Le carnet de Lola Boumbadaboum de Baptiste Chaperon et Héloïse Solt

Vendredi dernier c’était la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. L’occasion pour nous de vous faire découvrir Le carnet de Lola Boumbadaboum, un joli petit roman de Baptiste Chaperion et Héloïse Solt paru le 13 mars 2020 chez Little Urban dans la collection Premiers Romans et dont tu pourras retrouver un extrait ici.

Quatrième de couverture

J’ai huit ans. Je m’appelle Lola. Ma copine, elle est un peu… spéciale. Elle est autiste, comme disent les grandes personnes. Autiste… c’est un mot d’adulte comme beaucoup d’autres. Et à cause de ce mot, maman m’a dit que ce serait bien que je raconte mon histoire. Mon histoire, la voilà.

Mon avis

Voilà une histoire comme je les aime, écrite avec sensibilité et simplicité. Dans ce roman de 144 pages, on découvre la naissance de l’amitié de Lola, la narratrice, et Lilou, la petite fille autiste avec qui elle partage ses fins d’après-midis au parc. Avec des mots d’enfants, Baptiste Chaperon décrit joliment la rencontre des deux petites filles autour du bac à sable. Lola, est d’abord intriguée par cette copine qui semble ailleurs, absorbée par le sable qu’elle fait couler entre ses doigts, enfermée « dans le monde de sa tête ». Dès leur première rencontre, on la voit touchée par cette petite fille différente, qui ne veut pas jouer comme les autres enfants. Elle est si touchée, qu’elle part à la recherche d’idées pour rentrer en communication avec elle. Avec douceur, sans brusquer Lilou, elle tente de faire tomber les barrières de son monde. Elle est pour cela soutenue par sa maman qui l’encourage à raconter son histoire dans un journal.

Et c’est d’ailleurs presque un vrai journal d’enfant que l’on a entre les mains, avec ses ratures, ses gribouillages et autres commentaires pleins d’innocence. Au fil des pages, on voit l’amitié entre les deux fillettes se tisser. Du côté de Lilou, on prend la mesure de son hypersensibilité aux bruits et aux sensations extérieures, de son besoin de ritualisation et de sécurité affective.

Les illustrations d’Héloïse Solt, en noir, blanc et orange comme les cheveux de Lilou, jouent sur les doubles sens des mots du texte ainsi que sur le second degré. On retrouvera d’ailleurs sur le site de l’éditeur un quizz autour des expressions contenues dans le roman. Elles apportent une véritable touche de vitamine à l’histoire et accompagnent plutôt bien l’énergie débordante et la bonne humeur de Lola. On les retrouve aussi sur les cartes de communication, téléchargeables en scannant le QR code situé à la fin du livre. Ces dernières ont été réalisées en collaboration avec Sarah Marquant, enseignante spécialisée au CHU d’Amiens.

Voilà donc un joli roman au parfum de mistrals gagnants, à mettre entre les mains des enfants assurément, et des adultes qui pourraient être à la recherche de mots simples pour aborder l’autisme.

Et vous, vous l’avez lu ? Il vous fait envie ?

À très bientôt 😉

La légende de Maurice – Le poney volant de Philip Reeve et Sarah Mc Intyre

Et voilà !!! Avec cet article se termine nos de services presse sur les sorties de l’hiver de Little Urban. Au programme, une toute nouvelle série parmi la collection de romans 9-12 ans que l’on affectionne beaucoup. Après Les Lapins de la Couronne d’Angleterre tome 1 et 2, Maverick ville magique, Les temps des mitaines, j’ai eu le grand plaisir de découvrir avec les Schtroumpfs, le premier tome de la série Le poney volant intitulé La légende de Maurice et signé par Philip Reeve et illustré par Sarah Mc Intyre.

Résumé

Alors qu’une tempête magique fait rage dans les Lointaines Collines Pluvieuses de l’Ouest Sauvage, Maurice, un poney volant légèrement enrobé, s’écrase contre le balcon de Max.

Commence alors une aventure extraordinaire avec : des biscuits fourrés à la vanille, d’affreux Ouistitis des Mers, une grande soeur de mauvaise humeur, des sirènes malicieuses… et bien sûr, Maurice, le poney volant !

Notre avis

Grand Schtroumpf attendait la sortie de La légende de Maurice avec grande impatience. Il avait été charmé par sa couverture pleine de peps dans le catalogue d’automne de Little Urban. En effet, la sortie de ce dernier était prévue avant les fêtes de Noël mais avec le confinement et la fermeture des librairies, cette dernière a été repoussée à début janvier.

Nous avons donc découvert l’histoire délicieusement décalée de Maurice, un poney volant grassouillet, friand de biscuits à la vanille, qui par une nuit de tempête est arraché à ses Lointaines Collines Pluvieuses de l’Ouest Sauvage. Après une longue dérive à travers les airs, il s’écrase contre la fenêtre de Max, un jeune garçon dont le rêve le plus cher est d’avoir un animal de compagnie. Dans la collision, Maurice se blesse et Max décide de le recueillir pour la nuit afin de le soigner dès le lendemain matin. À leur réveil, Maurice va beaucoup mieux mais Bourberolles, la petite ville dans vivent Max et sa famille est sous les eaux, en proie à une crue historique. L’appartement, l’un des points les plus hauts de la ville devient petit à petit le lieu de ralliement des voisins dont les appartements ont été inondés…

La légende de Maurice nous offre une belle histoire d’amitié et de solidarité entre un poney venu de contrées lointaines, un petit garçon en manque d’attention et toute un ville qui se retrouve du jour au lendemain prise dans une catastrophe naturelle magique. Ses parents travaillent beaucoup et sa soeur, Marguerite, ne partage plus grand chose avec son petit frère.

