10 beaux livres autour du voyage pour « voyager sans voyager »

Il y a quelques semaines, Lenou, du blog Lenou in Italia, lançait l’idée d’un carnaval d’articles. Le principe, écrire un article autour du thème voyager sans voyager avant le 22 février (je suis sur la deadline comme, comme d’habitude mais encore dans les temps). L’ensemble des participations seraient regroupées dans un article à paraître début mars.

Voyager sans voyager, autant dire que depuis un an, on a eu le temps d’expérimenter le thème sous toutes ses formes. Nous avons testé la staycation en partant pour les vacances de Noël visiter la Cité Radieuse de Le Corbusier, nous avons parlé de Slow tourisme et consacré de nombreux articles sur le blog à la découverte de Marseille dans le Café des Voyageurs. Je t’ai proposé un voyage littéraire à Cuba et en Finlande, ainsi que dans le cadre du challenge booktrip en Europe. Ma super copine Agnès de Oika Oika est venue en décembre nous montrer sa sélection de jeux autour du voyage. Et nous avons aussi évoqué les souvenirs du retour de voyage dans l’article consacré aux carnets de voyages.

Ce thème de voyager sans quitter ton canapé est donc l’occasion parfaite pour sortir un article que j’avais dans les tuyaux depuis le mois de novembre, qui aurait dû sortir pour Noël mais que je n’ai pas pu terminer à temps. Aujourd’hui, je te propose donc une sélection de guides et beaux livres pour voyager sans voyager.

1. L’art de voyager sans partir loin, Lonely Planet

L’art de voyager sans partir loin, Lonely Planet

Voilà un guide que j’adore et comme toute chose que j’adore, je la partage toujours avec plaisir. Cet ovni dans la catégorie des guides touristiques, mi beau livre mi suggestion d’activité à faire en voyage ou près de chez soi à déjà eu droit à sa chronique que tu retrouveras ici.

2. How to be an explorer of the world de Keri Smith

Ce bouquin là fait partie de mes chouchous dans la catégorie des guides à glisser dans ta valise quelle que soit la destination. Keri Smith est une artiste et autrice qui nous invite à poser un regard différent sur notre environnement quotidien et à faire de chaque balade dans ta rue ou dans ta ville un voyage. Armé de ton carnet d’explorateur, elle te propose de ramasser des végétaux, de faire des dessins, de noter des mots que tu entends à la volée… Dans la lignée du Saccage ce carnet dont je t’avais parlé dans notre kit de survie, ce joli livre n’a malheureusement pas encore été publié en français, mais il est disponible en anglais et en italien. Tu y trouveras une mine d’idée d’activités pour explorer ta ville.

3. Voyage zéro carbone (ou presque), Lonely Planet

Voyages zéro carbone (ou presque) , Lonely Planet

Je t’avoue que ces derniers temps, la question du voyage en avion s’est posée de façon récurrente par chez nous. Avec la crise sanitaire, les annulations de vols et les galères de remboursement, prendre l’avion devient un véritable casse tête. Si tu ajoutes à cela l’impact environnemental de ces voyages, sachant que pour aller rejoindre la famille en Italie, nous sommes amenés à l’utiliser régulièrement, je réfléchis depuis quelques temps à des alternatives pour l’utiliser le moins possible, du moins lors de nos déplacements en Europe. Aussi, lorsque j’ai découvert ce gros guide chez Nature et Découverte au mois de décembre, je n’ai pas pu résister à me faire un petit cadeau de moi à moi.

En fonction du temps dont vous disposez, ce guide de 312 pages vous propose de découvrir le Vieux Continent à travers 80 itinéraires au départ de Paris. Pas de voiture, pas d’avion mais des tas de solutions alternatives : train, bateau, vélo ou rando… Voilà de quoi remettre le trajet au coeur du voyage et de l’aventure tout au long du chemin.

4. Slow train, Juliette Labaronne chez Arthaud

Slow train, de Juliette Labaronne

Restons dans l’Ambiance Zéro Carbonne avec Slow Train de Juliette Labaronne. Ce guide de 157 pages propose une trentaine de virées ferroviaires en France. Chacune de ces escapades est organisée sur deux doubles pages minimum de la façon suivante : une carte minimaliste dans un graphisme épuré, la fiche du train avec les infos (temps de trajet, tarifs, la fréquence ainsi que les arrêts), un carnet de rail qui raconte l’histoire de cette portion de chemin de fer, quelques arrêts qui valent le détour le long de la ligne, des anecdotes de cheminots et un point sur le buffet de la gare. Dans ce livre là, point de TGV ou de OUIGO mais des trains corail, des trains de nuits ou des trains régionaux qui traversent de sublimes paysages. J’ai lorgné sur quelques unes d’entre elles, comme celle qui met à l’honneur le petit train de la Côte Bleue qui part de Marseille pour rejoindre Miramas en traversant les Calanques, celle qui nous emmène à bord du train jaune des Pyrénées ou celles qui traversent le Pays Basque…

5. Voir le monde sans quitter la France, Hachette

Voir le monde sans quitter la France, Hachette

Et si les sites merveilleux disséminés aux quatre coins du monde et devant lesquels on se pâme en voyant les comptes Insta des grands voyageurs avaient des sosies dans l’Hexagone ? C’est le parti pris de ce guide dans lequel tu retrouveras 48 destinations mythiques et leur plan B en France. Deux doubles pages sont consacrées à chacun de ces plans B. La première présente le site avec une deux photos, l’une pour l’original, l’autre pour le plan B. Inutile de te dire que l’on pourrait parfois jouer au jeu des 7 différences, tant la ressemblance peut paraître frappante. La seconde propose une description du lieu un encart pratique sur l’accès et la meilleure saison pour profiter du site ainsi que quelques propositions d’activités à faire sur place. Alors prêt à redécouvrir les façades colorées de Burano à Martigues, les eaux roses du lac Retba au Sénégal dans les marais de Gruissan, des airs de Grand Canyon dans le Lubéron ou des forêts de bambou au coeur des Cévennes ?

6. La collection insolite et secret, éditions Jonglez

Cette jolie collection, que nous avons découverte dans le cadre de notre partenariat avec les éditions Jonglez, avec Lyon insolite et méconnu propose de redécouvrir nos régions et nos villes en sortant des sentiers battus. L’idée est de lever les yeux, regarder la ville par le petit bout de la lorgnette et s’attarder sur des anecdotes et des détails de nos environnements quotidiens.

