes déplacements pour mes matchs de basket. C’est comme cela qu’est né mon amour pour le voyage.

Ensuite, j’ai commencé à voyager avec mes sœurs quand je suis devenue adulte. 

En 2014, j’ai quitté mon job pour partir un an aux USA. Depuis cette date, j’ai enchaîné les aventures à l’étranger et les retours en France.

Lorsque je suis en France, j’exerce un métier qui me passionne. Je suis conseillère en insertion professionnelle et j’accompagne les personnes afin de trouver un job pour s’épanouir professionnellement.

Tu as vécu plusieurs années en tant qu’expat, comment t’es-tu préparée à cette expérience ?
San Francisco – crédit photo Magali de Voyage, emploi & retour en France

Depuis mon plus jeune âge, je rêvais de voyager mais « plus loin » et « plus longtemps » que ce que j’avais l’habitude de faire. 

Ce que je voulais avant tout c’était découvrir les USA.

J’ai donc effectué des recherches pour connaître les programmes afin de vivre dans ce pays. C’est en tant que jeune fille au pair que j’ai tenté l’aventure américaine (c’était le plus simple au niveau administratif et financier…). Je précise que vivre une expérience au pair aux USA se réalise obligatoirement grâce à une agence. Tout était organisé pour moi (c’est un service payant). Ce premier départ était donc encadré et c’était rassurant.

Sydney – crédit photo Magali de Voyage, emploi & retour en France

Puis, j’ai aussi vécu 2 ans en Australie avec un visa PVT (permis vacances travail). Cette fois, j’ai tout organisé par moi-même. J’ai travaillé dans plusieurs domaines (agriculture, restauration, éducation) et j’ai beaucoup voyagé en Australie et en Océanie.

Chaque départ a été différent ! À chaque fois, j’ai réalisé beaucoup de recherches d’informations sur le net mais j’ai aussi récolté des témoignages. Toutes ces informations m’ont permis de me lancer le plus sereinement possible même si des peurs il y en a toujours eu (beaucoup).

L’assurance voyage est aussi un incontournable d’une expérience à l’étranger qu’il faut anticiper pour partir à l’aventure en toute sérénité.

Aussi, je suis toujours partie en ayant une petite sécurité financière en cas de problème ou de retour anticipé.

Quels conseils donnerais-tu à nos lecteurs qui seraient tentés par l’aventure de l’expatriation mais qui n’oseraient pas encore sauter le pas ?

Même s’il y a des peurs (c’est humain) c’est en s’y confrontant qu’on peut les dépasser alors il faut foncer ! 

« Il vaut mieux mourir avec des souvenirs qu’avec des regrets »

Bernard Roth

Préparer son voyage ou son expatriation ne permet pas de tout anticiper mais cela permet de sécuriser son arrivée dans le pays en ayant récolté les bonnes informations et en ayant repéré les bons interlocuteurs sur place. C’est rassurant en quelque sorte.

Une aventure à l’étranger peu importe le type de séjour (expatriation, voyage, programme de mobilité…) sera toujours positive. 

On en ressort toujours grandi : nouvelles qualités développées tout au long du voyage, nouvelles compétences et/ou expériences professionnelles.

Personnellement, en voyage j’ai reçu beaucoup plus que ce que je l’imaginais (générosité, amour, bienveillance, écoute).

À ton retour en France, tu t’es lancée dans le projet de créer ta propre entreprise. Qu’est-ce qui t’a motivée pour t’engager dans cette voie ?
La voilà de retour – crédit photo Magali de Voyage, emploi & retour en France

J’aime aider les autres et je suis passionnée par mon métier de conseillère en insertion professionnelle mais j’avais envie de le faire différemment.

Pendant mes voyages, mon métier me manquait et ce n’était pas possible pour moi d’exercer ce job dans une structure à l’étranger.

J’avais envie d’être autonome et libre dans mon travail tout en étant complètement alignée avec mes valeurs et mes envies, j’ai donc décidé de créer mon entreprise. 

C’était une évidence pour moi d’accompagner les personnes qui reviennent de voyage et qui sont à la recherche d’un emploi.

J’ai eu envie de transmettre toutes mes connaissances, mes astuces mais aussi de partager mon ressenti suite aux 3 retours en France que j’ai vécu.

Quels obstacles as-tu rencontré dans ta démarche ? 

