Voyage : et si on passait en mode slow…

Photo de Valeriia Miller sur Pexels.com

Il y a un bon moment que je réfléchis à un article sur le slow travel. Pour les non anglophones, on pourrait traduire ça par voyage lent… Je sais, ça sonne un peu comme un contresens mais en ce moment, l’oxymore semble-t-il est à la mode…

Je tourne, je retourne, j’écris, je réécris, dans mon carnet avec mon stylo de l’ancien temps (traduire un stylo à plume) comme disent les schtroumpfs (sales gosses !!!) avant de taper la bonne version. Bref, comme certains voyages, l’article était dans le tiroir depuis quelques temps, attendant de mûrir un peu.

La vie de tous les jours et son rythme à 100 l’heure, malgré une furieuse envie de ralentir m’empêchaient de me poser et de remanier cet article qui me tient vraiment à coeur. Et puis est arrivée une micro bébête qui a mis tout le monde à l’arrêt et qui nous oblige tous à lever le pied de nos existences de dingues. Ayant à présent, sur mon canapé, à peu près le même rythme cardiaque qu’un paresseux léthargique (j’adore les paresseux, ils ont tout compris au slow travel, eux), j’ai enfin le temps de peaufiner le bébé…

Comment on arrive là ?

Pendant de nombreuses années, je considérais que les vacances n’étaient réussies que si elles ressemblaient à une entrainement pour le Marseille-Cassis. Longuement préparées à l’avance, planifiées au 1/4 de seconde près. Il s’agissait d’en faire / voir le plus possible et souvent en peu de temps. On aurait sûrement jamais l’occasion de refaire le voyage alors il fallait tout faire dans l’urgence. Résultat : tension, fatigue, frustration, crise de pleurs de schtroumphs fatigués, déception et sentiment de vacances râtées… Au lieu d’être des parenthèses qui permettaient de se reposer, elles n’étaient au final que la continuité de la course du quotidien.

Carl Honoré - Eloge de la lenteur.

Et puis un jour, au fil de mes lectures, je suis tombée sur un livre qui a changé mon rapport au temps, pendant les vacances mais aussi dans la vie quotidienne. A l’époque du toujours plus vite, L’éloge de la lenteur, de Carl Honoré est un petit saumon qui nage à contre courant… Tu noteras qu’aujourd’hui, je suis dans la métaphore animalière… C’est un petit bouquin qui coûte une misère, mais ce sont peut être les 3,50 € les mieux investis de ces dernières années. Si tu ne l’a pas sous le coude et que tu t’y intéresses quand même, il a aussi fait une super conférence TED. C’est plus rapide que le livre mais le gros de l’idée est là…

Son questionnement est le suivant : si on ralentissait, qu’est ce qu’on y gagnerait ? À l’heure où Netflix nous propose de regarder nos séries préférées en accéléré pour en voir toujours plus. Il nous amène donc avec lui faire le tour des différents aspects de notre vie quotidien à travers les figures du mouvement Slow. Tout y passe, de l’aménagement urbain, à la cuisine en passant par le travail et l’amour. J’aime assez l’idée de l’adapter au tourisme… Mais comment faire quand, comme nous tes journées devraient durer 48h et que tu n’es pas un adepte du farniente ?

Le slow-living comme mode de vie

Il y a quelques temps, lorsque je racontais mes journées à ma mère le soir au téléphone, je me donnais le tournis toute seule. Et cours à droite, et cours à gauche et fais vite ci, et fais vite ça et termine ça en urgence, et me**e la deadline est dépassée, c’est quand la dead-dead line ? Je sens que tu connais ce sentiment…

Quand je me couchais le soir, j’avais l’impression que mes jambes et mon cerveau continuaient à courir seuls sans arriver à s’arrêter… C’est là que je me suis rendu compte que la seule vraie urgence dans ce quotidien qui finissait par me dépasser, c’était celle de ralentir. Mais comment faire ?

Faire le point sur les priorités

J’admire les gens organisés qui arrivent à tout gérer, en ce qui me concerne, au quotidien, je suis un vrai bazar… Dans le sketch des « Mamans calmes » de Florence Foresti, j’aurais plutôt tendance à être l’autre, celle qui arrive les cheveux en vrac, pas maquillée, en baskets et dépose les enfants en cata…

Mais il arrive un moment où prendre le temps de se poser, pour faire le point sur ce qui est important, ce qui ne l’est pas et surtout ne pas transiger sur ce qui est prioritaire pour toi devient LA priorité de toutes les priorités si tu veux ralentir. Miracle Morning, bullet journal, blog sur le thème du slow-living, internet regorge d’astuces pour t’aider à ralentir et à mettre un peu de hygge dans ta vie. Reste plus qu’à trouver celle qui t’inspire…

Accepter que tout ne soit pas parfait

Alors ça… Pour quelqu’un d’hyper perfectionniste, c’est peut être le plus difficile… Laisser de la place à l’imprévu et arrêter de vivre dans la frustration de ta maison que tu n’arrives pas à ranger et qui ne ressemble pas à ton tableau pinterest d’inspiration déco, de ton plat qui ne ressemble pas à la photo du livre de recette… C’était de l’ordre du surréaliste…

Et puis un jour, tu tombes sur LE Mantra, la phrase que tu voudrais voir écrite sur tous les murs… « C’est le bordel, mais c’est pas grave ». Elle n’est pas de moi, elle est tirée de La sagesse espiègle d’Alexandre Jollien mais il a tellement raison, au final, est-ce vraiment grave ? Il parait que les gens bordéliques sont plus créatifs… Tu sens la nana qui essaie de te convaincre que le bordel a du bon… Bientôt, elle va citer Einstein et son sens naturel de l’ordre pour justifier le fait qu’elle n’arrive à rien retrouver dans le bazar de son bureau…

Et si on laissait notre vie aller un peu comme on laisse vivre un jardin en permaculture ? Car au final, en permaculture, les déséquilibres finissent toujours par se rétablir en laissant faire le temps et la nature.

