Professeur Goupil et les rires qui s’envolent, Loïc Clément et Anne Montel

Nous voilà de retour dans la Vallée des Mitaines, après Le mystère de la chambre morne, le roman 9 – 12, qui avait été l’un de nos coups de coeur de cette fin d’automne. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons la plume de Loïc Clément et les pinceaux d’Anne Montel pour découvrir ce nouvel opus de la série de mini romans consacrés à Angus Goupil paru aux éditions Little Urban le 5 février 2021.

Résumé éditeur

Professeur Goupil et Akiko attendent un heureux évènement. Lui qui a toujours eu la tête dans la lune semble de plus en plus avoir les pieds sur terre. À l’instant même où il voit son enfant, minuscule, avec les yeux qui pétillent la magie, Goupil sait qu’il pourrait gravir les montagnes. Mais Akiko, elle, semble triste. Désespérément.

Notre avis

Nous avions laissé Angus Goupil adolescent et il a bien grandi depuis. Dans cette spin off consacrée à ces aventures, lui qui était un grand solitaire à la limite de la misanthropie s’est d’abord créé une famille de petits animaux dans Professeur Goupil, puis il a découvert l’amour en la personne d’Akiko dans Professeur Goupil est amoureux et ensemble ils ont fait le tour du monde dans Professeur Goupil autour du monde.

Après toutes ces belles aventures et un joli mariage racontés dans le premier chapitre de ce nouveau mini roman de 56 pages, nos deux renards ont décidé de revenir s’installer dans la Vallée des Mitaines. En effet, Akiko attend un heureux événement et c’est là où ils ont grandi qu’ils entendent bien élever leur enfant. On les voit se projeter dans cette nouvelle vie avec un bébé renard, puis accueillir leur fille, non sans quelque peu d’agitation.

C’est en cela que Professeur Goupil et les rires qui s’envolent est un roman original. En effet, il aborde un thème peu présent dans la littérature jeunesse, celui du baby blues et de la dépression post-natale. Les mots sont joliment trouvés pour parler avec douceur et sensibilité de ce sujet qui touche pourtant de nombreuses familles à l’arrivée d’un bébé. Goupil devient un papa tendre et attentionné, touchant par l’amour inconditionnel qu’il porte à cette toute petite boule de poils qui vient de chambouler toute sa vie et par son inquiétude pour Akiko, qu’il soutient de toutes ses forces depuis la naissance de leur fille, mais qui malgré tout, a sombré dans une mélancolie que rien ne semble apaiser.

Cependant tout n’est pas que tristesse dans ce roman, l’humour est aussi au rendez-vous. Entre les aventures scolaires des petits animaux, les jeux de mots disséminés par Loïc Clément au fil des pages et les gaffes du professeur Goupil que la paternité rend particulièrement maladroit, on partage quelques moments de rigolades.

Parmi les personnages secondaires, on retrouve Granny le directeur de l’école de la Vallée des Mitaines dont on avait fait la connaissance dans Le mystère de la chambre morne, mais aussi Stork, la cigogne sage-femme homme qui nous offre un beau moment de jeu sur la langue. Ce dernier met des mots avec beaucoup de bienveillance sur les sentiments qui ont envahi Akiko et ne veulent pas la quitter.

Les illustrations d’Anne Montel entourent elles aussi avec douceur les propos des personnages. Dans le roman paru cet automne, nous avions découvert son trait de plume. Ici elle donne toute l’étendue de sa palette de couleurs avec de jolies scènes de campagne, de nuits tourmentée ou de tendresse intergalactique que l’on retrouve en pleine page, ou de petits moments de vie qui accompagnent ponctuellement le texte. Elle glisse aussi quelques clins d’oeil que les amateurs de son travail sauront peut-être retrouver.

Dans la Wanderlust Family, nous avons apprécié cette lecture pour des raisons très diverses. Les garçons ont aimé le registre humoristique et la légèreté apportée par les suggestions des petits animaux, parfois clairement tirées par les cheveux pour aider Akiko et le professeur Goupil. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le ton et le style de Loïc Montel. Comme à chaque fois, il s’agit d’un moment de lecture à voix haute, partagée pendant le rituel du soir. Si certains paragraphes nécessitent qu’on s’attarde pour expliciter les jeux de mots auprès des enfants, le thème est abordé avec simplicité et dans un lexique adapté aux jeunes lecteurs. Toutefois, la découverte de ce roman doit se faire avec un adulte pour accompagner la discussion sur le sujet de l’accueil d’un bébé et les sentiments qui peuvent traverser les parents à cette étape cruciale d’une vie. C’est donc un chouette roman pour aborder l’amour en ce week-end de la Saint Valentin.

Je remercie les éditions Little Urban pour cette belle découverte et leur confiance renouvelée.

Ils en parlent aussi : Les blablas de Tachan

Et vous ? Vous l’avez lu ? Il vous fait envie ?

À bientôt 😉

Café des voyageurs #28 : Flamenco à Séville

Le café des voyageurs, à la manière des rendez-vous littéraires hebdomadaires comme C’est lundi que lisez-vous ou le Throwback Thursday, est un rendez-vous créé pour partager nos publications, réunies autour d’un thème nouveau chaque semaine et de nous faire découvrir de nouveaux blogs. La récap des liens se fait sur le blog My wanderlust family.

Comme chaque semaine, je te propose de partager un article sur le thème choisi en répondant à ces trois amorces.

Cette semaine, je t’emmène…

J’ai choisi ce lieu car…

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

Thème de la semaine : Rouge

Depuis quelques jours, les vitrines des magasins se sont parées de rouge et de coeurs pour célébrer l’amour. Comme tous les mois, le café met à l’honneur une couleur, avec la Saint Valentin qui approche j’avais envie de mettre à l’honneur le rouge. Avec, une telle couleur, j’ai d’abord pensé consacrer un énième article sur Londres, ses bus et ses cabines téléphoniques, puis sur Montmartre et son Moulin Rouge, mais c’est finalement une autre destination chère à mon coeur que j’ai eu envie de te faire découvrir. Nous avions déjà évoqué un brin d’Andalousie littérairement parlant l’été dernier avec La mécanique du coeur de Mathias Malzieu, aujourd’hui on y revient pour mettre à l’honneur la musique et la danse.

