Cet été, on visite la France #1

D’ordinaire, nous prenons nos quartiers d’été, dès le début des vacances scolaires dans le Sud de l’Italie où nous allons retrouver, la famiglia. Cet été, coronacaca oblige, nous avons fait le choix pas forcément évident de rester dans l’hexagone et de (re)découvrir quelques unes de nos belles villes et / ou régions. Ceux qui nous suivent sur Instagram ont peut-être vu passer la photo de notre arrivée en mode warrior family à la Cité de Carcassone. Pour ce premier article de cette série, je vais te parler de notre folle aventure à pieds le long du Canal du Midi de Toulouse à Carcassonne.

Le Canal du Midi

Il était un voyage…

Comme je te disais dans l’intro, on a longtemps tergiversé pour savoir si oui ou non, nous prendrions la route pour l’Italie. Une fois acquis le fait que nos deux mois d’été se feraient en France, il a donc fallu chercher quelles seraient nos destinations. Le confinement ayant activé pas mal de réflexions en matière de voyage, nous avions envie de mettre en pratique nos réflexions en matière de slow travel. Tu te souviens, j’en avais parlé dans cet article, il y a quelques temps ?

On aime beaucoup le Sud Ouest et les alentours de Toulouse et le Canal du midi nous faisait de l’oeil depuis quelques temps. Après avoir écarté l’opportunité de louer une péniche, assez cher en cette saison, et celle de le faire à vélo car nous n’avions pas l’équipement adéquat, nous avons donc décidé de prendre nos courage à deux mains (enfin, plutôt à deux pieds), d’enfiler nos chaussures de marche et de nous lancer dans une randonnée au bord de l’eau entre Toulouse et Carcassonne.

Avant de partir

Livres, applis et compagnie pour préparer notre périple

Sauf que voilà, 120 kilomètres de marche avec des enfants de 6 et 8 ans, même bons marcheurs, ça ne s’improvise pas. Lorsque l’on a commencé à en parlé autour de nous, on nous a un peu regardé comme des hurluberlus de nous lancer dans un tel projet. Alors, nous avons commencé par potasser un peu la littérature sur le sujet. Par chance, à la bibliothèque, j’ai trouvé Canal du Midi, Guide du randonneur, à moins que ce ne soit lui qui nous ait trouvé…

Le guide est un peu vieux, et a priori épuisé aujourd’hui, mais il nous a été très utile pour construire l’itinéraire et choisir les lieux dans lesquels nous allions nous arrêter. En effet, contrairement à Google Maps ou à Maps sur iPhone qui ne reconnaissent pas les abords du canal comme une route, les cartes de ce petit guide donnent le kilométrage réel du chemin de halage.

Pour les plus technologiques, l’application Canal du Midi, le guide pratique de vos balades vélo et rando nous a été fort utile pour voir quels étaient les chambres d’hôtes et services aux alentours des lieux où nous voulions faire étape. Dans le même esprit, j’avais aussi téléchargé une autre appli GéoCanalMidi dont nous ne nous sommes finalement pas servis.

Enfin, dernier super assistant de la préparation de ce voyage, le groupe Facebook, Evasions et Micro aventures. Ce petit groupe est une mine d’or. Je l’ai découvert pendant le confinement alors que j’étais à la recherche de groupes de voyageurs pour échanger nos expériences. Il y règne un esprit bienveillant qui invite à voyager sans partir loin et partir à l’aventure près de chez soi. Les membres, venus de partout en France y postent des photos pour faire découvrir leur régions et leurs coup de coeur. On nous y a donné de précieux conseils pour l’organisation de ce voyage. Si vous ne le connaissez pas, allez y faire un tour, vous ne serez pas déçus.

