Luna de Serena Giuliano

Après avoir dévoré cet été, Ciao Bella et Mamma Maria, les deux premiers romans de Serena Giuliano, j’attendais avec impatience la sortie de son prochain bébé le 18 mars prochain. L’attente a toutefois été écourtée. Grâce à une opération exceptionnelle de Masse critique sur Babelio, j’ai eu le privilège de découvrir en avant première Luna. Pour cela, je tiens à remercier chaleureusement Babelio, les éditions Robert Laffont, ainsi que l’autrice, qui a eu la gentillesse de dédicacer les épreuves du roman. Prêts à embarquer pour Naples ?

Résumé

« Parfois, on pense trouver le soleil en août, mais c’est la lune qu’on trouve en mars. »

Luna arrive à Naples contre son gré : son père est gravement malade. Rien, ici, ne lui a manqué. Ses repères, ses amies, son amour sont désormais à Milan. Alors pourquoi revenir ? Pourquoi être au chevet de son papà, au passé trouble, et avec lequel elle a coupé les ponts ?

Mais Napoli est là, sous ses yeux : ses ruelles animées et sales, ses habitants souriants et intrusifs, sa pizza fritta, délicieuse et tellement grasse, son Vésuve, beau et menaçant…

Est-il seulement possible de trouver la paix dans une ville si contrastée ? Et si ce retour aux sources sonnait finalement l’heure de l’apaisement ?

Mon avis

Retrouver un roman de Serena Giuliano c’est un peu comme prendre un café avec une copine avec laquelle nous échangerions nos souvenirs de vacances dans le Sud de l’Italie. Dès les premières pages de Luna le ton est donné. Bienvenue à Naples, Napoli la bruyante, la désordonnée, celle qui dès votre arrivée tient à ce que vous n’ayez pas froid aux pieds, ni le nez qui coule en vous vendant à la sauvette des chaussettes et des mouchoirs en papier même par quarante degrés à l’ombre. Celle qui avec toute son exubérance vous accueille à bras ouverts tout en vous bombardant de questions plus vite qu’un tir de mitraillette. Après la côte Amalfitaine, c’est la capitale de la Campanie qui est mise à l’honneur dans ce nouveau roman.

Luna est avant tout un odi et amo, une plongée dans les sentiments contradictoires qui lient le personnage principal à la ville qui l’a vue naître et dans laquelle elle a grandi, mais aussi à son père. Un père qui a dû faire des choix douloureux pour faire face à la pauvreté et à la précarité qui touche massivement la ville. Malgré ses merveilles et les ressources dont elle dispose, malgré les années qui passent Naples reste la même, rongée par la corruption, la mafia et les petits trafics. Si la question méridionale était au coeur de Ciao Bella et l’immigration était le thème central de Mamma Maria. C’est la Camorra et le système de santé qui sont cette fois-ci en toile de fond.

La visite des amies de Luna venues de Milan pour un week-end est le prétexte à une découverte des merveilles de la ville qu’elles soient culturelles, naturelles ou gastronomique. En effet, dans les pas de Luna, on visite cloîtres, églises et autres galeries qui font la renommée de la ville pour les touristes. On se balade aussi sur la côte Amalfitaine. On admire sous toutes les coutures le Vésuve qui trône en majesté sur la baie de Naples et qui malgré sa beauté, représente une véritable menace pour la ville dont témoignent Pompéi et Hercolanum. Côté gastronomie, clairement, si tu es actuellement au régime, ce livre risque de mettre à rude épreuve ta volonté. Parmiggiana, babbà, sfogliatelle, pasta alle vongole, Serena Giuliano met un point d’honneur à rendre hommage à la cuisine traditionnelle napolitaine. La cuisine familiale faite avec amour pour les gens qu’on aime. Je crois qu’en lisant le bouquin, j’ai dû prendre à peu près cinq kilos…

Luna est un personnage drôle, dans l’humour et la répartie qu’elle peut avoir dans les conversations sur What’s app qu’elle a avec ses copines milanaises. Elle est aussi touchante dans sa façon de se replonger dans ses souvenirs. Retrouver sa chambre de petite fille, ses journaux intimes, sa cousine qu’elle a longtemps considéré comme une soeur ou une meilleure amie lui rappellent que tout dans cette ville et dans sa vie d’avant n’est pas à jeter aux orties.

Dans la galerie des personnages que nous propose l’autrice, j’ai aussi beaucoup aimé la sagesse de Filomena, l’humaine (parce qu’il y a aussi Filomena le chat, qui nous offre de grands moment de rire). J’ai beaucoup ri avec les prises de becs de Pasquale, le voisin de chambre du père de Luna, et sa femme la signora Anna. Cette dernière est aussi agaçante de principe qu’elle est adorable de dévotion envers les gens qui l’entourent. Face à l’adversité, elle trouve refuge dans la prière, dans les proverbes, dont elle abreuve Luna à chacune de ses visites et dans la nourriture, qu’elle essaie à tout prix de faire avaler à son mari pour qu’il reprenne des forces. Et puis il y a Gina, la cousine de Luna, qui a partagé ses joies et ses peines pendant toute son enfance et le début de son adolescence. Si elle n’a pas eu une vie facile, elle montre une belle force de résilience. Elle a perdu sa mère jeune, n’a pas fait d’études, elle enchaîne plusieurs boulots pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle cache son manque d’estime d’elle-même derrière un look coloré, voyant et excessif loin de l’image que l’on se fait de l’élégance à l’italienne et derrière un dévouement à toute épreuve à la famiglia. Et puis soyez attentifs, si vous avez lu les précédents romans de l’autrice, peut-être retrouverez vous quelques clins d’oeil glissés çà et là.