J’ai souhaité être accompagnée pour la création de mon entreprise et pour le développement de mon activité mais ça a été un vrai parcours du combattant. Les structures ont été longues à me répondre et l’accompagnement pas toujours de qualité. J’ai poursuivi mes recherches pour enfin trouver une coach business au top.

En réalité, tant que l’on ne se lance pas dans une aventure entrepreneuriale, on n’a pas conscience de la quantité de travail que cette aventure demande. Créer son entreprise ça prend du temps, il faut être patient.

C’est aussi en rentrant dans le vif du sujet que l’on se rend compte de la charge de travail relative à la gestion de son entreprise (comptabilité, animation des réseaux sociaux, création d’un site web, offre de services…) et ce n’est pas toujours la partie la plus fun !

Comment accompagnes-tu les voyageurs qui te contactent pour préparer leur retour d’expatriation ?

Je propose différents packs d’accompagnement mais l’idée c’est d’offrir des activités personnalisées en fonction des besoins des personnes. Mon souhait est de transmettre une méthode (celle que j’ai testé et qui a fonctionné pour moi 3 fois) qui permettra au candidat d’être autonome dans sa recherche et de gagner du temps pour dénicher son emploi idéal.

Il y a des formules qui se déroulent sur plusieurs semaines ou des coups de pouce par thématique.

Les thématiques d’accompagnements sont les suivantes :

  • La connaissance de soi
  • La définition du projet professionnel et du projet de retour en France
  • La rédaction de ses outils de recherche d’emploi (CV, lettre de motivation et ses alternatives, CV Linkedin)
  • La stratégie de recherche d’emploi
  • La simulation d’entretien d’embauche

Tous les accompagnements se déroulent avec moi-même en visio.

Bien souvent j’accompagne les personnes lorsqu’elles sont encore à l’étranger afin de préparer au mieux et d’anticiper la recherche d’emploi avant d’être physiquement en France. Cela permet aussi de gagner du temps et c’est rassurant de rentrer en ayant déjà un emploi qui nous attend.

Tu as pas mal bourlingué. Mélanie a déjà parlé de ton expérience de trek au Népal ici, de tous tes voyages quel est celui qui t’a le plus marqué et pourquoi ?

Passer 4 jours dans le centre rouge, le désert australien au cœur de ce pays a été l’une des expériences inoubliables que j’ai vécu. 

J’ai l’habitude de voyager en autonomie mais cette fois j’avais décidé de partir en tour organisé en groupe (12 personnes de toutes nationalités).

Nous avons dormi dans des swags (des très gros duvets imperméables) à la belle étoile, sur le sol, au cœur du désert Australien.

Tous les jours, on récoltait du bois pour faire notre feu chaque soir autour duquel on dormait. On cuisinait tous ensemble. On se réveillait tôt le matin pour assister au lever de soleil puis on faisait des randonnées pour découvrir le parc national d’Uluru Kata Tjuta. Enfin, le soir on prenait le temps d’assister au coucher de soleil. 

J’ai découvert une belle facette de l’Australie. Ce fut une expérience extraordinaire au cœur du désert et de la population aborigène.

Petite anecdote : c’est une destination très coûteuse qui n’était pas du tout sur ma liste. Pour vous donner une idée, un vol Sydney-Uluru aller/retour coûte généralement autour de 700 $ AUD.

Au moment où mon avion s’est posé à Uluru, j’ai pu profiter de la magnifique vue et j’ai compris pourquoi cette destination est si chère. Je n’avais jamais vu un paysage aussi beau et unique. De plus, c’est une terre sacrée avec une histoire à découvrir.

Fais nous rêver, une fois la crise Covid passée, quels seront tes futurs projets de voyage ?

Ma priorité actuelle est de développer mon projet mais pour sans doute mieux repartir en voyage par la suite, je l’espère !

Je rêve depuis longtemps d’aller découvrir l’Afrique (le Sénégal, la Tanzanie). 

L’Amérique du sud (Mexique, Pérou,  Brésil) me tente beaucoup depuis plusieurs années mais je ne parle pas espagnol alors j’ai trop souvent repoussé ce voyage. Ça viendra …

Si on veut te retrouver sur les réseaux, où peut-on le faire ?

Il est possible de découvrir mes articles de blog disponibles sur mon site.

Je suis très réactive sur les réseaux sociaux.

