Et si on visitait Londres façon fan tour ?

Il y a quelques années, la chaîne de télévision Voyage, avait proposé une super série de documentaires, Le fan tour de Guillaume. Game of Thrones, Elvis, Agatha Christie ou Léonard de Vinci, chaque semaine ledit Guillaume nous avait fait voyager à travers un univers en se mettant dans la peau des fans qui voyageaient sur les traces de leurs idoles. Le ton était bien entendu délicieusement décalé…

Londres en ce sens est un super terrain de jeu pour des visites thématiques. Toute la famille peut en effet y trouver son compte… Lors de notre visite de 5 jours dans la capitale anglaise, nous avons eu l’occasion de tester quelques itinéraires de fan. Alors viens, on t’embarque à dans la capitale anglaise sur les traces de nos héros préférés…

Visiter Londres sur les traces d’Harry Potter

Bien sûr, avec des enfants, l’un des premiers héros auquel on pense c’est notre jeune ami sorcier. Aussi, lorsque nous avons visité Londres, nous avons consacré un long moment à la découverte des lieux de tournage des films. LeadenHall Market, Westminster, le Millenium Bridge, et bien sûr, les Studios Warner Bros dont je t’avais déjà parlé dans un café des voyageurs.

Les copines de Wikidstravel ont fait un travail formidable récemment pour répertorier tous les lieux de tournage londoniens et les expériences à ne pas manquer si avec tu es passionné par l’univers de J.K Rowling. Monuments, brunch, hôtel, adresses shopping, escape games, elles ont préparé un programme de visite aux petits oignons. Alors, nous, ça ne nous donne qu’une envie. Enfiler nos capes de sorciers et reprendre l’Eurostar pour nous replonger dans les aventures de notre petit sorcier préféré.

Paddington

Né sous la plume de Michael Bond en 1958, ce petit ours venu du Pérou et accueilli par la famille Brown a accompagné des générations d’enfants. D’abord à travers les livres, puis les dessins animés pour finir avec la sortie des films de Paul King en 2014 et 2017. Lors de notre voyage à Londres, mini schtroumpf était encore tout petit et il a donc été très content de retrouver les décors des aventures du petit ours. Nous avons donc :

  • Salué Paddington chez Hamley’s. Bien entendu, le magasin de jouets le plus vieux de Londres a tout un rayon consacré à l’Ours le plus gourmand de la ville. (Il a aussi rencontré pour l’occasion la mascotte de ma classe, que sortait telle Armelle avec son nain de jardin dans Amélie Poulain…)
  • Parcouru le Natural History Museum, que l’on voit dans le premier film sous des angles assez glaçants avec une Nicole Kidman, qui est très loin d’être avenante, en vérité c’est un musée formidable pour toute la famille, nous y avons passé presque 5 heures sans nous en rendre compte. En plus, il organise de temps à autre des nuits au musée. Si tu veux en savoir davantage tu peux aller consulter leur site.
  • Retrouvé la merveilleuse boutique de Mr Gruber. Dans la vraie vie, Gruber’s s’appelle en réalité Alice’s et on peut la retrouver sur Portobello Road. C’est une véritable caverne aux merveilles, où si tu aimes chiner, tu trouveras sûrement quelque chose à ton goût.
  • Fait un saut à la gare de Paddington bien entendu, où l’ours rencontre Mme Brown pour la première fois pour y voir la statue de l’ours
  • Admiré Tower Bridge sur lequel s’ouvre le merveilleux livre Pop Up du deuxième film.
  • Passé une soirée au Winterwonderland, ce parc d’attraction qui se monte chaque année de novembre à début janvier dans Hyde Park et qui ressemble beaucoup à la fête foraine présentée par Hugh Grant dans le deuxième opus de Paul King.
  • Et au p’tit déj, nous n’avons pas oublié le sandwich à la marmelade d’oranges amères

Peter Pan

Non, non, non, nous ne partirons pas pour les Pays Imaginaire. Je suis désolée de faire ma Mr. Darling, mais il y a bien assez de références à Peter Pan dans Londres sans que l’on s’aventure après la deuxième étoile à droite. Les schtroumpfs ont très longtemps eu leur phase Peter Pan. Nous en étions arrivés à connaître le dessin animé par coeur. Pour ma part, j’ai beaucoup d’affection pour ce livre et cet auteur qui est beaucoup plus complexe que le grand Walt a bien voulu nous le laisser paraître, et pour se remettre dans l’ambiance, avant de partir j’ai revisionné avec plaisir Hook et le Peter Pan de PJ Hogan de 2004 (une merveille visuelle, celui-ci avec Clocks de Coldplay sur sa bande annonce). M. Barrie, on vous suit :

  • 1ère étape : Big Ben bien sûr. On a tous en tête la scène où chantant à tue-tête « rêeeeeve ta viiiiiiie en couleur, c’est le secret du bonheur… » (tu as l’impression que je chante faux ? Et encore c’est parce que tu n’as pas l’audio, en vrai c’est encore pire…) Peter s’envole au-dessus de Londres en tenant par la main Wendy, Jean et Michel, puis se pose sur l’aiguille de Big Ben… Nous pour le coup, on n’a pas eu vraiment de chance… Notre visite à Londres a eu lieu en décembre 2017, et depuis le mois d’août, la cloche de la maison du Parlement s’était tue, pour se faire une petite beauté. On n’a donc pu qu’imaginer Big Ben sous les échafaudages, les travaux devant durer encore jusqu’en 2021. En attendant tu peux toujours aller admirer sa réplique au Légo store…
  • 2ème étape : Les jardins de Kensington et la statue de Peter Pan. Ici, tu feras coup double, car en plus du magnifique bronze sculpté par George Frampton à la demande de l’auteur. Tu seras aussi entouré d’écureuils. Nous avons dû passer un bon quart d’heure à donner des noisettes à ces petits curieux, qui n’avaient aucune crainte à s’approcher des enfants.
  • 3ème étape : Les parcs, si tu as vu Neverland, avec Johnny Depp et Kate Winslet, tu sais à quel point ils étaient importants pour J. M. Barrie et les enfants Llewelyn Davies pour lesquels il a écrit cette histoire. Peter est d’ailleurs un enfant oublié dans son berceau dans le parc que les fées sont venues chercher.

Mary Poppins

Autre classique littéraire et cinématographique… Comment ne pas penser à Mary Poppins, lors d’une visite à Londres la super nounou de Pamela Lyndon Travers popularisée par Walt Disney dans les années 60 après avoir usé de tout son pouvoir de conviction pendant plus de 20 ans pour obtenir les droits d’adaptation. Si le film original a entièrement été tourné en studios, donnant une impression de carton-pâte, on peut toutefois montrer aux enfants les lieux, qui apparaissent dans le film :

  • La cathédrale Saint Paul qui se dessine derrière la chanson Nourrir les petits oiseaux
  • Les banlieues de Chelsea ou Kensington
  • La maison de l’amiral Boom près d’Hampstead Heath
  • Les parcs en tout genres pour se perdre et aller faire voler ses cerfs volants

Et encore Big Ben et Buckingham Palace qui apparaissent dans Le retour de Mary Poppins.

Fan de comédies musicales ? Tu as envie de pousser la chansonnette et tu n’as pas peur de le faire en anglais ? Mary Poppins est aussi au Prince Edward Theatre.

Notting Hill et Portobello Road : deux fans tours pour le prix d’un

À cette liste déjà plutôt longue de fans tours possibles, tu peux ajouter le Portobello Road de l’Apprentie sorcière, ou de Coup de Foudre à Notting Hill. Tu peux :

  • partir à la recherche de la maison à porte bleue au 280 Westbourne Park Road, Londres W11 1EH
  • flâner sur ces « trottoirs où s’étendent 10 000 occasions« ,
  • Acheter des bouquins ou des souvenirs à la librairie de Hugh Grant : The Travel Book, 142 Portobello Road, Londres W11 2DZ

Notting Hill est un quartier que nous avons beaucoup aimé, outre l’aspect décor de cinéma, brocante et bohème-chic, c’est un quartier très cosmopolite et très vivant artistiquement. Tu y trouveras de nombreuses galeries de Street Art et des murs absolument magnifiques. Banksy et consorts sont à l’honneur dans toutes les boutiques de customisation et de souvenirs. Nous avons trouvé un petit marché avec des food-trucks venus du monde entier. À Londres où le budget repas peut vite exploser dans un quartier touristique comme celui-ci c’était une bénédiction.

5 jours, c’est évidemment trop court pour découvrir tous les univers londoniens… On pourrait encore parler de James Bond, Sherlock Holmes, Jack l’Éventreur, Pierre Lapin, The Crown ou Bridget Jones et bien d’autres… Il ne nous reste qu’une chose à faire, attendre des jours meilleurs pour y retourner et vous préparer une saison 2 de ce rendez-vous touristico culturel…

Et vous, quel fan êtes vous ? Quel serait votre itinéraire londonien ?

À bientôt 😉 …

Café des voyageurs #13 : Halloween

Les studios Harry Potter de Londres

Le café des voyageurs, à la manière des rendez-vous littéraires hebdomadaires comme C’est lundi que lisez-vous ou le Throwback Thursday, est un rendez-vous créé pour partager nos publications, réunies autour d’un thème nouveau chaque semaine et de nous faire découvrir de nouveaux blogs. La récap des liens se fait sur le blog My wanderlust family.

Comme chaque semaine, je te propose de partager un article sur le thème choisi en répondant à ces trois amorces.

Cette semaine, je t’emmène…

J’ai choisi ce lieu car…

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

Dans trois jours c’est Halloween, petites sorcières, fantômes et autres loups garous seront de retour pour nous demander des bonbons ou un sort. En cette nuit la plus terrifiante de l’année, c’est l’occasion pour le café des voyageurs de revenir sur des destinations fantastiques ou terrifiantes.

Cette semaine, je t’emmène…

Qui dit Halloween dit sorcier. Et quand on parle de sorcier chez nous, il en est un qui ne traine jamais bien loin. Tu l’as peut être découvert dans nos C’est Lundi que lisez-vous mais nous sommes de grands fans d’Harry Potter et de l’univers Wizarding World. Aussi, cette semaine, direction le quai 9 3/4 et les studios de Leavesden à Londres pour découvrir l’envers du décor et les studios dans lesquels ont été tournés les 8 épisodes de la saga.

J’ai choisi cet endroit car…

Je t’avais déjà parlé de nos aventures à Disneyland Paris et mon cher et tendre mari, m’a fait remarqué, avec une diplomatie digne d’un engin de chantier que mon séjour à Port Aventura pour Halloween, remontait à presque 18 ans… Paie ton coup de vieux. (Il y a des fois où j’aimerais bien être sorcière aussi pour le transformer en grenouille…). D’un commun accord, nous avons donc choisi de vous raconter l’une de nos aventures londoniennes, encore plutôt fraîches, quoi que la magie des studios étant un peu perturbée en ce moment par les mesures sanitaires. Si la destination t’intéresse, tu trouveras toutes les informations ici.

Nous avions choisi, pour faire découvrir Londres aux enfants de les plonger dans les films et les dessins animés qui mettent la ville à l’honneur. Je te proposerai bientôt un article à ce sujet. Ils avaient donc dans leurs valises leurs costumes de sorciers et arboraient fièrement les couleurs de Gryffondor. Aussi, après avoir visité Leadenhall Market, point d’entrée du chemin de traverse, et marché de nuit à Picadilly Circus, visiter les Studios Warner de Leavesden étaient un incontournable. Jusqu’à l’année dernière, la grande salle de Poudlard, située à l’entrée des Studios se parait de ses plus beaux ou inquiétants atours pour Halloween et Noël.

Il faut compter environ une heure pour rejoindre le site. Nous avions choisi d’attendre notre Magicobus non loin de Victoria Station. Après une traversée de la ville et de la campagne anglaise, avec pour nous accompagner le deuxième opus de la saga en vidéo, nous avons rejoint les studios. Après un bref historique et une présentation des studios par Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint, les portes de la grande salle s’ouvrent et nous voilà immergé dans le film. Je peux t’assurer que les petits yeux ont brillé au moment de l’ouverture des portes.

Sur le reste du parcours, les décors et les costumes se succèdent. La salle commune de Gryffondor, la salle des potions, la cabane d’Hagrid, le chemin de traverse, la forêt interdite… Des animations étaient aussi proposées, réalisation de potions fumantes, portait de famille façon échappés d’Azkaban ou encore survol de Londres en balai magique.

Nous avions la chance lors de notre visite que mini-Schtroumpf n’ait à payer que le transport. La journée revient assez cher pour une famille de 4 si l’on compte le transfert, l’entrée aux studios et les photos et autres extras qui vous vident les poches aussi vite que le niffleur de Norbert Dragonneau, mais elle fait partie de nos meilleurs souvenirs londoniens.

Si tu ne devais choisir qu’une photo laquelle choisirais-tu ? Pourquoi ?

Au cours de cette journée, j’ai dû prendre une bonne centaine de photos. En choisir une seule est donc un sacré défi. C’est finalement sur cette vue en noir et blanc du Poudlard Express que j’ai opté. Cette locomotive mythique qui est la porte d’entrée vers l’univers magique et qui nous a tant fait rêver quand les premiers films sont sortis.

Et puis, après avoir vu cette réplique à l’arrêt, cette photo me rappelle un autre voyage, tapi au fond du tiroir à voyage, l’Ecosse et ses Highlands qui nous donnera l’occasion de continuer notre fan tour sur les traces d’Harry Potter en empruntant le Jacobite Steam Train et le spectaculaire viaduc de Glenfinnan. Alors rendez-vous pour un prochain Halloween à la découverte d’un manoir écossais ?

Thème du 4 novembre : Orange

Thème du 11 novembre : Escapade romantique

Thème du 18 novembre : Musée

Thème du 25 novembre : Lacs et rivières

Et toi, où nous emmènes-tu cette semaine ? En attendant le prochain café des voyageurs, je vous souhaite une belle semaine.

À bientôt 😉

Cet été je visite la France #6 : suivre le chemin de Compostelle, au départ du Puy en Velay

Un road trip médiéval en terres du milieu, du Puy en Velay à La Couvertoirade

Pour ce dernier article de cette série estivale, je te propose de nous suivre dans notre road trip cette fin d’été qui nous a menés sur les traces de pèlerins de Compostelle mais aussi sur les pas de nos ancêtres aveyronnais.

Il était un voyage

35° degré dans notre Provence, plages et rivières bondées, forêts fermées pour risque d’incendies, en ce début de mois d’août caniculaire sous nos latitudes, on n’avait qu’une seule envie, fuir. Fuir très vite vers un endroit où on aurait besoin d’une petite laine pour le soir, où les arbres ne tordraient pas de désespoir par manque d’eau et auraient gardé un semblant de vert sans forcément partir à l’autre bout de la France.

Les chemins de Compostelle et le GR Stevenson étant des destinations qui sont dans le tiroir à voyages depuis quelques temps. C’est assez naturellement que l’on a pensé au Puy-en-Velay et aux villages traversés par le chemin de Compostelle jusqu’à Conques pour ce road trip sous la tente, en attendant de se lancer dans la folle aventure de les parcourir à pieds.

Avant de partir

Guides et autres liens utiles

À part le Geoguide sur l’Auvergne emprunté à la bibliothèque et que l’on n’a quasiment pas ouvert, pour ce voyage, on a presque tout fait à l’ancienne. Le bouche à oreille des copains, lieux traversé par le chemin de Compostelle et l’histoire familiale ont naturellement tracé notre parcours. Toutefois, si tu as besoin d’infos voici quelques sites qui pourront t’aider à t’organiser

https://www.auvergne-destination-volcans.com

https://www.tourisme-aveyron.com/fr

Itinéraire

Jour 1 : Marseille – Le Puy en Velay

Jour 2 : Le Puy en Velay

Jour 3 : Viverols (balade à la journée)

Jour 4 : Le Puy en Velay – Laguiole – l’Aubrac

Jour 5 : Laguiole – Nasbinals

Jour 6 : Laguiole – Saint Chely d’Aubrac – Estaing – Conques

Jour 7 : Entraygues sur Truyere – Conques

Jour 8 : Conques – Salles la source – Bozouls – Laissac – Camarès

Jour 9 : Sylvanes (rando à la journée)

Jour 10 : Le plateau du Larzac : La Couvertoirade – Nant

Jour 11 : retour

Transports

Pour cette aventure, nous avons choisi l’option voiture. Toutefois, si tu souhaites t’adonner au cyclotourisme ou à la grande randonnée, la région s’y prête facilement. Les voies vertes et les GR sont nombreux (Compostelle, Chemin Stevenson, Tour de l’Aubrac…).

Si tu souhaites visiter les étapes du Chemin de Compostelle ou du Chemin de Stevenson sans voiture mais sans marcher pour autant, des bus relient les différentes étapes quotidiennement.

Hébergements

Pour limiter les frais, nous avons décidé pour ce road trip de choisir l’option camping.

Voici donc ceux qui nous ont accueillis :

  • Le camping de Bouthezard : ce petit camping familial est situé à 15 minutes à pieds du centre du Puy en Velay. Nous y avons passé trois nuits tranquilles. Les équipements sont propres, récents et l’équipe y était très sympathique.
  • Le Camping des Monts d’Aubrac : c’est le camping municipal de Laguiole. Il est situé sur les hauteurs du village et on peut se rendre en centre ville à pieds. On y trouve les équipements de base. Seul bémol, pas de salle d’animation ou autre lieu pour s’abriter pour manger en cas de pluie.
  • Le Camping Beau Rivage : à une vingtaine de minutes à pieds du coeur de Conques, ce camping propose de nombreux équipements : aire de jeux pour les enfants, piscine, tables de ping pong…
  • Le camping de la résidence du Rouguier : la résidence du Rouguier propose dans le parc du château une vingtaine d’emplacements de camping. Le bloc sanitaire est équipé d’une machine à laver (gratuite). La piscine ainsi que les aires de jeux sont à disposition.
  • Le camping des Canoles : situé à quelques kilomètres en voiture du village templier de La Couvertoirade, cette aire de camping à la ferme a été le dernier camping de notre séjour. Si le site est très agréable avec ses formations karstiques, il est aussi un spot d’escalade et nous avons eu la surprise de voir des gens venir poser leurs tapis juste à côté de notre tente… Les équipements se résument au strict minimum (bloc sanitaire) et leur état laisse à désirer.

Sur place

À voir / À faire

Autour du Puy en Velay

3 jours pour découvrir les alentours du Puy en Velay étaient bien entendus trop courts. Nous avons beaucoup aimé la région, sa verdure, son histoire médiévale très forte.