Comme dans les précédents romans, la musique est omniprésente. Le nom de la protagoniste est un clin d’oeil à une chanson des années 80. Pino Daniele et Gigi d’Alessio, les grands noms de la chanson napolitaine ne sont jamais loin. Mais la plus jolie des musiques qui apparait au fil des pages est sûrement celle du dialecte napolitain. Par des proverbes, des expressions populaires, il ponctue délicieusement le récit pour lui donner une touche d’expressivité et d’authenticité supplémentaire. Naples sans son dialecte ne serait pas vraiment Naples, n’en déplaise aux gens du Nord de la péninsule.

Voilà un roman qui se déguste de la même façon qu’une pizza fritta, rapidement et avec gourmandise… J’ai beaucoup aimé cette lecture qui m’a replongée dans des souvenirs de vacances. Les traits de caractères des personnages m’ont rappelé des rencontres que j’ai pu faire au cours de mes voyages dans le Sud de l’Italie. D’aucuns pourront croire qu’elle force gentiment le trait, mais si vous connaissez la région et ses habitants, vous retrouverez sûrement dans les anecdotes qui jalonnent ces pages un peu de votre vécu Je n’ai maintenant plus qu’une envie, que la situation sanitaire s’adoucisse et qu’il soit de nouveau possible de prendre la tangente pour retourner me perdre dans les ruelles de Spaccanapoli et déguster de la street food et des pâtisseries pleines de crème…

J’espère vous avoir donné envie de le lire, si c’est le cas, rendez-vous en librairie le 18 mars.

À bientôt 😉

Café des voyageurs #20 : Rencontrer Le Père Noël et La Befana en Italie

Le café des voyageurs, à la manière des rendez-vous littéraires hebdomadaires comme C’est lundi que lisez-vous ou le Throwback Thursday, est un rendez-vous créé pour partager nos publications, réunies autour d’un thème nouveau chaque semaine et de nous faire découvrir de nouveaux blogs. La récap des liens se fait sur le blog My wanderlust family.

Comme chaque semaine, je te propose de partager un article sur le thème choisi en répondant à ces trois amorces.

Cette semaine, je t’emmène…

J’ai choisi ce lieu car…

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

Thème de la semaine : Traditions de Noël d’ici et d’ailleurs

Pour ce café des voyageurs, place aux traditions de Noël. Le calendrier de l’Avent se rapproche tout doucement de la date fatidique du 25, une nouvelle bougie de la couronne s’est allumée. J’ai longuement hésité à te parler à nouveau de la Finlande et te présenter le village du Père Noël de Rovaniemi dont je t’avais parlé dans les lieux qui nous avaient marqués lors de notre road trip lapon, mais, j’ai finalement opté pour un autre village de Noël, que nous affectionnons beaucoup et que l’on ne manquerait sous aucun prétexte à chaque fois que l’on descend en Italie pour les fêtes. Après t’avoir parlé des chinole, ces délicieux chaussons calabrais, on reste donc chez nos amis transalpins.

Cette semaine je t’emmène

En Toscane, dans la station thermale de Montecatini Terme, qui chaque année se pare de la plus belle des façons pour accueillir partout dans la ville des installations sur le thème de Noël. Thermes, hôtels, jardins, places, la ville entière se transforme pour devenir LE village du Père Noël. En suivant le plan, disponible un peu partout dans la ville, on peut visiter la Maison du Père Noël, la Poste, la maison de la Reine des Neige, dortoir des elfes, marchés de Noël, atelier des lutins où fabriquer des jouets en bois, patinoires, parades et spectacles de rue… Les animations sont extrêmement nombreuses, les décors toujours féériques, ce qui lui vaut de figurer chaque année dans les plus belles animations de Noël de Toscane. La visite des différents lieux est parfois payante mais les étoiles qui pétillent dans les yeux des enfants valent la peine.

J’ai choisi ce lieu car…

Jusque là tu me diras, pas besoin d’aller jusqu’en Toscane pour elle voir un village de Noël, même si les packages disponibles sur Montecatini Events proposent de coupler cela avec des journées au spa. Mais le village de Montecatini Terme, ne met pas uniquement à l’honneur le Vieux Barbu. Il fait aussi la part belle à celle que les enfants italiens attendent tous, celle qui dans la nuit du 5 au 6 janvier apporte au chenapans du charbon et aux bons enfants et des douceurs, des jouets et des bonbons, j’ai nommé La Befana.

La Befana, de Sandra Nelson et Sébastien Pellon chez Père Castor pour raconter cette traditions aux petits enfants français.

La Befana est une sorcière. Vieille, elle voyage sur son balai avec ses chaussures trouées, son chapeau tordu et son personnage était jusqu’à il y a quelques années, bien plus attendu que le Père Noël. On lui consacre des comptines, des livres et il y a deux ans, elle a même fait l’objet d’un film, La Befana vien di Notte, (La sorcière de Noël en français) dont le titre reprend les premiers mots de la chanson que les enfants italiens chantent en son honneur. Si tu cherches un chouette film de Noël à regarder en famille, je te le recommande chaleureusement. Les paysages des Alpes italiennes, dans lequel le film a été tournée sont absolument splendides. Paola Cortellesi y campe une Befana, maîtresse d’école le jour tout ce qu’il y a de plus commun le jour et une sorcière en plein préparatifs de sa tournée annuelle la nuit. Un matin, elle est enlevée par Mister Johnny, qui lui reproche de l’avoir oublié un matin du 6 janvier et d’avoir ruiné sa vie. Ses élèves se mobilisent alors pour sauver leur maîtresse et l’Epiphanie de tous les enfants.