La galerie de personnages que nous font découvrir les auteurs est à la fois attachante et complètement décalée. Entre des voisins farfelus, une grande soeur qui est tombée littéralement amoureuse de Dracula et a décidé de vivre dans le noir et de se faire appeler Morticia, des Ouistitis des mers qui sèment le chaos dans la ville déjà sans dessus dessous et terrorisent le pauvre directeur de l’école, des sirènes coquettes et Neville et Beyoncé, les cobayes qui dérivent depuis leur cage, l’humour est clairement au rendez-vous pour aider la communauté de Bourberolles à affronter l’adversité. Et puis il y a Maurice, seul poney volant de son espèce, il voue une passion aux biscuits, ce qui lui vaut un léger embonpoint qu’il assume parfaitement. Max quant à lui, a trouvé en Maurice un véritable ami et se raccroche à lui comme à une bouée de sauvetage.

Les illustrations toutes en nuances de bleu et de gris de Sarah Mc Intyre accompagnent avec humour les mots de Philip Reeve. Les schtroumpfs ont trouvé Maurice « rigolo et stylé ». Et le comique de situation est habilement mené. Certes la ville est inondée mais les habitants de Bourberolles ne manquent pas de créativité, à en juger par les embarcations de fortunes que l’illustratrice leur fait emprunter.

Voilà donc une histoire que l’on a été très contents de découvrir. Les garçons ont aimé les créatures fantastiques qui ont envahi la ville suite à l’inondation, les affreux Ouistitis des mers qui ne savent pas écrire, l’histoire d’amitié entre Max et Maurice et l’action des scènes de sauvetage. Ils ont trouvé plutôt drôle le penchant de Maurice pour les biscuits à la vanille. Nous avons toutefois failli frôler le drame avec la séquence émotions de la fin qui a beaucoup ému Mini-Schtroumpf, (j’ai l’espace d’un instant eu très peur que l’inondation qui a frappé Bourberolles se déplace chez moi…)

Pour ma part, j’ai trouvé super le côté body positive de l’histoire. Maurice assume sa gourmandise et ses rondeurs et il est tellement chou comme cela. Il pourrait avoir la classe de Pégase, montrant fièrement sa musculature en s’envolant dans les airs, mais il s’en moque il cultive son winter body à coup de biscuits à la vanille. Il s’aime comme il est et nous aussi. J’ai apprécié l’humour des auteurs. J’ai beaucoup ri en lisant le monologue dramatique de Marguerite alias Morticia. Quant à l’association d’idées entre Beyoncé et le un cobaye… Je crois que je ne verrais plus jamais Mme Jay Z de la même façon… J’ai aussi beaucoup aimé que les auteurs fassent de la solidarité dans l’épreuve un thème central du roman. Certes, l’inondation magique n’est que passagère mais la communauté de Bourberolles fait corps pour l’affronter aidée par Max et Maurice.

Si vous souhaitez prolonger le plaisir ou découvrir Le poney volant, vous trouverez sur le site de Little Urban un petit test qui vous permettra de savoir si vous aussi êtes une Légende Ordinaire et un tutoriel pour apprendre à dessiner Maurice et lui inventer de nouvelles aventures dans les Lointaines Collines Pluvieuses de l’Ouest Sauvage.

Et vous, vous l’avez lu ? Il vous donne envie de le découvrir ?

À bientôt 😉

Professeur Goupil et les rires qui s’envolent, Loïc Clément et Anne Montel

Nous voilà de retour dans la Vallée des Mitaines, après Le mystère de la chambre morne, le roman 9 – 12, qui avait été l’un de nos coups de coeur de cette fin d’automne. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons la plume de Loïc Clément et les pinceaux d’Anne Montel pour découvrir ce nouvel opus de la série de mini romans consacrés à Angus Goupil paru aux éditions Little Urban le 5 février 2021.

Résumé éditeur

Professeur Goupil et Akiko attendent un heureux évènement. Lui qui a toujours eu la tête dans la lune semble de plus en plus avoir les pieds sur terre. À l’instant même où il voit son enfant, minuscule, avec les yeux qui pétillent la magie, Goupil sait qu’il pourrait gravir les montagnes. Mais Akiko, elle, semble triste. Désespérément.

Notre avis

Nous avions laissé Angus Goupil adolescent et il a bien grandi depuis. Dans cette spin off consacrée à ces aventures, lui qui était un grand solitaire à la limite de la misanthropie s’est d’abord créé une famille de petits animaux dans Professeur Goupil, puis il a découvert l’amour en la personne d’Akiko dans Professeur Goupil est amoureux et ensemble ils ont fait le tour du monde dans Professeur Goupil autour du monde.