Cette semaine je t’emmène

toujours en Espagne, après Barcelone la semaine dernière, nous prenons la direction du grand Sud pour l’Andalousie. Nous avons visité trois des grandes villes de la région il y a une dizaine d’années, avec notre Grand Schtroumpf tout fraichement sorti de l’oeuf. Basés à Ubeda chez de la famille, nous avions rayonné entre Grenade, Cordoue, la cité médiévale de Baeza avant de finir notre séjour à Séville.

J’ai choisi ce lieu car…

Visiter l’Andalousie et y assister à Séville à un spectacle de Flamenco a longtemps fait partie de mon tiroir à voyages. Aussi, ces trois jours dans la ville étaient particulièrement attendus. Nous avons donc visité les incontournables :

  • l’Alcazar et ses merveilleux jardins, qui en plein mois de juillet par plus de 40° offrent une oasis de fraicheur fortement appréciable avec un bébé. À l’époque de notre voyage, le site n’avait pas encore servi de décor à la maison Martell de Dorne pour la série Game of Thrones. Aujourd’hui, si tu es fan de la série et que tu souhaites visiter l’Alcazar tout en découvrant des anecdotes de tournages, des fans tours sont proposés par de nombreux prestataires.
  • la Cathédrale et la Giralda son campanile qui offre une vue exceptionnelle sur la ville. Avec un tout petit chou, comme Grand Schtroumpf l’était à l’époque, le porte-bébé était notre ami pour cette visite. En effet, cette vue magnifique se mérite, et on y accède après avoir grimpé une belle flopée de marches d’escaliers
  • la Real Maestranza et son musée. La tauromachie n’est pas la tradition espagnole que je préfère. Jamais nous n’aurions assisté à une corrida lors de notre passage dans la région mais force est de constater que la tradition est encore particulièrement ancrée. Nous étions aux abords de la Plaza de toros, pour une balade quand nous avons vu affluer de toutes part, avec des glacières sous le bras et des tas de sacs sous les bras. On se serait clairement crus aux abords du Vélodrome un soir de match de l’OM à domicile. C’est là que nous avons compris que c’était un soir de corrida. Les arènes se visitent en journée, ainsi que le musée de la tauromachie et leur architecture mérite qu’on aille y jeter un oeil.
  • la monumentale Plaza de España et le Parque Maria Luisa
  • le marché couvert de Triana. La semaine dernière, nous avions parlé de la Boqueria de Barcelone, quelques temps auparavant, nous avions parlé des halles d’Helsinki. J’aime beaucoup l’atmosphère des marchés couverts en voyage. C’est souvent un endroit où l’on aime flâner et acheter de quoi grignoter pour ne pas faire exploser le budget nourriture du voyage. C’est aussi un lieu de rencontres fort sympathiques et dans lequel on assiste généralement à de jolies scènes de vie quotidienne.

Mais comme je te le disais en intro, il y avait des visites à côté desquelles ont pouvait passer à Séville mais quitter l’Andalousie sans avoir assisté à un tablao flamenco c’était no way. Je sais par des copains qui y sont allés récemment que depuis quelques années, des spectacles de rues se développent aux alentours de l’Alcazar et de la Cathédrale. En ce qui me concerne j’avais vraiment envie de m’asseoir dans le noir et d’assister à un spectacle avec des danseurs et des musiciens professionnels, d’entendre le claquement des zapatos de baile sur le parquet de la scène. Pour cela, nous nous étions arrêtés le temps d’un spectacle au Tablao Alvaro Quintero, situé non loin de la cathédrale. Il avait l’avantage d’offrir des spectacles sans dîner, ce qui nous allait très bien car même si le spectacle était d’une rare intensité et m’a plongée dans une profonde émotion, il n’a pas été du goût de notre chaton des bois, qui avait très peur du bruit et de l’obscurité. Si tu as la possibilité de rester un peu à la fin du spectacle et que tu veux t’essayer à la danse, une initiation d’une vingtaine de minutes est proposée.

Si tu devais ne choisir qu’une seule photo, laquelle choisirais-tu ?

En une heure de spectacle, différentes formes du flamenco s’alternent, de l’intensité de la Solea aux formes plus légères de la Sevillane ou de l’Alegria. C’était un véritable festival de costumes et d’émotions. En regardant les photos de matin, je me suis rendu compte à quel point le mouvement était intense, au delà du fait que mon appareil photo de l’époque n’était pas très performant sur les photos dans l’obscurité et que beaucoup de photos sont floues. Toutefois, ce qui m’a le plus marquée dans ce spectacle c’est la profondeur des regards des danseurs, la façon dont la musique les habite, la mélancolie, la colère, la concentration, la passion ou la connexion entre les bailarines.

Thème du 17 février : Une rencontre touchante

Thème du 24 février : Insolite

Et vous ? Êtes-vous passés par les tablaos lors des visites à Séville ? Que vous évoque le rouge en terme de destination ? N’hésitez pas à partager vos articles en commentaire.

Chez les habitués du Café, Les voyages de k., nous embarque de l’autre côté de l’Atlantique pour admirer le Golden Gate.

À bientôt 😉

C’est lundi que lisez-vous ? #36

Il s’agit d’un rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se faisait auparavant chez Galleane. Les liens sont maintenant répertoriés chez Camille du blog I Believe in Pixie Dust.

Comme chaque semaine, on se retrouve autour des mêmes questions.

Qu’avez-vous lu cette semaine ?

Qu’êtes vous en train de lire ?

Que lirez-vous ensuite ?

Les chroniques de la semaine

Qu’avez-vous lu cette semaine ?

Chez maman

Le gars à vélo qui bénit les piétons

J’ai terminé ma lecture de Le gars en vélo qui bénit les piétons d’Aurore Rivals, que j’ai reçu dans le cadre de la masse critique Babelio. Je dois dire que j’ai été assez agréablement surprise par ce petit roman qui, comme son protagoniste est arrivé sans prévenir pour faire un bout de chemin avec moi. Il raconte l’histoire d’un homme âgé d’une trentaine d’année, à l’apparence presque christique, qui parcours les bandes cyclables d’une région qui n’est jamais nommée. Avec douceur et bonté, il partage le quotidien des gens qu’il croise sur le bord de la route. Coureur, enfant en skate board, jeune fille désespérée, parents en deuil, vieux monsieur, équipes de télévision, chacune de ces rencontres est une leçon de vie, une ode à l’humanité à la portée presque philosophique.