Pour les garçons qui sont élevés dans la double culture, rencontrer la Befana, est toujours un plaisir. Malgré son aspect pas toujours très avenant, cette vieille dame est toujours d’une grande douceur. Nous n’avons eu l’occasion de la rencontrer qu’à Montecatini, parce qu’elle est toujours très occupées bien entendu :), le village de Noël s’est donc immédiatement associé à ce décor qui prend traditionnellement place à l’Hotel Manzoni. L’entrée est payante, 4 euros pour les adultes et 5 euros pour les enfants. La rencontre est toutefois fort agréable. Je ne sais pas ce qu’il en sera cette année avec la crise sanitaire mais en règle générale, la Befana prend le temps de parler aux enfants, de les faire dessiner, de prendre note de ce qu’ils ont écrit sur leur letterina, avant d’aller voir dans son chaudron si ils méritent du charbon ou un bonbon.

Si tu devais ne choisir qu’une seule photo, laquelle choisirais-tu ?

La maison de la Befana, Montecatini Terme

La photo est très sombre, prise avec un portable pour immortaliser le moment, il y a 6 ans. Comme tu peux le voir, la maison de la Befana est plutôt simple. Il fait toujours froid et humide à chaque fois que nous nous arrêtons à Montecatini pour la nuit, alors on reste bien couverts, même à l’intérieur. Nous arrivons en général en fin d’après midi et essayons de faire quelques animations. C’est cette année là que nous avons découvert la maison de la Befana et que les garçons l’ont rencontré pour la première fois. Je ne me souviens plus exactement de ce qu’elle leur a raconté, mais comme tu peux le voir, ils sont toute ouïe…

Si tu as envie de découvrir plus de photos du village de Noël de Montecatini, va vite faire un tour sur notre page Facebook.

Thème du 23 décembre : Capitales

Thème du 30 décembre : Lumières

Et toi, où nous emmènes-tu cette semaine ? Quels délices vas-tu nous faire goûter ? En attendant le prochain café des voyageurs, je vous souhaite une belle semaine.

À bientôt 😉

Café des voyageurs #19 : à la découverte des chinole calabraises

Le café des voyageurs, à la manière des rendez-vous littéraires hebdomadaires comme C’est lundi que lisez-vous ou le Throwback Thursday, est un rendez-vous créé pour partager nos publications, réunies autour d’un thème nouveau chaque semaine et de nous faire découvrir de nouveaux blogs. La récap des liens se fait sur le blog My wanderlust family.

Comme chaque semaine, je te propose de partager un article sur le thème choisi en répondant à ces trois amorces.

Cette semaine, je t’emmène…

J’ai choisi ce lieu car…

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

Thème de la semaine : Voyage gourmand

Pour ce café des voyageurs, le thème est à la gourmandise. Avec Noël qui approche, c’est de bonne guerre. Chaque année, nous avons pour tradition avec nos amis de nous retrouver pour une après midi tour d’Europe des biscuits de Noël. Danemark, Alsace, Italie… Nos cuisines embaument les épices, les enfants courent partout pendant que les adultes s’activent, c’est toujours un moment super agréable que l’on ne manquerait sous aucun prétexte (sauf COVID bien sûr…).

Cette semaine je t’emmène

Dans ma cuisine découvrir une spécialité d’Italie du Sud, le chinole. L’Italie pour Noël, c’est la mort du régime, entre le panettone, le panforte, le pandoro, il torrone et les repas, où tu ne verrais rien contre le fait de prendre la place du boeuf dans la crèche pour lui piquer ses 4 estomacs.

En Italie du Sud plus qu’ailleurs dans toute la botte, Noël, est la fête à ne pas manquer, tant par la religiosité qu’elle inspire, par les traditions familiale et par le fait que c’est l’un des rares moments de l’année où la diaspora retrouve la terre promise. C’est la période où les voisins, les cousins, les amis se retrouvent pour les réveillons mais aussi, pour de nombreuses réunions où l’on joue aux cartes, ou à tombola (un peu comme notre loto). C’est la période où les gourmandises ne doivent jamais manquer à la maison afin de pouvoir les offrir à quiconque passerait la porte.

C’est donc souvent un peu avant Noël ou entre Santo Stefano, le 26 décembre et le réveillon du nouvel an que se font le chinole, à prononcer kinolé, en accentuant, s’il te plait, sur la première syllabe. Les chinole, sont de petits chaussons remplis d’une crème faite à base de farine de châtaignes pour les puristes et de pâte à tartiner pour ceux qui préfèrent, ou qui ont moins de temps devant eux…

J’ai choisi ce lieu car…

Ou plutôt devrait-on dire, cette recette ou ce moment car c’est toujours quelque chose que l’on attend avec impatience. Clairement, je crois que l’on pourrait tous manger les chinole sur la tête d’un pouilleux tellement on aime ça.

Mais si les chinole, sont souvent vite englouties, elles sont très longues à préparer et demandent souvent la collaboration active de plusieurs personnes. C’est l’occasion de discussions, de rigolades. La maison se remplit de rires et de bonne humeur, avant même que l’on ait goûté au résultat.

Je te vois déjà me faire les gros yeux. Me disant que je suis une vile tentatrice à te parler de ces délices sans te donner la recette. Elle arrive et en pdf même si tu veux l’imprimer et l’ajouter dans ton carnet de recettes familiale. Je suis allée en retrouver une avec les quantités que j’ai traduite en français, parce que si tu écoute WanderlustDad et que tu le regardes faire, il te dira qu’il fait tout à l’oeil. On dirait Panoramix qui prépare la potion magique. Tu ne serais donc pas bien avancé.