Être au clair avec son rythme

Ralentir ne signifie pas être à l’arrêt complet, hein. Pour moi ralentir c’est savoir lever le pied quand il faut, respecter les limites de vitesse et les indices qui t’invitent à appuyer délicatement sur le frein quand c’est nécessaire, sans piler n’est-ce pas ?

Dans l’éloge de la lenteur, Carl Honoré, dédie tout un passage sur la vitesse au volant et ce qu’elle nous fait gagner sur le long terme… Au final c’est dérisoire comparé aux risques que l’on encourt. À foncer la tête dans le guidon, on finit par ne plus voir le paysage et à fonctionner comme des robots.

Plus loin, il nous parle aussi de la nécessité de se ménager de vrais moments de pause pour rester productif, car c’est souvent dans ces moments de déconnexion que viennent les éclairs de génie… Pense à Newton et à sa pomme…

Bref, être au clair avec son rythme c’est accepter avec bienveillance que l’on a tous des moments où l’on pourrait déplacer des montagnes et d’autres où l’on a juste besoin de se retrouver dans sa grotte et apprendre à mettre à profit chacun de ces moments pour avancer ou au contraire reprendre les forces nécessaires pour repartir.

Et en voyage, ça donne quoi alors ?

Bon c’est bien joli tout ça, au quotidien, c’est déjà un chantier à mettre en place. Mais en voyage alors ? Et bien justement, c’est peut être plus simple de le tester à l’essai sur une période courte avant de commencer à le mettre en place dans la vie de tous les jours…

Faire le point sur les priorités

Avant de partir, si tu veux voyager à ton rythme, il est indispensable de faire un point sur les incontournables des uns et des autres (visite, bar, restos, expériences…). Lister les coups de coeur de chacun permet de voir quels vont être les temps forts de toute la famille. Certains seront peut-être partagés, se combiner, d’autres seront peut-être individuels, peu importe. Connaître les envies de chacun permettra aussi d’éviter les frustrations et les « J’avais trop envie de faire ça et au final on l’a pas fait ».

Bien sûr, mieux vaut éviter d’avoir une liste d’envie longue comme le bras avec des lieux situés aux quatre coins de la ville. Sinon, on retombe dans les travers dont il était question au départ et on repart sur des vacances marathon. Prévoir une à deux visites par jours selon le temps à dispo et laisser de la place à l’imprévu…

Accepter que tout ne soit pas parfait

Wouaw cette transition de malade… Bon tu l’as compris, une fois sur place, l’idée c’est de suivre le mood du moment et accepter le fait que tout ne soit pas parfait.

Il y aura toujours du mauvais temps, trop de monde, de la fatigue, ça fait partie du jeu alors au lieu de pester contre les douze millions de personnes qui ont eu la même idée que toi au même moment, fais comme le saumon, voyage à contre courant… Renseigne-toi sur les horaires d’affluence dans les musées et sur les différents sites et profite des heures creuses pour visiter et des heures de pointe pour te poser, prendre un café, te balader dans un parc, laisser les enfants se dégourdir les pattes et se faire des copains, discuter avec des gens. Pour nous, c’est aussi ça le sel du voyage…

Combien de fois, la rencontre impromptue, le truc surréaliste t’est arrivé en voyage au moment où jamais tu ne l’aurais cru ? Chez nous ça arrive tout le temps :

  • Trouver la petite boutique super top au milieu d’une ruelle perdue
  • Retourner voir des hôtes que l’on a adoré et faire un détour de 200 km en Finlande parce que wanderlustschtroumpf n°1 a oublié chez eux son seul blouson, qu’il fait 10 degrés dehors et repartir avec presque un kilo de myrtilles gentiment offertes et passer ta soirée à faire de la confiture au Pôle Nord pour pas gâcher parce que c’est pêché
  • Pousser la porte d’une casa de cultura a Cuba et se retrouver à danser avec un groupe de jeunes une rueda endiablée

On pourrait tenir la liste comme ça longtemps. Les meilleurs souvenirs arrivent souvent quand et là où tu ne les attends pas… Des anecdotes comme ça on en a à la pelle depuis qu’on laisse venir à nous les choses…

Être au clair avec son rythme et avec ses envies…

Bon le tien, celui de ta famille, mais aussi celui de l’endroit qui t’accueille parce que si tu as l’intention d’aller te coucher à 21h00 en vacances l’été à Ibiza, ça risque d’être compliqué…

Quand tu es le deux millionième touriste croisé dans la journée dans une ville déjà surchargée, il est clair que les habitants ont à la fois, moins le temps et moins l’envie de t’accueillir car ils ne se sentent plus chez eux. Vois le nombre de villes qui s’élèvent contre le tourisme de masse alors que pour elles c’est le revenu d’activité principal.

Il est clair que si tu as envie de calme et de solitude, prendre les itinéraires bis et voyager hors saison sont des options à envisager aussi bien pour ta tranquillité que pour ton portefeuille. Si tu manques d’inspiration pour choisir ta destination, tu peux toujours aller jeter un coup d’oeil sur le site des cittàslow.

Au delà des heures creuses dont je te parlais tout à l’heure, profite des moments où toute la famille se sent bien pour visiter et des coups de mou pour vous poser. Rien n’interdit dans ces cas-là si certains sont encore d’attaque de faire des groupes, ce sera autant de choses à se raconter en se retrouvant le soir à table.

Voyager slow, c’est aussi choisir sa destination et son moyen de transport en conséquence.

On le voit depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, désertés par les touristes, les canaux de Venise reprennent vie. Les poissons renaissent, les oiseaux se remettent à barboter au pied des gondoles à l’arrêt. Les Vénitiens se réapproprient leur ville.