  • Se recueillir dans la cathédrale du Puy en Velay : que l’on soit croyant ou pas, la cathédrale du Puy en Velay porte en elle une symbolique très forte. Point de départ de la via Podensis qui relie Le Puy en Velay à Saint Jean Pied de Port pour rejoindre ensuite le Chemin de Compostelle, elle accueille chaque jour de nombreux pèlerins sur le départ.
  • Flâner des les ruelles du centre historiques : regarder ses pieds et chercher les coquilles qui vous indiquent le chemin ou regarder en l’air à la recherche des statues, gargouilles et autres emblèmes, chacun son style… Mais la visite vaut clairement le détour. Si tu es adepte du geocaching, active ton plan, il y a quelques caches dans les parages.
  • Grimper jusqu’à la chapelle St Michel d’Aiguilhe : pas un séjour sans que l’on se retrouve d’une façon ou d’une autre en train de monter les escaliers interminables d’une tour ou d’un campanile. Cette fois-ci, c’est en plein air que nous avons grimpé, je ne sais pas combien de marches j’en arrêté de compter, pour aller visiter la Chapelle Saint Michel d’Aiguilhe. Mais, je vous garantis sur facture que ça en vaut la peine. Cette chapelle construite tout en haut de ce qui reste de la cheminée d’un volcan est une petite merveille avec ses fresques médiévales et ses vitraux. Surtout si comme nous, vous avez la chance d’être accueillis à votre arrivée par un concert de musique sacrée.
  • Le Puy de Lumières : chaque soir pendant l’été, à la tombée de la nuit, le Puy en Velay pare les façades de ces monuments de lumières. Pas juste trois petits spots comme à la Cité de Carcassonne vendus au prix de l’or (WanderlustDad n’avait toujours pas digéré la visite nocturne de la Cité de Carcassonne et là, ça a été le coup de grâce). Non messieurs, dames, c’est un vrai spectacle son et lumière et gratuit qui plus est, qui attend les visiteurs aux pieds des grands monuments de la ville. Un moyen de profiter autrement des grands sites du Puy en Velay et de découvrir de façon ludique la culture locale. Nous y sommes allés deux soirs. Toute la famille a beaucoup aimé déambuler dans les ruelles du centre historique au gré des spectacles et des animations. Ambiance magique garantie pour les petits comme pour les grands.
  • L’Hôtel des Lumières : on connaissait les Carrières de Lumières des Beaux de Provence et on avait entendu parler des Bassins de Lumières à Bordeaux… Dans la même famille, on a donc eu le plaisir de découvrir L’Hôtel des Lumières. Situé dans l’ancien Hotel-Dieu, juste à côté de la Cathédrale du Puy en Velay, ce centre d’art numérique propose deux salles d’expositions. Pour cette session, l’une était consacrée à un Voyage au centre de la Terre et l’autre aux peintres impressionnistes. Je peux te dire que toute la famille a beaucoup aimé cette visite. Les garçons ont été fasciné par cette plongée super immersive dans le centre de la planète avec ses volcans, ses océans, ses forêts et pour ma part j’ai trouvé la deuxième salle très belle avec ses multiples tableaux et son fond musical signé Satie, Gabriel Fauré et bien d’autres… Attention toutefois, si cette visite venait à faire partie des incontournables de ton futur séjour, pense à réserver à l’avance tes billets. Arrivés le jeudi, nous n’avons trouvé de la place pour visiter l’expo que le dimanche midi.

  • Faire du pédalo ou du paddle sur le lac du Bouchet : cet ancien cratère volcanique est aujourd’hui un lac aux eaux calmes dans lesquelles ont été aménagées une plage et une base nautique. Si tu as l’oeil et que tu y vas à la bonne saison, tu auras peut-être la chance de trouver dans la forêt des framboises et des fraises des bois…
  • Visiter les villages environnants : les alentours du Puy regorgent de villages de caractères, sur la route, nous avons beaucoup aimé le village de Cayre, celui de Craponnes et son marché du samedi.
  • Écouter les histoires de la bête du Gévaudan : c’était l’un des grand sujet d’interrogation des enfants (et aussi un peu de craintes en dormant sous la tente), pourquoi y a-t-il un loup dessiné ou sculpté de partout ? Est-ce qu’il va venir nous manger tous crus… Je t’avoue que l’on a très vite dû réviser nos classiques, sur wikipedia, pour leur raconter les grandes lignes de l’histoire et calmer leur imagination galopante. Note à toi, avant de partir, se faire un petit shot de Vincent Cassel et Monica Bellucci en regardant le Pacte des Loups.
  • Goûter aux spécialités locales : plutôt lentilles ou verveine ? Nous on a opté pour les deux. Confiture de verveine et lentilles vertes achetées à la boutiques Sabarot
Autour de Laguiole

Après trois jours en Haute-Loire, nous avons traversé le Cantal, la Lozère, pour nous rendre sur la partie aveyronnaise du plateau de l’Aubrac, à Laguiole. Connu pour ses ateliers de coutellerie, son taureau et son fromage, j’avais très envie de faire découvrir ce charmant village à mes trois hommes. Mais quoi voir et quoi faire dans le coin ?

  • Poser devant la statue du taureau : emblème de la ville, ses attributs sont aussi décolorés que le nez du sanglier de Florence ou le sein de Juliette à Vérone. Il semblerait donc cela porte bonheur…
  • Visiter des ateliers de coutellerie : Laguiole a bâti sa renommée à l’international sur la fabrication de couteaux, souvent contrefaits depuis la Chine, le Pakistan ou même la France. Si de nombreuses boutiques sont présentes au coeur du village, il n’y a sur place que deux sites de fabrication, la coutellerie Honoré Durand et la forge de Laguiole qui maîtrisent le processus de fabrication de A à Z puissent se visiter. Nous avons visité la première. Elle propose un temps d’explication et de présentation de l’histoire du couteau de Laguiole, un temps d’observation de l’art d’un coutelier, un petit musée, la visite de la forge et bien sûr une boutique. Si comme moi tes hommes sont branchés coutellerie, prends ton mal en patience et fais déjà une minute de silence pour ta carte bleue. Prix de départ 70 € jusqu’à plusieurs milliers d’euros. À noter pour une idée de beau cadeau (près de 400 € tout de même), la forge que nous avons visité propose aussi un stage de coutellerie à la journée à l’issue de laquelle les stagiaires repartent avec le fruit de leur travail.

Avant d’attaquer la suite je te propose un petit interlude musical, histoire de se mettre en appétit. Ne me remercie pas c’est cadeau !!!

  • Visiter la fromagerie de Laguiole : pour les gourmands, qui dit Aubrac dit aligot, et qui dit aligot dit fromage de Laguiole. J’espère que tu as aimé la petite vidéo, c’était un peu la bande son de nos vacances aveyronnaises entre charcut’, fromages et autres douceurs, ce n’est pas moi qui chante même si je chante aussi juste mais j’adore cette version… À l’entrée du village en venant de Chaudes Aigues, tu trouveras donc la coopérative Jeune Montagne où est fabriqué le fameux fromage. Si tu veux la voir en fonction, mieux vaut y aller le matin car l’après midi, tu ne verras que les machines et la boutiques. Après un bref film de présentation qui montre comment les vaches de l’Aubrac sont belles et font du bon lait (faut bien vendre le truc…), un guide t’explique le processus de fabrication du fromage de la récolte du lait jusqu’à l’affinage. Ce n’est qu’après cela que l’on passe aux choses sérieuses avec la dégustation et bien sûr le passage en boutique.
  • Profiter des eaux thermales de Chaudes Aigues : comme son nom l’indique, le village abrite des sources chaudes connues depuis l’Antiquité. Si tu es adepte du thermalisme ou que tu as simplement envie de te faire chouchouter, tu trouveras donc de quoi faire. Si le temps le permet et que tu as envie de barboter en famille, le parc de la piscine dispose d’une grande piscine en plein air et ainsi que de nombreuses installations sportives.

  • Saluer les vaches : elles sont vraiment belles ces vaches de l’Aubrac avec leur couleur si caractéristique, alors n’hésite pas à t’arrêter en bordure de champ pour le faire un petit coucou.
  • Manger de la Fouace au petit déjeûner : cette brioche parfumée à la fleur d’oranger est la madeleine de Proust de mes vacances aveyronnaises de petite fille. J’ai essayé d’y convertir les garçons mais ils n’ont pas validé… Tant pis, il y en avait plus pour moi 😉
  • Visiter Nasbinals : à une vingtaine de kilomètres de Laguiole en passant par la station de ski, le village médiéval de Nasbinals est l’une des étapes de la Via Podensis. Nous n’avons malheureusement pu le visiter que très rapidement car le village nous a accueilli avec un orage de grêle puis une pluie battante. Nous qui avions décidé de venir saluer les ancêtres de ma famille qui venaient de là-bas, on était un peu déçus qu’ils n’aient pas apprécié la visite. À ne pas manquer, l’église et la boutique La Grange au thé dont je te parlerai tout à l’heure dans la partie shopping.
  • Faire du cheval à Saint Chély d’Aubrac : j’avais découvert cette ferme équestre en cherchant un camping à la ferme et j’avais été charmée par l’esprit de l’endroit. Étant complet pour l’hébergement, nous avons tout de même eu la possibilité d’aller y faire une balade. Les garçons ont pu faire une initiation au poney avec Mathilde et nous les avons suivi à pieds à travers la forêt. C’était vraiment un moment très agréable et nous espérons pouvoir y retourner pour profiter d’une expérience complète comprenant hébergement en roulotte, et balade équestre en famille cette fois-ci.
De Saint Chély d’Aubrac à Conques

Mathilde, de la ferme équestre les Esprits sauvages de Saint Chély d’Aubrac, nous a laissés avec tout un tas d’idées de visites et d’explications sur le passé templier et hospitalier de l’Aubrac. Alors avant d’arriver à Conques, notre route nous a conduits à :

  • Passer par Espalion et Saint Côme d’Olt et ne pas faire comme nous, s’y arrêter pour de vrai… Je n’ai d’Espalion que des souvenirs de vacances de petite fille mais je me rappelle de parties de pêche au bord de la rivière. Donc si vous aimez taquiner le goujon, pensez à prendre vos équipements et vos cartes de pêches…
  • Visiter Estaing : autre étape du chemin de Compostelle, avec son château, son église, ses ruelles, ses maisons à colombages, ses ponts et les bords du Lot et de la Coussanne, dans laquelle les garçons ont adoré patauger. La ville d’Estaing a été un vrai coup de coeur pour WanderlustDad, je crois qu’il aurait pu y rester des heures si nous n’avions pas dû reprendre la route pour arriver à Conques.
Conques

Nous voilà donc à Conques, après avoir traversé des merveilles du Moyen-Âge, nous arrivons enfin au coeur du Rouergue. Lorsque l’on a fait le parcours de ce road trip, elle faisait partie des incontournables avec son abbatiale. Il faut dire que chaque année, WanderlustDad fait découvrir à ses élèves ce joyau classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Il était temps qu’il vienne l’admirer ailleurs que sur le papier glacé de son livre d’histoire.

  • Monter au village par la rue Charlemagne : nous avons préféré laisser notre voiture stationnée au camping, c’est donc à pieds que nous sommes partis à la découverte de Conques. On avait déjà l’air de petits joueurs par rapport aux pèlerins qui marchaient depuis des jours et qui avaient le plaisir de découvrir le village comme une récompense alors, il fallait bien un peu d’efforts avant de se mettre en condition pour profiter du spectacle. La rue Charlemagne, toute en montée, est bordée de vieilles maisons à colombages, de fontaines et de jolis rosiers.
  • La chapelle Saint Roch : au tout début de la rue Charlemagne, ne manque pas la bifurcation pour la chapelle Saint Roch. Elle était fermée et nous n’avons pas pu la visiter mais le panorama sur la vallée du Dourdou est magnifique.
  • L’abbatiale : après cette montée d’une dizaine de minutes par la rue Charlemagne, la voilà qui se dresse majestueuse, l’abbatiale. Ce chef d’oeuvre de l’art roman construit entre le XI et le XIIè siècle est consacré à Sainte-Foy. Sur le tympan, sont sculptés et représentés de nombreux passages de la bible, témoins de ce temps où les églises représentaient les livres de pierre à l’intention de ceux qui ne savaient pas lire. À l’intérieur, les vitraux, contemporains et minimalistes sont signés Pierre Soulages dont on peut visiter le musée à Rodez.
  • Le cloître : dans le cloître, se poursuit le mariage entre architecture médiévale et art moderne.
  • Le trésor : c’est là que tu retrouveras entre autres le reliquaire de Sainte Foy. Comme le tympan, il est la grande star des livres d’histoire. 85 cm de bois recouvert d’or, c’est au XIIIè siècle, après plusieurs évolutions dans sa structure qu’elle prend la forme qu’on lui connait aujourd’hui.
  • Le musée Joseph Fau : son entrée est couplée au billet pour le trésor. Tu y découvriras de l’art lapidaire ainsi que des tapisseries et autres pièces de mobilier.
  • Les ruelles du villages et leurs artisans : Conques met un point d’honneur à valoriser les savoir-faire anciens et les artisans. Tu trouveras dans ses rues des maroquiniers, un enlumineur-miniaturiste (avec qui nous avons passé un moment remarquable, si vous avez l’occasion de passer par Conques, n’hésitez pas à aller visiter son atelier, elle est très pédagogue et disponible pour vous parler de son art), des créateurs de bijoux, des couteliers, des potiers, des sculpteurs, des artistes des mots, une toute petite librairie avec une sélection vraiment très chouette…
  • Le pont roman : Sur le chemin par lequel les pèlerins quittent Conques, il enjambe le Dourdou. La vue en contre-plongée sur la ville y est très sympa.
  • Entraygues sur Truyère : un peu plus loin, en voiture, à la recherche d’une superette pour se ravitailler et d’un endroit où faire l’essence, nous avons découvert cette petite ville située au confluent de la Truyère et du Lot. L’office du tourisme propose un petit parcours de découverte de la ville à travers les petites rues jusqu’à la confluence. Tu pourras aussi, si tu t’y prends suffisamment à l’avance, réserver pour une après-midi de kayak dans les environs.
De Conques à Camarès

Après avoir baigné dans le Moyen-Âge à Conques, nous avons repris la route. Ce jour-là, la route s’est apparentée à un grand n’importe quoi… Concrètement, on s’est arrêtés à peu près à toutes les pierres. Le seul endroit que l’on se soit épargné sont les caves de Roquefort mais nous ne sommes pas vraiment fan… Voilà donc les villages et les villes que nous avons traversé en cette journée chemin des écoliers.

  • Salles-la-Source : c’est Mathilde des Esprits sauvages qui nous avait conseillé de nous y arrêter et on ne l’a vraiment pas regretté. Avec sa cascade qui coule au milieu du village. C’est un endroit vraiment particulier qui mérite un détour un peu plus approfondi que ce que nous avons pu lui consacrer. En effet, si tu as envie de faire une petite randonnée, la forêt abrite un site mégalithique, accessible sur un circuit d’une dizaine de kilomètres.
  • Bozouls et son canyon : nous avons continué notre route avec un autre site naturel, le canyon de Bozouls. Lui aussi faisait partie de mes vacances de petite fille, sauf qu’à l’époque l’appelait le « Trou de Bozoul » ça fait moins grands espaces américains, et plus campagne française. Nous on a choisi l’option descente à pieds, avec la chaleur de ce jour-là, on a clairement été des grands malades parce qui dit canyon dit descente une première fois, puis remontée de l’autre côté, puis redescente et remontée pour regagner le parking et ta voiture. Si tu es donc plutôt tranquille, le petit train touristique de permettra de découvrir le site. Si au contraire, tu es comme on dit chez nous en mode craint degun et que le vide ne te fait pas peur, il existe une tyrolienne qui passe au dessus de la rivière… Nous, on a préféré laisser mesurer les autres…
  • Laissac : à quelques kilomètres de Bozouls, tu trouveras Laissac et son traditionnel marché au bestiaux du mardi. Nous on y est pas passé un mardi, c’était simplement un retour aux sources familiales pour saluer de lointains cousins et marcher dans les pas des arrières grands parents, des grands parents et de ma mère dont c’était le fief estival.
  • Observer de loin de viaduc de Millau
  • Découvrir les paysages des Rouguiers autour de Camarès.
  • Faire le tour de Sylvanès : attention coup de coeur, résumer cette visite en quelques lignes ne lui rendrait pas justice. Je te prépare pour cette randonnée un article complet avec trace, photos et conseils pratiques…
Le Larzac

Quand j’en ai marre de ma vie de citadine marseillaise, je dis souvent que j’irais bien élever des chèvres sur le plateau du Larzac. Alors du coup c’était le petit bonus de cette escapade aveyronnaise. Pas du tout prévu au programme, il a été décidé sur un coup de tête, quand nous nous sommes rendus compte que nous devions reprendre le chemin du retour un samedi classé noir par bison futé. On a donc préféré découvrir le patrimoine templier du Larzac plutôt que d’aller s’enfermer dans la voiture en pleine canicule. Bon en fait, le Larzac, en pleine canicule, c’est une fausse bonne idée. Étant un plateau assez sec, il y a relativement peu d’ombre et de fraicheur. Wanderlust ne valide donc pas du tout mon projet d’élevage de chèvres dans une autre vie… Blagues mises à part au cours de notre bref passage sur le plateau du Larzac, nous avons

  • Visité la Cité médiévale de la Couvertoirade : Beaucoup plus petite que son homonyme audoise, elle est cependant classée parmi les plus beaux villages de France. Au coeur de ses remparts, du trouveras de nombreux artisans, un château templier, une église médiévale, un cimetière avec quelques tombes rapatriées depuis d’autres sites. À l’extérieur, l’été, tu pourras profiter d’un spectacle de fauconnerie (payant) et d’animations tir à l’arc. Ne manque pas la vue depuis le moulin, elle est vraiment exceptionnelle.
  • Le village de Nant : lui aussi sur la route des templiers, tu y trouveras de jolies ruelles, un pont médiéval et un rocher qui ressemble un peu à un troll d’après les garçons…

Où faire du shopping ?

Renouveler nos gardes robes n’était clairement pas prévu au programme. Quoi qu’après tout le shopping gourmand que l’on a pu faire, cela s’est imposé au retour. Avec ses marchés de producteurs, ses fromages, ses charcuteries et ses douceurs, ses brasseries artisanales difficile de ne pas repartir avec son panier plein.