J’aurais aimé avoir davantage de clés pour cerner le personnage, qui un peu comme Le petit prince, est entouré d’une aura de bienveillance et de mystère qu’il conserve quoi qu’il arrive, même lorsque les hommes se montrent cruels envers lui.

L’exercice n’est pas toujours facile de produire ce genre de fable, et pourtant c’était une belle découverte.

La chronique des Bridgerton 1 et 2 – Julia Quinn

Il n’aura pas fait long feu dans ma pile à lire. Quasiment aussitôt acheté, aussitôt lu. Après avoir vu la série sur Netflix et l’avoir vu défiler sur les blogs je me suis replongée dans la lecture des aventures de Daphné et Simon, ainsi que celles d’Anthony. Je pense y consacrer une chronique dès que j’aurai rattrapé mon retard d’écriture.

Chez les schtroumpfs

Beaucoup de lectures de mangas Pokemon et quelques barres de rire avec Big bisous baveux le tome 13 de Mortelle Adèle. Le titre m’a rappelé les années collège et vous ? Quand j’y repense c’était vraiment pas glam’.

Qu’êtes-vous en train de lire ?

Chez les schtroumpfs

On est presque à la fin des Lapins de la Couronne d’Angleterre. Le suspense est à son comble et les garçons ont hâte de savoir comment l’attaque des Ratzi sur le banquet qui se tient à Buckingham va se terminer… Moi, je sais déjà… (dit-elle en se frottant les mains avec un rire sardonique…)

Chez maman

Allez motivation ! Cette semaine je me remets sérieusement à la lecture de L’ombre du vent. Plus d’excuses, d’autant que la semaine dernière le rendez-vous voyage du mercredi nous a emmenés à Barcelone.

Que vais-je lire ensuite ?

Bon, j’ai un peu fait passer la famille Bridgerton avant mes objectifs du mois de février, mais ça en valait la peine. On reprend donc, dans l’ordre maintenant, dès que j’aurai fini L’ombre du vent, je vais lire mes deux bouquins pour NetGalley et je terminerai par La Belle et la Bête pour le Reading Classics Challenge. Vivement les vacances !!!

Côté Schtroumpfs, on n’a que l’embarras du choix.

Et vous, c’est lundi, que lisez-vous ?

A bientôt 😉

Reading Classics Challenge 2021 : 2 Shakespeare pour le prix d’un

Sur le fil du rasoir, mais dans les temps, samedi soir à 22h00, j’ai réussi à terminer ma lecture du mois de janvier pour le Reading Classics Challenge. Dans le planning que je me suis fixée pour l’année, j’avais prévu de découvrir dans le texte Romeo et Juliette et ma bibliothèque de quartier m’a offert une belle surprise en me proposant une édition 2 en 1 dans laquelle les tragiques amours des amants de Vérone étaient suivies de Macbeth. J’ai donc profité de l’occasion pour m’envoler pour l’Écosse.

Janvier : Théâtre

Il me tenait à coeur de conserver dans ma sélection l’identité du blog et la notion de voyage à travers la littérature. Voyager à travers des oeuvres de théâtre classique n’était donc pas forcément chose aisée et mes lectures de pièces de théâtres se sont arrêtées au lycée. C’est en me baladant sur des blogs voyages que je suis tombée sur un article sur Vérone et la maison de Juliette. Malgré nos multiples pérégrinations en Italie, je n’ai jamais eu l’occasion de découvrir la ville mais elle fait partie des destinations de mon tiroir à voyages et voilà donc comment Roméo et Juliette a fait son entrée dans mon Reading Classics Challenge.

Roméo et Juliette

Je ne vous ferai pas l’affront de vous faire un résumé de l’histoire, ni d’en faire une analyse tout a déjà été écrit sur le sujet. Roméo et Juliette est des classiques que l’on semble connaître par coeur même sans les avoir lus. Entre l’adaptation de Baz Luhrman, la comédie musicale et les pièces que l’on a pu voir au cours de notre scolarité et toutes les fois où l’on a pu entendre le monologue du balcon, entrer dans le texte de Shakespeare m’a un peu fait l’effet de retrouver une vieille connaissance, de découvrir de mes yeux un monument maintes fois vu en photo. J’y ai trouvé des détails que j’avais ignorés jusqu’à présent et découvert chez certains personnages secondaires un aspect comique que je n’aurais jamais soupçonné.

Durant cette lecture, j’ai donc été partagée entre l’envie de retrouver rapidement les scènes classiques qui mettent en avant les deux protagonistes et les conduisent inexorablement vers leur fin tragique et d’autres scènes méconnues mais particulièrement drôle. J’ai été particulièrement touchée par le personnage de la nourrice, fidèle alliée de Juliette qui couvre ses amours naissantes pour Roméo et fait part d’une répartie souvent très drôle envers Lady Capulet ou par l’engagement auprès de Roméo de Frère Laurent qui accepte de bénir l’union des amoureux et tente par tous les moyens d’éviter un drame presque annoncé dans les haines que se vouent les deux familles.

Je n’imaginais guère découvrir une telle violence de la part de Capulet envers sa propre fille. Les insultes qu’il profère à l’encontre de Juliette qui refuse un mariage arrangé avec le Comte Pâris alors qu’elle est déjà liée à Roméo ne m’ont pas laissée indifférente.

Voilà donc une lecture que je suis contente d’avoir faite, d’autant qu’en bonus, elle s’est accompagnée de la découverte de Macbeth.

Macbeth

Il faut croire qu’en ce mois de janvier ma bibliothèque qui ne fait pourtant pas de soldes, s’est lancée dans le 1 acheté + 1 gratuit. En effet, la seule version de Romeo et Juliette était suivie de Macbeth. De prime abord, cette pièce me paraissait assez sombre et je n’avais pas spécialement envie de la lire mais, l’ayant entre les mains, je me suis laissée tenter. Si tu suis le blog, tu sais peut-être que l’Écosse est une terre que nous rêvons de découvrir dès que les conditions sanitaires le permettront. Aussi, j’étais curieuse de voir comment Shakespeare aborderait les Highlands, leur culture de clans et les tensions avec la couronne d’Angleterre.