A force de toujours vouloir en voir plus et plus vite, on met en danger les merveilles que l’on souhaite admirer. Venise n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Voyager slow, c’est aussi s’interroger sur ce qui fait le sens du voyage pour chacun de nous. Et si au final, ce n’était pas tant bouffer des kilomètres pour se retrouver à l’autre bout de la terre en une journée quand pour nos grands parents, une telle aventure prenait dans le meilleur des cas plusieurs semaines, que de se mettre en chemin ? Et si voyager slow, c’était se poser et essayer de voyager plus éthiquement, en respectant l’environnement et en faisant travailler les petits commerces locaux, participer à la vie d’un village ou d’un quartier ? Et si c’était être moins un touriste et plus un visiteur, quelqu’un qui n’est que de passage mais qu’on prendra plaisir à revoir si l’occasion se présente ?

On peut voyager slow de 1001 façons, à pieds, comme le pèlerin de Compostelle, à vélo, à dos d’âne comme Stevenson, en mobylette comme le Che, en camping-car comme Ivan Jablonka (il faudra que je vous parle de ce livre un de ces quatre, je l’ai adoré) en train (avec un pass Interrail, tu peux aussi aller jeter un coup d’oeil au guide Slow train, il est top)… Tous les moyens sont bons si tu prends le temps de réfléchir à tes motivations et à leurs conséquences sur le lieu que tu visites et de t’accorder des moments pour souffler vraiment, et d’offrir à ton âme ce qu’elle est vraiment venue chercher au bout de ce voyage.

Reste plus qu’à trouver la tienne et te mettre en route avec ta mauvaise troupe 😉

À bientôt 😉

L’art de voyager sans partir loin éd. Lonely Planet

L’art de voyager sans partir loin, éd. Lonely Planet

En ces temps étranges de confinement, la wanderlust family est coincée à la maison et obligée de reporter ces aventures de printemps à une date ultérieure. Mais même depuis son canapé, il est encore possible de voyager et sans allumer la télé.

C’est ce que nous propose ce guide un peu atypique de chez Lonely Planet. J’y suis tombée dessus par hasard alors que je cherchais un cadeau d’anniversaire pour wanderlustdad l’année dernière et je me suis dit que ce serait chouette d’avoir un vivier d’expériences de voyage sans exploser notre PEL ni s’en sortir avec un méga bilan carbone… Je t’ai déjà parlé de ma réticence à acheter un guide touristique qui finira ensuite par trôner sur une étagère façon ramasse-poussière. L’avantage de celui-ci, c’est son côté couteau suisse. Il marche aussi bien pour un week-end où tu es chez toi et que tu n’as rien à faire, que pour un voyage à l’autre bout de la Terre avec ses suggestions de visites alternatives qui marchent partout. Où que tu décides d’aller, il peut sauter dans ton sac à dos.

L’idée du guide est simple, (ré)apprendre à regarder notre jardin, notre quartier, notre ville ou notre région sous de nouveaux points de vue. À travers cinq catégories (éveil des sens, en bonne compagnie, chiche, odyssées culturelles et voya-jouez aux dés), il nous propose 50 expériences de tourisme alternatif sous le pas de notre porte ou presque.

Bon OK, pour le moment, exit les tournées des bars, les randos-street art, et les cueillettes urbaines, mais on peut encore tenter :

  • l’expérience N°4 : changement d’échelle qui propose de faire le tour de votre quotidien avec un objectif macro, un portable avec un bon zoom peut aussi faire l’affaire. L’idée étant de rendre les détails du quotidien poétiques et de faire de jolis photos pour ta collection perso ou pour agrémenter ton instagram… ça se tente non ?
  • l’expérience N°5 : le monde à croquer qui nous fait découvrir les cuisines du monde en suivant l’ordre alphabétique. Ça t’inspire moussaillon ? Alors pars à l’assaut de ton frigo avec à la main ta bible de la cuisine. Où iras-tu en premier ? Argentine ? Albanie ? Angleterre ? Algérie ?…
  • l’expérience N°6 : l’inventaire volatil qui consiste à observer les oiseaux depuis notre fenêtre… Je l’ai testée la semaine dernière depuis le pas de ma porte et j’ai été très agréablement surprise de voir le ballet de petits oiseaux dont je ne connais pas le nom parce que je suis une quiche en ornithologie, dans l’abricotier en fleurs de mon voisin.
  • l’expérience N°9 : thalasso improvisée si comme nous, tu télé-travailles, tu joues la maîtresse avec tes gosses tout en continuant de faire tourner la maison, tu as vite fait de finir ta soirée en mode parent au bord de la crise de nerfs. Ici l’idée est de t’offrir une séance de thalasso DIY dans la salle de bain d’un pote… Alors vu le contexte on laisse tomber l’idée d’aller se faire couler un bain chez des amis, mais on dit oui oui oui à l’idée d’allumer quelques bougies, de se faire un bon masque, une manucure, une gommage ou je ne sais quoi et s’accorder un peu de douceur…
  • l’expérience N°12 : ma tente sur ma pelouse, n’ayant pas de jardin, on ne peut pas la tester celle-ci, et puis il fait encore un peu froid, mais l’idée de faire de faire un barbeuc’ chamallow et de dormir à la belle étoile au fond du jardin ça a un petit goût Koh Lanta en ce moment, non ?
  • l’expérience N°17 : Dog-trotter. Elle nous propose de faire le tour du quartier en suivant Médor. En ce moment, certains d’entre nous sont bien contents d’avoir un tout à sortir pour aller prendre un peu l’air. Alors pour le remercier, si on sortait un peu des sentiers battus et qu’on le laissait maître de la promenade pour une fois ? Tout en respectant les gestes barrières bien sûr et sans s’éloigner du pâté de maison…
  • l’expérience N°38 : avec Tourisme ès lettres, range ton passeport, point n’est besoin d’avion, ni de train, de toutes façons, ils ne décollent plus en ce moment. Le principe de ce voyage littéraire, prendre le livre le plus en haut à gauche de ta bibliothèque, et lorsque vous y rencontrez le nom d’une ville ou d’un pays, fermez ton livre et rends toi dans un autre livre de votre bibliothèque qui parle de cette nouvelle destination. Et ainsi de suite sur une dizaine de livres. Jusqu’où iras-tu, avec quels compagnons et par quels chemins ?
  • l’expérience N°39 : Passé récomposé te propose de revisiter tes plus belles photos de vacances depuis ton salon ou ta terrasse. Envie de soleil et de tropiques, ressors ton hamac et prend un bain de soleil sur ton balcon ou prépare-toi un bon cocktail…