7. La collection de beaux livres de chez Jonglez

Ami amateur d’Urbex et de sites abandonnés, voici une collection qui devrait te plaire. Je l’ai découverte à travers Eglises abandonnées de Francis Meslet mais la collection est une invitation à découvrir des sites laissés pour comptes partout en Europe et jusque sur la base de lancement de Baïkonnour au Kazakhstan. On se demande souvent, en feuilletant les pages de ces ouvrages comment de telles merveilles ont pu être oubliées pendant de si longues années.

8. En forêt – 500 idées pour des escapades natures en France, Natasha Penot Gallimard

En forêt, 500 idées pour des escapades nature en France, Natasha Penot

Ce livre là pourrait concourir dans la catégorie « C’est énorme ! ». Impossible de penser glisser celui-ci dans ton sac en randonnée, avec ses 320 pages et son petit poids d’1,5 kg. Cette jolie bible, propose 500 balades à travers les forêts françaises de métropole et des DOM TOM. Elle met aussi en valeur des activités à faire partout comme le bain de forêt ou le Géocaching et éléments d’histoire et de culture locale. J’ai trouvé ce guide à la bibliothèque mais je n’exclue pas de nous l’offrir à l’occasion pour préparer nos itinéraires d’aventures natures.

9. Rando-bières en France de Fabienne et Benoit Luisier

Randos bières en France, Fabienne et Benoît Luisier

On reste dans micro aventures et évasions locales avec ce guide qui a pour vocation de nous faire découvrir 70 belles balades, ainsi que les savoir-faire d’artisans brasseurs de nos régions. Au programme : découverte de brasseries urbaines, dont les randonnées nous ferons nous perdre à travers les rues de nos villes, mais aussi des promenades plus natures. Elles sont classées par difficulté de la balade familiale de quelques heures à la randonnée à la journée pour les marcheurs aguerris, mais avec toujours au bout du chemin la garanti d’un rafraîchissement local bien mérité.

10. Les 101 merveilles du monde, par Lonely Planet

Les 101 merveilles du monde par Lonely Planet

J’ai trouvé celui-ci à la bibliothèque aussi. Avec son grand format et ses 368 pages, c’est un livre à feuilleter pour rêver en attendant de pouvoir repartir en vadrouille. Epoque moderne oblige, les merveilles ne sont plus 7 mais 101 (comme les dalmatiens ;)), mais quel plaisir de tourner les pages de ce livre dont les photos sont absolument sublimes. Les sites sont classés par continent et l’on retrouve de façon très succincte des informations relatives à l’hébergement ou des idées de parcours. L’occasion de (re)découvrir des merveilles naturelles ou architecturales et de trouver des idées qui sait pour planifier ton prochain voyage.

Si on voyageait en jouant ? Plus de 30 jeux autour du voyage.

Cher Père Noël, cette année, comme on a été bien sage et que l’on ne peut pas voyager, j’ai bien envie de te proposer dans cette nouvelle série d’articles pour le mois décembre quelques idées à te proposer pour continuer l’aventure depuis la maison et sous différentes formes.

Depuis le début du blog, je t’ai beaucoup parlé lecture, mais dans la famille, on ne dit jamais non à une soirée-jeux. Aujourd’hui, place donc au jeu !!! Et pour sortir des traditionnels Monopoly City Editions. Et comme j’avais très envie d’en parler tout en soutenant les petits commerçants et les indépendants, j’ai invité ma grande copine Agnès, animatrice pour Oika Oika en Isère.

« Oika Oika, comme la chanson de Shakira ? »

Oui, j’avoue. J’ai un peu, beaucoup, fait ma lourde quand elle m’a dit là où elle travaillait. Ça arrive rarement souvent, tu commences à me connaître… Mais qui aime bien châtie bien. Alors elle m’a tout expliqué, et je dois dire que j’aime beaucoup le concept. Mais peut-être en as-tu déjà entendu parlé si tu es un fidèle des émissions économique du dimanche soir sur M6…

{Jingle Capital, voix off de Julien Courbet} Oika Oika est une société de vente à domicile spécialisée dans le jeu. Jeu de société, jeu de création, jeu de manipulation pour les tout-petits, jeu de plein-air, le catalogue de Oika fluctue de saison en saison. Le principe est le même que pour les boîtes en plastique dont le nom commence par un T.

Comment ça marche ? Dans une vie idéale post-covid, vous préparez un bon goûter. Vous organisez une réunion chez vous avec des amis, vous invitez Agnès ou l’une de ses collègues près de chez vous qui arrive avec son coffre plein d’une sélection de ses chouchous et vous les testez le temps d’une après-midi ludique avant de décider ceux qui rejoindront votre collection. En tant qu’hôte ou hôtesse, vous cumulez des points qui vous permettront de choisir des cadeaux. Bref c’est une chouette manière de faire fonctionner l’économie locale et de favoriser le développement de petits éditeurs de jeux.

{retour plateau} Et maintenant place à Agnès, qui spécialement pour le blog My Wanderlust Family a préparé une série de sélections thématiques spéciales voyage…

{On me dit dans l’oreillette, qu’on n’est pas sur à la télé, mince…}

Voyage dans l’imaginaire

Sélection voyage et imaginaire

Pour commencer, Agnès nous propose un voyage dans l’imaginaire.

Dans la Wanderlust Family, on est déjà conquis par quelques uns des jeux de cette sélection.

En grands fans de Disney, comme tu as pu le voir ici, ou encore là-bas, on ne pouvait pas passer à côté de soirées jeux autour des Villainous, à défaut de pouvoir aller les rencontrer chez la souris à grandes oreilles. Nous avons déjà testé la boite de base, de ce jeu sorti l’année dernière chez Ravensburger, et avons hâte de découvrir les nouvelles missions que vont nous proposer Hadès, le Docteur Facilier et la Méchante Reine dans cette édition violette.

Comme tu le sais, on aime aussi beaucoup les histoires, la magie des images et des mots. Dans ce registre là, Dixit, avec ses cartes illustrées avec force magie, est un véritable voyage dans l’imaginaire des contes et des histoires.