J’y ai trouvé une histoire éminemment politique. Macbeth, chef de clan, fidèle au roi Duncan reçoit un jour, de la part de trois sorcières, un oracle qui lui annonce qu’il serait bientôt lui même roi d’Écosse et que la seule personne qui pourrait venir à bout de son règne « ne serait pas né d’une femme ». Bien entendu, la patience n’est pas son fort et son ambition n’a d’égale que celle de son épouse Lady Macbeth, qui n’a rien contre un petit régicide pour accélérer les choses. Et voilà donc comment Macbeth le fidèle devient un tyran qui ne recule devant rien pour conserver leur pouvoir et élimine à tour de bras tous ceux qui pourraient remettre en question sa façon d’accéder au trône. Toutefois à force d’avoir du sang sur les mains, la culpabilité finit par se faire sentir chez le tyran comme chez Lady Macbeth qui est hantée par son crime jusque dans son sommeil.

Finalement lâché de toutes parts alors que ses opposants s’apprêtent à marcher sur ses terres, abandonné par Lady Macbeth qui a finalement préféré le suicide à la culpabilité, il s’élance quasiment seul dans une bataille épique autour du Château de Dunsinane. MacDuff, l’un des chefs de clans dont il fait assassiner la famille, lui annonce alors qu’il est en mesure d’honorer la prophétie des trois sorcières et après un combat de haute lutte, Macbeth est finalement tué.

Bien que je ne sois pas particulièrement particulièrement friande de tragédies classiques, d’intrigues politiques et d’histoire où le sang coule plus vite que le champagne un 31 décembre, j’avoue avoir bien aimé Macbeth. Pas que les personnages principaux m’aient été particulièrement sympathiques mais j’avais hâte de connaître la fin et savoir qui viendrait à bout du tyran.

On se retrouve le mois prochain pour parler de littérature du XVIIIè siècle avec La Belle et la Bête de Madame Leprince de Beaumont. Et vous qu’avez-vous choisi pour ce thème ? Quelles lectures vous tentent pour le mois de février ?

À bientôt 😉

Café des voyageurs #27 : Barcelone gourmande

Le café des voyageurs, à la manière des rendez-vous littéraires hebdomadaires comme C’est lundi que lisez-vous ou le Throwback Thursday, est un rendez-vous créé pour partager nos publications, réunies autour d’un thème nouveau chaque semaine et de nous faire découvrir de nouveaux blogs. La récap des liens se fait sur le blog My wanderlust family.

Comme chaque semaine, je te propose de partager un article sur le thème choisi en répondant à ces trois amorces.

Cette semaine, je t’emmène…

J’ai choisi ce lieu car…

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

Thème de la semaine : Gourmandises

Hier, c’était la Chandeleur, je ne sais pas si de votre côté vous avez mangé des crêpes, mais l’idée a réveillé chez moi un soupçon de gourmandise qui se diffuse tout doucement dans le Café des voyageurs. C’est la deuxième fois que je consacre un article aux gourmandises dans ce café. La première avait été consacrée aux biscuits de Noël calabrais.

Cette semaine je t’emmène

à Barcelone, avec ses tapas, ses churros et sa crème catalane, c’est pour moi un véritable lieu de perdition. Aussi, aujourd’hui je te propose de découvrir quelques lieux de la ville que j’ai beaucoup affectionné lorsque nous y sommes passés en coup de vent il y a quelques années. Étant en plus en ce moment en pleine lecture de L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafòn, j’avais très envie de me replonger dans cette visite éclair et ô combien imprévue.

J’ai choisi ce lieu car…

Barcelone est une ville que j’affectionne beaucoup et que j’avais envie de (re)découvrir depuis longtemps. L’architecture de Gaudi, le Barri Gotic, l’atmosphère de La Rambla font que c’est une ville dans laquelle j’aime me balader. Comme je te le disais en intro, cette visite de la ville était totalement imprévue. Du style, on prend notre vieille Clio le matin pour se rendre à Marseillan-Plage parce que notre cher WanderlustDad avait eu l’idée géniale de vouloir me faire passer des sélections pour un jeu télévisé et à la sortie de celle-ci, il me sort : « Tiens, puisqu’on a fait la moitié du chemin, et si on allait à Barcelone ? »

J’avoue que l’initiative était fort sympathique, mais en plein été, trouver un hôtel à petit budget à 14h00 pour le soir, avec un grand bébé, pas de couches suffisantes pour tenir deux jours, pas de brosse à dents, pas de repas… Le programme s’annonçait sportif. Mais les dieux de Booking ont pour une fois été avec nous et après un bref arrêt de ravitaillement au Carrefour de Narbonne, nous avons finalement pris le chemin de la ville pour une escapade de 2 jours au cours desquels nous nous sommes régalés à nous balader à travers les rues.

En effet, Barcelone est une ville dans laquelle les visites sont particulièrement chères si tu ne les as pas anticipées. Aussi, nous avons admiré la Sagrada Familia, le Parc Güell, la Pedrera depuis l’extérieur, nous avons flâné dans le Parc de la Citadelle et à travers les ruelles du Barri Gotic.

Côté repas et gourmandises, nous en avons pris plein les yeux et les narines entre les étals de La Boquerìa. L’architecture extérieure et intérieure de ce marché couvert valent tout autant le détour que les gourmandises sucrées et salées qui sont proposées aux visiteurs des halles. Puis nous avons découvert le temps d’un apéritif l’ambiance singulière du Bosc de les fades, le café attenant au Museu de Cera. Ce dernier reproduit l’ambiance d’une forêt enchantée peuplée d’elfes, de lutin et de fées. Les consommations sont assez chères mais le décor vaut vraiment le détour si vous affectionnez l’univers heroïc fantasy.

Nous avons pris un super petit déjeuner à l’intérieur du restaurant Farga de Diagonal. Les pâtisseries étaient très fines et là encore le décor est très agréable et nous avons terminé notre visite dans une ambiance de barbapapa et de pommes d’amour sur la colline de Tibidabo. Avec des enfants, la visite de ce parc d’attractions qui ressemble un peu au Linnanmaki d’Helsinki est un incontournable. Situé en périphérie de la ville, on y accède en empruntant le tramway bleu historique puis le funiculaire. Depuis le parvis qui borde la grande roue, le panorama sur la capitale catalane est exceptionnel et vaut à lui seul le déplacement. Des attractions au charme vintage côtoient les manèges à sensations fortes et font qu’il y en a pour tous les goûts, pour les petits comme pour les grands.

Si tu devais ne choisir qu’une seule photo, laquelle choisirais-tu ?