Après toutes ces belles aventures et un joli mariage racontés dans le premier chapitre de ce nouveau mini roman de 56 pages, nos deux renards ont décidé de revenir s’installer dans la Vallée des Mitaines. En effet, Akiko attend un heureux événement et c’est là où ils ont grandi qu’ils entendent bien élever leur enfant. On les voit se projeter dans cette nouvelle vie avec un bébé renard, puis accueillir leur fille, non sans quelque peu d’agitation.

C’est en cela que Professeur Goupil et les rires qui s’envolent est un roman original. En effet, il aborde un thème peu présent dans la littérature jeunesse, celui du baby blues et de la dépression post-natale. Les mots sont joliment trouvés pour parler avec douceur et sensibilité de ce sujet qui touche pourtant de nombreuses familles à l’arrivée d’un bébé. Goupil devient un papa tendre et attentionné, touchant par l’amour inconditionnel qu’il porte à cette toute petite boule de poils qui vient de chambouler toute sa vie et par son inquiétude pour Akiko, qu’il soutient de toutes ses forces depuis la naissance de leur fille, mais qui malgré tout, a sombré dans une mélancolie que rien ne semble apaiser.

Cependant tout n’est pas que tristesse dans ce roman, l’humour est aussi au rendez-vous. Entre les aventures scolaires des petits animaux, les jeux de mots disséminés par Loïc Clément au fil des pages et les gaffes du professeur Goupil que la paternité rend particulièrement maladroit, on partage quelques moments de rigolades.

Parmi les personnages secondaires, on retrouve Granny le directeur de l’école de la Vallée des Mitaines dont on avait fait la connaissance dans Le mystère de la chambre morne, mais aussi Stork, la cigogne sage-femme homme qui nous offre un beau moment de jeu sur la langue. Ce dernier met des mots avec beaucoup de bienveillance sur les sentiments qui ont envahi Akiko et ne veulent pas la quitter.

Les illustrations d’Anne Montel entourent elles aussi avec douceur les propos des personnages. Dans le roman paru cet automne, nous avions découvert son trait de plume. Ici elle donne toute l’étendue de sa palette de couleurs avec de jolies scènes de campagne, de nuits tourmentée ou de tendresse intergalactique que l’on retrouve en pleine page, ou de petits moments de vie qui accompagnent ponctuellement le texte. Elle glisse aussi quelques clins d’oeil que les amateurs de son travail sauront peut-être retrouver.

Dans la Wanderlust Family, nous avons apprécié cette lecture pour des raisons très diverses. Les garçons ont aimé le registre humoristique et la légèreté apportée par les suggestions des petits animaux, parfois clairement tirées par les cheveux pour aider Akiko et le professeur Goupil. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le ton et le style de Loïc Montel. Comme à chaque fois, il s’agit d’un moment de lecture à voix haute, partagée pendant le rituel du soir. Si certains paragraphes nécessitent qu’on s’attarde pour expliciter les jeux de mots auprès des enfants, le thème est abordé avec simplicité et dans un lexique adapté aux jeunes lecteurs. Toutefois, la découverte de ce roman doit se faire avec un adulte pour accompagner la discussion sur le sujet de l’accueil d’un bébé et les sentiments qui peuvent traverser les parents à cette étape cruciale d’une vie. C’est donc un chouette roman pour aborder l’amour en ce week-end de la Saint Valentin.

Je remercie les éditions Little Urban pour cette belle découverte et leur confiance renouvelée.

Ils en parlent aussi : Les blablas de Tachan

Et vous ? Vous l’avez lu ? Il vous fait envie ?

À bientôt 😉

Les lapins de la Couronne d’Angleterre – Air Force One de Santa Montefiore, Simon Sebag Montefiore et Kate Hindley

« Ils sont de retours !!! Timmy Poil-Fauve et les Lapins d’élite de la Couronne d’Angleterre reviennent pour de nouvelles aventures. » Cet été, nous avions dévoré le tome 1 de cette série intitulé Le complot. Je ne te raconte pas l’excitation quand nous avons reçu le catalogue de Little Urban pour ce début d’année 2020. Depuis le 8 janvier, la collection de petits romans pour les 9-12 ans que l’on adore lire en lecture feuilleton, compte trois nouveaux titres, Air Force One, dans la série Les Lapins de la Couronne d’Angleterre, Teminus ! dans la série Les aventures involontaires des Soeurs Mouais et Le poney volant dans la série La légende de Maurice. C’est une nouvelle fois l’occasion de remercier les éditions Little Urban pour leur confiance.

J’ai pu partager mes impressions avec Tachan du blog Les blablas de Tachan dans le cadre d’une lecture commune et nous avons toutes les deux beaucoup aimé ce petit roman. Avant de t’en dire plus, je te propose de découvrir le résumé de l’éditeur.

Quatrième de couverture

Une mission. Un héros improbable. Des agents secrets qui protègent le Président des États-Unis. Un peu de chance, une carotte fraîche et une bonne dose de courage.

Si les Lapins de le Couronne impressionnent Timmy, ce n’est rien à côté des Lapins de la Maison-Blanche. L’annonce de la visite des cousins américains met tout Londres en ébullition. À commencer par Papa Ratzi et son armée de méga rats super-numériques, prêts à semer le chaos et à déclencher une crise mondiale… Mayday ! Y-a-t-il un lapin pour sauver le président ?