Au Puy en Velay
  • Les dentelles du Puy : tu en trouveras dans toutes les boutiques du centre ville
  • Les lentilles et la verveine : qui dit Puy en Velay dit lentilles et verveine. Côté spécialités je te conseille d’aller faire un tour au marché du samedi, de passer chez Sabarot et de balader dans les halles.
Autour de Laguiole
  • La coopérative Jeune Montagne (Laguiole) : si ma parodie de la reine des neiges t’a donné une folle envie de goûter à l’aligot ou à la truffade, tu ne résisteras pas à ton passage par la boutique de la coopérative.
  • La coutellerie Honoré Durand (Laguiole) : en boutique au village elle nous avait paru moins chère que la forge de Laguiole, c’est pourquoi on a choisi de la visiter. On en est ressortis avec deux couteaux dont on a fait graver la lame avec des motifs personnalisés.
  • La grange au thé (Nasbinals) : comme je te le disais plus haut, Nasbinals nous a accueillis sous des trombes d’eau mais, avant de repartir, j’avais tout de même très envie de découvrir ce magasin avec sa devanture décorée de fleurs en train de sécher. Et quelle découverte ! La grange au thé représente vraiment ce qu’il me plait de découvrir en vacances, un lieu, des traditions et des gens passionnés. La grange au thé, c’est l’histoire d’une fleur, appelée le thé d’Aubrac, au goût mentholé, qui était utilisé par les anciens en infusion digestive. Tombée en désuétude, elle a failli disparaître du plateau. Mais c’était sans compter sur quelques passionnés qui ont décidé de la faire pousser dans leurs jardins et la contribution de partenaires et d’artisans locaux comme les lycées agricoles et autres pâtissiers et confiseurs mobilisés dans la transformation des produits. Au final, ça donne : des sirops, des herbes séchées, des confiseries, des produits de slow cosmétiques et ça j’adore !!!
Conques
J’ai été super sage 😇
  • La librairie Chemins d’encre : si tu commences à nous connaître tu sais qu’il ne fait pas bon me laisser entrer dans une librairie. J’ai toujours du mal à en sortir les mains vides. Celle-ci n’a pas fait exception. Il faut dire à ma décharge, qu’elle avait une très belle sélection de livres autour du Chemin de Compostelle et un livre que j’avais rencontré au cours de ma lecture des Carnets de Sylvain Tesson que je ne trouvais nulle part et de nombreux livres de la maison d’édition locale, les Editions du Rouergue dont j’aime beaucoup les albums jeunesse. Même si elle est toute petite, elle a vraiment tout d’une grande.
  • L’atelier l’Appel du Chemin : je t’en parlais tout à l’heure, l’Appel du Chemin est l’atelier de Valérie, enlumineur-doreur qui a depuis peu posé son sac à dos dans les rues de Conques après avoir à deux reprises fait le Chemin de Compostelle. Dans cette petite boutique, tu trouveras des cartes postales, des marques pages et des carnets qui reproduisent le travail de son chef d’oeuvre qu’elle a eu la gentillesse de nous faire découvrir dans son intégralité. Avec beaucoup de patience et de pédagogie, elle a expliqué aux garçons, qui buvaient ses paroles, son travail et son parcours. Nous avons vraiment eu un coup de coeur pour cette toute petite boutique. Attention toutefois, elle ne prend pas la carte bleue.

Où manger / où boire un coup

Pour ces vacances, nous avons préféré consacré notre budget aux activités plutôt qu’aux restos… Nous avons donc peu de coup de coeur à te conseiller.

  • L’hôtel restaurant Gilles Moreau à Laguiole : alors l’idée de départ c’était de manger un aligot fermier, un peu comme mon Elsa dans la Reine des Neiges vois-tu. Sauf que la ferme que nous avions repérée était fermée le lundi midi et que ce soir là, l’orage s’est déchaîné. Impossible de manger sous la tente (les joies du camping) et restriction covid oblige, capacité des salles des brasseries réduites. Nous avons donc poussé la porte de ce restaurant des Logis de France sans ce douter que l’on arrivait dans un semi gastronomique. Alors certes, tout était très bon mais l’aligot a franchement eu un goût de trop peu.
  • Au parvis à Conques : si tu veux manger pour un petit budget à Conques avec l’abbatiale en face de toi, c’est là qu’il te faut aller. Cette crêperie propose des galettes à base de produits locaux. Attention toutefois à réserver à l’avance si tu veux manger en terrasse.

Voilà pour ce dernier article de l’été, resté dans les tiroirs avec l’approche de la rentrée. Si tu nous suis sur Insta ou FB, je vais essayer de consacrer plusieurs publications à ce road trip… Cet automne, j’ai bien envie de t’emmener hors de nos frontières. Je réfléchis encore à la destination… J’espère t’avoir en tous cas donné envie de découvrir quelques unes de nos belles régions et te remercie de nous avoir suivis dans nos aventures.

À bientôt 😉

Café des voyageurs #4 : une destination kidsfriendly

Une destination kidsfriendly

Le café des voyageurs, à la manière des rendez-vous littéraires hebdomadaires comme C’est lundi que lisez-vous ou le Throwback Thursday, est un rendez-vous créé pour partager nos publications, réunies autour d’un thème nouveau chaque semaine et de nous faire découvrir de nouveaux blogs. La récap des liens se fait sur le blog My wanderlust family.

Comme chaque semaine, je te propose de partager un article sur le thème choisi en répondant à ces trois amorces.

Cette semaine, je t’emmène…

J’ai choisi ce lieu car…

Et si tu ne devais choisir qu’une image pour décrire ce lieu ? Laquelle choisirais tu ?

Dernière semaine avant la rentrée, j’ai décidé de mettre les enfants à l’honneur pour ce café des voyageurs. Qu’ils s’agisse de la chair de notre chair, de nos neveux, nièces ou filleuls ou simplement que l’enfant que l’on a été et que l’on est encore un peu, si on allait visiter ces lieux qui nous font briller les yeux…

Cette semaine, je t’emmène…

À Londres… C’est l’une des premières grandes capitales que les schtroumpfs ont eu la chance de visiter. Nous avons eu la chance de la découvrir sous les lumières de Noël en 2017 et nous sommes tous tombés sous le charme de la capitale britannique. Il faut dire qu’entre le Winter Wonderland, les flocons de neige, les patinoires et les décos, elle avait sorti le grand jeu.

J’ai choisi ce lieu car…

J’avais très envie de commencer à écrire sur Londres et le thème s’y prête vraiment bien. Dans l’imaginaire des enfants, c’est une destination assez facile à emmener grâce à des héros comme Mary Poppins, Paddington, Peter Pan, Sherlock Holmes et bien sûr ce cher Harry Potter. Quel que soit leur âge, Londres a donc de beau que tu réussis toujours à trouver quelque chose à leur mettre sous la dent. Les garçons avaient 4 et 6 ans lors de notre voyage mais malgré leur jeune âge, le plus dur n’a pas été de trouver quoi faire mais de faire des choix parmi toutes leurs envies. Leur check list de l’époque était trop mignonne :

  • Monter dans un bus rouge
  • Donner des noisettes aux écureuils de Hyde Park et voir la statue de Peter Pan
  • Appeler Mamie dans une cabine téléphonique rouge
  • Visiter le Museum d’histoire naturelle
  • Acheter un petit jouet à Hamley’s et visiter le Lego Store
  • Voir des gardes anglais
  • Faire du manège au Winter Wonderland
  • Voir la neige
  • Monter dans le Poudlard Express
  • Manger des fish and chips

Hormis la dernière option, qui pour le coup représente un poste budgétaire important dans une visite londonienne, tout le reste a le mérite de se faire sans que tu aies besoin de braquer Gringott’s. En effet, les musées nationaux sont gratuits et les multiples parcs de la ville sont autant d’endroits pour se dégourdir les pattes après une journée de visite. Pour ce qui est du reste (Mrs Tussaud’s, London Eye…) les prix peuvent vite flamber pense à regarder du côté des billets groupés.

Aujourd’hui, ils sont plus grands, mais seraient ravis d’y retourner pour découvrir de nouveaux lieux, en phase avec leurs envies et passions du moment.

Si tu ne devais choisir qu’une photo laquelle choisirais-tu ? Pourquoi ?

Le choix d’une seule photo a été particulièrement difficile, d’autant qu’à la période où nous y sommes allés, le Victoria&Albert Museum proposait une exposition absolument magnifique sur Milne & Shepard l’auteur et l’illustrateur de Winnie l’ourson dans leur version originale. Dessins originaux et mise en scène exceptionnelle, je t’avoue l’espace d’une heure avoir eu l’âge des garçons et avoir eu l’oeil humide devant la vraie carte de la forêt des rêves bleus. Mais pour ce café des voyageurs, j’ai choisi de te proposer un lieu que tu as pu visiter ou que tu pourras retrouver quelle que soit le moment de ta visite à Londres.

Cette photo a été prise à la sortie National History Museum. Après une visite qui a duré près de 5h00… Je te vois déjà te mettre les mains sur la tête en te disant que nous sommes des tortionnaires faisant subir des heures de visites de musées indigestes à de pauvres enfants innocents. Que nenni, très cher ! C’est moi qui ai fini par écourter la visite sur la fin parce que si je les avais écoutés, on y serait encore… Entrés à 10h00, en espérant en sortir pour midi, nous avons finalement dû faire un arrêt au stand à la cafétéria du musée (très chouette aussi) avant de reprendre notre visite à la recherche de Dippy le squelette de Diplodocus que les garçons avaient découvert dans leur documentaire sur Londres.

Ce musée est un endroit unique, tant par son architecture, qui lui donne des airs de cathédrale que par ses collections mises en scènes dans une rare modernité. De l’entrée par un grand escalator qui nous conduit tout droit au centre de la Terre, en passant par les collections de fossiles, de minéraux, d’insectes, de dinosaures animés et aux animaux naturalisés, les garçons ne savaient plus où regarder. L’arrivée au haut des escaliers du Hintze Hall sous les yeux de Hope la baleine bleue, qui a remplacé Dippy à l’accueil des visiteurs est clairement l’un des moments les plus fous de la visite, dans ce grand hall, sous ce squelette monumental, on se sent vraiment minuscule devant les merveilles de la nature.

Dans leurs petits yeux, j’ai retrouvé l’excitation des grands jours chez Mickey. Je les ai rarement vus aussi empressés, tirant nos mains pour nous faire courir partout malgré la foule pour tout voir et tout apprendre de ce musée hors du commun. Outre l’histoire naturelle, ce musée est un véritable hommage aux sociétés savantes qui oeuvrent depuis la Renaissance au progrès de la connaissance en matière de sciences naturelles qui ne peut que plaire aux petits comme aux grands.

Et vous ? Où nous conduira votre tribu ou l’enfant qui sommeille en vous ?

Thème du 2 septembre : une merveille près de chez vous

Thème du 9 septembre : back to the begins, votre premier grand voyage

Thème du 16 septembre : Eté indien

Thème du 23 septembre : couleurs d’automne

Thème du 30 septembre : en forêt

Ce rendez-vous est aussi le vôtre, donc n’hésitez pas si vous avez des envies ou des propositions de thème à les suggérer en commentaire pour que je les intègre au mois d’octobre.

En attendant le prochain café des voyageurs, je vous souhaite une belle dernière ligne droite avant la rentrée.

À bientôt 😉

En route pour Cuba – épisode 6 : un passage trop rapide par Cienfuegos

Mercredi 17 avril

Nous voilà prêts pour cet avant dernier épisode de notre carnet de voyage cubain. Après 4 jours et 3 nuits dans la merveilleuse Trinidad. Nous avons pris la route dans un taxi collectif pour une micro-étape d’une nuit à Cienfuegos, la ville de Benny Moré. Au programme de cette toute petite étape, un patrimoine magnifique, encore de la musique et de la danse et de très belles découvertes en matière d’art contemporain cubain. Tu es prêt ? Allez le taxi collectif nous attend, on charge les valises et on y va… Dans ta radio, mets un peu de Benny Moré, le régional de l’étape pour te mettre dans l’ambiance, avant d’aller poser avec sa statue sur le Paseo del Prado.

Ça y est on est tous dans le taxi, 7 personnes, dans une vieille américaine de la fin des années 50 plus vieille R. que son propriétaire. Tous les quatre serrés à l’arrière et devant un couple de retraités danois. Une heure et demie de voyage en anglais cette fois-ci, pendant laquelle on voit défiler le paysage et l’on passe des montagnes du parc nacional de Topes de Collantes au bord de mer de Cienfuegos. Quelque part dans ces montagnes se cachent les merveilleuses cascades del Nicho que nous avaient conseillées A. à Remedios et leur odeur d’eucalyptus, mais nous n’aurons malheureusement pas l’occasion d’y passer (c’est la bonne excuse pour revenir à Cuba 😉 ).

À l’approche de Cienfuegos, la végétation est totalement différente. On a des manguiers à perte de vues. Et quelles mangues !!! Ne pense pas à nos mangues qui arrivent dure comme la pierre par bateau ou pas avion, celles là sont juste waouh !

À Cuba, il y a très peu de GPS et le plan de Cienfuegos est très géométrique. Aussi, nous voilà pris dans une démonstration de GPS cubain. Le principe ? Siffler ou héler le premier passant dans la rue : ¡ Niño ! ¿ Donde està la avenida 38 ?

Une fois arrivés à destination, nous découvrons notre hébergement pour cette nuit, la Casa Buenavista. Située avenida Argueles 4312, cette casa est tenue par deux jeunes femmes très actives dans le monde de l’art contemporain et dans la protection animale. L’esprit de la maison ressemble un peu à ce que nous avions pu trouver à Malecòn 663 : une déco joliment chinée et des fresques d’artistes cubains locaux ou exilés, un bassin avec des carpes qui ont attiré les chouchous comme un aimant. Nous passerons la nuit dans la chambre familiale en duplex qui se situe à l’entrée de la casa.

Après avoir pris possession des lieux, nous partons à la recherche d’un restaurant où déjeûner ce midi. C’est au Bouyon 1825, trouvé dans le guide que nous nous installons, la cuisine est bonne et les prix sont assez corrects pour 4.

Une fois sortis du resto, après avoir trouvé le taxi qui nous conduira le lendemain à Playa Larga, nous partons à la découverte de la ville et de son architecture. Construite par un architecte français au début du XIXème siècle, pour attirer des colons blancs sur l’île, Cienfuegos a connu ses heures de gloire au milieu du XIXème, jusqu’à devenir la perle du Sud.

Non loin du Parque José Martì, nous poussons une nouvelle fois la porte de la Casa de cultura, quelques expositions y ont lieu et des jeunes s’entraînent à faire quelques passes de rueda de casino, on se croirait dans un épisode de la série Un, dos, tres. Ils nous permettent d’assister à leur session et nous proposent de nous joindre à eux… Tu parles d’une chance, il n’en faut pas beaucoup plus pour que l’on pose nos sacs à dos et qu’on les rejoigne sur le dancefloor. On passe vraiment un chouette moment avec eux avant de nous remettre à la découverte de la ville.

Nous passons devant la façade remarquable du Teatro Tomas Terry, de la maison de Louis de Clouet, le fondateur de la ville et du Palais du gouvernement avant de prendre El Bulevar, l’artère commerçante de la ville. L’une des rares du pays où faire du shopping. L’espace de quelques mètres, on n’a plus vraiment l’impression d’être à Cuba.

Au bout de la rue, la musique nous arrête à nouveau. Un attroupement de personnes de tous âges et de toutes origines, se sont posés pour assister un concert improvisé. Un groupe joue des classiques de salsa des années 70 – 80 et c’est avec grand plaisir que l’on retrouve des morceaux qui nous ont souvent fait vibrer sur les pistes européennes. Je ne sais pas combien de temps on a pu passer à regarder ces musiciens, et voir quelques vieux rumberos danser nonchalamment au rythme de Los Van Van. Surement plus d’une heure, avant de nous lancer sur la piste à notre tour sur la piste.

On s’est tellement attardés, qu’on en a oublié de visiter la ville. Un petit tour sur le Paseo del Prado à la recherche de la statue de Benny Moré et nous voilà prêts à retourner à la casa où nos hôtesses nous ont préparé un excellent repas à base de langouste et de fruits de mer pour nous et de poulet pour les garçons. Dans le patio, on peut observer les étoiles qui commencent à sortir.

Notre journée à Cienfuegos, s’achève. Assez loin des circuits touristiques, vécue à la cubaine, cette après midi dans la perle du Sud fera partie de l’un de nos meilleurs souvenirs. Une chose est sûre, si nous devions repasser dans le coin, nous accorderions plus de jours à la visite de la ville et de ses environs.

Demain, nous mettrons le cap sur Playa Larga et la baie des cochons pour la dernière étape de notre séjour.

J’espère que cette visite express t’aura plu et te donnera envie de découvrir cette très jolie ville.

En attendant le dernier épisode de ce carnet de voyage, tu peux toujours nous suivre sur Facebook et sur Instagram.

À bientôt 😉

Suivez les kids ! Cuba avec des enfants

Depuis quelques temps, les garçons m’interrogent beaucoup sur le blog. À quoi il sert ? Pourquoi on le tient ? J’ai surpris à plusieurs reprises Wanderlustgrandschtroumpf en train de lire les carnets qui me servent à noter mes idées au cas où je n’aurais pas mon ordi sous la main.

À la fin de chaque journée de voyage, on a l’habitude de leur demander leur coup de coeur de la journée si il y en a un et ce qu’ils ont le moins aimé. Cuba a été pour eux une véritable expérience, une leçon de vie parfois. Aussi, aujourd’hui, je leur ai proposé de jouer les apprentis blogueurs et de me dicter un mini guide de leurs expériences préférées à Cuba à destinations des enfants et des familles qui comme nous souhaiteraient découvrir l’île. Le voyage commence à ne plus être très frais dans leurs petites mémoires étant donné que nous sommes rentrés il y a plus d’un an, mais l’exercice est aussi intéressant parce que du coup, tu ne trouveras là que les choses qui les ont vraiment marquées. Alors, suivez les kids !

Leurs coups de coeur

La plage

Moi, maman, ce que j’ai adoré, c’est la plage où tu t’es faite manger par les puces de plage…

Wanderlustgrandschtroumf

Merci mon chéri de me rappeler cette expérience pour le moins… comment dire ? Urticante ? Dans l’épisode 2 de notre carnet de voyage pour Cuba (ça fait un peu Star Wars, non ?), je t’avais raconté, notre journée catastrophe sur la plage de Cayo Levisa. Si tu prends le train en cours de route, tu peux aller faire un tour par ici pour comprendre de quoi je parle…

https://wanderlustfamily4.travel.blog/2020/04/13/en-route-pour-cuba-episode-2/

Et bien, il semblerait qu’avec les enfants nous n’ayons pas vécu du tout la même journée, car c’est la première chose dont ils m’ont parlé. Comme quoi, selon l’âge on a vraiment des ressentis différents sur les expériences. En effet, malgré la pluie, Wanderlustgrandschtroumf a passé une journée mémorable. Il faut dire que même si chez nous la mer n’est pas très loin, cette plage là est simplement fantastique. Ce n’est pas tous les jours que les enfants ont l’occasion de trouver des coraux en faisant des châteaux de sable et de transformer des bernard l’hermite en animaux de compagnie ou de s’imaginer étant Jack Sparrow à la recherche de trésors laissés par des boucaniers.