Si tu devais ne choisir qu’une seule photo, laquelle choisirais-tu ?

Tadam, et voilà le travail. Après une bonne après midi de travail à préparer la pâte, la passer au laminoir (la machine à pâtes), pour qu’elle soit suffisamment fine pour ne pas gonfler mais suffisamment épaisse pour ne pas casser à la cuisson. Après avoir découpé au verre ou à l’emporte-pièce les jolis cercles, après avoir préparé la crème de châtaignes et de chocolat, senti monter les odeurs de cannelle, de clous de girofle et de liqueur de mandarine, après avoir frit, les beignets et les avoir nappés de miel et décoré de vermicelles, on goûte enfin à la satisfaction du devoir accompli. Beaucoup de travail d’équipe et d’esprit de Noël pour en arriver à goûter tous ensemble ces jolis biscuits.

Thème du 16 décembre : traditions de Noël d’ici ou d’ailleurs

Thème du 23 décembre : Capitales

Thème du 30 décembre : Lumières

Et toi, où nous emmènes-tu cette semaine ? Quels délices vas-tu nous faire goûter ? En attendant le prochain café des voyageurs, je vous souhaite une belle semaine.

À bientôt 😉

Café des voyageurs #9 : en forêt

La valle del Fiume Argentino

Le café des voyageurs, à la manière des rendez-vous littéraires hebdomadaires comme C’est lundi que lisez-vous ou le Throwback Thursday, est un rendez-vous créé pour partager nos publications, réunies autour d’un thème nouveau chaque semaine et de nous faire découvrir de nouveaux blogs. La récap des liens se fait sur le blog My wanderlust family.

Comme chaque semaine, je te propose de partager un article sur le thème choisi en répondant à ces trois amorces.

Cette semaine, je t’emmène…

J’ai choisi ce lieu car…

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

L’été est définitivement parti, ça y est, l’automne a pris ses quartiers. Après avoir consacré la semaine dernière un café des voyageurs sur les couleurs flamboyantes que l’on voit apparaître dans nos jolies forêts, et vu que le temps est idéal en ce moment pour aller s’y balader. Je te propose cette semaine d’aller faire une petit tour dans les bois.

Cette semaine, je t’emmène…

Dans mon deuxième chez moi, en Italie du Sud. Je te propose de venir admirer le paysage que je vois tous les matins en ouvrant mes volets quand je suis en vacances et de découvrir la Valle del Fiume Argentino. Cette vallée qui débute dans le village d’Orsomarso dans la province de Cosenza, fait partie du Parc National du Pollino. Avec sa rivière cristalline et sa faune et sa flore préservée, elle est l’un des joyaux de la région.

J’ai choisi cet endroit car…

Malgré sa popularité locale, c’est un endroit qui ne figure pas sur les guides touristiques à l’international, et c’est peut être tant mieux, car cela en fait un site à peu près préservé en dehors des quinze jours qui entourent le 15 août, où là, mieux vaut ne pas y mettre les pieds si tu souhaites visiter la forêt en toute tranquillité.

Orsomarso est un village perché de la côte Nord de la Calabre. Fondé au Moyen Age, il a longtemps été isolé du reste de la région et a su garder ses airs de petite crèche, son dialecte et ses traditions intacts. En te promenant dans ses ruelles tu trouveras tout ce qui fait le charme du Sud de l’Italie : des enfants qui jouent au foot dans les traverses, des mémés vêtues de noir assises sur le pas de leur porte qui font la conversation tout en enfilant des poivrons ou en écossant des fèves, des pépés assis sur un banc très occupés à regarder tous ceux qui passent, ou à jouer aux cartes au bar, des autels dédiés à la vierge, à Sainte Anna ou aux saints médecins Côme et Damien… Bref, le Sud de l’Italie comme on l’imagine et comme je te l’ai déjà raconté dans certaines de mes chroniques littéraires. Le dimanche, tu y sentiras sûrement l’odeur della pasta al forno, ou de la parmiggiana. Mais quel que soit l’endroit où tu regardes, tu seras entouré de verdure.

La Valle del Fiume Argentino est le point de départ de nombreuses randonnées accessibles à toute la famille. En remontant le lit de la rivière tu trouveras d’abord des potagers familiaux, puis un arboretum où à la naissance de chaque enfant, les gens du village plantent un arbre, une cascade, de petites fontaines creusées ça et là par des forestiers, un jardin des plantes officinales.

Nous connaissons l’endroit par coeur mais nous ne nous lassons pas d’y observer les changements de la nature et de découvrir les espèces que la vallée accueille. Renard, loups, sangliers, rapaces nocturnes et diurnes, reptiles, et scarabées de toutes sortes, les enfants prennent un réel plaisir à être à l’affut des traces laissées par les animaux et à observer et à apprendre à reconnaître les plantes. Tu pourras allègrement faire de ta balade en forêt un vrai moment d’apprentissage. Attention toutefois, comme dans tout parc national, la cueillette est interdite.

Il ne faut que quelques kilomètres à pieds depuis le village pour rejoindre le refuge et la forêt profonde où jadis, les brigands puis les résistants contre le fascisme se réunissaient. Tu trouveras ça et là dans la forêt des cabanes et des bergeries abandonnées, témoin du passé agricole de ces bois. Ce lieu n’est donc pas uniquement, une merveille de la nature mais fait partie intégrante de l’histoire de la jeune Italie. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la forêt d’Orsomarso, ainsi que quelques recoins du village ont été choisis par Danny Boyle et Simon Beaufoy pour en faire le décor de la série Trust, diffusée sur Canal. Je n’ai pas encore eu l’occasion de la voir, mais je me souviens de l’effervescence dans le village à l’annonce de l’arrivée d’une équipe de tournage américaine. C’était vraiment chouette de voir toute cette mobilisation autour de ce projet.