Mon avis

Comme je le disais en introduction, ce le premier tome de cette série avait été le coup de coeur de notre été. Aussi, la sortie de ce deuxième tome était très attendue dans la wanderlust family. Pour ma part, je n’ai pas été déçue. On retrouve dans ce deuxième opus les personnages que l’on a beaucoup aimé dans le premier tome. Timmy, Clooney, Zeno, Lazer, Nelson et Belle de Patte sont à nouveau de la partie pour assurer la sécurité de la Reine qui se prépare à accueillir le Président des États-Unis.

Comme toute visite officielle, la sécurité se doit d’être parfaite d’autant que la menace des Ratzis plane. Du haut de l’Aiguille, leur quartier général, ils se préparent à venir semer la zizanie et troubler l’amitié entre les deux nations et créer un buzz interplanétaire. Papa Ratzi, caché derrière son écran tel Big Brother, pilote les opérations à distance et les gros rats, dopés à la malbouffe et la caféïne dansent le Dégoubeurk, une sorte de Haka-Ratzi. Grotesques et vulgaires, comme à leur habitude, ils vont doivent compter sur Mavis et Silex pour mener à bien leur projet.

L’heure est donc grave et de nouveaux personnages de sont pas de trop pour venir sauver la Reine et le Président, qui a une peur panique des rats. Les Lapins vont devoir s’appuyer sur les Renards du Premier Ministre et leur chef, CP-QT, un renard biker, qui n’a besoin de personne en Harley Davidson, mais qui va devenir pour Timmy un allié de poids. Comme leurs homologues à grandes oreilles de Buckingham Palace, ces derniers assurent la protection du 10 Downing Street à travers un réseau de tunnels. Ils doivent aussi accueillir les LOTUS, de gigantesques lapins aux allures de Men in Blacks, chargés de la protection rapprochée du Président et représentés par la délicieuse Lola Estrada, une jolie hase à l’accent espagnol, et Hunter dont les lunettes noires et l’accent bostonien distingué irrite passablement Zéno.

Qu’ils soient décalés comme ce Président musophobe, grotesques comme les Ratzis, courageux comme Timmy ou déterminés comme Lola, on ne peut qu’apprécier à nouveau cette galerie de personnages. Et on peut saluer le fait que le rôle de Commandant des LOTUS ait été attribué à une lapine (instant girl power). Je ne t’en dis pas plus pour te laisser découvrir l’histoire, et j’espère que tu l’apprécieras autant que nous avons pu l’apprécier.

En lisant le roman en tant qu’adultes, nous nous sommes délectées avec Tachan des références cinématographiques telles que Air Force One, Y-a-t-il un flic pour sauver la Reine ? et Y-a-t-il un flic pour sauver le Président ? ou encore Men in Black. Le livre est truffé de clins d’oeil, à côté desquels les jeunes lecteurs passeront peut-être mais que les parents apprécieront. Voilà donc qui fait des Lapins de la Couronne d’Angleterre, une série sympathique à partager en famille car chacun peut y trouver son compte. D’autant plus que la fluidité du style se prête bien à une lecture à voix haute.

L’une comme l’autre avons trouvé l’histoire à la fois, drôle, pleine de suspens et d’action. Le final est particulièrement surprenant et nous tient en haleine dans l’attente du troisième tome qui est annoncé en ouverture des bonus. Les lapins de la Couronne d’Angleterre ont donc encore de beaux jours devant eux et on se réjouit de pouvoir les retrouver bientôt pour de nouvelles aventures palpitantes.

Les illustrations douces et raffinées de Kate Hindley ajoutent aux personnages un charme suranné so british. Belle de Patte, toute en bijoux et en plumes est toujours aussi élégante. Et CP-QT sous les traits de l’illustratrice se pare de bijoux bling-bling et de cuir pour en faire un gros dur au coeur tendre. Avec sa couverture rouge et ses lettres d’argent, Air Force One, tout comme Le complot, est un très bel objet livre, qui me fait toujours penser aux éditions classiques des romans d’aventures. Comme dans le premier opus, Londres apparait comme un décor de carte postale avec ses parcs, le Palais de Buckingham, mais aussi la City et ses hommes d’affaires en costumes. Un bonus à la fin de l’histoire propose au lecteur de découvrir les monuments de la ville et les petits curieux pourront apprendre Dix choses à savoir sur la Maison Blanche.

Réussir une suite, surtout lorsque le premier épisode est très réussi, n’est pas un exercice facile mais Santa Montefiore, Simon Sebag Montefiore et Kate Hindley ont accompli cette nouvelle mission avec brio. On persiste et signe donc à vous conseiller de découvrir Les Lapins de la Couronne d’Angleterre. Rabbits save the Queen !

Et vous ? Avez-vous découvert les aventures de Timmy ? Cette lecture vous tente-t-elle ?

À bientôt 😉

Le temps des mitaines – Le mystère de la chambre morne de Loïc Clément et Anne Montel

Lorsque nous avons reçu le catalogue des parutions futures de Little Urban, j’ai craqué pour la couverture de ce nouveau roman à destination des 9-12 ans, sorti le 27 novembre. Nous avions déjà lu Les lapins de la couronne d’Angleterre et Maverick, Ville magique mystère et boules d’ampoules et cette nouvelle parution semblait être une rencontre toute aussi prometteuse. Je remercie donc le service presse de Little Urban de nous faire à nouveau confiance pour donner notre avis sur ce préquel de la série de BD, Le temps des mitaines, des mêmes auteurs et publiée chez Dargaud.