Tibidabo – Barcelone

Sans conteste, la jolie baraque à barbapapa de Tibidabo. D’une part parce que son look est superbe et d’autre part, parce qu’elle nous ramène à des souvenirs d’enfance 100% régressifs et ça j’adore… Si tu nous suis, tu sais que j’aime les ambiances de fêtes foraines et les manèges qui datent d’un autre temps.

Comme chaque semaine, tu trouveras la galerie complète des photos de notre escapade gourmande à Barcelone sur Facebook et Instagram. Et vous ? Où nous emmènez vo

Thème du 3 février : Gourmandises

Thème du 10 février : Rouge

Thème du 17 février : Une rencontre touchante

Thème du 24 février : Insolite

Et toi, où nous emmènes-tu cette semaine ? Quels sont tes plus beaux souvenirs ? Moment tant attendu ? Rencontre fortuite ? Paysage spectaculaire qui t’en a mis plein les yeux ? La semaine prochaine, au lendemain de la Chandeleur, le café se fera gourmand. D’ici là, je te souhaite une belle semaine.

À bientôt 😉

C’est lundi que lisez-vous ? #35

Il s’agit d’un rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se faisait auparavant chez Galleane. Les liens sont maintenant répertoriés chez Camille du blog I Believe in Pixie Dust.

Comme chaque semaine, on se retrouve autour des mêmes questions.

Qu’avez-vous lu cette semaine ?

Qu’êtes vous en train de lire ?

Que lirez-vous ensuite ?

Les chroniques de la semaine

Les Lapins de la Couronne d’Angleterre Air Force One
Poussières
Eglises abandonnées de Francis Meslet

Qu’avez-vous lu cette semaine ?

Chez maman

Cette semaine, j’ai terminé à peu près tout ce qui était sur le feu depuis un moment. J’ai publié mes chroniques de Poussières et Eglises abandonnées, partagé avec grand plaisir une lecture avec Tachan pour Les lapins de la couronne d’Angleterre – Air Force One que j’ai dévoré toute seule en attendant de le découvrir avec les garçons.

J’ai aussi rempli l’objectif que je m’étais fixé pour le Reading Classic Challenge, à savoir lire Romeo et Juliette de Shakespeare. N’ayant trouvé à la bibliothèque qu’une version ou les amoureux de Vérone étaient aussi accompagnés de Macbeth, j’en ai profité pour partir en Écosse et découvrir les complots ourdis par Lord et Lady Macbeth pour arriver à la tête du royaume. Je publierai mon billet dans le courant de la semaine.

Chez les schtroumpfs

L’Ickabog, J.K Rowling

Puisque l’on parle de complots, ça y est, nous avons enfin fini l’Ickabog. Il faut dire qu’avec l’arrivée des petits romans de Little Urban les loulous ont voulu mettre un gros coup d’accélérateur cette lecture qui trainait depuis un bon moment.

Qu’êtes-vous en train de lire ?

Chez les schtroumpfs

Si pour ma part je l’ai fini et l’ai beaucoup aimé, Les Lapins de la Couronne d’Angleterre ont pris la place de Bert Beamish, Daisy Doisel pour notre plus grand plaisir.

En parallèle, ils ont aussi trouvé à la bibliothèque des BD de la Bande à Picsou qu’ils dévorent à leurs moments perdus.

Chez maman

J’ai reçu cette semaine le livre que j’ai gagné dans le cadre de la Masse Critique Babelio, Le gars à vélo qui béni les piétons, d’Aurore Rivals. Les premiers chapitres sont très agréables à lire, le personnage principal est plutôt touchant et j’ai hâte de percer son mystère.

Avec tout ça, je n’ai pas avancé d’un pouce sur L’ombre du vent.

Que vais-je lire ensuite ?

En ce mois de février, je me suis fixé comme programme de terminer L’ombre du vent, lire La Belle et la bête pour le Reading Classics Challenge, boucler mes services presse en suspens pour NetGalley et ensuite me plonger dans les aventures de la famille Bridgerton.

Côté Schtroumpfs, quand nous aurons terminé Les lapins de la Couronne, nous découvrirons La légende de Maurice de Philip Reeve et Sarah McIntyre et Le professeur Goupil et les rires qui s’envolent, d’Anne Montel et Loïc Clément.

Et vous, c’est lundi, que lisez-vous ?

A bientôt 😉

Églises abandonnées, lieux de cultes en déshérence de Francis Meslet aux éditions Jonglez

Après Lyon insolite et méconnu et Soul of Venise, c’est avec grand plaisir que j’accorde un nouvel article à une parution des éditions Jonglez. Cette fois-ci, elle est tirée de la collection des beaux livres. Chacun d’entre eux met à l’honneur des lieux tombés en disgrâce et sublimés par l’oeil d’un photographe. Les amateurs d’Urbex (exploration urbaine) seront donc ravis de découvrir dans cette collection des églises, mais aussi des cinémas abandonnés, des sites industriels délaissés à travers la France, l’Espagne et l’Italie et même la base de lancement de Baikonour.

Quatrième de couverture

Entre 2012 et 2020 Francis Meslet a photographié à travers l’Europe plusieurs centaines de lieux de culte oubliés. Ces endroits ont fait place au silence au fil du temps. On n’y entend plus guère que le bruissement du vent s’engouffrant par un vitrail brisé ou le rythme régulier d’une goutte d’eau qui perle au plafond d’une nef dévastée. Ces silences appellent pourtant de rares visiteurs. Dans cette église allemande, des prières étaient récitées en latin, dans ce collège catholique français, les cris d’enfants résonnaient au son de la cloche. Mais qui peut imaginer les sons enfouis derrière les murs de cette crypte au coeur de la montagne italienne ou dans le tombeau de cet ancien couvent au Portugal ?

Francis Meslet parcourt le monde à ses heures perdues, à la recherche de lieux en déshérence, sanctuaires sur lesquels le temps s’est arrêté après que l’homme en ait refermé les portes. Il en ramène des images saisissantes, capsules temporelles témoignant d‘un univers parallèle propice à l’évasion de l’esprit et à l’interrogation… Avec le plus grand respect pour les fidèles qui les ont fréquentés jadis, il nous propose une immersion dans ces lieux que la foi a déserté, à la recherche d’une lueur divine.

Mon avis

Lorsque l’on m’a proposé de chroniquer ce titre, c’est avec grand plaisir que j’ai accepté. J’aime photographier les lieux de cultes, les processions et autres traditions religieuses et j’apprécie cela d’autant plus lorsque l’Histoire les a un peu abimés. À plusieurs reprises ces dernières semaines lorsque je l’ai présenté dans mes lectures du C’est lundi que lisez-vous ?, certain d’entre vous m’ont fait part de leur curiosité vis à vis de cet ouvrage. Voici donc mon avis.