Ceci n’est qu’un condensé de quelques expériences faisables en ce moment. Il y en a plein d’autres super chouettes qui n’attendent que les beaux jours et la fin de la quarantaine pour qu’on les essaie.

Ce qui me plait dans ce livre, c’est avant tout son esthétique, il est beau… J’adore aussi l’esprit et le côté décalé de certaines propositions, les photos à tomber et les petits en-quarts « ils sont testé » pour chaque expérience avec les points positifs et les points négatifs. Il me fait un peu penser au bouquin de Keri Smith How to be a world explorer qui est trop génial mais qui malheureusement n’existe pas encore en français et qui nous propose différentes balades pour nous réapproprier notre petit monde quotidien.

J’espère t’avoir donné quelques idées pour traquer l’ennui de ces longues journées. Et t’avoir donné l’envie de courir faire un gros bisou à ton libraire de quartier dès le confinement terminé pour l’ajouter à ta collection de guides. Prends soin de toi cher lecteur…

À très vite 😉 …

De l’art d’être un bon touriste, Johan Idema

Pour ce deuxième article de la catégorie suggestions de lecture, j’ai envie de te parler de ce petit livre que j’ai trouvé dans ma bibliothèque de quartier.

Mais tout d’abord, comme diraient Eric et Ramzy « mettons-nous en situation » 😉

S’il y a un voyage que j’aime particulièrement et dont je pourrais difficilement me passer, c’est mon voyage hebdomadaire à la bibliothèque. Pour moi, aller à la bibliothèque, c’est chaque semaine une nouvelle aventure. Pour reprendre les mots de Forrest Gump, « c’est un peu comme une boite de chocolat, on sait jamais sur quoi on va tomber ».

À la bibliothèque, je suis un peu comme les petits vieux, j’ai mes petits rituels.

Rituel n°1 : faire un tour au département jeunesse pour y rendre la cargaison de livres empruntés pour les schtroumphs et le boulot et chercher de nouvelles pépites de littérature jeunesse.

Rituel n°2 : descendre au sous-sol, au département des adultes et flâner dans les rayons pour y trouver un ou plusieurs nouveaux compagnons.

Au fil du temps, j’ai remarqué que certains livres t’appellent. Du crieur du marché, au wesh à casquette en mode « wesh Mademoiselle, t’y es bien charmante, fais moi sauter dans ton sac à dos ! », en passant par ceux qui roulent des épaules et font leurs mac en attendant que tu les regardes avec envie, ceux qui jouissent de leur réputation et ce qui n’attendent rien qu’un regard de ta part… Oups mais je crois que je m’égare, revenons à nos moutons.

La semaine dernière, en flânant, je suis donc tombée sur ce petit bouquin que je suis tombée. Au premier abord, son titre et sa couverture m’ont fait l’effet de ces gars qui t’arrêtent dans la rue sans trop de tact et avec pas mal de prétention. Mais avec son mot « responsable » écrit en vert, je me suis dit que peut-être, dans la catégorie suggestions de lecture et éthique de voyage, il pourrait être intéressant. J’ai donc décidé de lui laisser sa chance.

Alors ?!? Verdict ?!?

Au bout de quelques pages je suis déjà conquise. Waouh ! Mais ce gars-là lit dans mes pensées, derrière son titre aguicheur, il y a de la culture… Le gars cite Marcel Proust et ce philosophe d’une grande sagesse que j’adore depuis toujours avec son pot de miel et son crop top rouge, l’illustrissime Winnie l’Ourson ❤ ❤ ❤ (Ne jamais sous-estimer la sagesse de Winnie l’Ourson…)

Non blague à part, de façon réfléchie et documentée, il fait tout simplement preuve de bon sens. Ce bon sens qui dans notre course à la plus belle photo à poster sur les réseaux sociaux semble nous abandonner à peine débarqués sur notre lieu de villégiature. Il met des mots sur des choses que nous avions pressenties depuis quelques temps dans la wanderlust family comme les bienfaits de l’anticipation, l’ancrage dans le présent, la beauté des itinéraires bis, les bienfaits de la lenteur en voyage, l’importance de rencontrer des gens du cru…

Au final, malgré ce titre qui pourrait ressembler à un sujet de philo du bac (j’imaginerais bien un examinateur pondre un truc comme ça : « De l’art d’être un bon touriste, vous avez 4 heures ! »), c’est une petite lecture sympa. Le livre est très bien illustré et se lit vite. Il peut se lire au gré des inspirations, dans l’ordre ou dans le désordre, en sautant des chapitres ou de façon linéaire et donne des conseils utiles pour préparer un voyage qui te ressemble, quelle que soit ta destination.

Il m’a aussi donné l’envie d’aller faire un tour du côté de son autre bouquin dans la même collection, Comment visiter un musée ? et aimer ça… Affaire à suivre…

À bientôt 😉

Pourquoi Le Magicien d’Oz est un concentré d’éthique de voyage ?