Equipement

Qui veut voyager loin ménage sa monture comme on dit, surtout quand la monture en question s’avère être toi et ton joli petit dos. Dans la famille, nous avons tendance à charger nos valise au cas où… Cas qui en fin de compte ne se présente jamais bien entendu. Cette expérience nous a donc amenés à réfléchir sur ce qui était vraiment nécessaire pour le bon déroulement du trajet. Voilà ce que nous avons finalement embarqué :

Pour tout le monde

  • Nos deux fidèles sacs Andina 40 de GoSport achetés il y a une dizaine d’années et toujours opérationnels.
  • Les deux EastPack des garçons
  • 1 grande serviette
  • 4 gourdes zéro plastique + 2 bouteilles
  • Crème solaire
  • Beurre de Karité pour les coups de soleils et les irritations
  • Arnica en gel et granules
  • Chargeurs portables + batteries externes
  • Lotion anti-moustiques
  • Désinfectant
  • Pansements anti-ampoules et classiques
  • Pince à épiler
  • Coupe ongles
  • Un pain de savon de Marseille pour les lessives et la douche
  • La trousse de toilette classique + pharmacie de base
  • L’aspi venin
  • 1 cintre pour faire sécher du linge
  • 1 tote bag pour des courses éventuelles
  • 1 canif
  • Des pastilles pour désinfecter l’eau (qui n’ont finalement pas servi)

Pour chacun

  • 2 shorts
  • 4 T-shirts
  • 4 sous vêtements chacun
  • 4 paires de chaussettes
  • 1 bonne paire de chaussures de marche
  • 1 casquette
  • 1 pyjama
  • 1 veste à manches longues

L’itinéraire

Pour cette première expérience, il n’était pas question de trouver les hébergements en cours de route. Je voulais éviter le risque, après 15 kilomètres de marche de se retrouver sans hébergement et de devoir aller jusqu’au village suivant. L’aventure a une limite quand on part avec des enfants de 6 et 8 ans. Voilà donc les étapes que nous avons choisi de faire

Jour 1 et 2 : Toulouse

Jour 3 : Trajet en TER jusqu’à Avignonet Lauragais – jusqu’à Mas Saintes Puelles et la maison d’hôtes La bonne planque. L’étape était assez longue mais l’arrivée en valait la peine. 15 km depuis le début du Canal auxquels il a fallu ajouter le trajet depuis notre logement toulousain à la gare de Matabiau et de la gare d’Avignonet au Canal.

Jour 4 : Mas Saintes Puelles – Castelnaudary. Cette micro étape de 8 kilomètres nous a permis de profiter pour visiter la ville du cassoulet. Nous avons trouvé un hébergement très chouette sur airbnb.

Jour 5 : Castelnaudary – Villepinte. Une étape un peu plus longue autour des 12 km. Nous avons trouvé notre logement sur airbnb, situé à l’extérieur du chemin de halage et à quelques kilomètres du Canal du Midi. Il était correct mais pas le meilleur du séjour.

Jour 6 : Villepinte – Alzonne une douzaine de kilomètres encore. Là encore, il a fallu s’éloigner pour trouver un logement mais nous avons trouvé sur booking une perle de chambre d’hôtes que l’on vous recommande chaleureusement.

Jour 7 : Alzonne – Pezens : elle tient la palme de l’étape la plus longue du parcours. Km effectués 19 – Km ressentis 60. Cette partie du Canal est très peu ombragée. Elle mérite clairement d’être coupée en deux. Là encore, nous avons trouvé une petite maison très chouette sur airbnb où nous avons pu cuisiner mais il a fallu s’éloigner du Canal.

Jour 8 : Pezens – Carcassonne pour cette dernière étape, assez courte grâce au raccourci à travers champs de WanderlustDad pour regagner le chemin de halâge. Nous avons parcouru une douzaine de kilomètres avant d’arriver. Pour cette étape nous avions d’abord eu un coup de coeur pour une annonce de cabane dans les arbres le long du Canal sur l’épanchoir de Foucault, avant de céder à la raison et de réserver un logement à un quart d’heure à pieds de la Cité, plus accessible pour les petits en cas de fatigue.