Toujours dans ce registre, avec Imagidés, c’est à vous de raconter une histoire. Mais attention, ce sont les dés qui vous guident, et ça peut très vite partir dans tous les sens, mais c’est tellement drôle… L’avantage de ce jeu, c’est que l’on peut choisir la longueur de la partie en utilisant plus ou moins de dés selon l’âge des participants, de jouer à l’oral ou à l’écrit afin de faire participer toute la famille.

On aime aussi beaucoup MimToo, que l’on a testé dans sa version Disney. C’est particulièrement drôle. Un jeu sympa à sortir après les repas pour les fêtes.

Des jeux à glisser dans sa valise pour s’amuser en famille

Les jeux font partie de notre kit de survie pour voyager sereinement. Je t’avais parlé de quelques uns de ceux que l’on glisse dans les sacs à dos des Schtroumpfs.

Ici Agnès nous en propose quelques uns…

Des jeux pour petits et grands à glisser dans la valise.

Nous on est fan de Bananagrams, sous toutes ses formes, banane verte pour les petits, banane jaune pour les grands. Bien plus fun, dynamique et portatif que le Scrabble…

En voiture Simone…

On a tous pendant notre enfance passé des heures à jouer au 1000 bornes et envoyé des tas de crasses au voisins pour le laisser sur le bord de la route.

Dans sa sélection transport, Agnès nous emmène, en bateau, en avion, en train et en tapis volant. Il ne vous reste plus qu’à choisir votre moyen de transport. À moins que vous ne préfériez vous la jouer Phileas Fogg et sauter de l’un à l’autre…

Sélection Transports

De cette sélection, nous n’avons testé que Les aventuriers du rail, qui se décline en multiples versions pour nous faire voyager partout en Europe et dans le monde. Si les parties sont plutôt longues, il en existe une version Express et une version Junior pour les plus petits. Le principe, construire la voie qui reliera les deux villes qui figurent sur votre carte mission. Un excellent moyen de découvrir la géographie en s’amusant (Maîtresse sors de ce corps…).

Envie de balader en Asie ?

Voici trois petits jeux, pour aller du Japon à la Chine. Nous n’en avons testé aucun de ces trois, mais, nous aimons beaucoup Ninja Academy, sorti chez Iello. Un tout petit jeu d’ambiance ou toute la famille peut se défier autour d’épreuves d’adresse, d’agilité et de concentration.

Observer, découvrir, rencontrer

Dans cette dernière sélection pour les plus petits, Agnès, nous propose de partir à la rencontre de la nature pour apprendre en jouant.

Le dernier et non des moindres : Kosmopolit

Ce jeu là, avant même de sortir était une aventure. Le principe, créer un outil de médiation scientifique (arrête de dire des gros mots…) autour des langues du monde par le biais du jeu. Il a donc été conçu par un éditeur lyonnais, les jeux Opla, en collaboration avec les chercheurs du Laboratoire Dynamique du Langage. L’idée, travailler dans le restaurant le plus cosmopolite du monde et accueillir les commandes des clients dans leur langue maternelle. Pour créer le matériel et les supports, les concepteurs du jeu ont enregistré des locuteurs natifs partout dans le monde afin de familiariser les joueurs à la diversité des langues sur les 5 continents, mais aussi en France avec les langues régionales.

On voit là, qu’Agnès me connaît bien, et qu’elle a su taper dans le mille. Avec mes études de linguistique générale, c’est exactement le genre de jeu que je sens que je vais adorer… C’est plutôt une façon sympa de s’entrainer à passer commander en finnois, en neguidale ou en letton pour ton prochain voyage, non, qu’en penses-tu ?

Il ne me reste plus qu’à remercier Agnès d’avoir bien voulu nous accorder un peu de temps pour nous présenter ses chouchous et réaliser ces jolis visuels. Si certains jeux vous intéressent, n’hésitez pas à aller faire un tour sur sa boutique en ligne et faire sa connaissance. J’espère vous avoir donné quelques idées pour voyager de façon ludique ou de jouer en voyageant et qui sait, peut être d’en retrouver quelques uns sous votre sapin ?

N’hésitez pas à nous partager en commentaire vos jeux préférés sur ce thème.

Prenez soin de vous.

À bientôt 😉

Tag voyage et lecture

Et coucou ! en parcourant le lecteur wordpress dimanche matin, je suis tombée sur un tag qui avait tout pour me plaire sur le blog de Lucie Nema. Après un Tag sur le voyage et nous, un autre sur nos envies de voyages, un tag mélant lecture et voyage était le bienvenu. Dans le sien, Lucie Néma y propose 3 menus : un menu globetrotteur, un menu aventurier et un menu routard.

Les globetrotteurs et globetrotteuses

Avez-vous dans votre bibliothèque… un livre pour chaque continent (se passant sur le continent ou bien écrit par un(e) auteur(e) originaire de ce continent) ?

Photo de Artem Beliaikin sur Pexels.com
Amérique du Nord :

Plusieurs choix s’offrent à moi dans cette catégorie, mais si je devais n’en sélectionner qu’un, ce serait sûrement L’arbre monde de Richard Powers. Un voyage à travers les Etats-Unis pour sauver des arbres centenaires menacés. L

Amérique du Sud :

L’Amérique du Sud est un continent qui m’attire irrémédiablement, aussi ma bibliothèque est pleine de livres autour ce continent. Lucie propose un bouquin du Che. Moi, j’ai bien envie de laisser la parole à Zoé Valdes et à son Café Nostalgia qui évoque le destin des émigrés cubains et leur rapport à la terre qu’ils ont quitté.

Antarctique :

Moi aussi je sèche de ce point de vue là… L’Antartique…c’est tellement loin et tellement froid. Babelio sera sûrement mon ami pour trouver un livre sur ce continent, peut-être Traversée de Nikki Gemmell.

Europe :

C’est le gros de ma bibliothèque. Alors choisir l’auteur qui ira bien, vaste programme. J’ai bien envie de proposer La mécanique du coeur de Mathias Malzieu. Se balader dans un univers Steampunk, imaginaire, d’Edimbourg à Séville en passant par Paris accompagnés de la douce voix d’Olivia Ruiz, des guitares électriques de Dyonisos et du timbre grave de Grand Corps Malade…

Asie :

Je lis relativement peu d’auteurs asiatiques ou d’histoires qui se passent en Asie, mais récemment, je suis tombée sur NetGalley sur Dérive des âmes et des continents de Shubhangi Swarup. Un voyage onirique des îles de l’océan Indien aux pieds de l’Himalaya à travers l’histoire de la fin du XXè siècle.