Il est des livres que tu ne te lasserais jamais de lire ? Pour moi, Le Magicien d’Oz de L. Frank Baum en fait partie. Je suis tombée amoureuse de cette histoire alors que je devais avoir une dizaine d’années en regardant le film avec Judy Garland à la télé, (comme quoi mon goût du vintage ne date pas d’hier…). J’ai tout de suite été émerveillée par le passage du noir et blanc au Technicolor, et j’ai été charmée par le kistch des décors et des costumes (Glinda, si tu nous lis…) et les chansons de la bande originale. Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard que j’ai découvert le livre. Aujourd’hui, dans le cadre de ce blog, le parallèle entre l’aventure fantastique de Dorothée et l’éthique de voyage est très tentant à faire. Peut-être que tu trouveras cet article un tantinet tiré par les cheveux, mais je me lance…

Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce grand classique repris jusque par, Ô sacrilège, la Maison de Mickey (si, si je t’assure, mes yeux et mes oreilles ont saigné le jour où j’y suis tombée dessus…), voilà l’histoire. Attention spoilers !

Dorothée, jeune orpheline du Kansas s’ennuie à cent sous l’heure chez son oncle Henry et sa tante Emma. Elle a bien son chien Toto, mais c’est pas la folie folie. Alors, dans son univers tout gris, elle rêve d’arc-en-ciel et de paillettes…

Le grand classique des contes traditionnels, jusque là, rien de bien transcendant et surtout aucun rapport avec le voyage… Concrètement, on peut tous se reconnaître dans le personnage de Dorothée quand, au mois de janvier alors qu’il fait froid, qu’il pleut, et qu’on s’ennuie au boulot et on ne rêve que d’une chose, partir au chaud dans les Caraïbes.

C’est pas à toi que ça va arriver, à moins de gagner à l’Euromillions. Mais elle, elle peut dire merci à un vilain méchant cyclone qui va l’arracher – rêve ou réalité – à son univers triste et l’emmener au-delà de l’arc-en-ciel, dans le pays du Magicien d’Oz…

Là, elle pourrait se dire, « Génial les vacances tous frais payés sous les tropiques dont j’ai toujours rêvé, je vais me regaler loin de mon Kansas tout gris ! » Sauf que non, Dorothée fait partie de ces gens qui fantasment leurs vacances et qui une fois arrivés dans ce lieu tant idéalisé ne pensent qu’à une chose : rentrer à la maison. (Pas casse-pieds la fille…)

Il faut dire quand même qu’elle a fait une arrivée fracassante la demoiselle, à l’atterrissage de sa maison volante, elle liquide celle qu’on nous dit être la méchante sorcière de l’Est (je t’invite à découvrir Wicked de Gregory Maguire pour avoir un autre regard sur l’histoire). Bref, comme elle a libéré le petit peuple des Munchkins du joug de son oppresseur, elle est accueillie en fanfare avec fleurs, couleurs et chansons. Sauf qu’une fois la fête terminée, ils n’ont pas d’autre solution pour l’aider à rentrer chez elle que de lui proposer d’aller voir le grand magicien d’Oz à la Cité d’Emeraude, non sans lui avoir donné, avant de partir, les souliers d’argent de la sorcière fraîchement zigouillée. Tu sens le cadeau empoisonné ?

Et c’est là que ça devient intéressant en ce qui nous concerne…

Dorothée prend donc l’itinéraire tout tracé par son tour opérator local avec comme consigne de surtout ne pas s’en éloigner. Elle est toute contente et elle avance en chantant gaiement avec son chien Toto. Personnellement j’adore sa playlist de voyage…

Le long de la route de briques jaunes, elle rencontre tout d’abord un épouvantail. Attaché dans un champ à un carrefour, il lui indique la route à prendre. Elle croit d’abord être folle lorsqu’elle l’entend parler pour la première fois, puis elle découvre ses problématiques et attendrie par le personnage qui recherche une cervelle alors qu’il a une tête de paille, elle le décroche de son piquet et lui propose de l’accompagner à la Cité d’Emeraude pour trouver le grand Oz qui aura sûrement une solution pour l’aider.

Ce passage nous délivre donc notre leçon n°1…

Laisse tes certitudes à l’aéroport, prends la route, quelle qu’elle soit et tu feras sûrement de belles rencontres.

Accompagnée fièrement par son nouvel ami l’épouvantail, Dorothée ose donc s’aventurer dans la forêt, surveillée de loin par la Méchante sorcière de l’Ouest, qui ne souhaite qu’une chose récupérer les souliers de sa soeur.

Ah ! Qu’est-ce qu’on ferait pas pour une paire de Louboutruc, même quand on est une sorcière !!!

Après une nuit dans une cabane désaffectée sous la garde rapprochée de l’épouvantail, ils rencontrent un homme de Fer Blanc qui a rouillé lors d’une averse et qui est resté coincé depuis plus d’une année. Ils le remettent en état grâce une burette d’huile et écoutent sa terrible histoire. A cause d’une malédiction, il a perdu son coeur, mais il ne rêve que d’une chose, l’entendre battre à nouveau. Ils repartent donc tous ensemble à la recherche de cervelle, d’un coeur ou du chemin du Kansas, à la recherche du Magicien d’Oz.

C’est là qu’intervient la leçon n°2.

Tu peux profiter de tes vacances pour faire oeuvre de bien sur ton chemin, tu ne t’en sentiras que plus léger.

La forêt se fait de plus en plus hostile, les trois compères et Toto sont terrifiés. Ils sont alors attaqués par un lion effrayant au premier abord mais qui se révèle être un froussard de première à la recherche de courage qui prend finalement la route avec eux. C’est là qu’intervient la leçon n°3.

Tu peux trouver des pépites, même dans des lieux qui au départ ne t’inspiraient pas.