Si tu ne devais choisir qu’une photo laquelle choisirais-tu ? Pourquoi ?

Cette photo a été prise en plein mois d’août alors qu’il faisait une chaleur à tomber, sous la canopé, il faisait bon et frais. Ce jour là, nous nous étions enfoncés dans la forêt pour une randonnée à la recherche d’un château en ruine.

J’ai choisi cette photo car il y a tout : l’eau qui bruisse et que j’entend de ma fenêtre, les fougères et la mousse. Elle respire la sérénité .

Thème du 7 octobre : Rose

Thème du 14 octobre : Pour les grands et les petits

Thème du 21 octobre : Animaux

Thème du 28 octobre : Halloween

Et toi, où nous emmènes-tu cette semaine ? En attendant le prochain café des voyageurs, je vous souhaite une belle semaine

À bientôt 😉

Café des voyageurs #3 : Face à la mer

Assister à la naissance des tortues Caouannes dans le Sud de l’Italie

Le café des voyageurs, à la manière des rendez-vous littéraires hebdomadaires comme C’est lundi que lisez-vous ou le Throwback Thursday, est un rendez-vous créé pour partager nos publications, réunies autour d’un thème nouveau chaque semaine et de nous faire découvrir de nouveaux blogs. La récap des liens se fait sur le blog My wanderlust family.

Comme chaque semaine, je te propose de partager un article sur le thème choisi en répondant à ces trois amorces.

Cette semaine, je t’emmène…

J’ai choisi ce lieu car…

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

Cette semaine, je t’emmène…

En bonne marseillaise, j’aurais pu t’emmener chez moi dans les calanques mais cette semaine, j’ai décidé de t’emmener avec nous dans le Sud de l’Italie, en Calabre. Depuis l’ouverture du blog, hormis quelques chroniques littéraires, je me rends compte que j’ai consacré assez peu d’articles à notre deuxième chez nous. Ce n’est pourtant ni les idées, ni l’inspiration qui manquent. Aussi, en ce troisième café des voyageurs, j’ai décidé de t’emmener près de Brancaleone, dans la province de Reggio Calabria sur la Costa delle Tartarughe.

J’ai choisi ce lieu car…

Depuis de nombreuses années, je rêvais devant les reportages du National Geographic de ces éclosions massives sur les plages du Costa Rica et je me disais qu’un jour peut-être, nous pourrions avoir l’immense chance d’y assister moyennant un aller-retour à quatre pour San José. Mais c’était sans compter sur Maman Tortue et l’action d’une formidable association, Caretta Calabria Conservation, qui chaque année, passe une partie de son été à arpenter les plages pour repérer les traces des pontes de tortues et sécuriser les nids afin que les oeufs puissent arriver à terme.

Il y a 4 ans de cela, lorsque mon beau-père est rentré du travail m’annonçant que des tortues avaient niché sur la côté à quelques kilomètres du village, j’étais toute joie… Malheureusement, cette année-là, nous n’étions pas équipés pour nous lancer dans une veillée, les schtroumpfs étaient bébé, la plage était bondée, et le nid malheureusement n’avait donné que très peu d’éclosions, il parait que ça arrive…

L’année suivante, nous nous sommes donc équipés. Nous avions prévu la tente et les duvets pour permettre aux schtroumpfs de se reposer si le spectacle venait à trop tarder. Maman Tortue cette année-là n’était toutefois pas disposée à pondre à côté de chez nous. Qu’à cela ne tienne, c’est nous qui sommes allées jusqu’à elle. Pendant tout le mois, nous avons checké, jour après jour, la page Facebook de l’association dans l’attente d’un faire de part de naissance, et à l’annonce de l’imminente éclosion du nid de Brancaleone, nous avons chargé la tente et les duvets dans la voiture pour une folle épopée de 500 km à travers la Calabre qui nous a conduit dans les villages de Gerace et Stilo avant de passer notre nuit sur cette plage.

Que dire, l’ambiance était magique, entre les volontaires très pédagogues, les enfants excités comme des puces, les touristes attirés par le spectacle et respectueux de ce moment de grâce qu’offrait la nature. Nous avons fait partie des rares à dormir à la belle étoile, à profiter des naissances à la lumière rouge et attendant les dernières éclosions au petit matin. Et notre patience a été récompensée, alors que les bénévoles ramassaient leurs affaires et que les garçons se préparaient à aller prendre un bain matinal, le sable a commencé à bouger. L’équipe nous a appelé, et nous avons assisté à l’éclosion diurne d’une dizaine de petites tortues.

Je ne sais pas comment t’expliquer à quel point ce moment est émouvant, voir le sable qui remue tout doucement, puis ce petit point noir apparaitre, cette tête qui finit par émerger et ces petites pattes qui s’activent de toutes leurs forces pour rejoindre la mer au plus vite tout en prenant en même temps des informations capitales pour sa future reproduction avant de disparaitre dans le ressac. Car c’est ici que d’ici une trentaine d’années, si elle survit aux prédateurs, aux filets des pêcheurs et à nos sacs plastiques que maman tortue reviendra déposer ses oeufs.

C’est donc sur cette plage de Palizzi que nous avons eu la chance d’assister à ce merveilleux spectacle. C’est sur cette plage déserte qu’une fois les bénévoles partis, nous sommes restés tous les quatre un peu sonnés, avec la sensation d’avoir assisté à un moment de grâce de la nature, et d’être là comme au premier matin du monde… Un souvenir que nous garderons à jamais.