Sur Facebook, tu pourras découvrir au quotidien mes conseils sur le retour en France et sur la recherche d’emploi et tu peux aussi rejoindre le groupe Expat, je rentre en France et je recherche un job pour poser tes questions.

Sur Linkedin, tu pourras consulter mon partage d’offres d’emploi.

Sur Instagram, tu pourras bénéficier de mes conseils mais aussi participer aux challenges et concours que j’organise.

La dernière question, comme d’habitude, est une carte blanche. Quelle question aurais-tu aimé que je te pose et quelle serait ta réponse ?
Pourquoi as-tu décidé de communiquer et de développer un service autour de la thématique du retour en France ?

Mes 3 retours en France ont été très différents et pas faciles mais en faisant preuve de méthode, j’ai retrouvé un emploi rapidement à chaque fois (en 2 mois lors du premier retour, en 1 mois lors du deuxième retour et depuis l’étranger lors du troisième retour).

J’ai constaté que l’on prépare toujours nos départs en voyage et en expatriation mais que le sujet du retour était très peu abordé.

J’ai moi-même été accompagnée professionnellement lors de mes retours en France et ça m’a beaucoup aidé. J’ai trouvé une écoute, un regard extérieur pour m’aider dans mes démarches et pour élargir mon réseau. Ça a été que du positif mais il manquait une expertise du retour en France.

C’est pour cela que j’ai créé l’accompagnement sur mesure que je propose aujourd’hui : une expertise en recherche d’emploi et reconversion professionnelle, une écoute, un échange en toute bienveillance sur toutes les thématiques liées au retour. 

J’espère pouvoir accompagner un maximum de voyageurs pour vivre un retour en France en douceur mais avant ça j’aimerai que mon message soit partagé et connu de tous pour ne plus se sentir seul lorsque l’on rentre chez soi.

À toi lecteur, si tu veux me donner un coup de pouce, n’hésite pas à partager cette information autour de toi.

Je remercie la wanderlust family de m’avoir donné l’opportunité de témoigner.

A bientôt sur les réseaux ! 

Magali

Il ne me reste plus qu’à remercier Magali pour ce joli partage d’expérience et on se retrouve très vite pour découvrir le portrait de K. du blog Les voyages de K.

À bientôt 😉

Portraits de voyageurs # 1 : Mélanie du blog Ose voyager seule

Après bientôt 11 mois d’existence, j’ai pu dans le cadre du blog faire tout un tas de belles rencontres. Aussi après ce centième article, j’ai décidé d’enfiler ma cape de journaliste et de mettre à l’honneur chaque mois un blogueur voyage qui m’inspire dans le cadre d’une interview.

De plus, la situation sanitaire faisant que les projets de voyages s’éloignent à nouveau pour une durée indéterminée, je ne sais pas vous mais moi j’ai une furieuse envie de m’évader depuis mon salon…

Pour cette première édition de Portraits de voyageurs, c’est donc Mélanie, du blog Ose voyager seule qui s’est prêtée au jeu. Si tu suis le Café des voyageurs, notre rendez-vous hebdomadaire, tu as déjà pu découvrir quelques uns de ces articles et de ses aventures. Les photos que tu trouveras par la suite dans l’article sont le fruit de ses voyages.

Merci Mélanie de venir témoigner chez nous. Pour ceux qui te découvriraient dans cette interview, raconte-nous un peu ton parcours ? Qu’est ce qui t’a donné l’envie de prendre le large, remplir ton sac à dos et partir ?

Bonjour à tous et merci WanderlustMum pour ton invitation à témoigner sur ton blog que j’apprécie beaucoup.

Après des études en géologie d’exploration et 4 ans à travailler pour le groupe Total comme consultante, je ressentais un vide en moi. Je me posais beaucoup de questions sur le sens que je donnais à mon quotidien. J’étais blasé du rythme “metro-boulot-dodo-paye tes factures” et je me disais que “la vraie vie” ne se résume pas à cela.

Mon entreprise a fait faillite, j’ai été licenciée. J’ai donc profité de cette nouvelle, qui m’a au début anéantie, pour en faire quelque chose de positif. Je passais de plus en plus de temps sur les blogs voyage et à un moment donné c’est devenu une évidence pour moi de partir voyager seule.

L’idée de voyager seule m’est venue à l’esprit dès 2014, lors d’une visite de  New York avec des amis, je n’étais pas libre de mes mouvements. Il fallait toujours faire des compromis avec ses amis qui ne voyageaient pas de la même façon que moi.