Tout ce petit monde se dirige donc dans la joie et l’allégresse vers le Graal touristique du cru, la fameuse Cité d’Emeraude.

Si tu veux mon avis, on en fait tout un plat depuis le début de la Cité d’Emeraude mais à part son côté Bling Bling, elle n’a vraiment rien d’extraordinaire. Les habitants, stressés et affairés à servir le Magicien ne sont pas agréables et on a l’impression à suivre Dorothée et ses amis de se retrouver dans le métro d’une grande métropole à l’heure de pointe.

Le Magicien, après force négociations, accepte enfin de les recevoir. Mais il ne leur accordera satisfaction que s’ils ramènent le balai magique de la sorcière de l’Ouest. Bouh c’est très très moche, Monsieur le Magicien ! Ils se remettent donc en route, déçus de leur visite. Ce qui nous conduit à notre leçon n°4.

La capitale, au final, c’est pas toujours génial ! (oh ! ça rime !)

Les voilà donc repartis en direction du sombre pays des Winkies pour récupérer le balai de la sorcière. Je te la fais courte parce que c’est pas la partie du livre que je préfère, mais gros, la sorcière les cueille au passage avec des abeilles et des singes volants et elle est plutôt vénère.

  • 1 / Elle veut récupérer ses chaussures qui brillent sauf que Dorothée, qui n’aurait rien contre l’idée de les lui donner (tu m’étonnes après tous les kilomètres qu’elle a fait avec elle doit avoir les pieds en compote) ne peut pas les enlever de ses pieds.
  • 2 / Elle apprécie moyennement que le Grand Oz lui envoie cette fine équipe parce qu’il n’est pas foutu de régler ses histoires tout seul.

Bref, elle est chaude comme une baraque à frites pendant la braderie de Lille et, en attendant de trouver une solution pour enlever ses chaussures à Dorothée, elle décide de mettre le feu à l’épouvantail pour éloigner ses visiteurs indélicats. C’est là que la pauvre pitchounette, terrifiée et désespérée, pour sauver son ami, lui jette un seau d’eau qui touche aussi la sorcière. Et là, c’est le drame, elle fond… Elle se liquéfie et meurt, ne laissant que son balai, son chapeau, et sa cape.

Oz, qui pensait avoir la paix un bon moment en les envoyant chercher le balai de la sorcière se retrouve bien embêté de voir Dorothée et compagnie revenir si vite (Un peu comme quand tu envoies tes enfants compter tous les légos de leur caisse et parce que tu veux te caler tranquille devant un téléfilm culcul et qu’ils reviennent la bouche en coeur au bout de 5 minutes en mode, « ça y est on a fini ! »). Il espérait secrètement que la sorcière les mettrait hors-jeu. Il est donc contraint d’avouer son incompétence et leur donne donc la dernière leçon de ce voyage qui est pour moi la plus importante. Chacun avait en lui depuis le début les ressources qui lui permettaient de développer ce qu’il cherchait, il suffisait simplement de croire en soi.

L’important, ce n’est pas la destination, c’est le chemin qui te fait grandir par les épreuves et les rencontres qu’il met sur ta route. Et c’est ce chemin qui te révèle à toi-même les trésors cachés qui dorment au fond de toi.

J’espère que cette lecture alternative du Magicien d’Oz t’a plue et que tu t’es autant amusée à la lire que je me suis amusée à l’écrire. Pour finir, je n’ai plus qu’à te dire comme Glinda, « Va au-delà de ton arc-en-ciel, chausse tes plus jolis souliers (évite quand même les talons, ce sera mieux pour tes petits pieds), puis suis ta route de briques jaunes, pratique le slow travel, pars à la rencontre des autres et tu révéleras les meilleurs petits bouts de toi ❤ »

A bientôt 😉

Finlande : ma booklist

Et voilà le dernier article de ma série Finlandaise…

Ça y est tu t’es décidé(e) à prendre ton billet d’avion pour Helsinki ou plus au Nord encore et tu cherches quelques compagnons de voyages à glisser dans ta valise ? Je te propose la sélection qui m’a accompagnée dans les mois de préparation et sur place.

Côté guides

Question guides, je suis une fan inconditionnelle des éditions Autrement. J’aime beaucoup les lignes éditoriales de Lonely Planet pour leur côté exhaustif. J’adore aussi les National Geographic et Geoguide pour la qualité des illustrations et des photos et leur aspect plus journalistique et leur éthique de voyage. C’est donc vers eux que je suis allée chercher lorsque j’ai fait un tour à la bibliothèque à la recherche d’inspiration pour les visites. Je ne sais pas vous, mais j’ai un peu de mal à acheter des guides de voyages car si ils sont très utiles avant et pendant le séjour, ceux qui me plaisent sont souvent assez chers et je ne sais jamais trop quoi en faire une fois rentrée. Alors ils finissent par trôner dans ma bibliothèque en mode ramasse poussière… Du coup, depuis quelques années, je préfère les emprunter…

La Finlande n’étant pas encore une destination suffisamment prisée pour que tous mes supers chouchous s’y intéressent, c’est vers le Lonely Planet et le Petit Futé sur la Laponie que se sont portés mes choix.

Laponie, Petit Futé, 15€95

Bien conçu, il est intéressant si tu prévois de passer une grande partie de ton séjour dans le grand Nord. Ce guide, comme son nom l’indique n’est pas consacré à la Finlande uniquement mais à toute la Laponie. Aussi, si tu prévois de pousser l’aventure jusqu’au Cap Nord ou découvrir la Suède et la Norvège, c’est celui-ci qu’il te faut car il fait un tour d’horizon de toutes la Laponie. Il a aussi l’avantage de son petit prix, d’exister en version numérique pour moins de 10 € et en version l’essentiel de la Laponie pour moins de 5€.

En ce qui nous concerne, nous y avons trouvé des idées de visites intéressantes comme celles de la mine de Pyha-Luotso que nous avons précieusement notées avant de le ramener à la bibliothèque.