Dans ce beau livre de 224 pages paru en septembre 2020, Francis Meslet nous emmène donc en voyage à travers l’Europe, pour découvrir derrière son objectif 37 sites religieux abandonnés disséminés à travers l’Europe. Pour introduire chacune de ces merveilles oubliées, le photographe s’est entouré de Lilyane Beauquet, du blogueur Louvre-Ravioli, de Michel Cloup, Nicolas Hamm, Jean-Pierre Marchand, Christian Montesinos, historien spécialiste du symbolisme religieux, Samuel Nowakowski, Thierry Pernin, Sylvie Robic et Frédérique Villemur, spécialiste de l’art de la Renaissance.

Au fil des pages, on découvre des églises sans toits, d’autres dans lesquelles les araignées et leurs toiles ont remplacé les fidèles, une végétation qui reprend ses droits au point parfois de camoufler complètement les lieux pour un oeil non averti. Dans certaines d’entre elles, les chandelles n’ont pas fini de brûler et la table de la messe est encore prête, laissant le lecteur découvrir une atmosphère fantomatique. Dans d’autres, on découvre des fresques, des chapelles, des cloîtres et des cryptes qui au Moyen Âge ou à la Renaissance devaient être de véritables splendeurs signées par des maîtres de la peinture locale et qui sont aujourd’hui bardées de lézardes ou viennent se décroûter sur le sol. Et il y en a encore qui ont des airs d’entrepôts de mobilier religieux ou les prie-dieux côtoient le confessionnal ou des autels. La musique des orgues a fait place au silence et le murmure de la prière s’est tu pour laisser parler celui du vent.

Parfois, on a l’impression, en découvrant des chapelles dont les voûtes ne tiennent que par la force des étaies qui sont placées en-dessous que tout a vraiment été tenté pour sauvegarder ces morceaux de l’histoire locale. D’autres fois, on a l’impression que les lieux ont été abandonnés à la hâte, sans prendre la peine de sauver ce qui pouvait encore l’être pour le mettre à l’abri dans un musée. On découvre donc tout de même des statues, des crucifix, de magnifiques marbres ou des vitraux intacts, qui continuent de veiller sur les lieux. Malgré tout, quel que soit le lieu que nous propose de découvrir Francis Meslet, il règne dans ces pages une ambiance de solitude et de recueillement qui rend chacun d’entre eux presque mystérieux.

Chaque photo est accompagnée d’une légende, parfois humoristique, d’autres fois plus philosophique mais qui nous invite tout de même à réfléchir sur la fragilité des merveilles de notre patrimoine. L’ouvrage a reçu la Mention d’honneur à l’International Photography Awards.

Et vous ? Auriez-vous envie de pousser la porte de ces lieux abandonnés ?

À bientôt 😉

Poussières de Jean Anglade, éditions Presse de la Cité

Badge Lecteur professionnel

Lorsque j’ai trouvé ce recueil de nouvelles, paru cet automne aux Presses de la Cité sur NetGalley, j’ai tout de suite pensé qu’il serait parfait pour faire d’une pierre deux coups et s’intégrer à mon programme de lecture pour le mois des nouvelles d’Usva K., mais aussi pour le Challenge Booktrip en Europe du blog Les voyages de K pour parler de la France. Après l’Italie, l’Ecosse, les Pays Bas, voici donc une balade champêtre à travers l’Auvergne du début des années 30.

Quatrième de couverture

Dix-huit nouvelles où pointe déjà tout le talent du conteur : son regard tour à tour tendre, caustique, affûté, posé sur ses personnages, sur une vie simple et sur les beautés champêtres.

On y rencontre pêle-mêle :

Zozo, qui, sur le chemin de l’école, arrive en retard en classe à cause d’un sentier et d’un pivert trop bavards ;

un percepteur à la vocation frustrée de poète, n’osant déclarer son amour à une belle Italienne ;

Rémy, facétieux facteur, qui livre sans le savoir les lettres de sa femme à son amant ;

le petit Maxime, goitreux à cause d’une salamandre, et rejeté par tout un village…

Mais aussi un joueur de vielle, un village du nom de Branquignoles, un futur agrégé de mathématiques et tant d’autres, qui peuplent ce savoureux recueil.

Mon avis

C’est avec ce recueil publié à titre posthume que je découvre la plume de Jean Anglade. Dans cette anthologie sont présentées 18 nouvelles de l’auteur. Toutes sont des écrits de jeunesse, consignés de 1931 à 1934 dans des cahiers d’écolier. La fille de l’auteur y partage en avant propos l’émotion de cette découverte.

Ces dix-huit nouvelles nous baladent de hameaux en petits villes, de champs en chemin buissonniers pour découvrir l’Auvergne de l’entre-deux guerres. Les histoires sont parfois tendres, parfois dures, parfois drôles. Le destin met parfois une triste ironie dans un chemin qui semblait tout tracé, vient bouleverser des idéaux d’enfants ou rebat les cartes de l’amour. On y respire l’air de la campagne, et on participe à la rudesse des travaux des champs. On participe à des fêtes populaires. On prend aussi quelques gueule-de-bois.

On y rencontre des paysans ruinés, des familles détruites par la guerre, d’indécrottables romantiques, des nouveaux riches de retour au bercail ou encore de malheureux cocus que l’on se plait à apprécier, à plaindre ou auprès desquels on s’attendrit.

Si l’on peut se plaire à partager la lenteur de cette vie rurale, certaines nouvelles sont toutefois particulièrement dures et cruelles, comme Régis ou le Goitreux. J’ai trouvé la lecture de cette dernière particulièrement difficile à concevoir aujourd’hui.

C’est donc dans l’ensemble une lecture agréable que les amateurs de littérature régionale, les amateurs de chemins ruraux, les nostalgiques du tableau noir et de l’odeur de la craie apprécieront sûrement.

Et vous ? vous l’avez lu ? Il vous tente ?