Quel dommage que nos journées plages à Cayo Levisa et à Playa Larga aient été accompagnées soit d’averses tropicales soit de grand vent !!! Attention toutefois lorsque tu vas à la plage aux gegenes ces petites bestioles démoniaques qui sévissent lorsque le soleil commence à se faire la malle et te transforment en dalmatien à pois rouges.

Les vieilles américaines

Là bas, les voitures elles sont rigolotes et trop styléééééées !

Voilà un sujet qui devrait en passionner plus d’un. Cuba et les voitures, c’est une grande histoire d’amour. Il faut dire qu’ils les bichonnent comme si c’était un membre de la famille.

Pour les garçons, chaque voyage en voiture, et il y en a eu un paquet, a été l’occasion d’un voyage dans le temps, à bord d’une pièce de musée. Les couleurs, les chromes, les vibrations qui donnaient parfois l’impression d’être un passager de Star Tours, tout comme le chauffeur qui nous a accompagné sur une grande partie du séjour leur ont laissé de chouettes souvenirs.

Se faire des copains

Voyager c’est l’occasion de rompre avec le quotidien et se retrouver en famille mais c’est aussi l’occasion de faire de nouvelles rencontres. Si il en est une qui les a particulièrement marqués, c’est celle du fils de l’un de nos hôtes qui avait à peu près leur âge avec lequel ils auraient joué non stop pendant les deux jours que nous avons passé à Palma Rubia.

Ça m’émerveille toujours de voir la capacité des enfants à se faire comprendre lorsqu’ils sont à l’étranger, de voir comment en quelques minutes ils dépassent la barrière de la langue alors que nous galère à baragouiner trois mots… Ramenez-moi en enfance pour retrouver la clé de ce langage universel !!!

Se balader à cheval

C’était trop drôle quand le guide disait « ¡ Ola, Caballu!

Wanderlustminischtroumpf

Je n’avais pas encore mis de musique dans cet article mais ce coup de coeur là s’y prête bien. Les coins où balader à cheval à Cuba sont nombreux. Nous avons eu la possibilité de faire deux balades, l’une à Viñales au milieu des mogotes et l’autre à Trinidad dans la Valle de los Ingenios.

Les garçons n’avaient pas spécialement d’expérience en équitation, pour wanderlustminischtroumpf, c’était même son baptême équestre, mais à chaque fois les guides se sont adaptés à leur niveau, ont pris le temps de leur rappeler les bases et sont restés tout près d’eux tout au long de la balade.

Question sécurité, cela dépend vraiment de l’endroit auquel tu t’adresses. À Viñales, aucun équipement n’a été proposé. Ils ont monté nature peinture mais très encadrés par nos deux caballeros. À Trinidad, notre casa disposait d’un ranch, les garçons ont donc été équipés de bombes et de chaps mais, la randonnée a été pour eux assez difficile car bombe + chaleur = transpiration +++ (je crois que leur cervelle a un peu fondu sur le chemin…). Si tu crains donc pour la petite tête de tes chérubins, pense à emporter un casque d’équitation dans tes bagages (oui parce que bombe et bagage dans la même phrase ça craint ;)… )

Les beaux paysages et la nature

Je n’ai pas compté pas le nombre de « Waouh ! » et de « Maman c’est trop beau! » mais une main ne suffirait pas. Chaque jour avait son lot d’émerveillement face à ce que la nature nous offrait. Nos addicts à NatGeo Wild ont passé leur séjour à découvrir en vrai des espèces d’animaux de toutes sortes. Le temps ne nous a malheureusement que très peu permis de faire du snorkeling, mais nos nombreuses randonnées nous ont permis de découvrir quelques espèces endémiques de l’île et d’assister à des phénomènes que l’on a peu l’habitude de voir comme la migration des crabes. Je les vois encore tapis dans le hamac, en embuscade à attendre que les colibris viennent voler autour de l’arbre de notre terrasse de Trinidad, ou à observer le camouflage des caméléons… De grands moments pour nos futurs documentaristes animaliers 😉

Chasser les oeuvres de street art dans les rues de La Havane

Les rues de La Havane, elles sont trop bien décorées

Wanderlustgrandschtroumf

Quand on se balade en ville, où que l’on soit, c’est l’un de nos passe-temps favoris. Il a le mérite d’éviter les « Maman quand est-ce qu’on arrive » et autres « J’en ai marre ! On peut s’arrêter ? Je suis fatigué »… Tu vois le tableau je suppose…

Bref être à l’affut des oeuvres d’art quand on marche, c’est un peu comme être un chercheur d’or… Parfois on tamise pour rien, mais parfois, on trouve des petites pépites. C’est toujours plus facile pour les schtroumpfs que d’être enfermés dans un musée, et ça permet de les ouvrir à toute forme d’art. On a bien cherché les traces d’une attaque d’Invader, mais on n’en a pas trouvé, par contre en pleine période de Biennale, on en a pris plein les yeux. Pour plus d’infos sur les futures éditions, c’est par là…

http://biennialhavana.org/havana-biennial-blog/

Aller à la pêche

Lorsque l’on parle de pêche à Cuba, comment ne pas penser à la pêche au gros et à Hemingway et à son vieil homme et la mer. Mes trois hommes adorent la pêche. Aussi lorsque notre hôte de Playa Larga, aussi féru qu’eux leur a proposé une partie de pêche à la cubaine, ils ont sauté sur l’occasion. Pas de sortie en bateau pour nous, le temps était trop gros, mais quelques rudiments de pêche à la ligne dans un étang derrière la casa. Bilan, quelques poissons chats aussitôt relâchés mais une expérience unique de pêche minimaliste – les cannes à pêche étant hors de prix sur l’île – avec les moyens du bord (du fil de pêche, quelques plombs, un bâton, des appâts faits de pain et de chair de crabe et un hameçon).

Se baigner dans les cascades et les piscines naturelles

Là encore quelles expériences !!! Que ce soit dans la Valle de los Ingenios, a Topes de Collante ou dans les impressionnants cenotes de Playa Larga les garçons ont adoré leurs expériences de baignades en eaux douces. Il faut dire que c’est vraiment très agréable d’aller se rafraîchir après une petite marche ou une balade à cheval. On se sent vraiment tout petits dans ces cascades au milieu de toute cette forêt, ou dans ces trous sans fond remplis de jolis poissons.

Changer de maison

14 jours, 7 casas différentes. Notre itinéraire prévoyait en moyenne un changement de ville tous les 2 jours. Ça n’a pas perturbé nos petits nomades pour autant. Dans chacune (ou presque…), ils ont trouvé quelque chose à observer, un truc à bricoler, des copains avec qui discuter. Dans chacune ils ont éprouvé le charme de la découverte d’un nouvel environnement et de rencontrer de nouvelles personnes. Et puis, entre les grenouilles dans la chambre, les parties de ping pong, les parties de pêche, la casa en pleine nature, les aventures à la ferme, la chasse au crabe de terre dans leur chambre en pleine nuit (heureusement qu’ils dormaient à point fermés à ce moment là, on les aurait entendus hurler jusqu’en Chine je crois…) et autres, les expériences ont été hautes en couleurs et en émotions.

Tester des moyens de transports très différents

Les garçons m’ont déjà fait écrire à quel point ils avaient aimé les voitures à Cuba mais la liste des moyens de transport que l’on a pu prendre tout au long du voyage est encore longue…

Avion, train, bateau, voiture, coco-taxi, bici-taxi, cheval, charrette et j’en passe… Cuba est un véritable musée des transports à ciel ouvert, qu’ils soient ce que l’on emprunte où que l’on voit circuler. On a pu voir sur les route des bus scolaires d’un autre âge, des camions datant de l’union soviétique, de très nombreuses motos avec side-car mais aussi des chars à boeuf ou à chèvre… Oui oui, tu as bien lu, à chèvre. Heureusement pour cette pauvre biquette des faubourgs de La Havane qu’elle ne dirait un charriot pour enfant, mais l’image était assez cocasse.

À chaque fois, c’était une découverte et un véritable enthousiasme, une drôle d’expérience et un voyage dans le voyage.

Les petits moins

Moi qui aimait les dissertations bien équilibrées, je dois dire qu’ici, je vais devoir faire un paragraphe rikiki. Quand je leur ai demandé si il y avait un truc qui ne leur avait pas plu, ils m’ont répondu en choeur. « Ben enfin, tu sais bien qu’on a tout aimé à Cuba ! ». En grattant un peu, ils sont revenus au bout de cinq minutes en me disant que finalement, il y avait bien une chose qu’ils auraient bien aimé zapper…

Le sentier Enigma de Las Rocas à Playa Larga

La seule chose qu’ils m’ont répondu quand j’ai un peu insisté c’est « les serpents et les chauves souris que l’on a pu rencontrer sur le sentier Enigma de las Rocas. » En effet, malgré la beauté du sentier celui-ci peut être impressionnant avec des plus petits. Les trois enfants qui étaient dans le groupe ont été assez impressionnés par les crabes en migration, et donc en nombre, à cette période de l’année, aux alentours du mois d’avril et par la grotte des chauves souris.

Nous les adultes, on s’est régalés de cette balade qui s’est terminée par un plongeon dans un cenote (ne fais pas comme nous, prévois maillot et brassards…), mais les enfants n’étaient pas super rassurés par endroits, malgré un guide très avenant et sympathique. Donc si tu sens que tu loulous ont l’âme sensible, peut-être vaudra-t-il mieux aller observer les oiseaux dans le Cienaga de Zapata, faire du snorkeling en face de Cueva los peces ou visiter l’élevage de crocodiles.

Voilà, il ne me reste plus qu’à remercier les loulous de s’être prêtés à l’exercice…

Le blog se développe plutôt bien ces derniers temps grâce à l’énergie de toute la famille, donc si l’article t’a plu, n’hésite pas à le mettre au chaud dans un tableau pinterest, à t’abonner ou à nous suivre sur Instagram, je m’y suis enfin mise après des années de résistances pour y poster les nouveautés du blog.

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Tu peux aussi nous suivre sur notre page FB toute fraîche :

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Alors maintenant que tu sais où nous retrouver, à très bientôt j’espère 😉

40 et quelques idées de balades dans un rayon de 100 km autour de Marseille

Se déconfiner nous oblige à jouer les touristes dans notre propre région. Alors que les week-ends de l’ascension et de Pentecôte approchent à grand pas, je vous propose quelques idées de balades classées par thèmes pour aller changer d’air, même punis de mer.

Redécouvrir la ville

On la connaît trop bien, on y vit, parfois elle nous sort des yeux et pourtant, elle peut avoir plein de petites merveilles à nous proposer pour passer une belle journée.

Et si on s’imaginait, le temps d’une journée, débarquer de l’un de ses gros paquebot de croisière et découvrir notre ville comme des touristes.

Allez viens, met ton plus beau bob, ta banane et tes lunettes de soleil, on va se faire une virée aux pieds de la Bonne Mère…

  • Visiter la cascade des Aygalades ❤️
  • Grimper à l’oppidum de Verduron (on nous en a parlé avant le confinement et on va se dépêcher d’aller le découvrir. Il parait que la vue est magnifique !)
  • Regarder la mer depuis le village de l’Estaque, ses petites rues et sa vue sur la mer, manger des chichis et des panisses ❤️
  • Se rafraîchir sous les arbres de la campagne et les collines Pastré
  • Se poser au calme et rencontrer des artistes au couvent de Levat à la Belle de Mai ❤️
  • Replonger dans l’univers de Pagnol au château de la Buzine ❤️
  • Jouer les touristes sur le Vieux Port
  • Balader dans le Panier
  • Continuer l’immersion Pagnolesque dans le village de la Treille
  • Marcher le long de la Corniche
  • Descendre au Vallon des Auffes et balader à Endoume
  • Flâner au cours Ju’

Envie de nature ?

Je ne sais pas toi, mais plus de 50 jours enfermés à la maison nous ont donné des envies de verdure. Si comme nous te balader à la campagne ou en forêt t’a beaucoup manqué, voici quelques idées de sorties autour de Marseille et dans le département.

Tu pourras trouver plus d’infos sur les conditions d’ouvertures sur les sites suivants :

https://www.departement13.fr/nos-actions/environnement/parcs-et-domaines-departementaux/parcs-et-domaines-departementaux/

http://www.calanques-parcnational.fr/fr

http://parcornithologique.com/

le site du bureau des guides du GR 2013

  • Le massif de l’Etoile
  • Les collines du Garlaban
  • Le domaine de la Nègre à Château Gombert ❤️ il est tout en fleur en ce moment, ça vaut le détour
  • Le domaine de Pichauris (Allauch)
  • La Vallée de St Pons ❤️
  • Le domaine des Marres à Simiane et sa ferme pédagogique ❤️
  • Le massif de la Sainte Baume
  • Le massif de la Sainte Victoire
  • Le site des Encanaux à Auriol ❤️
  • Le GR2013
  • Dès leur réouverture : le Parc national des Calanques et le parc ornithologique du Pont de Gau
  • Les marais de Camargue ❤️
  • Sillans la Cascade ❤️
  • Les carrières d’ocres de Roussillon
  • Le Mont Ventoux

Petites villes et jolis villages

Alors que la vie a repris son rythme de folie en ville, tu as envie de te ressourcer dans le calme et la tranquillité d’un village perché ? On n’a que l’embarras du choix, du Lubéron à l’arrière pays varois en passant par le Pays d’Aix. Tu trouveras sûrement un endroit à découvrir ou à redécouvrir.

  • Jouques (ne pas manquer le plateau de Bède et ses champs de coquelicots) ❤️
  • Le Castellet
  • Miramas le Vieux ❤️
  • Les villages du Luberon ❤️
  • L’arrière pays varois ❤️
  • Cassis ❤️
  • Les canaux de Martigues
  • Manosque
  • Les Saintes Maries de la Mer

Passion patrimoine

Musées et bibliothèques n’ont peut être pas encore tous rouvert leurs portes mais tu peux toujours flâner à la recherche de merveilles architecturales. N’oublie pas avant de programmer ta visite de vérifier les sites de chaque édifice. Certains affichent encore une fermeture jusqu’à nouvel ordre, ne spécifiant par encore d’horizon pour leur réouverture au public. Ce serait ballot de faire le trajet pour rien…

  • Une virée à Arles sur les traces de Van Gogh ou des romains ❤️
  • Avignon et son Palais des Papes ❤️
  • Aix en Provence, sa Cathédrale et l’atelier Cézanne ❤️
  • Les Baux de Provence
  • Vaison La Romaine
  • Et dès leur réouverture : les abbayes provençales : Sénanque, Silvacane le Thoronet et Montmajour ❤️

Ce ne sont que des idées jetées comme ça de choses que l’on a adoré ou que l’on testera très bientôt. N’hésite pas à en rajouter en commentaire si tu en as d’autres… On te souhaite de belles nouvelles aventures…

N’hésite pas à partager l’article si tu l’as trouvé intéressant et nous retrouver sur instagram et sur notre page FB.

A bientôt 😉

En route pour Cuba – ép. 4 : de La Havane à Remedios

Des kilomètres, un lieu mythique et une soirée improbable…

Voilà, ça y est on est prêt à quitter le presse citron de La Havane pour aller retrouver un peu de jus à Trinidad. La distance entre les deux villes n’est pas énorme, mais ce sont beaucoup de petites routes alors, l’équipe de Malecòn 663, nous a prévu une petite étape à Remedios avec en prime, un arrêt à Santa Clara pour saluer el Comandante.

Samedi 13 avril

Dernier petit déjeûner à Malecòn 663. On prend des forces pour cette longue journée de voiture, puis on salue G. qui n’a de cesse de bisouiller les garçons qui ne demandent pas mieux. Vers 10h00, la voiture arrive et on retrouve C. le chauffeur qui nous a conduit à Viñales et notre super voiture de ministre qui entre temps a pris un petit coup de jeune. À Cuba, les voitures sont certes des pièces de musée, mais à part leur carrosserie, certaines n’ont plus grand chose d’origine.

On quitte rapidement la ville pour la autopista nacional en direction de Santa Clara. Ce soir nous dormirons à Remedios, une petite ville de la province de Villa Clara à 3h00 de la capitale. C., toujours aux petits soins, recueille nos impressions sur La Havane, pas plus étonné que ça.

Avec wanderlustdad, ils débrieffent notre visite à Regla. Il nous parle de son orisha, Elegua, associé dans la Regla de Ocha à Saint Antoine de Padoue ou au Saint enfant d’Atocha, avec ses couleurs le rouge et le noir (mais pas comme chez Stendhal, n’est-ce pas ?), il protège le voyageur, celui qui est en chemin, il est le messager. Pour lui qui est toujours sur la route, ça tombe à pic. Peut être serait-il notre protecteur à nous aussi, la wanderlust family ? On est assez curieux de tout ça avec wanderlustdad, car la musique et la danse sont au centre des cérémonies religieuses, et ce sont elles qui ont donné naissance à la rumba et plus tard à la salsa. Alors, Elegua, Chango, Yemaya… nous on les a dans les oreilles depuis un bail et on est ravis de faire leur connaissance d’un peu plus prêt…

En recherchant, un bon vieux morceau de salsa dédié aux orishas sur youtube, pour t’illustrer mon propos, je viens de tomber sur ça… C’est un peu différent de ce que je cherchais mais c’est une pure merveille de douceur, une découverte à creuser et qui va très bien avec le climat de douceur qui règne dans la voiture pendant que les petits essaient de retrouver des formes dans les nuages, que l’on observe à perte de vue les champs de canne à sucre et que l’on s’arrête pour aider un autre taxi en panne sur le bord de la route.

Mais comme chez nous c’est un peu comme en boite, deux salles deux ambiance, je te laisse aussi avec l’un des morceaux chouchous de wanderlustdad, dans sa version vintage (laissons tomber celle de Marc Anthony, l’ex M. Jennifer Lopez…), Hector Lavoe et Willie Colon c’est quand même plus la classe !!!