Océanie :

Question livre pour adultes, je sèche un peu mais j’en ai un pour enfants qui me fait toujours beaucoup rire, Je mange, je dors, je me gratte, je suis un wombat de Jackie French et Bruce Whatley. Le wombat est un petit marsupial trop trop mignon et celui passe son temps entre à se goinfrer, dormir et recommencer. Il est plein d’humour et il marche à tous les coups.

Afrique :

Pour le continent africain, je peine un peu plus, mais il y en a un, que j’ai beaucoup aimé, il y a très très longtemps. Quand rugit la lionne de Carlos Puerto. C’est un livre que j’ai lu quand j’étais ado. Il racontait l’histoire d’une jeune fille qui partait rejoindre son père, vétérinaire il me semble, dans la réserve de Massai Mara, au Kenya. Elle y connait ses premiers émois et éprouve une véritable fascination pour les lionnes qu’elle se plait à observer à la nuit tombée. Il m’a donné furieusement envie de visiter le Kenya un jour…

Pour conclure :

Je me suis déjà fait la remarque il y a quelques temps avec le Challenge Booktrip en Europe des Voyages de K. Il y a certaines destinations sur lesquelles je sèche, dans le monde comme en Europe. Alors même avec un total de 6/7, j’ai encore pas mal de boulot pour devenir une vraie globetrotteuse littéraire…

Les aventuriers

Photo de Mike Andrei sur Pexels.com

Ce sont des personnages que j’admire pour leur audace, leur courage, mais j’avoue en avoir assez peu dans ma bibliothèque.

Avez-vous dans votre bibliothèque… un livre sur un ou une voyageuse/voyageur solitaire ?

Ouiiiiii ! J’en ai quelques uns… Mon préféré c’est certainement Into the wild, de John Krakauer. Le style est parfois un peu difficile à suivre mais l’aventure de Christopher McCandless est vraiment incroyable… J’ai d’ailleurs très envie de lire le bouquin de sa soeur qui donne sa version de l’aventure.

Avez-vous dans votre bibliothèque… un livre sur un ou une pionnière ?

Je sèche un peu pour le coup… Mais depuis quelques temps, j’ai très envie de replonger dans l’univers de Jack London.

Avez-vous dans votre bibliothèque… un livre sur la conquête spatiale ou la création de l’univers ?

 Je ne suis pas très Buzz l’éclair… « Vers l’Infini et au-delà » est plus le crédo des garçons mais j’ai repéré sur la blogosphère, Combien de pas jusqu’à la lune de Carole Trébor. Il me tente pas mal… À moins que l’on opte en famille pour Dans la combi de Thomas Pesquet

Pour conclure :

Avec un score de 1/3, je ne suis clairement pas une aventurière, même dans ma bibliothèque…

Les routards

Photo de Sebastian Palomino sur Pexels.com

Lucie partage cette citation de Stevenson… Je la lui pique parce que je l’aime énormément…

« L’important, ce n’est pas la destination, mais le voyage en lui-même »

Robert Louis Stevenson

Pour cette dernière rubrique, je vous propose de vous consacrer aux moyens de transport.

Avez-vous dans votre bibliothèque… un livre sur des voyages :

 En train :

Allez, je le tire un peu par les cheveux mais, oui dans notre bibliothèque on a même toute une série de livres où les héros voyagent en train. Si je te dis Poudlard Express, ça te parle ? Je ne pouvais pas ne pas parler d’Harry Potter pour le voyage en train, d’autant que prendre le Jacobite Steam Train sur le viaduc de Glenfinnan fait partie des expériences de voyages de notre tiroir à voyages.

En voiture :

En voiture Simone… J’ai pas mal de road-books dans ma bibliothèque. Un camping car ou un combi suffisent souvent à me faire acheter un bouquin avant d’en lire le résumé. Le choix est donc un peu difficile dans cette catégorie car j’en ai plusieurs que j’aime beaucoup. Alors de Virginie Grimaldi, à Ivan Jablonka en passant par Ivan Calberac, en route pour des voyages en van qui décoiffent, qui émeuvent ou qui font rire mais qui ne laissent jamais indifférents.

À vélo ou en moto :

Sans hésiter une seule seconde Carnets de voyages d’Ernesto Guevara. À bord de la Poderosa j’ai tellement aimé traverser l’Argentine, la Bolivie et découvrir les combats du jeune Che.

À pied :

J’ai lu pas mal de bouquins sur le voyage à pieds. En début de cette partie sur les routards, on parlait de Stevenson. Je vais donc lui faire honneur. J’ai lu cet été Voyage avec un âne dans les Cévennes. C’était un beau voyage, du Monastier en Gazeille jusqu’à Saint Jean du Gard entre le jeune Stevenson et son ânesse Modestine.

En bateau :

Je n’ai pas vraiment le pied marin, mais nous avons dans notre bibliothèques quelques livres de pirates. Mais je me voyais plutôt parler d’autre types de voyages et je pensais pour cela à Novecento : Pianiste, d’Alessandro Baricco.

En avion :

J’ai beaucoup aimé La théorie des poignées de mains de Fabienne Betting dans lequel le héros se lance dans un tour du monde en quatre-vingt jours des temps modernes pour honorer un pari fait avec un professeur universitaire lors d’un congrès scientifique. Pour cela, il saute d’avion en avion pour mener à bien ses recherches et prouver que chacun de nous n’est séparé du reste du monde que par six poignées de mains.

Pour conclure :

Je termine cette catégorie avec un score de 5/6. Je te concède, Harry Potter est un peu éloigné du sujet, et je le remplacerai volontiers par Blaise Cendrars et sa prose du Transibérien ou Le crime de l’Orient d’Express d’Agatha Christie.

Conclusion

Je termine ce tag avec un score de 12 / 16 et quelques idées de lectures pour les semaines de confinement à venir. Et vous quel est vôtre profil de lecteur / voyageur ou de voyageur / lecteur ? Plutôt aventurier, routard ou globetrotteur?

En attendant de découvrir vos tags, je vous souhaite de beaux voyages littéraires.