Quatrième de couverture

Cinq protagonistes que tout oppose vont devoir rivaliser d’ingéniosité pour sortir d’une salle de colle éternelle.

Céleste, Prosper, Angus et Nocte doivent passer un samedi entier en retenue en compagnie de Caius, la petite frappe du collège. Intimidant et agressif, ce dernier est à lui seul une bonne raison pour qualifier cette journée de « désagréable ».

Quand les élèves découvrent qu’ils sont prisonniers d’une bulle temporelle, le club des collés bascule dans le cauchemar.

Notre avis

Nous étions particulièrement impatients à l’idée de découvrir Le temps des mitaines, aussi lorsqu’il est arrivé dans la boite aux lettres, nous avons laissé en suspens tout ce que nous avions sur le feu pour découvrir ce Breakfast Club, de la Vallée des Mitaines.

On découvre donc, en ce début de samedi matin, quatre de nos protagonistes. Céleste Anternoz est une oursonne très à cheval sur la justice, l’héroïne de la série de BD. Prosper Bluth est un souriceau orphelin que la vie n’a pas épargné.

Angus Goupil est le riche héritier d’une famille de marchands d’art, souvent délaissé par ses parents qui voyagent aux quatre coins du monde, il comble sa solitude en n’ayant d’yeux que pour la science, c’est lui que l’on retrouve quelques années plus tard dans la série de romans premières lectures, Professeur Goupil des mêmes auteurs toujours chez Little Urban.

Caius Ménuss est le caïd du groupe, il ouvre ce roman en tentant de racketter à ce pauvre Prosper son petit déjeuner. Brutal, cynique et franchement désagréable, il a une fâcheuse tendance à mettre Céleste sur les nerfs et par là même d’attirer sur l’ensemble de la salle de colle, les foudres de M. Granny, le directeur de l’école.

Ils sont bientôt rejoint par Nocte Stocker, une chauve-souris au charme gothique, dont la famille fait partie de la communauté Shami (serait-ce par hasard l’anagramme de Amish ?) et vit recluse à l’extérieur de la ville, refusant la modernité.

Une salle de colle classique entre des ados classiques me direz-vous ? Et bien, non, car dans la Vallée des Mitaines, l’adolescence marque aussi l’apparition de pouvoirs magiques. Aussi, alors que le énième conflit de la matinée éclate entre Caius et ses camarades, la salle de colle devient le théâtre d’un phénomène surnaturel et se retrouve au coeur d’une anomalie quantique. Le temps se suspends à l’extérieur de la salle de colle, en faisant le théâtre d’un huis clos qui va amener les personnages à se découvrir sous un jour nouveau.

Les thématiques de harcèlement scolaire, d’abandon, de relations filles / garçons au collège, de sexisme, de séparatisme et de repli communautaire mais aussi le pouvoir de l’empathie et de la résilience sont au centre de ce roman. Elles sont traitées avec finesse, dans leur complexité sans se laisser aller à la morale ou à la mièvrerie.

Comme à notre habitude, nous avons lu cette histoire ensemble, à voix haute. Quel bonheur ! Il y avait bien longtemps que je n’avais pas rencontré de livre jeunesse aussi riche en terme de construction syntaxique et de vocabulaire. Bon, j’admets qu’il a parfois fallu traduire pour rendre l’histoire accessible aux enfants.

En effet, Loïc Montel nous livre au fil des pages une collection de jolis mots, au charme désuet et d’expressions surannées à la classe so-british dans la bouche d’Angus et d’argot fleuri dans celle de Caius. On en a fait un collier de mots précieux, histoire de briller en société.

Le suspens qui se crée au fur et à mesure des chapitres devient aussi oppressant que la bulle de la salle de colle et on n’a qu’une seule envie, savoir comme les 5 punis vont se sortir de la panade dans laquelle ils se sont fourrés.

Côté illustrations, je découvre le travail d’Anne Montel avec ce roman. La couverture avec ses 5 personnages en médaillon, ses volutes et ses graphismes dorés avait été, sur le catalogue l’un des éléments déclencheurs de notre coup de coeur pour ce roman. Une fois en mains, l’impression est confirmée. Le temps des Mitaines et un très bel objet livre. Ses illustrations à l’encre et à la plume, avec leurs airs de gravures accentuent le côté dramatique de cette bulle quantique qui se réduit au fur et à mesure que le temps passe. Elles sont un élément important du suspens qui se joue. J’ai beaucoup aimé leur finesse et leur niveau de détail et nous avons tous les trois très envie d’aller découvrir d’autres facettes de son oeuvre.

A la fin, les enfants ont retenu, une belle histoire d’amitié naissante. La nécessité de se questionner sur les motivations et les histoires personnelles qui conduisent chacun à faire les choix qui le poussent à agir. De mon côté, j’ai apprécié les multiples niveaux de lectures qui en font une roman vraiment chouette à lire en famille avec ses clins d’oeil à Dracula, à Gainsbourg, aux martyrs chrétiens de l’Empire Romain, les références aux Amish, à #metoo et autres combats féministes. Je me verrais bien en utiliser un extrait au boulot sur une séquence de vocabulaire ou l’exploiter dans le cadre de la prévention du harcèlement scolaire.