Bon c’est pas tout ça, mais parler ça creuse un petit peu. On s’arrête au Ranchon Te Quedaras, un petit restaurant au bord de l’autoroute pour une pause pipi, casse croûte. C. nous fait goûter aux galetas caseras cubaines, de petits biscuits salés. C’est super bon !!! En fond sonore, un monsieur joue de la guitare. Sur le parking, un bus sans âge s’arrête, il est peut-être aussi vieux que les vieilles américaines que l’on a pu prendre comme taxi. C. nous dit que c’est un bus pour les cubains, une espèce de taxi collectif géant, sans clim, dont les gens sortent en agitant des éventails plus vite qu’Usein Bolt court un 100 mètres… On a beau être sur l’île depuis une semaine, mais j’ai encore beaucoup de mal à me faire à cette différence de statut entre touristes et locaux, et je pense que je ne m’y ferai pas du tout…

On reprend la route en direction de Santa Clara, car qui dit voyage à Cuba, dit aussi visite au Mémorial du Che. Que le personnage nous soit sympathique ou pas, il n’en reste pas moins ici une figure de la Révolution l’un des pères de la patrie avec Fidel Castro et Camillo Cienfuegos et plus de 50 ans, le mythe reste entier. L’icône de la photo d’Alberto Korda est omniprésente, et en fait l’un des souvenirs à ramener de l’île. L’arrêt devant le mémorial sera bref, wanderlustminischtroumpf dort et wanderlustgrandschtroumpf s’en bat le derrière de l’oreille avec une chaussette… Ils sont encore un peu petits pour s’intéresser à tout ça, même si ils nous questionnent fréquemment sur ces messieurs dont on retrouve le portait partout. Il fait très chaud lorsque l’on sort de la voiture.

Le Mémorial impressionne, par son architecture brute, ses bas-reliefs et sa monumentale statue du Che. Hommage y est rendu aux morts de la bataille de Santa Clara, tournant de la révolution. À ce moment là, le Che n’est déjà plus le médecin idéaliste qui traversait l’Amérique Latine à bord de la Poderosa dont j’admirais adolescente les Carnets de voyage (et la version cinématographique avec Gael Garcia Bernal) mais il n’est pas encore le boucher de la Cabaña. Certains trouvent que les dernières photos du Che après sa mort en Bolivie, lui donnent un air de Christ. Une chose est sure, ici on en a fait un saint. Ici, pas une trace du côté obscur du personnage, comme dirait l’autre ici il ne reste que la clarté… On remonte dans la voiture et on reprend la route en direction de Remedios ¡ Hasta Siempre Comandante !

La route vers Remedios devient moins fréquentée. Il faut dire que la ville n’est pas bien grande et que la période des Parrandas, fin décembre, qui lui valent sa renommée est terminée depuis longtemps et les fêtes de la Saint Jean ne sont qu’au mois de juin. Nous sommes donc en pleine période creuse. Nous découvrons donc une petite ville tranquille, à l’architecture coloniale, avec sa grand place, son église, ses arcades. Je suis franchement désolée pour la luminosité des photos qui est vraiment toute pourrite, comme dirait mon fils, mais tu la vois la belle averse tropicale qui se prépare ?

Cette ville, elle me donne l’impression de débarquer dans un décor de cinéma, un décor de western des années 50. On pourrait s’attendre à voir Zorro surgir sur son cheval à chaque coin de rue. Dans les ruelles, les joueurs de dominos ont sorti des tables et les voix montent… Les rues de Remedios ont des accents de partie de cartes de Pagnol, l’histoire est toujours la même où que l’on se trouve. Quand on joue, c’est du sérieux…

Le tour de cette charmante ville est tout de même vite fait, d’autant qu’il commence à pleuvoir. Comme à Cayo Levisa, lorsqu’il se met à pleuvoir, ce n’est pas pour rire. La gardienne de la Casa de la Cultura nous propose de venir nous abriter à l’intérieur. A. est une toute petite dame d’une cinquantaine d’année pleine d’énergie et toute dévouée à son travail. Elle nous fait visiter le bâtiment et nous présente les activités qui s’y conduisent, tout ce qui s’y fait pour les enfants, elles nous montre les photos des spectacles et les réalisations des petits et des grands. Il nous viendrait difficilement à l’idée de pousser spontanément la porte de l’un de ces établissements, qui ressemble à nos MJC et pourtant, la visite, bien entendu, tout en espagnol est très riche culturellement. D’autant qu’elle nous offre une alternative à la soirée que nous imaginions déjà assez morne, coincés par le mauvais temps dans la chambre de notre casa. Ce soir à la casa de Cultura, se tient un concert de musique traditionnelle… Ça ne coûte de revenir voir plus tard.

En attendant, on rentre donc à la casa qui va nous héberger pour la nuit. On est assez loin des atmosphères cosy et agréables que l’on a connu au début du séjour. Je continue ma métaphore cinématographique ici, point de Zorro mais un décor de telenovela kitsch à souhait avec une hôtesse qui vous sert une soupe à la grimace en guise de bienvenue. Pas besoin de lui faire de la mauvaise pub en affichant le nom de l’établissement, des casas à Remedios y en a pas 36 et il n’y en a qu’une où les avis comparent la patronne à Soeur Sourire… On fait assez peu cas des commentaires quand on va sur tripadvisor d’ordinaire mais là, force est de constater que l’on se retrouve face à une matronne échappée des Feux de l’amour, toute fière de montrer toute sa collection d’argenterie et de vaisselle… Quand wanderlustdad, toujours prems à mettre les pieds dans le plat, lui a demandé si l’entrée était un musée, elle a failli le mordre… D’autant plus qu’on l’a achevée en lui disant que l’on préfèrerait manger dehors et pas dans son salon XVIIIè. Tu parles avec nos deux bébés éléphants je n’aurai pas donné cher de son magasin de porcelaine. J’aurais passé tout le repas en apnée. On sort donc manger des sandwichs sur la place et boire un petit coup à la Taberna de los 7 Juanes en attendant l’heure du concert…

A. nous a gardé des places tout devant, elle est vraiment trop chou. Nous, on lui a ramené tout le matériel scolaire que l’on avait amené dans notre valise dans l’hypothèse où l’on irait visiter une école. Avec elle, il sera entre de bonnes mains. Si pendant votre séjour à Cuba vous avez l’occasion de passer par Remedios, n’hésitez pas une seconde à aller la voir à la casa de Cultura. C’est un personnage ! Le concert commence à peu prêt à l’heure… Moyenne d’âge de la salle ? au-dessus de 60 ans… Mais ils sont mignons ces papis et mamis nostalgiques qui reprennent en choeur les boleros de leur jeunesse les yeux plein de souvenirs… Certains s’endorment aussi sur la balustrade, signe que le marchand de sable n’est pas loin de passer, d’autres ne peuvent s’empêcher de danser sur leurs chaises ou dans des petits coins. C’est le cas de A. qui ne tient tellement plus qu’elle vient inviter wanderlustdad…

Il lui avait promis une danse, impossible de se dérober. La chanteuse démarre un classique de Gilberto Santa Rosa quand elle vient le chercher. La vidéo de ce moment est un dossier classé secret défense, mais je peux t’en faire un petit résumé. Il joue les stars sur la piste avec une A. en folie, la moitié des spectateurs a sorti son portable pour filmer ce drôle de touriste à casquette, il a dû finir sur fesse de bouc c’est sûr ! Les moments comme celui-ci me laissent rêveuse… C’est tellement improbable. L’après-midi tu t’abrites sous un porche pour éviter de finir trempé comme une soupe et le soir tu finis par danser avec des gens que tu ne connaissais pas le matin même et que tu ne reverras jamais. La magie de la musique et des vacances !!!

À la fin du concert, on nous présente L. petite mamie, octogénaire, qui félicite wanderlustdad pour son déhanché alors que je l’ai vue danser sur de la rumba avec le charme toujours intact de ses 20 ans. Laisse tomber, moi je signe avec les mains, les pieds et même les trous de nez pour danser comme elle a son âge. Elle était tellement belle ! Légère ! Gracieuse ! J’ai toujours eu une affection particulière pour les visages marqués par le temps. J’ai passé nombreuses de mes vacances d’adolescente dans le Sud Italie à sillonner des villages perdus dans les montagnes à la recherche de ces petites mamies que l’on voit sur les cartes postales. J’en ai fait de nombreux portraits. Ce soir, mon appareil photo est resté à la casa, je suis dégoûtée, j’aurais tellement aimé ajouter la douceur du sourire et le swing de cette Mémé Rumbera à ma galerie. Tant pis de toutes façon, elle est gravée dans ma mémoire.

Cette nouvelle soirée, complètement improvisée a été totalement surréaliste, fera partie de nos meilleurs souvenirs de Cuba, de ces belles rencontres qui rendent les voyages uniques. On va donc se coucher tous un peu euphoriques.

Demain nous mettrons le cap sur Trinidad pour trois jours immergés entre nature et culture.

À bientôt 😉

En route pour Cuba – épisode 3 : La Havane

La Havane… ENFIN !!!

Me voilà de retour pour un article que j’ai eu un peu de mal à écrire, pour plusieurs raisons je pense. La première, c’est que nous avons passé 4 jours et 3 nuits à La Havane, et ça en fait des choses à raconter. La deuxième, c’est que je préfère écrire sur ce que j’aime et La Havane, alors que j’en rêvais depuis des années, m’a laissée un souvenir plutôt mitigé. Je te laisse découvrir ça après.

(Voix off de série télé on) Précédemment dans « En route pour Cuba »… (Voix off de série télé off)

Nous avons essuyé une tempête tropicale sur Cayo Levisa, île-hôtel qui a été loin pour nous d’être à la hauteur du rêve qu’on nous avait vendu. Nous avons finalement, après un suspense digne des pires blockbuster catastrophe américain, pu retrouver avec soulagement la terre ferme et nos hôtes merveilleux pour une fin d’après midi mémorable et un repas gargantuesque. Je t’avais laissé alors que nous allions nous coucher avec des étoiles plein les yeux après une soirée magique au clair de lune de Palma Rubia.

Mercredi 10 avril

Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes réveillés tôt par le soleil qui passe à travers les persiennes. On finit de boucler les valises et de régler quelques affaires avant d’aller petit déjeuner. Là encore, nous avons été plus que gâtés. La table est pleine, et pour ce dernier repas chez eux, O. et Y. ont tenu à ce qu’ils soit mémorable. On ne boude pas notre plaisir de pouvoir manger des ananas et des mangues qui ont nettement plus de goût que ce que l’on trouve toute l’année chez nous, le frère de O. nous fait aussi découvrir el fruto del dragon, un fruit exotique énorme et plein de piquants que l’on utilise pour les glaces et les jus de fruits. Oreja, le chien est toujours en bonne place au cas où quelque chose finisse par tomber.

On est tous vraiment triste de quitter cet endroit, les garçons s’y sont faits des copains et nous, on s’y sent vraiment bien, mais il est temps de commencer à se dire au revoir. Le taxi va bientôt arriver. On prend quelques photos souvenirs, on échange des contacts pour prolonger la magie de cette rencontre, les garçons laissent quelques petits cadeaux à leurs copains et en retour, O. nous tend un énorme sachet avec les mangues du jardin pour que l’on pense à eux pendant le reste du voyage. C’est tellement gentil !

C’est donc l’oeil un peu humide qu’après de nouvelles embrassades, on charge la voiture et on monte dans le taxi. On en a à peu près pour 2h00 de route pour arriver à la Havane, la majeure partie sur des routes de campagnes. On croise tout de même quelques petites villes. Bahia Onda s’agite dans tous les sens, on y croise des écoliers en uniformes, des jeunes qui jouent sur le terrain de base-ball, des anciens qui vendent sur le pas de leur porte, des mamas qui font des courses. L’ambiance a l’air drôlement chouette, les animaux sont en liberté et un cochon n’a rien de mieux à faire que tenter de se suicider sous les roues de la voiture… C’est vraiment sympa de passer par les itinéraires bis. À la sortie de la ville, on roule pendant des kilomètres au milieu de la végétation, quelques bohios, les cabanes traditionnelles, avec leurs rockings chairs.

À un embranchement B., notre chauffeur prend la route de Las Terrazas. Sacrifié, on le sait désormais à tort, sur l’autel de Cayo Levisa, nous avions fait une croix sur l’éco-village de las Terrazas. Ce sera avec El Nicho, l’un de mes plus grands regrets. On n’en avait pas parlé dans la voiture, mais quand il tire le frein à main pour aller faire une pause pipi au bar du village, je suis joie !!! Même si on a pas le temps de faire une randonnée ou de visiter le musée du regretté Polo Montañez, on a au moins le temps de se remplir les yeux avec cette verdure.

Au bar, un groupe joue le X-ième Chan Chan du séjour, à croire que leur CD du Buena Vista Social Club est resté bloqué en mode repeat one, sur cette chanson. Moi, dans ma bulle, je voyage dans le temps, les copains me rejoignent et c’est celle-ci que j’entends…

3 cafés et deux sodas cubains plus tard, on reprend la route vers La Havane. On quitte bientôt la verdure de Las Terrazas pour rejoindre la autopista nacional. B. nous raconte un peu sa vie, c’est l’avantage de parler espagnol. Il nous raconte qu’il a tenté l’aventure à l’étranger, et qu’il y serait bien resté si il n’avait pas dû rentrer s’occuper de ses parents. Là encore, il nous raconte à demi-mots le côté obscur de l’île, les interdictions pesant sur la population quand les touristes ont tous les droits, les monopoles d’état sur la viande de boeuf et sur la langouste qui peuvent amener en prison l’agriculteur ou le pêcheur qui oserait détourner pour sa consommation personnelle le fruit de son travail ou de sa pêche… Bref, nous on continuera à manger du poisson ou du poulet…

C’est sur ces considérations que le Che nous salue Plaza de la Revoluciòn et que l’on arrive à proximité du Malecòn. Notre casa, est dans Centro Habana, avec vue directe sur le front de mer. Un pélican nous accueille sur le muret, comme pour nous souhaiter la bienvenue. C’est quand même plus classe que les mouettes du Vieux-Port… Nous saluons B. et arrivons déposons nos valises dans le hall de la casa. Ici, c’est une autre ambiance.

Malecòn 663 est une casa très particulière, très impliquée dans le milieu artistique de la capitale. Pendant notre séjour, elle accueille d’ailleurs une installation de la Biennale d’art contemporain de La Havane et des soirées. Elle a été ouverte il y a assez peu de temps, dans un vieil immeuble de la façade maritime entièrement renové, on y trouve un peu de wi-fi, une décoration vraiment soignée dans le moindre détail et un rooftop avec une vue à couper le souffle sur le Malecòn. Pas que cela nous ait manqué mais cela nous permet d’appeler nos familles qui n’ont de nos nouvelles depuis le début du séjour que par SMS. Nous sommes pris en charge par K., un petit bout de jeune fille, d’une douceur digne d’un bonbon. Elle nous fait visiter notre chambre, pendant trois nuits, le séjour à La Havane s’annonce sous le signe de la Dolce Vita… Mon jukebox intérieur appelle Camilla Caballo à travers la voix de Madilyn Bailey…

Jusqu’à ce que je sente une grande démangeaison sur mes jambes et que je baisse les yeux… HORREUR !!! Le karma est de retour ! On dirait que j’ai la varicelle ! Des pustules de partout qui grattent comme jamais !!! Dans l’article précédent, je vous racontais comment je m’étais régalée à jouer les petites sirènes sur la plage alors que le mauvais temps se levait… Moment rêvé pour les puces de plage pour faire leur entrée… Donc, voilà, c’est cool, je ressemble à Madame Mim à la fin de sa battle avec Merlin dans Merlin l’Enchanteur. On pourrait jouer au morpion sur mes jambes, que je m’arracherais tellement j’ai mal, et il faut faire avec les moyens du bord avec les médicaments que l’on a porté… Deuxième effet kiss-cool !!! Parfait ! Heureusement, je suis la seule à avoir été attaquée, les garçons se portent bien, mais je peux dire adieux aux shorts et aux petites robes (c’est ballot, il n’y avait à peu près que ça dans ma valise !!!)

Finalement, après une lessive, un grignotage et une petite sieste afin de faire passer le gros de la chaleur du début d’après, on part à la découverte de la ville, un peu à l’aveuglette et à pieds. Un clocher se détache au dessus des habitations à quelques pâtés de maisons de la casa. Après tout, pourquoi pas, le centre ville peut attendre. On remonte donc une petite rue bordée de petits immeubles délabrés avant d’arriver sur l’avenue Simon Bolivar. Le clocher qui, sans que nous ayons regardé la carte, nous a appelé, un peu comme un phare appelle les marins, c’est celui de la Iglesia de San Ignacio. Hasard ou coïncidence, nos pas en voyage nous amènent souvent dans des édifices consacrées à ce saint… Dans cette église néo-gothique du début du XXè siècle se croisent catholiques et pratiquants de la santerìa, tout de blanc vêtus. Le calme de l’intérieur de l’église contraste avec le bruit de la rue.

En sortant de l’église, on prend la direction du centre en descendant la calle Salud. Le nom de cette rue, me parle, il sonne comme familier. Mais oui, bien sûr, c’est le titre de l’un des derniers albums de Compay Segundo. De ceux que j’ai écouté jusqu’à le connaître par coeur, jusqu’aux transitions entre les morceaux. Il y règne une ambiance de ville du Sud, de l’Europe, de la musique, tout le temps, des gens dehors, des étals. Mais l’atmosphère suranée des titres de Compay Segundo est en passe de laisser sa place dans la Calle Salud. Le linge pend toujours aux fenêtres, on prie toujours les orishas devant des autels domestiques, on roule toujours quelques cigares sur le pas de sa porte, mais on surfe aussi sur la vaguelette du wi-fi qui passe légèrement dans la rue et les basses du reggaeton de Gente de Zona est en train de remplacer le son du tres.

Rien de tel que la flânerie pour prendre le pouls d’une ville. Et La Havane, pulse, elle bouge tout le temps. Les quartiers que l’on traverse ne sont pas des quartiers à touristes. Dans les églises que l’on visite, des familles viennent présenter leurs nouveaux nés, ou allumer des cierges… On assiste à des scènes du quotidien, à ces attroupements près des places pour trouver un spot de wi-fi. On traverse Dragones et le quartier chinois avant de se retrouver devant le Capitole, ses grands hôtels et sa concentration de voitures anciennes qui te vendent la visite de la ville en vieille américaine.