À bientôt 😉

Ce matin-là, mon voyage a commencé – Barroux

Une très belle ode au voyage pour les enfants

Il était une rencontre

Sorti au mois de septembre, j’ai découvert ce très bel album signé Barroux, dans le cadre du Prix du Livre de Jeunesse de la ville de Marseille. Je l’avais repéré sur le net dans le cadre d’un premier repérage avant de me rendre à la librairie pour faire ma sélection définitive. Il m’avait tapé dans l’oeil et les libraires ont fini de me le vendre…

Résumé

C’est l’histoire d’un départ, d’un voyage, et d’un retour. Un matin, notre héros remplit un grand sac à dos : un couteau multifonction, une boîte d’allumettes, une trousse à pharmacie… Puis, il part droit devant lui. Sur son chemin, il fait des rencontres : chacune d’entre elles lui donne l’occasion de se délester d’un ou plusieurs objets, plus encombrants que nécessaires. Un jour, il est temps pour lui de rentrer, entièrement allégé. Une fois chez lui, il échange avec ses voisins souvenirs et graines, qu’ils plantent de concert, de sorte que très vite, la ville est embellie par la végétation…

Résumé de l’éditeur

Notre avis

Avec ses couleurs automnales, ses illustrations douces, et son titre qui invite à boucler son sac à dos, voilà un album dont la lecture se présageait sous les meilleurs auspices.

Cette impression générale a été très vite confirmée. Dès l’exergue, qui reprend des mots de Lamartine, Barroux pousse les petitous à s’interroger sur le sens du voyage.

On découvre donc un petit bonhomme, qui, lassé de son existence monotone en ville, décide de partir découvrir le monde à pieds. On le voit donc boucler son sac à dos. Il va sans dire que ce petit bonhomme est un backpacker débutant et très prévoyant. Le minimalisme n’est pas forcément son état d’esprit de départ. Ce joli effet d’accumulation, m’a rappelé J’ai mis dans ma valise de Soledad Bravi, un autre album que j’aime beaucoup, pour des tout-petits. Le voilà enfin paré, pour partir à l’aventure. Avec son sac plus gros que lui, il prend donc la route. Le vent le prive tout d’abord de sa carte routière, le poussant à sortir des sentiers battus et d’aller à la rencontre des gens. Il tombe en fascination devant les spectacles de la nature qu’il tente de photographier, mais en perd son appareil.

Au gré de ses étapes, il abandonne, à chaque fois un peu de son paquetage et de sa vie d’avant, de ses certitudes. On sent au fil des pages son sac à dos qui s’allège en même temps que son esprit. Le petit bonhomme qui croulait sous son sac semble grandi. Riche de ses expériences, il décide donc de rentrer chez lui et de retrouver la vie qu’il avait quitté. Une vie qui est maintenant peut être un peu grande et froide dans cette ville qui file trop vite. Il troque donc sa voiture contre un vélo et partage ses souvenirs de voyage avec son entourage, semant autour de lui les graines recueillies au cours de son aventure.

La vie et la ville ne seront plus les mêmes. Elles se sont enrichies de jolies plantes qui rendent le quotidien plus doux.

On trouve énormément d’albums sur le voyage mais rares sont ceux qui sont aussi fins et bien construits que celui-ci. Les illustrations réalisées à l’encre sont très simples et servent à merveille le message de minimaliste et d’éthique que souhaite véhiculer Barroux.

En effet, l’album n’a pas laissé les garçons indifférents. Grandschtroumpf a trouvé les illustrations très douces et le livre a soulevé pas mal de questions. Minischtroumpf est resté plus perplexe quant à lui. L’abandon de petits bouts de soi dont on se détache sur la route pour voyager plus léger l’a un peu perturbé. Il s’est demandé si toutes les choses qu’il avait laissées n’allaient pas finir par lui manquer. L’occasion de reparler d’expériences de voyage où eux aussi ont choisi en chemin de se séparer d’objets qui ne leur servaient plus, de réfléchir à nos sacs à dos toujours 1000 fois trop lourds de choses que l’on emporte au cas où et des souvenirs que l’on ramène (photos, graines…), des rencontres qui nous ont fait grandir et des bouts d’ailleurs qui font partie de notre jardin secret ou partagé.

Et vous quel est l’album qui vous fait voyager en famille ?

Dérive des âmes et des continents – Shubhangi Swarup

Après ma première chronique sur NetGalley, j’ai eu le grand plaisir que les éditions Métailié me fassent confiance pour chroniquer ce livre qui m’a tout de suite attirée avec sa couverture toute en douceur et en poésie.

Il était une rencontre

Dans la sélection de mes livres sur NetGalley, j’essaie toujours de suivre la ligne de notre blog et de solliciter les éditeurs autour de romans qui abordent la question du voyage ou du dépaysement. Après la couverture, le résumé de ce roman pour le moins atypique a fini de me convaincre.

L’histoire

Difficile de résumer ce roman qui m’a complètement transportée, je te laisse donc avec sa quatrième de couverture :

Magistral premier roman indien où le paysage, la terre, la mer, les montagnes et les personnages principaux (deux jeunes mariés, un yéti mélancolique, un géologue, une tortue…) semblent inventer un genre en soi : la fiction de la nature.

Un roman tellurique, où les histoires semblent surgir organiquement le long d’une ligne de faille qui fait trembler la terre et tout ce qu’elle contient de l’océan Indien à l’Himalaya. Peut-être le premier roman où la nature s’exprime directement.

Deux jeunes mariés s’installent dans une ancienne demeure coloniale, sur les îles Andaman, et tentent de s’apprivoiser. Ils savent qu’ils se sont déjà aimés dans d’autres vies. Girija Prasad est un scientifique fasciné par les volcans lilliputiens et les phénomènes naturels de l’archipel. Chanda Devi est un peu sorcière ; elle sait amadouer les éléphants en colère, prévoir les tremblements de terre et parler aux fantômes qui peuplent les îles (soldats japonais, lord anglais, mangeurs d’escargots, une chèvre bêlante).

Plusieurs personnages plus loin (un jeune révolutionnaire, un trafiquant désabusé, un yéti mélancolique, une tortue, une strip-teaseuse…), on retrouve leur descendant le long de la ligne de faille sismique : un géologue chargé de s’assurer que le prochain sommet himalayen, prévu pour être plus haut que l’Everest, surgira bien dans le cadre des frontières de l’Inde, pour encourager le tourisme.