La BD ainsi que les aventures du Professeur Goupil risquent fort de rejoindre notre pile à lire dans les semaines qui viennent.

Et vous, vous l’avez lu ? Vous connaissiez déjà la BD ? Si tu as envie de te laisser tenter mais que tu hésites encore, un extrait du premier chapitre est disponible sur Little Urban.

À très bientôt 😉

Il était une fois le feu des dragons, Beatrice Blue

Cette semaine, nous avons eu la chance de recevoir deux nouveautés des éditions Little Urban, que tu dois sûrement bien connaître maintenant si tu nous suis. Après Les lapins de la couronne d’Angleterre, Le projet Barnabus et Maverick, ville magique mystère et boule d’ampoules, on retrouve donc avec grand plaisir les nouveaux bébés de la maison d’éditions à l’éléphant-montgolfière. Voici donc la première de nos deux chroniques sur ce joli album de Beatrice Blue, Il était une fois le feu des dragons, sorti le 27 novembre dernier et qui faisait partie de nos chouchous du catalogue d’automne. En suivant le lien, tu pourras le feuilleter pour te donner une idée.

Résumé de l’éditeur

Sais-tu pourquoi les dragons crachent du feu ?

Suis Freya et Sacha au sommet des montagnes enneigées et découvre ce fabuleux secret. Un indice : l’amitié peut réchauffer les coeurs les plus glacés.

Notre avis

« Dis maman, pourquoi ils crachent du feu les dragons ? » Toi aussi, je suis sûre que tes enfants ont toujours LA question sur les origines du monde le soir, une fois que la lumière est éteinte, qu’ils se sont levés un fois pour boire, deux fois pour faire pipi et trois fois pour un câlin… Ici une spécialité de la maison, alors merci Beatrice Blue de nous proposer une jolie légende pour répondre à cette question.

Après Il était une fois la corne de la licorne, sorti l’année dernière Beatrice Blue, illustratrice espagnole reconnue dans le monde de l’animation, signe sa deuxième collaboration avec Little Urban dans un nouveau conte étiologique mettant cette fois-ci à l’honneur les dragons.

Mes deux fans de créatures fantastiques étaient super enthousiastes à l’ouverture de l’enveloppe… Il faut dire que dès la couverture, la magie est au rendez-vous. Avec ses lettres dorées, ses paillettes, et ses couleurs chaudes c’est vraiment un très bel objet livre que l’on a hâte d’ouvrir pour découvrir la légende qui se cache derrière les origines du feu des dragons.

Beatrice Blue nous emmène alors dans un royaume inconnu, dans des temps immémoriaux, au coeur d’un univers viking. En ce temps là, dans ce royaume, les dragons n’avaient, bien sûr, pas bonne presse, cristallisaient les craintes et étaient chargés des pires rumeurs, le froid et l’obscurité régnaient. Comme dans tout conte, il faut des héros. Les nôtres sont des enfants, Freya et Sacha, passionnés d’histoires de dragons et de lecture. Ils dévorent les livres et leurs descriptions terribles. Bien sûr, ils n’ont pas peur, et ils décident, alors que le village sombre de plus en plus dans l’hiver et se prépare à essuyer une tempête, de partir à la recherche du dragon pour lui demander les raisons pour lesquelles il a décidé de déclencher un tel cataclysme… Sauf que le terrible dragon est en fait une créature terrifiée et frigorifiée à force d’être vue à tort comme une terrible bête mangeuse de chatons. Heureusement les enfants ont plus d’un tour dans leur sac pour le réchauffer et apaiser les relations entre le dragon et le village.

Derrière cette histoire pleine de douceur, on découvre donc une belle histoire d’amitié et de lutte contre les préjugés. On apprivoise sous un jour tendre un autre mal-aimé de la littérature, qui, au même titre que le loup, occupe souvent le rôle du méchant, ou du personnage que l’on craint. Ce dragon-là n’a rien demandé et, même reclus dans sa montagne, les légendes qui se transmettent de générations en générations ont fait de lui une créature isolée.

L’album est conseillé à partir de 3 ans sur le site, mais il peut très bien s’adapter à des plus grands qui découvrent la lecture tous seuls ou se passionnent pour les créatures fantastiques. Les garçons ont apprécié le fait que les enfants, après la rencontre du terrible dragon, qui n’est en fait une créature vulnérable, changent les histoires pour changer le cours de l’Histoire. Ils ont été ravis de voir que la tendresse du câlin et de l’histoire du soir étaient magiques aussi même pour les dragons.

Les illustrations sont magnifiques, douces et en contraste couleurs chaudes et couleurs froides. La naissance de la flamme du dragon, cachée au coeur de la montagne, s’étale sur un dépliant de quatre pages flamboyantes qui marquent le début d’une ère nouvelle dans le lointain royaume : une ère de chaleur humaine, de vivre ensemble et de belles lectures.

Cette jolie découverte nous a donné envie de suivre de plus près le travail de Beatrice Blue et d’aller lire le premier opus de cette collection.