Finlande, Lonely Planet, 24 €

Finlande, Lonely Planet, 3e édition

Très complet, il aborde à la fois le côté culturel qui me tient tant à coeur et les suggestions d’hébergement ou de visites. Après de longues soirées d’études, c’est finalement celui-ci qui a sauté dans notre valise et nous a accompagné pendant notre road-trip.

Nous avons utilisé la seconde édition du guide. Nous avons bien aimé ses propositions d’itinéraires qui nous ont aidées à organiser nos hébergements et les étapes de notre séjour et la qualité égale de ses suggestions quelles que soient les régions que nous avons visitées. Une fois sur place, il nous a apporté les compléments d’information dont on avait besoin pour mieux aborder ou compléter nos visites.

Pour moi, son seul point négatif, c’est son prix…

Coté littérature

Avant d’envisager ce séjour en Finlande, je ne m’étais jamais trop intéressée à la littérature scandinave. J’avais vaguement entendu parler de Millenium mais je n’avais jamais lu aucun venu ou parlant du grand Nord… Comme concrètement, les auteurs finlandais ne font pas vraiment partie des têtes de gondoles des librairies, j’ai fait une plaisante découverte lorsqu’en lisant les suggestions littéraires des guides touristiques, je suis tombée sur l’auteur star de la littérature finlandaise, Arto Paasilinna…

Pour les classiques : L’intégrale des oeuvres de Paasilinna

Dans les rayons de ta petite librairie, tu trouveras certainement une bonne petite dizaine de titres, tous aussi bons les uns que les autres. Pour ma part, celui qui est le plus chouette à lire quand tu prépares un voyage en Finlande c’est le Lièvre de Vatanen.

Voilà le pitch, Vatanen, marié, journaliste, la bonne quarantaine vit à Helsinki et se fait copieusement suer dans sa petite vie pépouze. Un soir en rentrant d’un reportage avec dans le sud du pays avec son collègue, il renverse un lièvre variable. Ils s’arrêtent et partent à la recherche de la bête blessée. Vatanen se perd dans la forêt mais retrouve le lièvre alors que son collègue rentre à Helsinki chercher des secours. (On est pas encore à l’ère des portables…). C’est là que commence l’aventure car Vatanen, devant ce lièvre a une révélation : sa vie ne lui convient plus. Il part donc à l’aventure avec son nouveau compagnon à travers toute la Finlande laissant derrière lui son quotidien citadin bien réglé pour une vie au plus près de la nature et faite d’imprévus…

Au-delà de l’humour toujours un peu décalé de Paasilina, j’ai beaucoup aimé la morale de ce livre qui alors qu’il a déjà quelques années derrière lui est encore terriblement actuel dans son discours sur la nature, l’environnement et notre société. Et puis les paysages de Laponie, waouh, ça donnait déjà envie d’y être !!!

À noter, si tu n’es pas un grand fan de littérature comme wanderlustdad, le livre a été adapté au cinéma en 2006.

Un petit polar bien sympa : Bienvenue à Rovaniemi, Jari Tervo, 10/18

Ce qui m’a attirée dans ce bouquin c’est son titre, j’avais trouvé assez peu de bouquins sur la Laponie. Rovaniemi, la ville du Père-Noël devait être une étape importante de notre séjour et le titre, comme la couverture m’ont semblé sympathiques.

Massepain Raikkonen, une petite frappe, se fait liquider sur le bord de la rivière dans la banlieue de Rovaniemi dans des circonstances obscures. Une enquête est ouverte pour déterminer les causes de sa mort. Autour du policier véreux en charge de l’enquête, une galerie de personnages attachants, loufoques, décalés se succèdent pour faire la lumière sur les circonstances de la mort du mafieux…

Ce que j’ai adoré dans ce livre, c’est le fait de passer du côté obscur de Rovaniemi, celui qu’on ne voit pas derrière les images de cartes postales mais aussi de découvrir de façon plus précise les liens entre Finlande et la Russie toute proche. Plein d’humour, d’action et d’émotion, c’est un livre qui ne se laisse pas lâcher facilement.

Un autre polar m’attend sur ma table de nuit : Les petits vieux d’Helsinki mènent l’enquête, je t’en dirai des nouvelles bientôt…

Un feel-good book : Il est grand temps de rallumer les étoiles, Virginie Grimaldi

Avec celui-là, je triche un peu, en vérité, je ne l’ai pas lu avant de partir… Il m’a appelé de son rayonnage surpeuplé de grand enseigne du divertissement qui commence par un C et qui finit par un A. Placé en tête de gondole, dans la catégorie des best-sellers, il était difficile de ne pas le voir. En général, je n’aime pas trop le carré VIP, je préfère le coin des bouquins plus timides. C’est le camping-car qui m’a attiré… J’ai donc retourné le bouquin pour lire son résumé… Et là, c’était plié, Scandinavie, camping car, road book, il a tout de suite sauté dans mon panier. En plein coeur de l’été, j’avais besoin de fraîcheur et de me replonger dans ce voyage magnifique que nous avions fait l’année précédente, il a donc grillé la priorité à tous les livres qui attendaient patiemment sur mon étagère et en l’espace de deux jours s’est fait dévorer.