Premier roman au souffle incroyable, Dérive des âmes et des continents surprend par sa puissance narrative, à la hauteur des tsunamis qu’il contient.

Mon avis

Quand j’ai choisi ce livre, j’étais loin de m’imaginer être à ce point transportée. Je lis rarement de littérature asiatique et je pense après cette expérience que c’est une chose à laquelle je vais essayer de remédier rapidement.

Dérive des âmes et des continents est un livre qui, comme un tsunami, vous attrape et vous transporte vers de lointaines contrées des îles d’Andaman, à la Birmanie, en passant par le Népal et les contreforts de l’Himalaya. Il nous propose un voyage dans le temps, et dans l’histoire géologique mais aussi contemporaine de cette région du monde. Entre conflits mondiaux, guerres d’indépendance, installation des dictatures, les destins d’inconnus se lient et se délient, représentant un fil rouge entre les différentes parties du roman.

Le style de Shubhangi Swarup est lyrique et empreint de poésie et on retrouve bien à travers sa façon de décrire le monde, les philosophies indiennes, selon lesquelles, en chaque être vivant se cache une âme. La galerie de portraits qu’elle nous propose est particulièrement attachante.

D’un scientifique obnubilé par les îles et la techtonique des plaques à un autre chargé d’observer le désert de glace de glace de l’Himalaya que plusieurs générations séparent, on se plait à se perdre en forêt avec une femme qui comprend les plantes, entend les fantômes de l’île et à des intuitions sur le futur, à espérer avec une mère la libération de son fils, à écouter les récits des marchands et contrebandiers qui voyagent de la Birmanie au Pakistan, à écouter les histoires de déesses fleuves et de créatures fantastiques racontées par des anciens. On tremble aussi parfois, face à la cruauté de l’homme…

J’ai beaucoup aimé ce livre car sous son attrait poétique et onirique, qui ravira les amateurs de belles plumes, il est aussi très documenté scientifiquement sur les questions géologiques. J’ai été un peu en retard sur la publication de cette chronique car je me suis laissée déborder par la rentrée au boulot mais il fait partie des livres que je recommanderais volontiers. En effet, à chaque fois que j’ai allumé mon ordinateur pour retrouver cette lecture, je n’avais qu’une envie, terminer la partie pour savoir quel serait le personnage qui nous emmènerait visiter la prochaine curiosité géologique, quel pan de l’histoire nous allions recomposer avant de boucler la boucle.

Et vous ? Vous l’avez lu ? Il vous tente ?

À bientôt 😉

Le pèlerin désorienté qui cherchait Kyoto à Compostelle, Gideon Lewis Kraus

Il était une rencontre

Partir à Compostelle n’était pas du tout dans mes projets de lectures en ce beau mois d’août. J’avais une pile à lire digne du Mont Everest, mais celui-ci m’a clairement fait de l’oeil, au détour d’une colonne dans ma bibliothèque préférée. On venait de terminer notre périple à pieds le long du canal du midi et on devait partir une semaine aux alentours du Puy en Velay, point de départ de la Via Podensis. Avec son titre à la Romain Puertolas, je m’attendais à trouver un livre tordant qui serait un compagnon de voyage fort agréable pour notre road trip.

L’histoire

Tiens ton slip cher lecteur, la quatrième de couverture vend du rêve. Voilà donc l’histoire vraie de Gideon, notre auteur, en pleine recherche de soi. Las d’une vie bien rangée à San Francisco, il s’envole à l’aube de la trentaine passer une vie de bohème à Berlin. Au bout de plusieurs mois à errer de soirée arties en bar underground, il ne sait plus très bien où il en est. Aussi lorsqu’une nuit, un ami lui propose de prendre part avec lui au pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, il accepte… Sauf qu’au petit matin, il a tout oublié de sa promesse, et doit donc abandonner sa vie de Patachon berlinois pour un mois de marche à travers les Pyrénées.

Mais Gideon n’est pas un pèlerin comme les autres, de confession juive, il aborde ce pèlerinage en terres catholiques comme un voyage au bout de soi et une aventure amicale, plus que comme un voyage vers Dieu. Au gré de ses rencontres, on en apprend plus sur sa famille pour le moins atypique et ses motivations, qui vont le pousser à aller toujours plus loin et toujours plus haut comme le disent les pèlerins sur le chemin des étoiles et à découvrir d’autres chemins de pèlerinages, de nouvelles traditions et à s’interroger sur les motivations qui nous poussent à nous mettre en chemin.

Mon avis

Il était devenu l’indélogeable de mes « C’est lundi que lisez-vous ? » de ces dernières semaines. Avec ses 431 pages, ce beau bébé des éditions Marabout sorti en 2015, m’a accompagnée depuis notre retour de vacances et m’a fait voyager aux quatre coins du globe.

Comme je te le disais en introduction, je m’attendais à un livre dans l’esprit de L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea ou de Touriste, de Julien Blanc-Gras. Un roman déjanté, et drôle. J’ai été très surprise de découvrir au fil des pages, un vrai livre de fond, un récit autobiographique, documenté et réfléchi, sur le sens du pèlerinage dans différentes cultures.

On y découvre dans un premier temps, la vie de l’auteur à Berlin. On partage avec lui Le Chemin de Compostelle avant de repartir pour Shikoku et le pèlerinage des 88 temples via Berlin et Shangai, puis de retrouver les siens à San Francisco avant de partir pour un dernier pèlerinage familial à Ouman, en Ukraine.

Après 70 pages de présentation et d’introduction, j’ai donc pris le Chemin tant attendu de Compostelle avec Tom et Gideon depuis Saint Jean Pied de Port, jusqu’à Finisterre. Tout au long de ce chemin, on voit leur amitié évoluer. Ils ont choisi de faire ce voyage à deux et malgré les divergences de points de vue sur le sens de ce pèlerinage, sur le parcours, les ampoules, les douleurs, les sacs trop lourds, ils sont prêts à aller jusqu’au bout.