La skyline de New York vue de nuit – crédit photo Ose voyager seule

J’avais beaucoup fantasmé NY, je me voyais héler un taxi jaune et boire des cosmopolitains dans un verre un cocktails. Bref, j’étais un peu déçue et je me disais que la prochaine fois je viendrai visiter NY seule.

Comment te prépares-tu en général à partir seule  ?

Au début, j’ai appliqué ce que j’appelle la méthode des petits pas. C’est-à-dire qu’avant de partir en Amérique du Sud, je me suis testée. D’abord en France, à quelques kilomètres de chez moi, sur une dizaine de jours.

Je voulais savoir si j’aimais le voyage solo, si j’étais capable de me débrouiller seule. Puis je suis partie trois semaines en Italie du Nord, toujours dans l’esprit de me tester avec cette fois-ci la barrière de la langue en plus.

Mais même avec le temps et mes différents départs en voyage, c’est toujours un peu les mêmes émotions : l’excitation, la peur et enfin le premier jour, c’est toujours “Mais qu’est ce que je fais là ? Est-ce que je fais le bon choix ? Est-ce que ce n’est pas une erreur ?”. Je me rassure toujours en me disant, qu’il est toujours possible de faire demi-tour si je ne me sens pas bien. Il y a toujours quelques larmes même si la famille est habituée maintenant.

Partir, c’est toujours laisser un peu de soi quelque part.

Place Saint Marc Venise – crédit photo Ose voyager seule
Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as récupéré ton sac à dos à l’aéroport et que tu t’es mise en route ?

La première fois que j’ai atterri seule dans un aéroport, c’était à Buenos Aires, en Argentine. J’ai pris mon vol depuis Barcelone est déjà à ce moment là un sentiment de plénitude m’envahissait. J’étais sereine. Je savais que j’avais fait le bon choix.

Arrivée à Buenos Aires, J’étais extrêmement fatiguée, entre le vol et le décalage horaire. J’étais épuisée. Heureusement, j’avais une auberge de jeunesse de réservée pour une semaine et je connaissais un moyen simple et sûr de me rendre à l’auberge sans trop dépenser.

Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, j’ai retrouvé ce sentiment de zénitude. Je ne me posais plus 100 000 questions sur mon voyage. J’étais au bon endroit et c’est tout ce qui comptait.

Tu nous ferais faire un tour dans ton sac à dos ? Quels sont tes indispensables en voyage ?

Avec le temps et mes différents voyages, j’ai appris à voyager léger. J’ai investi dans des vêtements légers, qui sèchent vite et qui ne se froissent pas. En termes de documents, le passeport, ma carte d’assurance voyage, les numéros utiles à contacter en cas d’urgence (famille + ambassade des pays que je traverse), ma carte européenne de santé si je voyage en Europe. Tous ces documents sont cachés dans un porte-document qui se trouve autour de mon coup.

Mes indispensables sont les tongs (pour les douches en auberge de jeunesse), deux cadenas (un pour le PC et l’autre pour mon sac), une prise internationale ainsi qu’une multiprise pour pouvoir charger ses appareils électroniques.

J’ai choisi de partir avec un petit ordinateur et des centaines de films avec moi. J’ai investi dans un PC ultra leger. Je pourrai certainement m’en passer mais le cinéma a aussi une grande place dans ma vie.

Tu as visité l’Amérique du Sud, l’Australie, les États Unis, comment te sentais-tu en espagnol et en anglais avant ton départ ?
Région de San Pedro de Atacama – crédit photo Ose voyager seule

J’ai toujours été nulle à l’école en anglais. J’ai principalement appris en regardant des films et séries sous-titrées. Puis, par la pratique lors de mes voyages. Aujourd’hui, avec la pratique, j’ai plutôt un bon niveau dans ces deux langues.

Pour l’Amérique du Sud, je ne parlais pas espagnol, j’ai appris l’allemand à l’école. Avant mon départ, je prenais 30 minutes par jour pour apprendre quelques mots de vocabulaire. En arrivant en Argentine, je pouvais me présenter et compter jusqu’à 100.

Lors de mon premier jour en stop, lorsque le conducteur a baissé sa vitre, je ne savais même pas dire “ou vas tu?” Finalement, la pratique de l’autostop en Argentine et au Chili et le fait de choisir des hôtes couchsurfing qui ne parlent qu’espagnol, je suis devenue quasiment bilingue en 8 mois sur ce beau continent.