Si tu n’as pas croisé sa couverture sur les étals ou que tu n’as pas eu la curiosité de lire le résumé, voilà de quoi il s’agit. C’est l’histoire d’Anna, divorcée, qui galère depuis des années pour élever seule ses deux filles. Alors qu’elle croule déjà sous les dettes, son patron décide de la virer pour embaucher sa maîtresse. L’avenir ne s’annonce pas très rose, ses filles l’ont bien compris et elles ne vont pas bien. Il ne lui reste plus que son indemnité de licenciement comme rempart pour régler ses dettes et repartir sur de bonnes bases mais c’est sans compter sur le défi que lui lance sa grand-mère, trop triste de voir sa petite-fille s’éteindre à force de se donner pour les autres. Il est grand temps de rallumer les étoiles et de remettre de la paillette dans sa LIFE et pour ça rien de mieux qu’un road trip en camping car jusqu’au Cap Nord. C’est donc avec le bolide de son père qu’elle quitte le Sud-Ouest en plein mois de mars pour les lointaines contrées polaires, ses deux filles sous le bras, qui se demandent quelle mouche a bien pu piquer leur mère, d’ordinaire si angoissée.

Au fil du voyage, l’histoire familiale s’éclaire par des flashbacks, chacune y va de son point de vue par son journal de voyage, on passe du rire aux grosses larmes. Wanderlustdad m’a surpris à plusieurs reprises en mode reniflage… Glamour quand tu nous tiens…

Inutile de te dire que je l’ai adoré et qu’en deux jours de voyage pour le sud de l’Italie, il était plié (ce qui m’a bien embêtée parce qu’il était assez gros et que je n’avais prévu que deux bouquins pour le mois). Mais pourquoi tout cet enthousiasme ? D’une part parce c’est un récit de voyage et qu’il m’a replongée dans ce voyage en Finlande si féérique, que sa galerie de personnages et vraiment très attachante, et que l’idée de partir sur un coup de tête à l’autre bout du monde à la recherche de quelque chose pour finalement se retrouver soi est un sujet qui me parle bien en ce moment.

Bon le problème, au grand désespoir de Wanderlustdad, c’est que cette petite merveille a mis dans le tiroir à voyage : la Norvège avec ses baleines, ses fjords, le Cap Nord et le chemin de Saint Olav…

Une romance de Noël : Tu fais quoi pour Noël ? Je t’évite ! de Juliette Bonte

La période des fêtes me permet de faire une petite mise à jour sur cet article. Grâce à NetGalley, j’ai pu découvrir cette romance de Noël dans le recueil Un Noël avec Juliette Bonte dont je te parle ici. Dans cette histoire, Rovaniemi sert de décor aux aventures de Charlie et Blade. Ils se détestent de la façon la plus cordiale qui soit. Lorsqu’ils sont dans la même pièce, la tension est palpable. Ils n’ont qu’une préoccupation commune, pourrir la vie de l’autre, ce à quoi ils s’engagent mutuellement de façon très sérieuse. C’est la raison pour laquelle, en apprenant à quel point Charlie déteste Noël, il propose à leur groupe d’amis de se rendre en Laponie pour les fêtes.

Si tu cherches un peu de légèreté pour te mettre dans l’ambiance sans trop de détails culturels ni de longues descriptions de paysages polaires sous la neige, voilà qui devrait te plaire.

Et pour les schtroumphs alors ?

C’est là que le bât blesse car si la littérature jeunesse est pleine de références pour des tas de destinations européennes, pour la Finlande, l’offre est à peu prêt aussi déserte que les steppes lapones l’hiver…

Si tu veux envoyer en crise ton / ta bibliothécaire ou ton / ta libraire de confiance, rentre chez la boutique et demande : « Vous auriez des albums sur la Finlande… » Résultat garanti à 100 %…

Non blague à part, à part le classique contes et légendes des vikings et des vieux albums trouvés dans la bibliothèque de l’école. Je séchais un peu, jusqu’à ce qu’heureusement, Tove Jansson et ses Moomins viennent à mon secours.

Les Moomins, kezako ?

Les Moomins ce sont de trop mignons petits trolls nés sous la plume de Tove Jansson au milieu du 20è siècle. En Finlande, ce sont des monuments nationaux, au même titre que Le Petit Prince ou Astérix chez nous. Tu les trouves à tous les coins de rue, ils ont leur parc d’attractions dans le Sud, près de Rauma, des boutiques dans les aéroports et les grands lieux touristiques. Tu les retrouves sur ta télé en dessins animés ou au super marché sous forme de petits biscuits (un peu comme les Z’animos, tu sais les biscuits moitié sablés / moitié choco qu’on mangeait quand on était petits), de tisanes ou autres.

Chez nous tu trouveras quelques BD, quelques DVD et des bouquins de coloriages qui peuvent aider tes schtroumphs à patienter dans l’avion et sur la route avant de les découvrir pour de vrai. Nous on les a trouvés tellement choux, qu’on en a fait profiter nos amis en leur envoyant des jolies cartes postales à leur effigie.

Un joli film pour toute la famille : Aïlo, une odyssée en Laponie de Guillaume Maidatchevski

Avec celui-ci je triche un peu aussi, il est sorti l’hiver qui a suivi notre retour. Mais il est tellement beau que je ne sais pas trop si je dois te conseiller de le voir avant pour préparer tes mirettes à la beauté des paysages que tu vas rencontrer, ou après, pour garder la surprise avant d’arriver et t’y replonger ensuite avec gourmandise une fois rentré.

Nous on a pas eu le choix, on l’a vu cet hiver en famille, dans notre canapé. On appréhendait, comme pour tout documentaire animalier qu’il arrive malheur à la maman d’Aïlo et que le wanderlustschtroumph numéro 2 nous fasse une crise de gros sanglots mais ouf, non… (Oui, chez nous il y a des films et des documentaires que l’on ne peut pas voir tous ensemble sous peine de déclencher une crue centennale…)

Finalement, on en a pris plein les yeux, on a beaucoup ri avec les écureuils, adoré la bande originale et revécu l’espace d’une soirée les merveilleux souvenirs de nos quelques jours dans le grand Nord.

Voilà pour cette petite sélection, qui peut encore s’enrichir de nouvelles lectures. Et toi déjà parti ou en partance, quels sont tes livres de chevet ?

A bientôt 😉