Et vous ? Vous l’avez-vu passer ? Il vous donne envie ?

À bientôt 😉

Maverick, ville magique, mystères et boules d’ampoule – Eglantine Ceulemans

Il était une rencontre

Cet été, quand j’avais vu passer la petite série de romans de chez Little Urban, j’avais craqué pour Les lapins de la couronne d’Angleterre, dont la couverture était absolument magnifique et il avait été l’un de nos livres de l’été, sautant dans notre valise pour notre road trip sous la tente. Après ce coup de coeur pour cette nouvelle collection, il était clair que Maverick, ville magique, mystère et boules d’ampoule, avec son aura énigmatique serait le prochain à passer à la casserole. Aussi, lorsque j’ai fait ma sélection pour le Prix du Livre de Jeunesse auprès de mes libraires, j’en ai mis deux dans mon panier, un pour l’école et l’autre que j’ai acheté pour les schtroumpfs.

Résumé

Un roi infâme. Une rebellion d’enfants. De la magie, des rires et encore de la magie !

Bienvenue à Maverick, ville magique où tout est possible. Seulement voilà, tous les soirs, la nuit sombre s’abat sur la ville et la fait disparaître dans le noir le plus total. Mais ce n’est pas la seule ombre au tableau…

Anselme, onze ans est embarqué par Anna dans les mystères de Maverick.

Notre avis

Ils l’attendaient depuis un moment celui-ci… Aussi, quand il est arrivé à la maison, il a tout de suite sauté en tête de notre pile à lire pour la lecture feuilleton du soir.

Pendant une dizaine de jours, nous avons donc suivi les aventures d’Anselme, un jeune garçon qui se retrouve expédié chez sa tante Olga dans une ville magique alors que ses parents ont décidé de se payer des vacances avec tous leurs domestiques mais sans leur fils et Anna, une jeune fille qu’Olga a recueilli à la mort de ses parents.

Anselme quitte donc le monde traditionnel pour plonger dans l’univers de Maverick. En effet, dans cette ville extraordinaire, le possible n’a de limite que l’imaginaire de chacun. Aussi, les voitures volent, on peut traverser les murs et s’infiltrer sous la terre, les animaux parlent et on peut goûter à un repas de rêve en traversant l’écran de sa télévision pour aller chaparder dans les cuisine du Top Chef local… Tout irait pour le mieux si une ombre lugubre ne planait pas au dessus de la ville.

Autour du château dont la plus haute tour surplombe la ville, les gardes veillent, les sens-tinelles patrouillent et écoutent tout ce qui se dit. Celui qui a pris possession de Maverick fait régner la terreur partout en imposant un couvre feu et en jetant en prison la plus petite once d’opposition.

Mais en sous-sol, à la nuit tombée, grâce aux supers ampoules d’Olga, la résistance s’active. Une résistance menée par de conserve par des adultes et le QG, un groupe d’enfants qui entend bien mener la vie dure à l’usurpateur qui a volé la magie de Maverick pour la détourner afin d’assouvir sa soif de pouvoir.

Quelle aventure ! Avec cette histoire, Eglantine Ceulemans nous montre que la valeur n’atteint pas le nombre des années. Dès les premières pages on se retrouve catapultés dans un univers en clair obscurs où les instants magiques, de rigolades ou de camaraderie peuvent laisser place à de tristes révélations sur le passé des habitants de Maverick ou des actes arbitraires des gardes du roi.

Ce n’est pas évident de trouver les mots et le ton justes pour parler de dictature, de culte de la personnalité, de résistance, de liberté d’expression avec des mots adaptés pour des enfants d’une dizaine d’années. Et pourtant, grâce aux ampoules d’Olga, les choses deviennent claires. C’est une lecture très pertinente, à relier avec l’actualité de ces derniers mois… (Toute ressemblance entre le roi Gauthier et un président ayant un nom de canard célèbre et la fâcheuse tendance à abuser des UV ne serait que purement fortuite… 😉 ) Ce n’est ni trop dramatique, ni trop drôle, c’est un équilibre savamment dosé pour sensibiliser les plus jeunes à ces thématiques. Le message qui ressort de cette histoire est plein d’espoir, à mi chemin entre l’union fait la force et le leitmotiv de Disney : « si tu peux le rêver, tu peux le faire ». Les illustrations en noir et blanc ajoutent une touche d’humour supplémentaire aux situations parfois cocasses que traverse notre pauvre Anselme, qui essaie tant bien que mal de s’adapter à la magie de la ville et à toutes les peines du monde à garder son tee-shirt…

Les chapitres sont quelquefois un peu longs, ce qui a conduit les garçons à aller se coucher certains soirs la mort dans l’âme parce qu’il faudrait attendre toute la nuit et toute la journée du lendemain pour avoir la suite. Si si je t’assure, mini schtroumpf avec sa tête de pauvre enfant malheureux, faisait peine à voir. Sur la fin, n’y tenant plus, il a fallu avaler les derniers chapitres pour connaître le fin mot de l’histoire.