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

Je pourrais te parler du lever du soleil, du vent de ce matin là, de la douce fatigue, qui a précédé une crève sans nom… Mais en ce lieu, la seule image que je retiendrai c’est celle de ces petites courageuses qui dès leur naissance vont devoir affronter la mer et ses prédateurs.

Et toi, où nous emmènes-tu pour ce thème ? Plutôt ambiance plage de rêve ? Nature sauvage ? Bottes en caoutchouc et côte bretonne ?

N’oublie pas de déposer le lien vers ton article en commentaire pour nous faire découvrir ton coup de coeur pour ce thème « face à la mer »…

Semaine du 26 août : votre lieu kidsfriendly préféré

En attendant le prochain rendez-vous au café des voyageurs, tu peux aussi nous rejoindre sur les discussions de notre page Facebook et sur Instagram. Je me ferai un plaisir de partager tes coups de coeur en story.

A bientôt 😉

Challenge booktrip en Europe : Mamma Maria – Serena Giuliano

Et si on partait voyager à travers l’Europe. En ces temps où réserver un billet d’avion et arriver à destination s’avère être une aventure digne de l’un des plus grand Stephen King, ma copine blogueuse des Voyages de K. nous propose de nous embarquer dans un tour d’Europe livresque. L’idée voyager à travers l’Europe pendant un en postant une chronique par mois, ça me fait penser à ce que propose Lonely Planet dans l’Art de voyager sans partir loin. 12 mois – 12 livres – 12 pays… Moi ça me dit, alors j’embarque avec grand plaisir et je t’emmène là où normalement je devrais être à cette période de l’année, en Italie avec Mamma Maria de Serena Giuliano.

Etape n°1 : Italie

Il était une rencontre

Tout juste sortie de la lecture de Ciao Bella qui m’avait profondément émue et bouleversée au point d’écrire dans la foulée une chronique et d’envoyer un message à l’auteur via Facebook. J’avais noté Mamma Maria dans ma wishlist espérant le trouver à la bibliothèque.

Hier en allant faire le stock de bouquins pour les vacances à la bibliothèque, il était là, me tendant les bras, en tête de gondole avec sa belle étiquette « Nouveauté 3e trimestre 2020 ». Inutile de te dire qu’on s’est claqué la bise comme de vieilles copines contentes de se retrouver et qu’il a immédiatement sauté dans mon super totebag made in Bookfairies.

Revenue avec une pile haute comme l’Himalaya postée sur FB, Mamma Maria est apparu assez vite comme l’un des trois coups de cœur du groupe Lire c’est rêver les yeux ouverts… Sauf que quand tu pars en camping, tu essaies de voyager léger et de prendre des livres dont tu sais qu’ils te tiendront plus qu’une soirée… Mais d’un autre côté, l’envie était trop forte.

Une fois les valises terminées, je me suis donc servie une limonade et je me suis installée dans ma chilienne sur mon balcon pour goûter à un répit bien mérité et découvrir cette histoire à deux voix racontée par Maria et Sofia (avec l’accent sur le i s’il te plaît et pas sur le dernier a)

Alors bienvenue chez Mamma Maria et en musique en prime !

https://m.youtube.com/watch?v=1TRM75eU7Uk

L’histoire

Un ristretto d’Italie

« Ciao, Sofia ! Qu’est ce que je te sers ? Comme d’habitude ? Et j’ajoute un cornetto parce qu’il faut manger, ma fille.

– Oui, merci, Maria.»

Je m’installe en terrasse, face à la mer, comme chaque matin, depuis que je suis de retour en Italie. J’aime bien travailler au son des tasses qui s’entrechoquent. Et, au Mamma Maria, j’ai toujours de la compagnie. Il y a ceux qui viennent tuer le temps. Il y a les enfants qui rêvent devant le comptoir des glaces. Il y a les ados qui sirotent un soda, monsieur le curé, et, surtout mes partenaires de scopa.

Ici, on vient échanger quelques mots, partager un apéro, esquiver la solitude, écouter Celentano. Moi, je viens pour me persuader que j’ai bien fait de quitter Paris… et l’autre abruti.

Il fait quand même meilleur ici.

Et puis on cherche aussi à profiter de la bonne humeur (ou non) de Maria, qui mène, comme une mamma, tout ce petit monde à la baguette.

Bref, j’ai retrouvé mon village paisible.

Enfin, paisible, jusqu’au jour où…

Mon avis

Ce deuxième roman, est beaucoup moins personnel et beaucoup plus politique. Dans Ciao Bella j’avais eu beaucoup de mal à démêler la réalité de la fiction, la part d’histoire personnelle dans le romancé. Ici, il est plus facile de faire la part des choses.

À chaque chapitre s’alternent les points de vue de Maria et Sofia pour une narration croisée d’une histoire qui redonne foi en l’humanité. Comme je te le disais, le sujet est éminemment plus politique que dans son premier roman.

Ici il est question d’émigration, d’immigration, de la montée de l’extrême droite sur fond de question méridionale. À travers l’histoire de Souma et Mustafa, arrivés de Libye clandestinement et que Franco, veuf sans enfants de 82 ans trouve un beau matin cachés au fond de son poulailler et qui réveille dans le village un vent d’angoisse largement amplifié par les discours des médias et du ministère de l’Intérieur.

Il est aussi question de la situation du Sud de l’Italie et de ses jeunes, toujours plus nombreux à quitter leur terre après avoir fait de longues études pour aller tenter leur chance au Nord ou à l’étranger par manque d’opportunité de travail. De ses mamma qui part peur que leurs enfants ne meurent de faim à force de ne plus manger de ragù ou de parmiggiana envoie chaque semaine il pacco da giù. Je pense tout de suite à Casa Surace, un groupe de comiques originaire de Campanie qui fait des vidéos très drôles sur Facebook, si tu parles italien, je te conseille d’aller les voir c’est très drôle.