À quoi ressemble une de tes journées type en voyage ?

C’est une excellente question. J’apprécie me lever tôt afin d’être seule et de prendre le temps d’émerger. C’est aussi un bon moyen pour arriver sur des sites touristiques sans qu’il n’y ait encore trop de monde.

Si je suis dans une grande ville, je fais le tour des musées et des divers incontournables. J’aime beaucoup participer au “free walking tour”. Si je suis en pleine nature ce sera des randonnées.

Le Fitz Roy – Argentine crédit photo Ose voyager seule

Le midi je vais manger à l’extérieur, principalement dans la rue ou alors j’ai prévu mon repas la veille au soir.

Je rentre généralement dans mon auberge de jeunesse ou chez mon hôte Couchsurfing vers 17-18heures et c’est le moment de cuisiner et de partager avec les gens qui m’entourent autour d’un bon repas (des pâtes en général, ahahah).

Dans la plupart des pays que j’ai visité, je ne sors pas seule la nuit (exception de NY et de l’Australie, ou je me suis vraiment sentie en sécurité). Si d’autres personnes sont motivées pour sortir alors souvent je me joins à eux. Parfois, je vais tout simplement au lit de bonne heure devant un bon film.

Tu profites souvent de tes voyages pour travailler sur place, comment choisis-tu les endroits où tu vas te poser ?

 En Amérique du Sud, je décidais de m’arrêter dès que je me sentais bien dans un endroit. Je cherchais alors à faire du volontariat. Ça a été le cas à San Pedro de Atacama ou je suis restée 5 semaines et à ToroToro en Bolivie, ou je suis restée 2 mois.

Au début, ce n’était pas simple, de prendre la décision de s’arrêter. Ce continent est vaste et il y a tellement de choses à voir. Mais lorsque j’ai quitté Ushuaia, les larmes aux yeux, je me suis promis de m’écouter et de rester par la suite plus longtemps si j’en ressentais le besoin et l’envie.

Je suis restée 4 mois en Bolivie, et je n’ai dû payer qu’une dizaine de nuits. Le reste du temps, je m’engage à rester au moins une semaine et travailler dans l’auberge en échange du gîte et d’un repas.

C’est finalement plus simple qu’on ne le pense, surtout sur ce continent où de nombreux backpackers voyagent de cette façon (surtout les argentins). Ainsi, il suffit de frapper aux portes pour trouver un volontariat. Finalement, ces expériences de volontariat m’ont permis de découvrir que j’aimais voyager lentement, de retrouver une certaine routine en forgeant des amitiés mais aussi de me sentir utile aussi. Ça a grandement amélioré mon niveau en espagnol.

Canyon Torotoro – crédit photo Ose voyager seule
Tu as pas mal bourlingué ces dernières années. De toutes les destinations que tu as traversées, quelle est celle qui t’a le plus marquée et pourquoi ?

Je dirais la Bolivie. Cela a été un vrai choc des cultures dès le passage de la frontière entre l’Argentine et la Bolivie. Je venais de rentrer dans un autre monde.

Les gens étaient tout autant bienveillants. De voir des personnes si pauvres mais pourtant tellement souriantes et accueillantes. Ça a été un vrai choc pour moi.

L’endroit ou je suis restée le plus longtemps est un petit village nommé ToroToro, en pleine cordillère des Andes. C’est un lieu connu pour ses empreintes de dinosaures et son immense canyon.

Je me suis tout de suite plue, j’avais entendu qu’il était possible de faire un volontariat dans un bar typique. J’ai de suite foncé. Ces deux mois là- bas, m’ont permis de faire de nombreuses rencontres de voyageurs mais surtout de m’intégrer dans ce village. Je connaissais tout le monde et tout le monde me connaissait. J’ai lié des liens d’amitié très forts et je suis toujours en contact avec eux 3 ans après.

J’avais trouvé un équilibre, une routine, je crois que je n’ai jamais autant était épanouie que là-bas.

Planifies-tu tes retours à l’avance ou te laisses-tu la liberté de rentrer quand tu le sens ?

Je suis toujours partie avec un seul aller simple. La seule fois où j’avais mon billet retour, c’est lors de mon voyage aux Etats-Unis de deux mois, car ma cousine se mariait et que je souhaitais absolument assister au mariage.