Si jusqu’à présent, nous avions été assez peu sollicités. En moins de 5 minutes, on nous a proposé de visiter Habana Vieja, en taxi, en calèche, en vieille américaine, en coco-taxi, en bici-taxi, il manquerait plus que la balade à dos d’âne et on aurait fait la quine et le carton plein. On nous a proposé d’aller manger des tapas alors que c’est l’heure du goûter et de goûter à trois endroits différents au meilleur mojito de La Havane. Aurait-on le mot pigeon subitement tatoué sur le front ? Devant la vitrine du Floridita, je ne peux m’empêcher de vérifier. Je frotte pour faire partir toute trace potentielle, sait-on jamais…

Ici a englouti des doses et des doses d’alcool le grand Ernest Hemingway. Il tenait tellement bien le comptoir que quand il a quitté l’île, une statue a été posée à sa place, juste à côté du barman. Ici c’est le temple du Daïquiri. Alors je veux bien te croire sur parole mon Ernest, j’aurais pu l’aimer tel que tu l’as connu mais aujourd’hui c’est surtout une usine à touristes, une machine à fourguer du Daïquiri à flots à toute heure de la journée et à encaisser des CUC par brassées parce que « Ernest was here »… Quelle tristesse, tu es devenu un vulgaire élément de marketing… Il est l’heure du goûter et il n’y pas l’ombre d’une place, on fait donc comme les petites marionnettes, trois petits tours et on s’en va…

Il fait tout de même très chaud, alors que l’on met le cap sur Calle Obispo, on trouve un petit glacier où l’on peut payer en monnaie nationale. Le choix des parfums est sommaire mais c’est bien suffisant pour rafraichir toute la famille.

Calle Obispo est une rue commerçante, avec toutes ses couleurs et ses groupes qui jouent dans tous les bars, je te laisse deviner quoi… C’est un endroit où se mixent cubains et touristes. On y trouve un petit marché d’artisanat, des bouquinistes et vendeurs d’affiches en tous genres. La sérigraphie est un art très répandu à La Havane. Coté bouquins par contre, pas de quoi faire des folies. Juste les quelques publications autorisées par l’Etat.

À la recherche d’une affiche pour notre séjour, on tombe sur une sérigraphie du concert des Stones à La Havane en 2016. On tient notre souvenir ! J’imagine même pas la folie que ça devait être ces jours là avec les Papis du Rock dans la Capitale ! Seul exemplaire de la boutique, on a l’impression d’avoir trouvé une pièce rare… Tu parles, on n’a pas fait 10 mètres que l’on trouve la même chez un autre marchand 5 fois moins cher… #paietatetedepigeon. On continue notre tour dans Habana Vieja, des artistes de rue défilent, des dames en costume proposent de poser sur des photos aux touristes qui passent, on se fait arrêter par un groupe de mariachis (ah mince on me souffle dans l’oreillette qu’on est pas à Mexico, le principe est le même pourtant…) et un couple nous aborde en italien pour nous proposer de nous inviter, à nos frais bien sûr, boire le meilleur mojito de la ville à la Bodeguita del Medio, le grand classique du jinetero dont on te rebat les oreilles à longueur de guide touristique… Bon visiblement, je n’ai pas frotté assez fort, c’est toujours écrit, à moins que ce ne soit tatoué à l’encre invisible.

On commence à se poser sérieusement la question lorsque l’on pousse la porte d’une petite cour. De la grille, on a vu que c’était aussi un magasin d’affiches. Le vendeur, A. a visiblement envie de parler, c’est un étudiant en théologie, qui a encore une fois beaucoup à dire sur Cuba. Cette petite pause, qui durera quasiment une heure, est culturellement très riche, il nous parle des rites de la santerìa, du fonctionnement des cartes de rationnement, de ses recherches généalogiques pour retrouver un ancêtre espagnol afin d’avoir un visa de sortie et partir pour l’Europe. Avec beaucoup d’humour, il met des mots sur les situations que nous venons de vivre et qui nous énervent un peu depuis tout à l’heure. « Lorsque tu arrives à La Havane en tant que touriste, tu perds ta condition d’être humain pour devenir un citron, à presser jusqu’à ce qu’il n’ait plus de jus… ». Ah ben voilà, tout s’explique !!!

Je sens que la Dolce Vita, à la Havane que on l’avait imaginé va s’annoncer un peu moins fun que ce qu’on pensait, compte tenu du fait que la planche à billet n’est pas infinie… Il va falloir reprendre les bons vieux réflexes de vigilance et redescendre vite fait de notre nuage du pays des Bisounours dans lequel on a vécu depuis le début du séjour. Bien sûr, il y a eu la fois, où à Viñales, les guides ont fait durer l’excursion plus longtemps pour gagner plus ou se sont fait inviter et ont sûrement récupéré une petite commission après mais jamais rien n’a été fait en nous forçant la main. Là, on a juste l’impression d’être des distributeurs de cash sur pattes.

On en est presque à 10 km de marche, et on décide de rentrer vers la casa, si les garçons marchent gentiment depuis le début de l’après midi, il a fait très chaud et les réserves d’eau sont en train de baisser. On finit notre visite de Habana Vieja en rentrant par El Paseo del Prado, sur la longue promenade, il y a de nombreux artistes qui vendent leurs créations. Quelques musiciens et danseurs de hip hop se sont aussi installés. De petites flamencas, justaucorps, jupes longues et fleur dans les cheveux rentrent de leur cour à la casa de Cultura. Sur le Malecòn, des couples se baladent, des pêcheurs attendent que ça morde à l’hameçon, les grosses américaines baladent les touristes alors que le soleil commence à tomber.

Quand on arrive, K. nous a préparé une clé usb avec des muñequitos, comme elle dit, des dessins animés classiques cubains à mettre sur la télé. Les garçons sont super contents et lui font un câlin avant d’aller s’effondrer sur le lit. Ils sont cuits et nous aussi. On en profite pour se reposer un peu avant d’aller manger.

On dinera sur le Malecòn, pas question de prendre un taxi, ni de faire des kilomètres, le restaurant la Abadia fera parfaitement l’affaire. On y mange plutôt bien, en plein air et il est assez bon marché…

Jeudi 11 avril

Ce matin, la journée commence par une petite grasse matinée et un petit déjeûner au soleil sur le toit terrasse. La vue y est vraiment magnifique et c’est presque un brunch tant il est copieux et varié.

À quelques mètres de l’hôtel, un bici-taxi nous propose d’embarquer avec lui. Nous avons déjà beaucoup marché hier et les garçons ne sont pas contre le fait de s’épargner quelques kilomètres pour se rapprocher du Habana Vieja. On se met donc d’accord pour 10 CUC de l’heure. Il est 10h30 passées… J. nous balade à travers les rue de Centro Habana, nous fait traverser le Prado, nous fait passer devant le musée de la Revoluciòn pour admirer la reproduction du Granma’, bateau mythique par lequel Fidel est revenu à Cuba pour mener la révolution. Il nous raconte sa vie et nous propose de nous arrêter nous faire goûter un mojito, il est un peu tôt, on dit qu’on préfère n’en prendre qu’un et le partager. Qu’à cela ne tienne, il revient 2 verres à la main, un pour nous, un pour lui et nous fait payer les deux verres… A partir de ce moment là, c’est à croire qu’il s’arrête à toutes les pierres pour faire passer le temps plus vite. Il nous propose de nous arrêter à nouveau à la Bodeguita del Medio, pour la magie du lieu, mais il ne faut pas exagérer. Cela ne fait que 3/4 d’heures mais la balade commence à nous taper sur le système.

Devant la Cathédrale de La Havane, on décide de couper court. On continuera à pieds. C’est là qu’il nous annonce qu’ayant dépassé l’heure, nous lui devons 20 CUC. C’est bien tenté Coco, mais j’ai regardé l’heure quand on est montés dans le taxi, tu as gratté un mojito, acheté sans demander un truc dont on ne voulait pas et essayé de nous le faire payer, on veut bien être sympa mais faut pas non plus nous prendre pour des nouilles… On lui paie donc ses 10 CUC, et on essaie d’aller retrouver un peu de paix dans la Cathédrale.Elle est magnifique… L’agitation de la place est vraiment loin, à peine passe-t-on le pas de la porte. Surtout que dans le secteur, de l’agitation, il y a en a aujourd’hui, la Biennale se prépare aussi dans le centre. Le recueillement y règne, mêlant cubains et touristes.

À la sortie, nous retournons sur nos pas, pour en direction de la Bodeguita del Medio, certes il y est trop tôt pour y boire un verre, mais l’endroit mérite quand même un détour plus calme que l’arrêt avec consommation forcée de tout à l’heure. Chacun y va de sa signature sur le mur comme pour dire, j’y étais. De près comme de loin, le rendu est assez joli. Les photos de célébrités affichées en font le Walk of Fame de la Havane… Et des stars qui sont passées par là, il y en a… Ce qui explique sûrement que bien qu’il soit encore relativement tôt, le bar soit déjà plein comme un oeuf et que les gens attendent dans la rue pour prendre un verre.

Ayant goûté à l’ambiance du temple du mojito de La Havane, on découvre les abords de la Plaza Catédral. Là encore, des dames en costumes d’époque proposent contre quelques CUC de faire une photo souvenir, les cafés et restaurants se remplissent. Un panneau aiguise notre curiosité : Taller de Arte Grafica. Comme je te l’ai déjà dit, La Havane est connue pour ses arts graphiques. Dans l’ateliers, grosses machines de sérigraphies côtoient des productions originales. Rien à voir avec ce que l’on peut trouver dans les boutiques pour touristes, le papier et l’encre sont de qualité supérieure, les productions sont signées et témoignent des idées de la Movida de La Havane, que l’on peut retrouver dans les bouquins de Wendy Guerra et Zoé Valdes (je t’en reparlerai dans ma booklist sur Cuba). C’est un petit lieu de vie, certains artistes ont installé des échiquiers pour se détendre entre deux dessins et deux clients. Un endroit vraiment sympa pour faire une pause, si tu aimes l’art moderne et contemporain. J’aurais pu y rester des heures…

On poursuit notre route en direction de Calle Obispo et la Plaza de Armas, on y croise de trop mignons petits chien errants, visiblement mascottes de je ne sais quelle institution avec leur petite pancarte qui rappelle leur prénom. On passe aussi devant l’hôtel Ambos Mundos, hôtel historique de La Havane et autre pilier du business Ernest à La Havane. Ici dans la chambre 511 ont vu le jour des classiques du XXè siècle. L’ambiance est ici assez tranquille, à l’ombre de la Plaza de Armas, un homme joue des airs traditionnels sur son tres.

Non loin de là trône, El templete, temple dorique qui fait office de mémorial de la fondation de la ville. L’année dernière, la capitale fêtait ses 500 ans… Dans le jardin, une colonne à l’effigie de Christophe Colomb et un grand ceiba accueillent le visiteur, ce n’est pas l’arbre originel, celui-ci a été planté dans les année 60. D’après la tradition que nous explique la gardienne des lieux, il faut faire trois fois le tour de l’arbre, exprimer un souhait et enterrer à ses racines une pièce. On se plie donc au rite, comme on jetterait une pièce en tournant le dos à la fontaine de Trevi. Puis on continue notre chemin vers le Castillo de la Real Fuerza et ses impressionnantes fortifications.

Longeant ensuite l’entrée du port de La Havane, nos pas nous mènent, vers un marché de bouquinistes et de curiosités. D’ordinaire, j’adore flâner dans les marchés de bouquinistes. Tu sais maintenant si tu suis le blog à quel point j’aime lire et j’aime les livres, mais les livres anciens, ont toujours eu un statut particulier pour moi. Un peu comme des vieux sages, avec leurs pages cornées, tâchées, qu’ils aient eu un propriétaire ou qu’ils soient passés de mains en mains, je me plais toujours à imaginer leur histoire et ce qui les a amenés ici, sur cet étal, en ce jour, prêts à être adoptés par une nouvelle famille. Ici, les candidats à l’adoptions se ressemblent tous cruellement, récits de pères de la révolutions, écrits de propagandes, affiches à la gloire de Fidel et du communisme, quelques sérigraphies revisitant de grands classiques du cinéma cubain ou américain, et de temps à autres, El Principito, Le Petit Prince, comme une rare concession à la littérature pour les enfants. A part une affiche, nous n’adopterons personne, bien que lisant l’espagnol, mais nous reviendrons plusieurs fois dans ce petit marché à ciel ouvert avec ses airs de village d’Astérix de la culture.

Nous continuons à avancer vers le port, vers le Terminal Sierra Maestra, là où arrivent d’énormes paquebots de croisiéristes. Ils sont nombreux à quai et les cars s’affairent pour récupérer les passager à débarquer pour une excursion express dans la ville et ses environs. Nous, on poursuit notre route vers le couvent de Saint François d’Assise, sur la place, les garçons jouent avec les pigeons en attendant que l’on entre dans l’église. La chaleur du midi approchant, on y trouve un peu de fraicheur bien appréciée.

À la sortie, les panneaux indiquent l’église San Francisco de Paula, on a déjà visité beaucoup d’églises depuis ce matin, mais celle-ci nous intrigue vraiment. Comment se fait-il que Saint François de Paule, saint d’origine calabrais, dont le sanctuaire se trouve à une cinquantaine de kilomètre du village d’origine de wanderlustdad, puisse se retrouver ici, à l’autre bout du monde ? Vu que pour la journée, nous sommes en mode va où ton coeur te porte, on se dit que c’est une bonne idée d’aller y faire un tour, en empruntant les petites rues. Au passage, on en profite pour se reposer quelques minutes au frais dans le square Umboldt, voir El Palacio del Gobierno, El Coche Mambi, un wagon du début du XXè sur Churraca qui a servi de voiture présidentielle, devant la mosquée de La Havane, le Musée Havana Club, la Cathédrale Orthodoxe… Au bout d’un petit kilomètre de marche, on trouve enfin l’église de San Francisca de Paula. C’est une église moderne aux vitraux ouvragés qui est loin du charme de celle de San Francisco de Asis.

On fera le chemin du retour vers le centre en passant par les ruelles de Habana Vieja. L’ambiance est vraiment pesante, à part les rares immeubles dont la réhabilitation est prise en charge par des fonds venues d’Arabie Saoudite, on a l’impression que tout est à l’abandon. Malgré quelques oeuvres de street art pour donner des couleurs au quotidien, on sent bien la misère dans cette partie de la ville moins fréquentées des touristes. Les gens sont dans la rue, essaient de vendre devant leur porte quelques cigares ou autres petites choses glanées ci et là au marché noir. Des enfants, derrière les fenêtres grillagés de leur appartement nous demandent des bonbons, que l’on a bien sûr oubliés à l’hôtel… À ce moment, comme à Palma Rubia et comme plus tard à Trinidad, je ne me sens pas vraiment à ma place. Pas à l’aise du tout… Heureusement que les bêtises des garçons qui jouent les acrobates sur les canons sont là pour nous changer les idées. De retour sur Calle Obispo, on trouve une sandwicherie qui fait des pizzas que l’on peut payer en moneda nacional, on s’installe dans un petit square pour pique niquer, comme on peut avoir l’habitude de faire quand on est en vacances et là encore, ce qui se passe autour de nous m’interroge. Ma petite voix me dit : « Tu voulais voir l’envers du décor, et ben voilà, tu es servie, La Havane nue et crue, sans ses artifices pour les touristes. Celle qui mendie pour arranger les fins de mois alors que l’on est tout juste le 11, celle qui arnaque pour gagner quelques pesos qui vit presque en cage et qui noie son chagrin dans le rhum… »

Il commence à faire très chaud et on a tous vraiment besoin de se remettre de nos émotions, on retourne en direction du Floridita et on prend un Coco-taxi pour rentrer à l’hôtel. C’est un moyen de transport sympa, un peu comme un triporteur, tout jaune, les schtroumphs ont adoré. Nous on a bien aimé aussi, si ce n’est que comme d’habitude, alors que la course avait été convenue à 8 CUC, le chauffeur n’avait pas la monnaie sur 10…

De retour à l’hôtel, on allume la clim, et on essaie de trouver un plan pour passer une journée du lendemain plus agréable, marre de faire le pigeon est d’être toujours sur le qui-vive pour éviter de se faire arnaquer. La Havane nous a déjà bouffés en 1 jour et demi. On a besoin de calme, de silence et de fraîcheur. Une virée à Las Terrazas apparait alors comme une évidence, impossible de réserver une place en car avec Viazul via leur site, il faut que l’on aille se renseigner à la gare routière. En prévision de tout cela, il faut aussi que l’on aille changer de l’argent à l’Hotel Nacional.

Vers 17h00, on part donc en mission, change et gare routière. K. nous hèle un taxi en bord de Malecòn pour nous conduire à l’Hotel Nacional et à la gare routière. Il nous propose une course à 30 CUC, bon Okay, soit, il va devoir attendre pendant que nous sommes au bureau de change. Arrivés sur le parking nous annonce qu’il faut en plus payer 5 CUC pour le stationnement alors qu’aucun panneau ne l’indique et qu’il n’y a pas de gardien. À l’intérieur sens que ça commence à bouillir… On prend toutes nos affaires et on se dirige vers le hall de l’hôtel. Tant sur le plan de l’architecture que des personnalités qui s’y sont succédées, ce Palace est exceptionnel. Entrer ici, c’est un peu comme entrer au George V. C’est vraiment magnifique ! Le change se situe près de la piscine, on y entre une personne à la fois, alors pendant que wanderlustdad se charge des formalités au guichet, nous de loin, on observe la piscine. Le lieu et l’ambiance ont un air de déjà vu, comme dans l’introduction de Dirty Dancing 2, Havana Nights, pseudo suite qui se passe en fait avant les événements du mythique Dirty Dancing de 1987 avec Patriiiiiiiick… Je sais pas si je suis très claire…

Enfin bref, je disais donc que tout ça ressemble étrangement à la scène d’ouverture de Dirty Dancing 2, des jeunes filles qui font bronzette et buvant des cocktails sur fond de musique cubaine… Si tu ne connais pas le film, tu ne perds pas grand chose, on est dans le classique de danse film cul-cul la praline, où la demoiselle fraichement arrivée des Etats Unis avant le début de la Révolution, vient prêter main forte au serveur cubain qui lui amène des Cuba Libre sous son parasol et devient sa partenaire pour un concours de danse. Evidemment, comme Jennifer Grey, au début, elle est aussi raide et gracieuse qu’un frigo américain, mais comme Patrick Swayze, qui y fait une brève apparition, Diego Luna est magicien et il parvient à la faire danser avec grâce et légèreté, le tout dans un temps record bien sûr… Ah la magie du cinéma, ça laisse rêveur… Parce que toi dans la vraie vie : 1/ tu peux bronzer sur le bord de la piscine, ça ne t’arrive jamais, 2/ Même avec le talent de danseur de Patrick, au bout d’une semaine, tu peux te gratter pour être la reine de la Rosa Negra, tu ressembles toujours à l’hippopotame de Fantasia quand tu alignes deux pas de mambo… Mais bon, la BO, bien qu’anachronique pour une histoire sensée se passer à la fin des années 50 est plutôt sympa. Je le pose là, en même temps que j’écris, ça va me détendre pour la suite, parce que notre journée en mode citron n’est pas terminée…

En effet, un oeil sur la piscine, perdue dans mes pensées, et l’autre vers le guichet, je dois tout de même vite revenir à la réalité, wanderlustdad je vois wanderlustdad recompter ses billets et essayer de se dépatouiller dans son itagnol (mélange d’italien et d’espagnol) approximatif, encore une fois, les employés du change essaient de l’estourbir. Il me dira après que si il n’avait pas recompté, on aurait perdu 100 CUC. Je continue à faire du yoga… Il va me falloir de la patience pour retrouver notre chauffeur de taxi qui lui aussi à l’air tout disposer à nous presser jusqu’à plus de jus. On paie donc les 5 CUC fictifs de parking et on repart en direction de la gare routière. Là encore, il nous propose de nous accompagner demain à Las Terrazas lui même, de nous arrêter acheter de l’artisanat chez un copain à lui, je ne peux même pas l’écouter d’une oreille puisque c’est moi qui traduit, mais à chaque fois que j’ouvre la bouche, je dois faire taire le Capitaine Haddock, qui est dans ma tête et qui est en train de jurer comme jamais. Non, je ne veux pas que tu m’emmènes à Las Terrazas et faire le pigeon toute la journée de demain, je veux juste aller à la gare routière me renseigner et rentrer à l’hôtel. Le trajet semble durer des heures. Arrivés devant la gare, il nous annonce que la course était un aller-simple, et que si l’on veut rentrer ce sera 20 CUC de plus. Je crois que la fumée me sort par les oreilles à ce moment là… On lui paie son dû et on lui dit au revoir… On rentrera à pieds, on n’est plus à 10 bornes près, ça nous calmera…

Bien entendu, au guichet Viazul, on nous annonce que les cars sont complets jusqu’au mardi suivant et que du coup, Las Terrazas demain, ce ne sera pas possible. Il va falloir chercher une autre option pour passer une journée tranquille loin des sentiers battus. K. sera, je suis sûre, pleine de ressources. En attendant, on avale les kilomètres sur les grandes artères, de la Plaza de la Revoluciòn. Ce soir, personne n’est d’humeur à aller assister au Cañonazo au Moro Cabano, tout le monde est énervé et fatigué. On s’arrête au Café Samantha, un dinner cubain, à deux pas de la casa, où pour 20 CUC on mange à 4. Les garçons des burger et nous de la roba vieja et de la fricassée de porc.