À bientôt 😉

Les lapins de la Couronne d’Angleterre – Air Force One de Santa Montefiore, Simon Sebag Montefiore et Kate Hindley

« Ils sont de retours !!! Timmy Poil-Fauve et les Lapins d’élite de la Couronne d’Angleterre reviennent pour de nouvelles aventures. » Cet été, nous avions dévoré le tome 1 de cette série intitulé Le complot. Je ne te raconte pas l’excitation quand nous avons reçu le catalogue de Little Urban pour ce début d’année 2020. Depuis le 8 janvier, la collection de petits romans pour les 9-12 ans que l’on adore lire en lecture feuilleton, compte trois nouveaux titres, Air Force One, dans la série Les Lapins de la Couronne d’Angleterre, Teminus ! dans la série Les aventures involontaires des Soeurs Mouais et Le poney volant dans la série La légende de Maurice. C’est une nouvelle fois l’occasion de remercier les éditions Little Urban pour leur confiance.

J’ai pu partager mes impressions avec Tachan du blog Les blablas de Tachan dans le cadre d’une lecture commune et nous avons toutes les deux beaucoup aimé ce petit roman. Avant de t’en dire plus, je te propose de découvrir le résumé de l’éditeur.

Quatrième de couverture

Une mission. Un héros improbable. Des agents secrets qui protègent le Président des États-Unis. Un peu de chance, une carotte fraîche et une bonne dose de courage.

Si les Lapins de le Couronne impressionnent Timmy, ce n’est rien à côté des Lapins de la Maison-Blanche. L’annonce de la visite des cousins américains met tout Londres en ébullition. À commencer par Papa Ratzi et son armée de méga rats super-numériques, prêts à semer le chaos et à déclencher une crise mondiale… Mayday ! Y-a-t-il un lapin pour sauver le président ?

Mon avis

Comme je le disais en introduction, ce le premier tome de cette série avait été le coup de coeur de notre été. Aussi, la sortie de ce deuxième tome était très attendue dans la wanderlust family. Pour ma part, je n’ai pas été déçue. On retrouve dans ce deuxième opus les personnages que l’on a beaucoup aimé dans le premier tome. Timmy, Clooney, Zeno, Lazer, Nelson et Belle de Patte sont à nouveau de la partie pour assurer la sécurité de la Reine qui se prépare à accueillir le Président des États-Unis.

Comme toute visite officielle, la sécurité se doit d’être parfaite d’autant que la menace des Ratzis plane. Du haut de l’Aiguille, leur quartier général, ils se préparent à venir semer la zizanie et troubler l’amitié entre les deux nations et créer un buzz interplanétaire. Papa Ratzi, caché derrière son écran tel Big Brother, pilote les opérations à distance et les gros rats, dopés à la malbouffe et la caféïne dansent le Dégoubeurk, une sorte de Haka-Ratzi. Grotesques et vulgaires, comme à leur habitude, ils vont doivent compter sur Mavis et Silex pour mener à bien leur projet.

L’heure est donc grave et de nouveaux personnages de sont pas de trop pour venir sauver la Reine et le Président, qui a une peur panique des rats. Les Lapins vont devoir s’appuyer sur les Renards du Premier Ministre et leur chef, CP-QT, un renard biker, qui n’a besoin de personne en Harley Davidson, mais qui va devenir pour Timmy un allié de poids. Comme leurs homologues à grandes oreilles de Buckingham Palace, ces derniers assurent la protection du 10 Downing Street à travers un réseau de tunnels. Ils doivent aussi accueillir les LOTUS, de gigantesques lapins aux allures de Men in Blacks, chargés de la protection rapprochée du Président et représentés par la délicieuse Lola Estrada, une jolie hase à l’accent espagnol, et Hunter dont les lunettes noires et l’accent bostonien distingué irrite passablement Zéno.

Qu’ils soient décalés comme ce Président musophobe, grotesques comme les Ratzis, courageux comme Timmy ou déterminés comme Lola, on ne peut qu’apprécier à nouveau cette galerie de personnages. Et on peut saluer le fait que le rôle de Commandant des LOTUS ait été attribué à une lapine (instant girl power). Je ne t’en dis pas plus pour te laisser découvrir l’histoire, et j’espère que tu l’apprécieras autant que nous avons pu l’apprécier.

En lisant le roman en tant qu’adultes, nous nous sommes délectées avec Tachan des références cinématographiques telles que Air Force One, Y-a-t-il un flic pour sauver la Reine ? et Y-a-t-il un flic pour sauver le Président ? ou encore Men in Black. Le livre est truffé de clins d’oeil, à côté desquels les jeunes lecteurs passeront peut-être mais que les parents apprécieront. Voilà donc qui fait des Lapins de la Couronne d’Angleterre, une série sympathique à partager en famille car chacun peut y trouver son compte. D’autant plus que la fluidité du style se prête bien à une lecture à voix haute.

L’une comme l’autre avons trouvé l’histoire à la fois, drôle, pleine de suspens et d’action. Le final est particulièrement surprenant et nous tient en haleine dans l’attente du troisième tome qui est annoncé en ouverture des bonus. Les lapins de la Couronne d’Angleterre ont donc encore de beaux jours devant eux et on se réjouit de pouvoir les retrouver bientôt pour de nouvelles aventures palpitantes.

Les illustrations douces et raffinées de Kate Hindley ajoutent aux personnages un charme suranné so british. Belle de Patte, toute en bijoux et en plumes est toujours aussi élégante. Et CP-QT sous les traits de l’illustratrice se pare de bijoux bling-bling et de cuir pour en faire un gros dur au coeur tendre. Avec sa couverture rouge et ses lettres d’argent, Air Force One, tout comme Le complot, est un très bel objet livre, qui me fait toujours penser aux éditions classiques des romans d’aventures. Comme dans le premier opus, Londres apparait comme un décor de carte postale avec ses parcs, le Palais de Buckingham, mais aussi la City et ses hommes d’affaires en costumes. Un bonus à la fin de l’histoire propose au lecteur de découvrir les monuments de la ville et les petits curieux pourront apprendre Dix choses à savoir sur la Maison Blanche.

Réussir une suite, surtout lorsque le premier épisode est très réussi, n’est pas un exercice facile mais Santa Montefiore, Simon Sebag Montefiore et Kate Hindley ont accompli cette nouvelle mission avec brio. On persiste et signe donc à vous conseiller de découvrir Les Lapins de la Couronne d’Angleterre. Rabbits save the Queen !

Et vous ? Avez-vous découvert les aventures de Timmy ? Cette lecture vous tente-t-elle ?