C’est le deuxième livre que je lis sur le sujet après Les aventuriers du Cilento de Michel Quint, qui abordait lui aussi la situation des migrants en Campanie mais sous un aspect plus dramatique. Je t’en parlerai bientôt.

Avec tous les livres que je lis en ce moment sur le Sud de l’Italie, je pense avoir assez de matière pour faire bientôt une book list.

Mamma Maria est à l’image du Sud de l’Italie, il est comme la rivière tumultueuse.

Comme dit avec sagesse ma belle mère,

Al fiume cittu’ t’annechesse.

Quand la rivière est silencieuse tu te noies. Ici ça crie, ça parle fort avec les mains souvent on n’est pas d’accord et on s’envoie promener avec gentillesse et bienveillance, comme le personnage de Maria, véritable archétype du Sud. Humaine et généreuse.

Car malgré l’info en continue, malgré les préjugés, le Sud de l’Italie garde en lui cette part d’humanité qui fait que l’on accueille avec bienveillance celui qui a fait un long voyage.

Franco, aurait pu être Zio F. qui a consacré sa vie à ses terres et t’ouvre toujours la porte de sa cave pour te faire goûter son merveilleux fragolino, son vin au goût de fraise. Dans Sofia et Lella, leur humanité et leur détermination, j’ai retrouvé la foi qui anime ma belle-sœur dans son travail de journaliste engagée qui n’hésite pas à parcourir chaque jour des centaines de kilomètres pour mettre un visage sur les mille galères du Sud et changer le monde avec douceur et une inégalable pugnacité. Dans le personnage de Luca, j’ai reconnu l’histoire de tellement de copains, qui ont quitté leur village dans l’espoir un avenir meilleur mais qui gardent en eux la nostalgie.

Je ne t’en dirai pas plus, pour te laisser le plaisir de la découverte. J’ai encore une fois passé un excellent moment en compagnie de Serena Giuliano et de ce roman délicieux à lire et à écouter avec en bonus sa playlist Celentano made in Maria et qui a en plus remporté le prix Babelio cette année.

Et toi ? Tu l’as lu ? Qu’en as-tu pensé ?

Ciao Bella de Serena Giuliano

Ciao Bella

Il était une rencontre

Voilà, j’ai encore cédé à un coup d’un soir ! En ce moment, les livres se succèdent au rythme de un par jour. Mais là, waouh, c’était puissant ! J’avais croisé plusieurs fois le livre sur les réseaux sociaux, j’avais lu des avis mitigés, j’ai résisté en le voyant dans la sélection de l’été chez Cultura puis je me suis finalement laissée tenter en le trouvant sur les rayons de la bibliothèque. On s’est rencontrés vers 22h00 et on s’est quittés vers 2h30 du matin. Entre temps, des rires, de l’émotion, un échange de souvenirs communs. Lorsque j’ai fermé la dernière page, j’ai eu l’impression de quitter une vieille connaissance que je n’avais pas vue depuis longtemps. J’étais tellement bouleversée que j’en ai eu du mal à m’endormir malgré l’heure tardive.

Le résumé

Voilà l’histoire :

Anna a peur – de la foule, du bruit, de rouler sur l’autoroute, ou encore des pommes de terre qui ont germé… Et elle est enceinte de son deuxième enfant. Pour affronter cette nouvelle grossesse, elle décide d’aller voir une psy.

Au fil des séances, Anna livre avec beaucoup d’humour des morceaux de sa vie. L’occasion aussi, pour elle, de se replonger dans le pays de son enfance, l’Italie, auquel elle a été arrachée petite ainsi qu’à sa nonna chérie. C’est toute l’histoire familiale qui se réécrit alors sous nos yeux.

À quel point l’enfance détermine-t-elle une vie d’adulte ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? Comment dépasser ses peurs pour avancer vers un avenir meilleur ?

Mon avis

Par où commencer ? Des sensations sûrement, une série de curieuses coïncidences. Une histoire qui commence le jour de la naissance de ma Bisnonna à moi, ma Mémé, comme le dit Anna. L’histoire d’un personnage qui me rappelle à de nombreux égards la mienne. Mes vacances d’adolescente dans le Sud de l’Italie. La rencontre d’un amoureux étranger, un 13 aussi (mais pas un vendredi), la cohabitation de deux cultures. Cette volonté de trouver une exutoire dans l’écriture d’un blog avec le passage à la trentaine…

Ce matin, j’ai comme une méchante gueule de bois littéraire après cette nuit à rire et à pleurer. Parce que clairement, je ne m’étais pas pris une claque émotionnelle pareille en lisant un livre depuis Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi. J’ai appris en lisant le bouquin et les remerciements qu’elles sont bien copines toutes les deux. Je les soupçonne d’organiser des réunions Tupperware secrètes où elles s’échangent des secrets pour transformer de jeunes mères de familles respectables en pandas dégoulinants et reniflants jouant de la trompette avec leurs kleenex de la façon la plus stonnata qu’il soit (désolée pour l’italianisme mais c’est le seul mot français qui me vienne, dysharmonieuse, ferait trop pompeux…).

Bref voilà, j’ai encore perdu toute dignité en lisant un livre… Dieu merci ! WanderlustDad dormait déjà à l’heure à laquelle le drame est arrivé. Sinon, il se serait encore allègrement moqué de ma faculté à m’identifier tellement aux personnages que j’ai l’impression qu’ils font partie de ma famille ou qu’ils représentent une partie de moi. Il adore ça, traquer la première larme et éclater de rire en me traitant de ciotaredda, (comment le traduire celui-ci ? nounouille peut-être ?)