Jour 9 : Retour au bercail

En chemin

À voir / à faire

  • Visiter Toulouse. Je resterai très vague sur le sujet pour l’instant, je ménage mon suspens car je rendrai ses honneurs à la ville rose dans un article spécifique.
  • Faire un tour à Avignonet Lauragais. Avec son passé médiéval, son église et ses remparts, c’était une belle façon de commencer notre randonnée
  • Observer les champs : en ce mois de juillet, c’était une véritable explosion de couleur entre les blés prêts à être moissonnés ou les tournesols
  • Regarder en l’air, à la recherche d’oiseaux ou d’écureuils. Les oiseaux nous ont accompagné tout au long de notre marche.
  • Faire une petite cueillette : aux abords du Canal nous avons trouvé fréquemment de l’origan, des mirabelles et des mûres. Excellent moyen de distraire nos petits marcheurs.
  • Faire coucou aux péniches
  • Faire la sieste sous les saules pleureurs : paysage romantique par excellence, nous aurions pu passer des heures sous les saules pleureurs. Mention spéciale à l’écluse de Béteille. Absolument magnifiques
  • Chercher des grenouilles ou sursauter en les entendant fuir sur ton passage
  • S’arrêter pour discuter avec les éclusiers, les marcheurs ou cyclistes : le long du canal est propice aux rencontres et aux échanges.
  • Manger une glace à l’écluse de la Planque : elles sont exceptionnelles avec leurs parfums naturels, leurs ingrédients locaux et de qualité. On aurait volontiers testé tous les goûts de l’ardoise.
  • Manger un cassoulet à Castelnaudary
  • Visiter la Collégiale de Saint Michel et le moulin de Cugarel à Castelnaudary
  • Flâner le long de la Vernassonne à Alzonne et emprunter le sentier pédagogique réalisé par les écoliers de la commune
  • Passer une journée à Carcassonne, visiter la Cité et se prendre pour un chevalier. Là encore je ne m’étendrai pas, je pense réserver un article à Carcassonne dans cette nouvelle série.
  • Admirer les chefs d’oeuvres de conception de Pierre-Paul Riquet, les jolies maisons éclusières et leurs jardinières fleuries. Ne pas manquer l’Ecluse Saint Roch de Castelnaudary.
  • Faire quelques pas sur le mythique Chemin de Compostelle
  • Jouer les chercheurs de trésors grâce à l’application Geocaching…

Où manger / Où boire un coup ?

À pieds, le long du Canal, tu trouveras quelques points où te restaurer. Si toutefois tu es piéton, tu devras bien souvent t’éloigner du chemin de halage pour aller te restaurer. Pour notre part, afin d’éviter que le budget de ces slow-vacances atteigne la voix lactée. Nous avons fait le choix de faire quelques courses dans les épiceries des villages le matin avant de partir pour pouvoir manger une salade ou un sandwich sur le pouce et quand nous en avions l’occasion, le soir, nous faire une assiette de pâtes.

  • Mas Saintes Puelles : l’écluse de la Planque assure un service de Snack avec un plat du jour. Au programme, produits locaux et de qualité. Nous nous sommes régalés de la planche de fromages et charcuterie. N’hésitez pas à aller voir leur page facebook pour la carte.
  • Castelnaudary : si vous passez par notre hôtesse d’airbnb, n’hésitez pas à lui réserver le dîner. C’est une fine cordon bleue, nous nous sommes vraiment régalés.
  • Ecluse de la Peyruque : Vous y trouverez une petite boutique de produits locaux et d’artisanat ainsi que des boissons
  • Epanchoir de Foucault : je t’en ai parlé plus haut pour les hébergements. Situé à 3,4 km en amont de l’écluse de Carcassonne, l’épanchoir de Foucault fait aussi Snack et Café. L’endroit est vraiment très agréable avec son petit jardin, et ses chaises longues. Un lieu idéal pour faire une pause avant d’attaquer les derniers kilomètres qui te séparent de la Cité.
  • Carcassonne : Trip advisor sera sûrement ton ami pour trouver le restaurant qui conviendra à toute la famille. Pour notre part, nous avons fait le choix de manger à l’appartement. Nous avons toutefois mangé une très bonne glace à L’art gourmand, dans la Cité, tout près du Château Comtal.

Conseils pratiques

Comme je te le disais dans la rubrique précédente, les points d’eau et les lieux de restauration sont relativement peu nombreux le long du Canal. Si tu ne souhaites pas t’éloigner, pense à faire tes réserves d’eau et de nourriture à l’avance. Les applications ainsi que le guide te signalent les points d’eau à proximité mais ils ne sont pas très nombreux. Certaines parties du Canal, moins ombragées, comme c’est le cas après Castelnaudary, et entre Alzonne et Pezens sont beaucoup plus gourmandes en eau et particulièrement éprouvantes avec la chaleur de l’été.