Au fil des kilomètres, des comptes rendus qu’il envoie à sa famille et de ses méditations, on en apprend plus sur les motivations qui conduisent Gideon à marcher et sur les relations qui le lient à sa famille et surtout à son père, qui après avoir été un rabbin reconnu par sa communauté a décidé de vivre au grand jour son homosexualité. On voit aussi se créer de nouvelles amitiés entre le binôme Gideon-Tom et d’autres pèlerins rencontrés dans les auberges et sur le bord du chemin. On partage avec eux les levers aux aurores pour marcher à la fraîche, les courbatures, la fatigue, la déception de voir certains compagnons terminer le voyage plus tôt que prévu. Je t’avoue avoir eu l’oeil humide avec eux, quand, l’arrivée approchant, la fine équipe prenait conscience avec joie qu’elle touchait enfin au but attendu mais avec tristesse qu’elle allait bientôt devoir se séparer. Pour moi l’histoire aurait pu s’arrêter là, sauf qu’elle continue sur 250 pages environ après…

Si j’ai dévoré la partie Compostelle, pour le reste, cela a été plus compliqué. Gideon, une fois rentré à Berlin, se retrouve dans la posture que tout voyageur connait bien à savoir celle où il faut redescendre de son nuage et reprendre une vie normale. Cette transition est pour lui assez difficile et comme beaucoup d’entre nous, il n’a qu’une seule envie, boucler à nouveau son sac à dos et repartir, en direction du Japon cette fois-ci pour devenir un O-henro-san, et parcourir le Chemin des 88 temples de Shikoku dont lui ont parlé certains compagnons de voyage en Espagne.

Après une visite à son frère Micah, à Shangaï, le voilà donc à nouveau en chemin. Ce pèlerinage, méconnu des occidentaux, est particulièrement prisé au Japon. Il diffère cependant fondamentalement de celui de Compostelle par sa structure, circulaire et non linéaire, sa philosophie et ses paysages. Le long de ce sentier, Gideon dont il partage quelques étapes du début avec son grand père, nous livre une réflexion plus personnelle sur son existence. En proie à la solitude, c’est pour lui l’occasion de réfléchir aux liens qui le lient à son père, aux raisons qui font qu’il lui en veut autant, et à ce qui pourrait finalement les rapprocher. Tout au long des pages de cette partie, on sent Gideon nostalgique de l’Espagne et je ne te cache pas que moi aussi, la fraîcheur des premiers chapitres n’est plus là et j’ai parfois eu l’impression de mettre le nez dans des affaires de famille qui ne me regardaient pas.

Après avoir bouclé la boucle japonaise, Gideon, se sent enfin près à avoir une discussion avec son père. Pour que cette dernière ait lieu, il l’embarque donc, ainsi que son frère en Ukraine, à Ouman, lors de la commémoration annuelle qui a lieu chaque année entre Roch Hachana et Yom Kippour. Ce pèlerinage, qui n’est ni linéaire, ni circulaire mais ponctuel est l’occasion pour les trois hommes de se parler, vraiment, de faire le lien entre passé et avenir.

Voilà donc un livre qui cache bien son jeu, et qui vous surprend là où vous ne l’attendiez pas. Une lecture franchement dépaysante, parfois drôle, parfois émouvante, sans être larmoyante. J’ai trouvé quelques longueurs sur la partie japonaise et j’avais vraiment hâte de toucher au but mais l’esprit de famille et l’aventure ukrainienne de la fin m’ont fait passer une belle fin d’été. Je vous le conseille donc vivement si le Chemin de Compostelle vous attire. Je l’ai trouvé beaucoup plus intéressant en terme de description de l’expérience et en terme de vécu que Le pèlerin de Compostelle de Coelho que j’ai fini par dépit mais qui m’a semblé tellement éloigné de la réalité de ce qu’est un pèlerinage. Le parti pris de continuer le récit au-delà de l’arrivée à la Cathédrale de Santiago, là où normalement les autres ouvrages s’arrêtent était osé, mais c’est finalement un pari réussi. Gideon Lewis-Kraus, nous livre une belle réflexion sur le voyage, le pèlerinage et le rôle que ces derniers peuvent avoir dans nos évolutions personnelles.

Et vous, vous le connaissiez ? Il vous tente ?

À bientôt 😉 …

La théorie des poignées de mains – Fabienne Betting

Avec cet article s’ouvre une nouvelle catégorie du blog, Collaborations et partenariats. Je tenais donc avant toutes choses à remercier les éditions les Escales de m’avoir fait confiance pour chroniquer ce roman dans le cadre de mon inscription sur NetGalley.

Il était une rencontre

Si tu suis nos aventures, tu sais que j’adore lire et voyager. Si j’ai la possibilité de lier l’un à l’autre, je signe tout de suite. Je n’avais pas encore entendu parler de ce roman, sorti au mois de mai dernier. Cependant, je n’ai pu résister devant cette jolie couverture remplie de visas et ce résumé qui promettait de m’emmener au quatre coins du monde. J’ai sauté le pas et cédé à une rencontre livresque sur internet et délaissé pour une fois mon bien aimé livre papier.

L’histoire

Jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour valider une théorie ? Voilà la question à laquelle Antoine Cavallero, doctorant en mathématiques étudiant la théorie des six degrés de séparation, se retrouve contraint de répondre suite à son intervention au congrès scientifique de Corfou. Mis au défi par un professeur aussi peu sympathique que reconnu de prouver les premiers résultats de sa recherche. Le voilà obligé d’enquêter sur un illustre inconnu dont il ne dispose que du nom, de la date et du lieu de naissance et découvrir quels sont les six degrés de séparation qui les séparent. Pour cela, il ne dispose que de trois mois pour mener à bien cette mission et présenter des résultats concrets devant la communauté scientifique lors d’un congrès organisé par la Société des Sciences des Réseaux. Pour relever le défi, Facebook, Twitter et consorts lui seront interdits, les relations virtuelles ne seront pas admises. Il va devoir se confronter au monde et à la vraie vie. Mission impossible ?

Mon avis

« Le monde est petit ! »

Non ! Ce ne sont pas les paroles de la merveilleuse chanson qui entre dans ta tête à chaque fois que tu vas chez la souris à grandes oreilles et dont tu mets des jours à te débarrasser. Cette phrase, que j’ai encore prononcée pas plus tard que ce matin est le postulat de départ de ce roman inspiré de la théorie de la Chaîne de Frigyes Karinthy, à ce jour jamais prouvée scientifiquement.