Ce matin, Georgette, la macchinetta (ça fait pas un peu titre de livre de la série pour enfants Les drôles de petites bêtes ?), ma cafetière italienne est mon amie… Et oui, certains trouvent raffiné de boire un café avec George, ses capsules qui coûtent un bras, et son What Else so sexy… Moi je préfère le boire avec Georgette, ses rondeurs, son petit bruit inimitable. Malgré son grand âge, rien ne pourrait remplacer l’odeur de son ristretto qui emplit la maison. Je repense avec nostalgie à ses vacances en Italie qui rythme mes étés depuis 25 ans maintenant, à ma belle-mère qui trouve toujours ses petits fils sciupati trop maigres à son goût, au caffè con la schiuma de Zia M., à Nonna A., son chignon et son sacré caractère, à Nonna M. qui nous délectait des histoires de sa jeunesse depuis sa chaise en plastique et parlait un dialecte tellement ancien que la comprendre était un défi digne des jeux olympiques lancé à mon italien scolaire, aux vecchiette d’Orsomarso, notre village d’adoption en Calabre, qui malgré le fait que j’y revienne tous les étés depuis une dizaine d’années, finissent toujours par céder à la curiosité, après m’avoir longuement observer et me demandent quand elles me croisent dans les ruelles du village « A cu’ si figghia ? » (De qui est tu la fille ?) ou « A cui appartenese ? » (À quelle famille tu appartiens ?) m’obligeant à remonter à la troisième génération de l’arbre généalogique de mon mari pour leur permettre de me raccrocher à une branche. À B. la voisine de ma belle-mère qui a développé des techniques de renseignements dignes de la Madame Raspail du sketch de Patrick Bosso et à tant d’autres.

En écrivant ses lignes, l’odeur de la pasta al forno du dimanche qui emplie les vanedde, les ruelles si serrées du village que seuls les humains et les ânes y passent, et les images des processions de la Santa Anna, patronne du village me revienne en mémoire. Anna, comme l’héroïne du livre… À Giulia, la soeur de l’héroïne qui porte le nom que j’aurais aimé donner à ma fille si j’en avais eu une… Hasards ou coïncidences, avec Ciao Bella, nous étions fait pour nous rencontrer.

Je vais m’arrêter là parce que je pourrais continuer à en parler encore des heures et je finirai par te spoiler le bouquin. Comme tu le sais peut-être, pour des raisons liées à notre envie de devenir minimalistes j’achète peu de livres pour moi, et j’en garde encore moins. Je pense cependant que Ciao Bella, fera partie des bouquins que j’offrirai avec plaisir et des rares livres que je finirai par acheter, mais pas tout de suite…

Lire ce livre en français, a été comme une délicieuse madeleine de Proust, mais il m’a manqué, la musique, la langue de Dante et la sonorité si particulière du dialecte napolitain, qui ponctue nos étés depuis 25 ans. Alors je l’achèterai, pour le relire, et perdre une nouvelle fois ma dignité, (tu me diras, on est plus à ça près…) le jour où une maison d’édition italienne offrira à Serena Giuliano le plaisir de déclarer son amour à sa Campanie natale dans la langue de ses origines. Affaire à suivre !!!

Serena, Grazie di cuore per questo bellissimo viaggio !

J’espère t’avoir donné envie de découvrir cette petite pépite. Et si tu l’as lu, n’hésite pas à laisser un commentaire pour me dire ce que tu en as pensé ?

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À bientôt 😉

Throwback thursday #6

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème du jeudi 16 juillet : une histoire qui se passe en Europe

Cette semaine encore, le thème m’inspire. Normalement, à cette période de l’année nous prenons nos quartiers en Italie du Sud. Je ne t’en ai pas encore trop parlé mais je m’y attellerai pendant l’été. Et comme j’ai encore de très nombreux articles sous le coude à écrire pour te faire découvrir l’Italie, je me suis dit que je pouvais commencer par celui-ci.

J’ai dû lire ce bouquin juste après le lycée, en VO, je voulais retrouver la douceur et la rondeur de ces mots. Ce n’est pas du tout un feel-good book ou un bouquin à lire sur ta serviette de plage mais c’est un merveilleux moyen de découvrir le Sud de l’Italie si tu envisages d’y aller cet été.

Le pitch est le suivant :

Carlo Levi, médecin turinois est confiné dans le Sud de l’Italie par le régime fasciste pour ses opinions politiques. Dans ce livre, il y dépeint son quotidien, dans les villages reculés de Aliano (qui devient Gagliano dans le livre) et Grassano, situés dans les montagnes de la Basilicate.

La réalité, dans ces années de montée du fascisme est pour le moins difficile : paludisme, pauvreté, isolement, émigration. Tous les thèmes y passent, dépeints de la plus belle des façons. Carlo Levi offre quelques unes des plus belles pages de la littérature italienne du XXè siècle et l’un des portraits les plus complets de ces régions du Sud de l’Italie qui près d’un siècle plus tard, ont toujours le sentiment d’être à la traîne par rapport au Nord de l’Italie.

La question méridionale reste un point crucial de la politique italienne aujourd’hui encore et plusieurs décennies plus tard malgré la modernité ces lignes restent cruellement d’actualité.

Bref pas d’action, pas d’histoire d’amour, mais une très belle ode à l’humanité dans ce livre que je relirais bien volontiers.

Et vous où nous emmenez-vous en ce Throwback Thursday ?

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A bientôt 😉