De retour à Malecòn 663, on raconte nos (més)aventures à K. Toute désolée, elle se propose même de nous trouver un plan de secours en taxi, mais le séjour est encore long, et on préfère éviter de se lancer dans une excursion à une bonne centaine de CUC la journée sans savoir ce que le reste des vacances nous réserve. Et vu le compte des dépenses à la fin de cette journée, mais vaut être raisonnable. Le train Hershey a fermé, quel dommage ! Elle nous conseille de sortir un peu du centre de la ville et de prendre la Lanchita et d’aller visiter Regla. Elle rejoint en cela ce que nous avait conseillé la gardienne d’El Templete, ce matin.

En fait, elle est plutôt contente que l’on soit rentrés plus tôt ce soir car c’est son dernier soir avec nous, les prochains jours elle sera de repos et nous laissera entre les mains de G., qui s’est occupée de l’organisation de notre séjour à distance. On parle de tout et de rien, elle nous raconte ses études, nous montre ses dessins magnifiques et nous parle de sa vie à l’extérieur de la casa. Elle nous raconte aussi qu’elle aime travailler ici, les gens sont sympas, elle a même rencontré Owen Wilson et quelques célébrités, qui ont séjourné ici pendant leur séjour à La Havane. On prend quelques photos et on échange nos contacts, les garçons lui font un câlin d’au revoir et on se quitte pour aller se coucher après cette journée qui semble avoir duré 36 heures.

Vendredi 12 avril

Aujourd’hui est un nouveau jour, on se réveille bien décidé à laisser derrière nous les mauvaises ondes et expériences de la veille. Le programme : s’éloigner du centre de La Havane sans claquer notre PEL (c’est à dire en utilisant nos pieds et les transports en communs) et traverser la baie pour aller rendre visite à Yemaya à Regla puis assister à la cérémonie del Cañonazo à 21h00 au Moro Cabaño, mais avant cela, il faut prendre des forces.

G. nous attend sur la terrasse avec le petit déjeûner. On a encore de quoi tenir jusqu’au goûter si l’on prend un petit en-cas à midi. On se régale toujours autant de la vue sur le Malecòn qui se réveille aussi. G. est très différente de K. Si K. était un petit bonbon, G. est un rayon de soleil. Aussi grande que K. était petite, aussi solaire que K. discrète, elle est déjà prête à croquer les garçons de bisous. Elle parle très bien le français. Elle a vécu en région parisienne pendant quelques années avant de revenir à Cuba. Nous avons pas mal discuté avant de nous rencontrer en personne, c’est elle qui a répondu, avant notre arrivée à la moindre de nos interrogations, et inutile de te dire qu’il y en avait. Elle a été d’une patience d’ange…

Elle valide notre programme de la journée et nous signale que La Biennale de La Havane ouvre aujourd’hui, en plus de l’installation devant la façade de la casa, il faut que l’on ouvre les yeux, des oeuvres sont cachées dans toute la ville. Quitte à se payer une randonnée urbaine, parce que de là où l’on est jusqu’au Muelle de Regla, il y a une trotte qui se compte encore en une bonne dizaine de kilomètre, autant qu’elle soit artistique. On a déjà repéré quelques pépites de street art hier, mais on n’est pas contre non plus un peu d’art contemporain, même si parfois on ne comprend pas tout…

Sur le Malecòn, les pêcheurs partagent leur espace avec les ouvriers qui déchargent des caisses entières et montent les oeuvres in-situ. Certaines commencent déjà à prendre forme, pour les autres, on aura la surprise plus tard. Au bout du Malecòn, nos pieds commencent à connaitre le chemin tous seuls, on remonte El Paseo del Prado et on coupe par Calle Habana, c’est un peu le chemin que l’on a pris la veille en bici-taxi mais sans sollicitations permanentes.

On repasse avec plus de tranquillité devant la Bodeguita del Medio, où l’on s’autorise un petit rhum à partager en deux pour ne pas être pompettes, puis on bifurque dans une traverse près de la Plaza Catedral, ça bouge, beaucoup, du monde partout qui entre dans le centre Wilfredo Lam, l’un des centres d’exposition de la Biennale de La Havane. Entre curieux et artistes présents pour l’occasion, ça en fait du monde… Il est assez difficile de se frayer un chemin pour accéder aux oeuvres et les garçons ne comprennent pas tout. Pour éviter d’en prendre un en cour de route, on quitte donc le centre. Peut-être pourra-t-on revenir une autre fois, quand la foule sera passée, profiter des toiles de l’un des maîtres du surréalisme cubain, de l’un de ceux qui ont côtoyé Picasso sous l’occupation allemande et à qui Zoé Valdes concède plusieurs passages de Sa femme qui pleure, de l’un de ces nombreux artistes qui ont pris la voie de l’exil…

Comme la veille, on remonte Calle Obispo, on longe la Plaza de Armas, on remonte par les quais cette fois-ci vers el Muelle de Habana Vieja. L’embarcadère est plutôt sommaire, la traversée coûte quelques CUC et à bord du bateau, on doit être à peu près les seuls touristes. La lanchita, sert surtout aux habitants de l’autre côté de la baie à regagner le centre de La Havane. Beaucoup traversent avec leur vélo. La traversée n’est pas très longue. On est à Regla en quelques minutes.

Regla est une municipalité de La Havane, elle est divisée en trois quartiers, Guaicanamar, Casablanca et Loma Modello. On aura l’occasion de visiter ce soir l’autre quartier. Nuestra Señora de Regla, vierge noire d’Andalousie, protectrice de La Havane nous accueille quasiment à l’arrivée. Mais ici ce n’est pas tant la vierge que l’on vient prier si l’on en croit le nombre de fidèles vêtus de blanc. Ici c’est à Yemaya que l’on rend grâce. Ici tenue correcte exigée, une dame à l’entrée tend aux demoiselles trop dénudée un petit morceau de tissu pour se couvrir épaules et nombril. L’église est pleine, beaucoup plus que les autres que l’on a pu visiter jusqu’à présent. Et devant la statue de la Virgen de Regla, il règne un grand recueillement. Yemaya, dans son manteau bleu, veille.

A la sortie de l’église, en attendant le prochain bateau, on se balade un peu dans la rue principale de Guaicanamar. L’ambiance est très différentes de celle que l’on a pu connaître ces derniers jours. Ici, chacun vaque à ses occupations sans se préoccuper de nous. Il n’y a pas de vieilles américaines, pas de taxi jaune, quelques taxis noirs, payables en monnaie nationale. Les gens se baladent à vélo ou à pieds ou travaillent sur le pas de leur porte. On ira pas beaucoup plus loin pour ne pas râter le bateau, mais on retrouve ce que l’on a pu voir dans les environs de la casa.

Il est près de midi lorsqu’on embarque sur la Lanchita pour regagner le centre de La Havane. Comme la veille, ayant bien déjeûné, à notre arrivée de l’autre côté on grignote deux bricoles et on s’installe aux tables du glacier Los Marinos en face de l’embarcadère. Il est payable en CUC et en monnaie nationale, on est quasiment les seuls, il y a pas mal de choix, même si le goût est loin des classes à l’italienne que l’on peut connaître. Cette petite pause nous permet de regagner un peu d’énergie pour rentrer à la casa. On commence à être KO.

On retourne en direction de Parque Central par des ruelles improbables. Les portes entrouvertes nous laissent apercevoir des tranches de quotidiens. Prières aux orishas, cuisine ou simplement farniente devant la télévision, la vie s’écoule tranquillement loin du tumulte des rues plus commerçantes. Nos pas nous emmène sur Plaza Vieja à qui la Biennale a donné des faux airs de Japons avec ses koi nobori, tu sais, ces manchons à air en forme de carpe. C’est du plus bel effet ! Sur le Prado aussi, l’art est à l’honneur, malgré la chaleur du début d’après midi, les artistes profitent du public de la Biennale. Nous, on flâne, à l’ombre jusqu’à regagner la casa. On a encore beaucoup marché ce matin, tout le monde profite donc pour aller se reposer au frais à peine la porte de la chambre passée.

En fin d’après midi, on se met en route pour aller assister à la cérémonie des coups de canons. On est un peu à l’heure anglaise niveau alimentation, gros petit déjeûner, repas de midi léger. On a donc assez faim et on décide de retourner manger au Café Samantha. On y avait mangé correctement la veille et pour pas cher. Le menu est à peu près le même que la veille mais qu’importe.

À la fin du repas, on retrouve le Malecòn. Les installations de la Biennale sont en place ça y est. Certaines sont drôles, d’autres font réfléchir, d’autres encore, comme d’habitude, sont à des années lumière de ce que l’on peut comprendre sans connaître l’univers de l’artiste exposé. On retrouve donc pour la dernière fois les pêcheurs, les musiciens et les danseurs de l’entrée de la rade. On remonte une dernière fois le Prado, Calle Obispo et la Plaza de armas sans trop de nostalgie. On fait encore un tour au marché des curiosités. On y retrouve le patron du vendeur d’affiches avec qui nous avions passé autant de temps le premier jour. Il nous reconnait tout de suite et il ne lui en faut pas beaucoup pour se lancer dans un nouveau discours pro-régime et balancer encore une fois qu’il ne partage pas du tout les opinions de son employé. C’est un personnage celui-ci, cheveux grisonnant, casquette militaire à la Fidel et bouchon à la rigolade. Il nous fait passer un petit quart d’heure sympa et nous aide même dans la recherche d’une affiche que nous avions repérée mais qu’il n’a pas. Tant pis pour la version arts graphiques de l’affiche de Fast and Furious à La Havane, ce sera l’excuse pour revenir à Cuba 😉

Nous quittons le marché et nous prenons la direction de l’embarcadère, le même que celui de ce matin mais en prenant cette fois-ci la direction de Casablanca. A cette heure-ci, il y a peu de touristes. L’heure de la cérémonie est encore loin. Une fois arrivés de l’autre côté, le fort est encore loin. Il faut monter, longtemps, jusqu’à arriver à la maison du Che et au Christ qui surplombe la baie de La Havane. La vue est spectaculaire. C’est un endroit que je te conseille au coucher de soleil. C’est juste magnifique !

On traverse la base militaire où les avions et autres véhicules historiques sont exposés jusqu’à arriver au Morro Cabaño. La forteresse construite a la fin du XVIIIè siècle par les Espagnols a été tour à tour lieu de défense, prison et tribunal militaire. Aujourd’hui, c’est un site touristique, qui accueille parc, musée et qui est le théâtre tous les soirs de la cérémonie du coup de canon, El canonazo. Cette cérémonie rappelle le coup de canon qui était tiré à l’époque de l’édification de la forteresse. À 21h00, chaque soir était tiré un coup de canon pour signifier la fermeture des portes de la ville pour la préserver des attaques de pirates et de corsaires. 3 siècles plus tard, rien n’a changé, nous sommes accueillis par des militaires en costume d’époque.

Nous sommes très en avance, nous avons le temps de passer à la billetterie, et de nous faire arnaquer au passage par la guichetière, qui dans un premier temps « oublie » de nous rendre une partie de la monnaie, puis après le lui avoir fait remarqué, nous rend le compte mais avec un billet de 10 en peso cubains et pas en CUC (alors que l’on est à une caisse spéciale CUC…). Note à toi, toujours vérifier plusieurs fois ta monnaie. Nous on s’est fait avoir, on ne s’en est rendu compte qu’en payant le taxi du retour…

Le musée est fermé mais les petits stands d’artisanat et le parc sont ouverts. Les garçons se régalent à courir partout au milieu des boulets de canons et nous on profite du calme avant l’afflux de touristes à l’heure de la cérémonie. Le soleil se couche, et le Malecòn se teinte d’orange, c’est vraiment sublime. Une petite heure avant le début de la cérémonie, on arrive sur la place où se tient la cérémonie, il n’y a encore personne, on sera au premières loges. Des militaires en treillis répètent les mouvements à faire pour que le spectacle soit calé au millimètre. Ils ont l’air si jeunes pour certains. En fond, alors que la nuit tombe, on commence à entendre des roulements de tambours, les crieurs en costumes annoncent le début imminent de la cérémonie dans une procession au flambeau. Le monde commence à affluer. Touristes et cubains se mélange pour assister à ce voyage dans le temps, ce retour à l’époque des pirates et des commodores. À 21h00 nos militaires refont surface, ils ont troqué leurs treillis contre des costumes coloniaux. Ils refont les gestes maintes fois répétés tout à l’heure pour donner lieu au tir de canon. Attention les oreilles ! Pour les plus petits c’est assez fort !

La cérémonie est assez rapide en soit, et à la fin, le mouvement de foule est assez important. Difficile d’imaginer qu’il y avait autant de monde qui assistait au spectacle quand on accède au goulot d’étranglement des ruelles du fort. On se fraie un chemin en se tenant très fort et en zigzagant entre les gens pour trouver un taxi. À cette heure-ci, pas question de refaire à pied le chemin en marche arrière.

Heureusement, on trouve très vite un chauffeur à la sortie du fort qui nous propose de nous ramener à l’hôtel pour 10 CUC. Musique à fond, pied au plancher, il nous embarque à travers le tunnel sous le Port et le Malecòn ambiance Fast and Furious, Vin Diesel en moins… Il nous dépose devant la casa en moins de temps qu’il nous faut pour faire ouf et repart aussi vite à la recherche d’autres touristes à ramener. On traverse le Malecòn, et on regagne la casa, c’est notre dernier soir à La Havane et ainsi s’achève notre expérience.

Demain, C. le chauffeur que nous avons eu au début du séjour viendra nous chercher pour nous amener à Remedios puis Trinidad. Si nous avons été très bien accueillis par l’équipe de Malecòn 663, toujours aux petits soins pour toute la famille, nous ne sommes cependant pas mécontents de quitter l’agitation de la capitale pour de plus petites villes, plus en phase avec notre façon de voyager…

Voilà, j’espère que cette escape à La Havane aura été à ton goût et de permettra soit d’y trouver des suggestions de visite et des conseils pour organiser ton séjour soit des souvenirs d’une expérience que tu as vécu. Dans tous les cas, n’hésite pas à mettre un j’aime ou un commentaire pour me dire ce que tu en as pensé.

À bientôt 😉

En route pour Cuba – épisode 2

Aventures et mésaventures à Cayo Levisa

Me voilà de retour pour te raconter la suite de nos aventures. Je t’avais laissé alors que nous attendions notre taxi pour nous rendre à Cayo Levisa.

Aaaaah Cayo Levisa, ce devait être le clou du séjour !!! En farfouillant sur des blogs en préparant le séjour, j’étais tombée sur cette plage de rêve et j’avais insisté très lourdement pour y aller. Quand on me connaît, on sait que quand j’ai une destination dans la tête, je ne l’ai pas ailleurs… Aussi quand l’équipe de Malecon 663 nous l’a proposé sur la suggestion du parcours j’ai dit OUI, OUI, et re OUI ! On aurait dit Marianne James dans le jury de la nouvelle star !!! J’me voyais déjà pas en haut de l’affiche mais en train faire la sirène sur la plage pendant deux jours en sirotant des mojitos dans une cabane donnant sur la mer…

Sauf que tout ne s’est pas exactement passé comme prévu… Serait-ce une histoire de karma ?

Lundi 8 avril

Lorsque notre taxi arrive, ce n’est pas une vieille américaine mais une Volkswagen des année 80 qui nous attend. Peu importe j’en envie de te dire, l’important c’est qu’elle nous amène d’un point A à un point B. Notre chauffeur nous embarque à travers la Vallée de Viñales, à travers les mogotes on entrevoit villages et hôtel de luxe. Il nous parle de son fils, et du revenu moyen à Cuba, de la triste réalité qui fait qu’il est plus rentable de travailler avec les touristes que d’être médecin. Au quotidien, il faut « s’arranger » pour vivre dignement.

Les garçons profitent du trajet pour s’endormir jusqu’à la Palma où nous sommes arrêtés pour un contrôle routier. Si nous ne sommes pas directement visés par le contrôle, l’expérience est loin d’être agréable. Une chose est sûre, mieux vaut éviter d’avoir à faire à la police sur place. Notre chauffeur, s’était rendu compte sur le chemin qu’il avait oublié sa licence de taxi à la maison, manque de bol, il a beau essayer d’expliquer cela à l’agent et lui proposer de repasser, rien n’y fait. Il doit aller au commissariat le plus proche pour payer une amende équivalent à un mois de salaire. Il n’a pas gagné sa journée le pauvre et nous voilà débarqués au milieu de nulle part sous une chaleur étouffante à nous demander si nous allons pouvoir continuer notre route jusqu’à Palma Rubia.