A la fin de cette lecture, on se dit que l’on est vraiment fans tous les trois de cette petite collection de romans. On se laissera donc volontiers tenter par Les aventures involontaires des soeurs Mouais de Jen Hill et Kara Lareau et nous attendons avec impatience la réouverture des librairies pour découvrir les nouveaux petits romans dont la sortie a été décalée compte tenu de la crise sanitaire… À noter aussi que l’autrice, signe les illustrations des Couzz’, des cadeaux par milliers, un album de Noël, écrit par Fanny Joly qui invite à réfléchir à la surconsommation en cette période de l’année qui risque fort de nous rejoindre pendant le temps de l’Avent.

Et vous, êtes vous déjà allés à Maverick ? Qu’avez-vous pensé de ce roman ?

À bientôt 😉

Le projet Barnabus – The Fan Brothers

La partie collaboration et partenariat du blog s’étoffe chaque jour un plus. Cette semaine, c’est Little Urban, maison d’édition jeunesse, qui nous a témoigné de sa confiance en nous proposant de lire Le projet Barnabus des Fan Brothers. Sorti le 9 octobre, je vous propose donc de découvrir notre avis ce très bel album.

Il était une rencontre

Cet été, j’avais découvert le travail d’illustration des Fan Brothers avec L’épouvantail au coeur de paille, paru aussi chez Little Urban. J’avais trouvé les illustrations très réalistes, pleines de douceur et de poésie. L’histoire de cet épouvantail nous avait beaucoup touchés. Aussi, lorsque l’on a vu dans le catalogue, cette nouvelle création des frères Fan, on l’a très vite mis dans nos chouchous et à peine arrivé à la maison, il a tout de suite eu droit à son moment de gloire le temps d’une lecture du soir.

L’histoire

Dans le sous-sol secret d’un laboratoire de Parfaites Créatures, Barnabus, mi-éléphant, mi-souris, est un projet raté…

Enfermé dans une cloche de verre, il rêve de liberté.

Notre avis

Bon, tu l’auras compris cher lecteur, nous sommes définitivement conquis par le style des Fan Brothers qui ont fait leur entrée dans le cercle de nos illustrateurs chouchous. Il faut dire que Barnabus est vraiment très très mignon avec ses petites oreilles de souris et sa trompe d’éléphant. On l’aurait volontiers adopté avec tous ses petits camarades mis au rebut. Un oeil d’adulte, on retrouvera dans certaines illustrations des clins d’oeil aux Maximonstres de Sendak, au style très réaliste d’Anthony Browne ou encore à Monstres et Compagnie, mais dans cet album, les trois frères, réussissent à merveille à nous emmener avec poésie dans un univers qui ne semble pas vraiment très accueillant de prime abord. Sa lecture va nous permettre d’aborder l’histoire sous de multiples degrés de complexité en fonction de l’âge des enfants.

Bienvenue donc dans le laboratoire secret de la boutiques Parfaites Créatures. Caché, dans le sous-sol, c’est là qu’on y mène des expériences de manipulations génétiques qui conduiront à mettre entre les mains de nos petites têtes blondes les créatures qui seront en vente dans la boutique. Tu sens, ton cœur de maman qui fait des bonds déjà ? Oubliés, dans l’obscurité sur le bord d’une étagère, tout en haut d’une bibliothèque, Barnabus et ses amis sont des prototypes qui n’ont pas trouvé grâce aux yeux des Combinaisons en Caoutchouc Vert. Alors ils attendent, sous leur cloche de verre. Là, tu as bien sûr ton Mini-Schtroumpf qui commence à trembloter de la lèvre inférieure… « Mais ils sont tous seuls Môman ? ». Non, ils ne sont pas vraiment seuls, Pip, le cafard, leur rend visite, et leur raconte avec force détails la vie à l’extérieur de leur cloche de verre. Barnabus rêve de liberté, de découvrir la vraie vie. Et puis un jour, le verdict tombe. Un tampon râté fait son apparition sur leur cloche de verre. Pas assez ceci, trop cela. Ils ne conviendront pas, ils vont être recyclés. Le petit être hybride décide alors de s’enfuir et d’embarquer avec lui ses amis dans sa folle quête vers la liberté.

Au delà de l’illustration, on a beaucoup aimé le message qui se cache derrière le texte, le nom des personnages est aussi assez drôle et je pense que c’est un album que l’on prendra plaisir à relire à la recherche de détails qui nous auraient échappé.

Cet album de 72 pages est annoncé à partir de 4 ans sur le site de l’éditeur. Mais sa richesse et les sujets qu’il traite en arrière plan en font, comme je te le disait plus haut, un merveilleux outil pour aborder des questions presque philosophiques avec des enfants beaucoup plus grands. Qu’est-ce que la perfection ? Qu’est-ce que la liberté ? L’acceptation de soi, le refus de l’étiquette que l’on veut vous coller, le respect de la différence et l’union qui fait la force, l’abandon des animaux, l’exclusion sont des sujets cruciaux sur lesquels cet album permet d’avoir une discussion qui sera sans nul doute pleine de réflexions intéressantes. Alors vaut-il mieux être parfait et enfermé dans une boîte ou râté mais libre ? Vous avez quatre heures ?

En attendant, on te laisse aller découvrir cette petite pépite et on te souhaite un bon week-end.

Ils en parlent aussi : l’heure de lire, LittleMumLittleBoy, Bonheur de maman

À bientôt 😉