Bilan

Plus de 130 km à pieds ! Ça use un peu les souliers mais pas notre enthousiasme. L’aventure est terminée et nous voilà de retour à la maison. Il est temps de faire un petit bilan.

En nous lançant dans cette expérience, toute nouvelle pour nous, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre. Nous avions préféré jouer la sécurité avec des étapes assez courtes et des hébergements réservés à l’avance ce qui était très bien. Les enfants ayant marché toute la journée étaient contents de retrouver un peu de confort moderne (comprendre dans leur langage, une télé…) en arrivant le soir.

Nous savions que les enfants étaient de bons marcheurs sur des randonnées à la journée. Nous nous sommes découvert une endurance que nous ne nous connaissions pas. Nous savons maintenant que nous pourrons nous engager sur de nouveaux sentiers qui nous font de l’oeil comme le Chemin Stevenson ou celui de Compostelle. Toutefois, nous privilégierons à l’avenir le printemps et l’automne car même si le Canal est relativement frais, certaines portions ont été assez difficile à traverser sous la chaleur du mois de juillet.

Concernant l’équipement, nous avions emporté ce qui nous semblait être le strict nécessaire mais les sacs étaient encore assez lourds pour les adultes. Pour certaines étapes assez longues, le poids des sacs a été une difficulté supplémentaire à gérer. Nous réfléchissons à investir dans un charriot de randonnée et dans un saladier pliable pour éviter d’acheter des salades préparées et être plus alignés avec notre engagement de réduction des déchets.

Nous avons pris ces vacances un peu comme un défi. Regardés parfois curieusement par notre entourage qui s’est dit qu’on était un peu dingos de vouloir se lancer dans une pareille aventure. Nous avons été conquis par ce mode de tourisme lent. On validait déjà l’idée de voyager en se reconnectant à l’environnement et à la nature, mais on a approuvé encore plus celle de se déplacer à notre vitesse naturelle, de ralentir et d’observer ce qui se passer autour de nous et de prendre le temps de nous reconnecter à nous, et à la nature.

À l’arrivée, au plaisir de découvrir la Cité de Carcassonne se sont mêlés le sentiment de fierté de nous être dépassés nous-mêmes, d’avoir réalisé une expérience rare et précieuse à ranger dans nos trésors de voyage familiaux, la satisfaction d’avoir réussi un voyage qui correspond à nos convictions et qui était aligné avec nos valeurs, l’émerveillement devant des paysages qui nous ont donné tour à tour l’impression d’être en Amazonie, dans un film des fresques Cohen ou « dans un tableau de Van Gogh en plus beau » comme le dit Rascal dans son merveilleux album Le voyage d’Oregon. Nous avons rencontré de belles personnes, eu de belles discussions en famille, les garçons se sont tour à tour imaginés sorciers, ninja et chevaliers avec les bâtons trouvés sur le bord du chemin. On n’était pas des aventuriers prêts pour la Spartan Race, mais on l’a fait !!! Et on ne peut que vous conseiller d’oser vous lancer…

Et toi ? tenté par cette expérience, à pieds, en vélo ou en péniche ? L’as-tu déjà vécue ?

Si cet article t’a plu n’hésite pas à le mettre au chaud quelque part dans un tableau Pinterest.

Tu as envie de continuer à nous suivre ? N’hésite pas à nous retrouver sur notre page Facebook ou sur Instagram.

À bientôt 😉

Publié par wanderlustmum13

Passionnée de voyage et de littérature, je vous propose de suivre les aventures de notre famille vadrouilleuse 🚲🚖 🚞🌎🌍🌏 🛺🚗✈️

10 commentaires sur « Cet été, on visite la France #1 »

  1. Génial ton article ! Vraiment chapeau pour toute cette organisation et ces km, avec de (relativement) jeunes enfants ! Ça doit être une très belle expérience à vivre en famille ! Tes listes récap’ sont très utiles, je vais m’en servir bientôt ! Hâte de lire tes articles à venir 😊

    Aimé par 1 personne

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