On y suit donc les pérégrinations d’Antoine, héros malgré lui, joyeux mélange de Phileas Fogg et Sherlock Holmes des temps modernes, un poil Gaston Lagaffe à ses heures, sommé pour préserver sa crédibilité scientifique de relever une mission (presque) impossible… Je n’avais pas prévu de passer mon après-midi à lire mais je me suis bien vite retrouvée embarquée dans son aventure au point que je n’ai pu décrocher avant d’en connaître le fin mot. J’ai volontiers partagé ses rencontres, ses avancées, ses doutes, ses espoirs, ses remises en questions, ses déceptions jusqu’à la présentation finale. J’ai décollé et atterri autant de fois que lui. J’ai tellement voyagé en une après-midi que j’en ai presque le jetlag alors que je n’ai pas bougé de ma chaise longue.

Les personnages secondaires qui l’aident à reconstituer ce puzzle planétaire sont tout aussi attachants. On se découvre une tendresse particulière pour cet inconnu dont l’histoire se réécrit peu à peu sous nos yeux, celles qui l’ont recueilli et ses amis d’enfance perdus de vue. On en vient à détester cordialement le professeur Metelet – à l’origine du défi – et son côté Moriarty. Tout comme Pauline, mi Mademoiselle Jeanne mi Docteur Watson, on se plait à rechercher qui pourrait bien être à l’origine du bad buzz qui entoure son enquête et qui menace la crédibilité scientifique naissante d’Antoine. On n’a qu’une seule hâte qu’il soit bien vite lavé de tout soupçons.

Au fil des pages, l’aventure humaine et les petites histoires qui accompagnent la grande Histoire prennent le pas sur le pari scientifique, conduisant le jeune étudiant, qui jusque là, n’avait jamais quitté l’Europe, à voyager dans le temps et à faire des rencontres qui vont considérablement modifier son regard sur le monde qui l’entoure.

Le style est léger, rythmé, scientifique sans être trop technique. On tourne les pages aussi vite qu’Antoine saute d’avion en avion et sans que l’on s’en rende compte, c’est déjà terminé.

Fabienne Betting réussit donc le pari dans un roman de moins de 200 pages au sujet pour le moins original de nous faire voyager aux quatre coins du monde sur fond de guerre du Vietnam, de protestations pacifiques, de problématiques écologiques et d’enjeux scientifiques aussi actuels que les dynamiques de réseaux, la vitesse de propagation des informations, le big data et les fake news. Loin de s’en tenir au monde virtuel, il pose aussi la question cruciale des implications humaines de la théorie des six degrés si un jour elle venait à être prouvée scientifiquement.

Une découverte fort agréable qui me confirme qu’en ce moment, en matière de lectures, les rencontres fortuites sont les plus délicieuses.

J’espère que cette chronique t’a plu et qu’elle t’aura donné envie de découvrir à ton tour La théorie des poignées de mains.

À bientôt 😉

Tout le bleu du ciel – Mélissa Da Costa

Il était une rencontre

La première fois que j’ai croisé Tout le bleu du ciel, il était en tête de gondole d’une grande surface de produits culturels. Sa couverture, avec son joli combi vintage posé au milieu de l’herbe ne pouvait que me plaire… Mais, le résumé au dos ne m’inspirait guère. Pas envie pleurer, pas envie de me lancer dans la lecture d’un bouquin pour lequel j’allais, j’en étais sûre, passer une demi-boîte de mouchoirs… Avant même de l’ouvrir, il était déjà classé au côté de Nos étoiles contraires et autres classiques du genre… Dans la colonne des livres que je ne lirai jamais parce qu’ils risquent de me faire perdre toute dignité…

Et puis il y a eu Facebook, Insta et les groupes de lecteurs… En quelques mois, j’ai dû le voir au moins autant de fois que le livre a de pages. Les critiques étaient unanimes et encensaient à chaque fois ce joli roman : un chef d’œuvre, un bijou d’émotion… J’ai donc fini par le laisser tenter et je l’ai acheté avec la ferme intention de le garder pour une occasion particulière.

Impossible de lire ce livre enfermée entre quatre murs, ce bouquin, je le lirais en pleine nature. C’est donc le premier bouquin que j’ai embarqué dans mon sac à dos pour notre road trip en Aveyron et en Auvergne.

Résumé

Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.


Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.


Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Mon avis

Comme je te l’avais dit en début d’article j’avais fini par me laisser convaincre et j’attendais avec impatience de lire ce livre et j’avais tout fait pour que notre rencontre soit magique. Jolis paysages, état d’esprit détendu… Tout y était. Tout, sauf l’alchimie et pourtant, Mélissa Da Costa cite souvent ce roman de Paolo Coelho…

Pour cet avis, je vais donc faire le saumon et remonter a contre courant. L’histoire est certes très belle et les personnages attachants mais moi qui n’attendait à passer du rire aux larmes, rien. Et pourtant je suis une vraie madeleine.

J’ai très vite vu où l’autrice voulait en venir dans l’histoire de Tom et pour le dénouement. Bref, j’ai été déçue. L’histoire avait pourtant beaucoup de potentiel : une aventure humaine, des paysages magnifiques, des personnages attachants, des carnets de voyages et d’autres dont je ne parlerai pas ici pour ne pas t’enlever le plaisir de la découverte. Toutefois, j’ai été gênée par la narration à la troisième personne qui dépersonnalise l’histoire, par les généralités et par l’accumulation de sujets dont on parle beaucoup en ce moment, comme si les traiter étaient garant du succès littéraire.

Le livre fait plus de 800 pages, les chapitres sont assez longs et ponctués d’aller retours entre le présent d’Emile et Joanne et les souvenirs de chacun d’entre eux. Certains d’entre eux, sont certes nécessaires pour comprendre les personnages, mais d’autres sont tellement longs qu’ils en arrivent à nous couper du fil de l’histoire et du présent, pourtant si précieux, des deux protagonistes, surtout dans la deuxième partie du livre. Ce qui est dommage pour une histoire qui prône l’ancrage dans le présent à longueur de pages.

Au final ce n’est donc pas le coup de cœur escompté même si la lecture était plutôt agréable pour les vacances. Un peu comme ce chocolat ou ce bon vin que tu gardes pour des retrouvailles avec des amis ou une occasion particulière et qui s’avère à la dégustation beaucoup moins exceptionnel que l’idée que tu t’en étais faite.

Et toi ? Tu l’as lu ? Qu’en as-tu pensé ? As-tu déjà été déçu par un livre que tout le monde avait adoré ?

À bientôt 😉