À bientôt 😉

Café des voyageurs #26 : Danser la salsa dans les rues de Cienfuegos

Le café des voyageurs, à la manière des rendez-vous littéraires hebdomadaires comme C’est lundi que lisez-vous ou le Throwback Thursday, est un rendez-vous créé pour partager nos publications, réunies autour d’un thème nouveau chaque semaine et de nous faire découvrir de nouveaux blogs. La récap des liens se fait sur le blog My wanderlust family.

Comme chaque semaine, je te propose de partager un article sur le thème choisi en répondant à ces trois amorces.

Cette semaine, je t’emmène…

J’ai choisi ce lieu car…

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

Thème de la semaine : Un merveilleux souvenir de voyage

Des souvenirs merveilleux de voyage, nous en avons tous mille : des rencontres, des sensations, des émerveillements. Le choix est tellement difficile, qu’en commentaire lorsque la liste des thèmes de ce mois de janvier est, nous disions avec Lenou in Italia, qu’on pourrait presque en faire un tag, sans que je sache qu’elle l’avait déjà fait. Je le reprendrai donc prochainement car le choix était particulièrement difficile cette semaine.

Cette semaine je t’emmène

de nouveau à Cuba, dans les rues de Cienfuegos, à laquelle j’avais déjà consacré un épisode de notre carnet de voyage cubain. Cette jolie perle du Sud est connue pour son architecture, le chanteur Benny Moré et ses merveilles naturelles. Nous n’y avons fait qu’un passage express, mais si l’on ne devait retenir qu’une chose de cette folle après-midi, ce serait la danse.

Des portes de la Casa de Cultura aux groupes qui animent la grand rue, la musique était partout, et les gens se regroupaient pour écouter seulement ou pour danser. Cet article n’a pas vocation de te proposer une liste des meilleurs clubs de la ville, mais simplement de t’amener à tendre l’oreille, au cours de tes balades sur l’île et à profiter de ce que t’offre la musique au coin des rues.

J’ai choisi ce lieu car…

Je ne sais plus dire si c’est la danse qui nous a menés à Cuba ou si c’est Cuba qui nous a mené à la danse. Toujours est-il que pour nous, l’un comme l’autre était particulièrement liés. Il était inconcevable d’envisager notre passage sur l’île sans la musique et la danse. Au cours de nos 14 jours sur place, nous avons eu maintes fois l’occasion de danser, près de Cayo Levisa, à Remedios, à Trinidad et sa mythique Casa de la Musica, mais si il est un souvenir qui restera longtemps, c’est celui de cette après midi à Cienfuegos.

N’ayant que peu de temps devant nous, nous n’avions pas pu faire d’excursion. Nous avions donc commencé par pousser la porte de la Casa Cultural, dans l’espoir d’y rencontrer, comme quelques jours auparavant à Remedios, un ou une passionnée qui nous ferait découvrir l’histoire du lieu et nous donnerait quelques idées de visites. Nous y avons trouvé encore mieux, une troupe de jeunes salseros en pleine rueda qui fort gentiment nous ont proposé de regarder leur entrainement puis d’y prendre part. L’expérience était déjà géniale mais la suite allait être encore meilleure.

Après avoir gentiment salué tout ce petit monde, nous avons pris le chemin de la Avenida 54, pour continuer à flâner sans attentes particulières lorsque nous sommes tombés sur un concert, en pleine rue. Quand nous y sommes arrivés, l’attroupement était déjà considérable et de vieux danseurs avait commencé à fouler les pistes. Comme nous, pris dans leur quotidien, ils s’étaient arrêtés pour écouter des classiques de Los Van Van et d’autres groupes dont je t’avoue connaître parfois les morceaux sans en connaître le nom.

Le croisement entre la Avenida 54 et le Paseo del Prado, pour te situer le lieu, si tu ne connais pas Cienfuegos est particulièrement animé et passant, pourtant, l’espace d’une heure, le temps a semblé se suspendre. Touristes et Cienfuegeros étaient réunis autour de la musique et du groupe. Je me suis à peu près autant amusée à écouter, et à regarder danser avec tendresse ces dames au visage buriné par le soleil et les années qui malgré leur âge continuaient à danser avec toute leur grâce et toute leur âme, qu’à finalement nous lancer à notre tour sur la piste. Avant de nous en faire sortir par un Mini Schtroumpf au bout du rollmops dont la patience musicale avait atteint ses limites.

Les plus jolis moments en voyage sont souvent les plus inattendus. Voilà donc une petite surprise de la vie, déposée sur le bord de notre chemin, un clin d’oeil à toutes ces années à attendre ce voyage avec une bande son qui nous avait déjà accompagnés des années plus tôt.

Si tu devais ne choisir qu’une seule photo, laquelle choisirais-tu ?

Ce n’est pas la meilleure photo de la terre, je te l’accorde. Les chanteurs en arrière plan sont flous, la mamie a le regard tourné vers la piste et pas vers l’objectif, mais je trouve qu’elle résume à merveille le moment et l’esprit de la salsa, le vrai. Pas celui que l’on trouve dans nos soirées européennes où, bien souvent, l’objectif est de parader, d’enchaîner les passes jusqu’à en avoir le tournis pour être vu. Ces soirées où l’on passe plus de temps à se questionner sur portoricaine ou cubaine, à savoir si l’on va danser sur le 1 ou sur le 2. Au final, ce que semble nous dire cette photo, c’est que peut importe ton âge, celui de ton partenaire, l’important c’est la musique, c’est ton corps qui parle avec elle, que tu aies envie de danser seul (car bien des personnes swinguaient seules depuis leur place ou se lançaient sans cavalier sur la piste) ou à deux. ¡ Eso si que es salsa ! Pour finir cet article, je te laisse avec un morceau de La Excelencia, un groupe de salsa new yorkais que j’adore et dont le morceau, invite justement à ce lâcher prise et à la danse…

Comme chaque semaine, tu retrouveras d’autres photos de Cienfuegos sur notre page Facebook et sur Instagram.

Thème du 3 février : Gourmandises

Thème du 10 février : Rouge

Thème du 17 février : Une rencontre touchante

Thème du 24 février : Insolite

Et toi, où nous emmènes-tu cette semaine ? Quels sont tes plus beaux souvenirs ? Moment tant attendu ? Rencontre fortuite ? Paysage spectaculaire qui t’en a mis plein les yeux ? La semaine prochaine, au lendemain de la Chandeleur, le café se fera gourmand. D’ici là, je te souhaite une belle semaine.

À bientôt 😉