S’il n’y avait pas la “pression familiale” derrière, je serais probablement toujours en Bolivie, ou du moins sur le continent américain. En voyageant lentement, en faisant des volontariats et parfois en trouvant du travail rémunéré, on se rend compte qu’on peut passer notre vie à voyager.

Je pars toujours avec une vague idée d’itinéraires mais je suis devenue très flexible sur mes mouvements. J’ai appris à m’écouter. Si je dois ralentir, changer de villes ou encore rester plus longtemps.

En voyage, tout est possible, dès que l’on sort de notre zone de confort, des portes s’ouvrent. Je ne me suis jamais sentie autant vivante qu’en voyageant. On voit la vie sous un autre angle. On devient reconnaissant, gratifiant et très optimiste sur notre avenir. Tout devient possible et c’est un sentiment qui donne une puissance énorme.

Quokkas – Australie – crédit photo Ose voyager seule
Tu m’as déjà parlé de ton prochain projet que je vais suivre avec attention parce qu’il est aussi dans nos tablettes. Tu peux nous en dire plus ?

Bien sûr, le prochain voyage sera de rejoindre Saint jacques de Compostelle. Le départ est prévu pour début avril (en espérant qu’on ne soit pas confiné).

Cela fait maintenant plusieurs années, que je souhaite marcher sur le Chemin de Saint Jacques. Quand j’écoute ou lis des retours d’expériences, cela me fait juste rêver.

Je vais partir du Puy en Velay, je me laisse tout le temps pour m’y rendre car je travaillerai en même temps. Je suis en train de créer mon entreprise pour pouvoir à terme être digital nomad et Saint Jacques sera un premier test grandeur nature.

Pour le moment, je ne pense pas que je camperai (j’ai toujours un peu la trouille du bivouac). Puis, j’aurai besoin de temps en temps d’un bon réseau WIFI. J’espère pouvoir marcher une vingtaine de kilomètres par jour mais surtout faire de belles rencontres.

Pour les trois mois qui viennent, je me lance dans la préparation physique et puis sur le chemin ça sera comme bon me semble, toujours m’écouter…

Quel conseil donnerais-tu à ceux qui souhaiteraient se lancer à la découverte du monde sac à dos mais qui hésitent encore à sauter le pas ?

Partir loin sur plusieurs mois, c’est souvent effrayant. Nous avons de nombreuses peurs et blocages. On sort complètement de sa zone de confort, c’est l’inconnu total. On se demande si tel pays n’est pas trop dangereux, si on parle assez bien anglais pour communiquer, on se demande comment on va gérer l’éloignement avec nos proches mais aussi comment gérer notre solitude (si on part seul.e).

Je dirai donc dans un premier temps de se tester, sur quelques jours et pas très loin. Pour voir si on aime cela et si on se sent capable. Cela permet également de tester son matériel et de découvrir un peu plus quel genre de voyageurs on est.

 Il y autant de façon de voyager que de voyageurs

Je rajouterai le fait d’impliquer nos proches dans nos préparatifs car pour eux aussi c’est difficile. Ils projettent leurs peurs sur nous et ne comprennent pas toujours pourquoi on a fait ce choix. Le fait de les impliquer montre à quel point on est motivés et épanouis rien qu’à l’idée de faire ce voyage.

Où peut-on retrouver tes aventures et tes conseils ?

Vous pouvez me retrouver sur mon blog www.osevoyagerseule.com. Il y a des conseils sur la préparation, des retours d’expériences de femmes qui ont elles aussi osé voyager seule. Vous pouvez retrouver également quelques carnets de route afin de voyager depuis votre salon.

Une dernière chose à ajouter ?

Le voyage solo m’a donné une immense liberté. Voyager m’a permis de découvrir qui j’étais vraiment au fond de moi et le sens que je voulais donner à ma vie. C’est une expérience extraordinaire que je recommande vivement à toutes personnes qui ont cette envie profonde. On ressort du voyage solo grandi, gratifiant et avec une bien meilleure confiance en soi.

Merci beaucoup Mélanie d’avoir accepté d’inaugurer ce nouveau rendez-vous, on se retrouve le mois prochain pour un nouveau portrait de voyageurs. N’hésite pas à nous contacter si toi aussi tu souhaites participer à se rendez-vous.

Et surtout surtout surtout, prenez soin de vous et de vos proches…

À bientôt 😉