Il revient finalement au bout d’une bonne vingtaine de minutes, remonté comme un coucou suisse et très disposé à nous livrer le côté obscur de Cuba. Tout y passe, la police corrompue, le manque de liberté, le rationnement, la yuma, cette volonté de quitter ce décor de carte postale pour une vie meilleure… Il nous raconte les petites combines qui permettent d’améliorer le quotidien, le marché noir… Il est tellement fâché, qu’au bout de quelques kilomètres, devant une plantation de bananiers de l’Etat, il tire le frein à main et s’en va soulager sa vessie sur « las bananas del gobierno ». Le geste de dépit prête à sourire, comme dans l’histoire De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête (si tu as des enfants en bas âge, je te le recommande +++, grand classique, humour pipi caca, succès assuré pendant plusieurs soirées…).

Bon, trêve de plaisanteries, l’ambiance est lourde dans la voiture, sur le moment, on sourit, mais on est vraiment mal à l’aise et tristes pour lui. C’est ainsi que l’on arrive à Palma Rubia, à la Villa Vista al Mar, dans une famille plus que chaleureuse.

Parce que oui, déjà, on a renoncé à aller dormir sur l’île à l’hôtel club Cayo Levisa. D’un part parce que les contacter relève du parcours du combattant, et puis d’autre part parce que concrètement, deux nuits, à quatre revenaient la modique somme de 400 €, le tiers de la totalité des nuitées du séjours. Okay la plage de rêve !!! mais quand même faut pas pousser Mémé dans les orties, 400 balles pour faire du culcul-plage c’était autant d’expériences en moins à faire sur place pendant le reste du séjour… Alors on a cherché, farfouillé sur airbnb et trouvé L’ENDROIT, celui qui rien qu’en lisant les avis des précédents visiteurs, te donnait envie d’y être et pour 10 fois moins cher que l’hôtel club Cayo Levisa.

Nous voilà donc à la ferme d’O. et Y. Ils vivent en clan, avec les frères et leurs épouses, les parents et quelques ouvriers agricoles. Les schtroumpfs sont tout de suite pris en charge par les garçons de la maison, qui ont à peu près le même âge pendant que l’on décharge la voiture et que l’on fait les formalités d’entrée dans la maison.

Puis, on se dirige vers l’embarcadère situé à quelques centaines de mètres au bout de la route pour nous renseigner pour les tarifs de la traversée pour Cayo Levisa. Et là, on découvre que contrairement à ce que l’on avait vu sur internet, il n’existe pas de traversée sèche à 10 CUC par personnes mais un package évidemment beaucoup plus cher incluant le repas, nous qui ne voulions manger que des sandwichs pour profiter de la journée, voilà une journée qui va finalement coûter trois fois plus cher que prévu. Bienvenue dans les hôtels cubains ! Si tu l’avais oublié, tu es un touriste ! Aaah le karma !

Sur la jetée, on observe les mangroves. Le sable est plein de bernard l’hermite, de crabes violonistes et dans l’eau on peut voir les poissons trompettes.

Sur le chemin du retour, on s’arrête à la cabane à jus pour boire un coup avant de rentrer nous reposer.

O. nous parle de sa passion pour la musique et nous présente sa guitare, le tres cubano, la guitare mythique des paysans cubains, celle qui rythme guatanamera et qui accompagnait les paysans cubains, los guajiros dans les champs. On joue ensemble du guiro et de la clave et il nous promet une soirée musicale avant notre départ. À ce moment là, je crois que l’on est pas très loin du Nirvana…

Pendant ce temps là, devant la porte de la chambre, c’est l’annexe de l’école, le petit voisin est arrivé et tout le monde veut dessiner. Qu’à cela ne tienne, on sort tous les cahiers et feutres que l’on avait préparé avant de partir dans l’éventualité de les laisser à une école et tout le monde se met à l’oeuvre. Avec Y. et sa belle soeur, on regarde la tablée avec tendresse. On parle des enfants, de l’école, de Cuba et de ce qui nous y amène.

Elle nous demande un peu tristement de lui raconter comment sera la journée de demain. Malgré le fait que Cayo Levisa soit juste à côté de chez elle, elle n’a jamais pu y mettre les pieds car l’île est interdite à tout cubain qui n’y travaille pas… Triste héritage de l’histoire où, aux heures sombres de la révolution, l’île était utilisée comme poste avancé avant le départ en canots pour la Floride. Pour endiguer la vague, les militaires, qui contrôlent les structures hôtelières, transforment l’île en paradis pour touristes fortunés, excluant de fait les cubains de ce havre de nature.

J’adore les blogs la salade à tout et sortez de vos connapts, je lis volontiers les publications de GBEM sur fesse de bouc. Herveline et Marie me font toujours mourir de rire, avec leurs images décalées et leur « à bas le perfectionnisme ! ». Bref rendons leur ce qui leur appartient, elles ont développé le concept d’envers de la con****e. (Maman si tu passe par là, promis je dis pas de gros mots, je ne fais que citer…). La con****e, c’est la nana toujours parfaite, style Bree Van de Kamp, qui fait tout maison, mange bio, fait des vacances éthique et écolo, enfin c’est ce qu’elle veut bien te montrer sur les réseaux sociaux et quand tu vois ses photos, elle t’énerve, mais elle T’ENERVE… Sauf que ce qu’elle ne te dit pas c’est que temps en temps, elle a rien contre le fait de se faire un petit MacDo ou se dorer la pilule doigts de pieds en éventail au Club Med, chose pour laquelle elle se flagellera avec des orties, fraichement cueillies de son jardin, mais pas en public bien sûr… Cayo Levisa, c’est un peu mon envers de la con****e à moi, et autant jusqu’au moment d’y arriver je l’assumais à peu près, autant à ce moment là, je commence vraiment à avoir beaucoup de mal et ce n’est que le début…

Après cet intermède créatif, les garçons filent jouer dehors au milieu des poules, des petits porcelets qui se baladent de partout et mangent les mangues qui tombent de l’arbre, des grenouilles qui profitent de l’humidité du soir pour sortir. Nous de la terrasse on profite du magnifique coucher de soleil, rythmé par la musique de la petite boite du nuit du frère de O. Sur du vieux son cubain, les anciens se mettent à danser, wanderlustdad les rejoint. D’autres jouent aux dominos, et là maintenant, je me dis qu’au final, ce que l’on est en train de vivre maintenant, restera dans nos esprits bien plus que la journée de demain à Cayo Levisa et qu’il sera vraiment très difficile de quitter cet endroit.

O. vient nous sortir de nos réflexions, le repas est prêt… Et quel repas !!! Ils ont cru qu’on avait des potes cachés dans les valises, c’est pas possible… Il y en a beaucoup, vraiment et tout est très bon. Y. nous a vraiment gâtés, poisson péché par le frère de O., chips de patate douce et de pomme de terre, tostones, salade de blettes et cebettes et ça ne s’arrête jamais. C’est tellement trop pour nous, d’autant qu’on les voit s’affairer autour de nous, comme si on était au restaurant alors que crotte, c’est quand même nous qui sommes chez eux… On insiste vraiment lourdement pour que le lendemain, tout le monde mange avec nous à table et pas sur un coin de palissade en attendant que l’on ait fini… Ce sera quand même plus sympa.

Après le repas, O. initie les enfants à quelques tours de magie et c’est les yeux pleins d’étoiles que l’on va se coucher de cette super fin d’après midi et impatient de notre journée plage qui nous attend le lendemain.

Mardi 9 avril

Nous sommes réveillés par le lever du jour et l’agitation d’un début de journée à la ferme. Le petit déjeuner qui nous attend est tout simplement gargantuesque. On va finir par flotter quand on va aller se baigner… Une fois nos affaires prêtes, on descend à pieds vers l’embarcadère. Nous sommes parmi les premiers. Derrière nous arrivent des cars et des cars de touristes qui viennent soit en excursion pour la journée, soit passer quelques nuits sur l’île. Pendant que les garçons se régalent à voir les crabes se disputer sur la jetée, on perçoit des bribes de conversations de touristes autour de nous. « Et le wi-fi n’est pas assez puissant! et les routes sont mal entretenues. Et bla bla bla, et bla bla bla ». Pour certains, le confort des grands hôtels et les prestations de l’île ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils sont venus chercher.

J’ai de la peine pour le pauvre guide, qui à côté de nous essaie de défendre sa terre et je comprends pourquoi vu de l’extérieur, nous touristes, on peut vraiment passer pour des enfants gâtés. Sa réponse au final est très juste et empreinte d’une sagesse que l’on semble parfois avoir oubliée chez nous. Nos acontentamos, on se contente de ce que l’on a, si aujourd’hui on a du poulet, on mange du poulet, si demain on a du poisson, on mangera du poisson, l’important c’est que l’on ait de quoi manger et pour le reste, on fait avec, on n’a pas vraiment le choix…

A ce moment là, je suis à deux doigts de l’état que décrit Julien Blanc-Gras, dans son roman Touriste lorsqu’il essaie de lire Crime et Châtiments au bord de sa piscine de ClubMed à Djerba, je suis entourée d’allemandenshorts venus consommer du service et je fais du yoga dans le dedans de ma personne pour essayer de rester zen mais en vérité, je bous…

C’est sur ces considérations que le bateau arrive. Il y en a pour à peu près 1/2 de navigation entre Palma Rubia et Cayo Levisa. Petite musique qui va bien, cocktail de bienvenue et gens en shorts et maillots de bain, présentation des animateurs et du programme de la journée. Nous qui ne sommes pas du tout club, on a un peu l’impression de vivre la scène d’ouverture des Bronzés… Allez c’est pas salsa mais elle est culte, c’est cadeau…

Nous on a une seule hâte, filer sur la plage pour aller se jeter dans la mer des Caraïbes. Les garçons espèrent même trouver un trésor… Note pour plus tard, continuer à leur faire regarder des films de pirates, pendant qu’ils creusent à la recherche du coffre de Jack Sparrow, tu peux bronzer tranquille…

Snorkeling maison, château de sable, recherche de petits coraux et de bernard l’hermite, bronzette sur le sable blanc et chaud (quoi ? c’est pas donné tous les jours de pouvoir se prendre pour Ariel la petite sirène), ou lecture sous la paillotte en palmier, on s’occupe tranquillement avant le repas. On partira explorer le reste de l’île après le repas… Enfin, ça c’est ce que l’on espère, parce que la météo, elle, en a décidé autrement… Le ciel est en train devenir noir, très très très très noir (il parait que c’est un temps à ce que les puces de plage sortent, mais ça on ne le sait pas encore, parce sinon ce ne serait pas drôle)… Ça sent vraiment pas bon… (On m’annonce en coulisse que le karma est prêt à rentrer en plateau…). Il commence à pleuvoir, d’abord quelques gouttes, puis une bonne grosse averse tropicale…

Bon pour la plage en cette fin de matinée, c’est cui-cui. On décide donc d’aller manger, puisque le repas est inclus. Jusqu’à présent, on n’a mangé que dans de petits restaurants et chez l’habitant et on s’est toujours régalé pour pas cher. Là, ils nous proposent un repas à 20 CUC à peu près… Si l’on en croit la loi du plus c’est cher, meilleur ça devrait être, on devrait se lécher les babines… Et ben, franchement, non, non, et re-non… Alors certes, c’est à volonté, mais franchement, rien à voir avec ce que l’on a pu goûter jusqu’à présent… Et l’ambiance musicale avec deux mariachis qui essaient de faire passer Enrique Iglesias et Alvaro Soler pour des membres du Buena Vista Social Club. Et pourquoi pas la Macarena tant qu’on y est ? Ben quoi ça chante en espagnol aussi ?!?

J’hésite entre mourir de rire et me mettre en colère que l’on prenne à ce point les gens pour des pigeons. De notre table, on peut voir les cannettes jetées sous les pilotis du restau et les tourteaux qui s’éloignent vers une mangrove guère plus propre. L’envers du décor ne doit pas être joli joli et on tient vraiment à ce que l’on reste le plus possible sur la plage, tu vois la scène de Baby Sitting 2 où ils découvrent pourquoi les indiens sont autant remontés ? Ben voilà ce qu’on peut imaginer ne serait-ce que le début de la mangrove…

On voudrait bien aller explorer l’île, sauf que pas de bol, il pleut comme vache qui pisse et c’est pas prêt de s’arrêter… Nous voilà, comme Fantozzi, le héros d’une films italiens des années 80 avec un nuage de pluie au dessus de nos tête qui nous suit partout où que nous allions.

Et là, avec wanderlustdad, on a remercié le seigneur qu’on nous ait affiché deux nuits à 400 balles, sinon on aurait été coincés là-bas sous le déluge universel avec en fond musical tous les tubes de l’été des 30 dernières années, sans arche de Noé pour venir nous sauver…

Après le repas, malheureusement, l’accalmie n’est que passagère, on pourra encore profiter de la plage un petit quart d’heure, avant que l’orage de reparte de plus belle… Et là… Tu te rends compte, qu’à part un cours de salsa en intérieur, il n’y a rien de prévu pour que tu puisses rester à l’abri et au chaud, parce que concrètement, même si il fait 25° tu es tellement trempé que tu te gèles, et qu’il n’y a vraiment rien rien rien à faire… Et qu’il n’est que 14h00 et que le bateau ne partira, peut-être, si la mer est bonne qu’à 16h00…

Nous voilà donc, échoués tels les naufragés du radeau de la Méduse sous le auvent de la réception à attendre que le temps passe… Heureusement que le minischtroumpf s’endort et que son frère a décidé de dresser tous les bernard l’hermite de l’île pour s’en faire des animaux de compagnie… Il va falloir lui expliquer que l’on ne peut pas ramener ses petits camarades clandestinement sous peine de se faire gauler pour trafic d’animaux sauvages… Cela nous permet de passer le temps relativement sereinement en discutant avec un autre guide, qui nous donne quelques conseils de visite pour la suite du voyage et nous explique que le travail avec les touristes lui permet de vivre dignement.

Au bout d’une heure et demie qui en a semblé douze, on nous annonce que le bateau va profiter d’un moment de calme pour partir un peu plus tôt. Je te raconte pas l’effusion de joie et la course ensuite vers l’embarcadère. En trente secondes, on est passé d’une ambiance abomination de la désolation à une ruée vers l’embarcadère qui n’avait rien à envier à l’assaut du PQ que l’on a connu le week end avant le début du confinement. Et tout cela, en y mettant entre temps un temps d’exultation collective digne d’une victoire en coupe du monde… Tout ça pour finir aussi serrés les uns contre les autres dans le bateau que les sardines de Patrick Sébastien…

Ben oui, parce que la mer est très agitée, et pour couronner le tout, il pleut tordu, donc, on est tous amassés au milieu… La tête de wanderlustdad est en train d’imaginer un scenario digne des Dents de la mer dans l’hypothèse où l’on chavirerait et le trajet n’en finit pas… Heureusement que le gentil guide que l’on a rencontré tout à l’heure est là pour lui changer les idées et discuter avec lui. C’est fou quand même cette capacité du temps à sembler tellement long quand on s’ennuie ou qu’on a peur. Cette journée, par beau temps, on ne l’aurait certainement pas vue passée et là, elle a duré 1000 ans.

À l’arrivée, il pleut toujours mais beaucoup moins. Alors que l’on remonte à pieds pour regagner la casa, un bus nous klaxonne et ouvre sa porte. C’est le gentil guide qui nous a tenu compagnie sur le bateau, qui s’arrête pour nous faire regagner la maison au sec. Les garçons jouent les mascottes avec des mamies anglaises en manque de petits-enfants qui leur pincent les joues et leur donnent du so cute. Cette journée à Cayo Levisa aura vraiment été improbable sur tous les plans, et elle ne va pas s’arrêter là.

Après, une douche et une micro sieste pour se remettre de nos émotions, les garçons filent jouer avec leurs copains et nous partons en visite dans la ferme. J’y découvre le moulin à l’ancienne, les animaux en liberté… O. se lance dans un cour de permaculture et d’ornithologie. Il nous explique, à wanderlustdad et moi, les intérêts de l’ananas comme clôture naturelle et sa reproduction, nous montre le nid de Pic à bec ivoire et nous raconte, comment il met tout son coeur à creuser son nid dans un vieux tronc pour attirer sa belle. Il arrive même à nous réconcilier avec l’urubu à tête rouge, qui nous a tellement impressionnés en arrivant. La distorsion temporelle est à l’oeuvre dans l’autre sens cette fois-ci, je n’ai pas vu le temps passer. Je voulais aller aider sa femme en cuisine et quand j’arrive, elle a déjà presque tout fini, j’ai juste le temps d’apprendre à faire les tostones.

D’autres touristes d’une casa voisine arrivent avec leurs hôtes, on les a rencontrés sur l’île et ils sont super sympas. C’est reparti pour l’ambiance musicale, les jeux de dominos et les tours de magie avant de passer à table tous ensemble.

La soirée continue après le repas sous le auvent, avec un boeuf improvisé tellement plus cubain que la daube qu’ont bien voulu nous vendre les Carapichos sur Cayo Levisa.

Voilà une journée bien étrange qui se termine, où l’on se dit qu’au final, c’était un peu le karma, une excursion pas du tout alignée avec nos valeurs et nos habitudes de voyage pour visiter un endroit soit disant paradisiaque ne pouvait pas se passer comme une lettre à la poste. Et puis paradisiaque pour qui ? Au final, pour nous, le paradis n’était pas sur l’île, entourés de nos semblables en tongs et paréo, mais bien ailleurs, avec une famille très accueillante près du petit cochon qui mange des mangues tombées de l’arbre au son de la musique du tres cubano. Une journée, qui se résumerait très bien par le mantra d’Alexandre Jollien : « C’est le bordel, mais c’est pas grave ! »

Un an après, nous sommes toujours en contact avec cette adorable famille qui aux premières infos sur l’épidémie en Europe nous a envoyé des messages pour prendre des nouvelles. Si eux pensent à notre santé, nous on pense aux conséquences dévastatrices du confinement généralisé sur l’industrie du tourisme qui met, mine de rien, pas mal de beurre dans les épinards sur l’île.

De notre côté, on rit encore à chaque fois en racontant les péripéties de cette folle journée, qui, tu le verras dans le prochain épisode, auront un deuxième effet kiss-cool !

Allez je te laisse, je m’en vais rassembler mes idées pour te préparer un super carnet de voyage de La Havane…

A bientôt 😉

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